Calvin Woodrow Ruck, M.C., était sénateur, travailleur social, défenseur des droits de la personne et auteur (né le 4 septembre 1925 à Sydney, en Nouvelle-Écosse, et décédé le 19 octobre 2004 à Ottawa, en Ontario). Calvin Ruck prend un rôle de chef de file dans la Nova Scotia Association for the Advancement of Coloured People, la NS Association of Social Workers et la Black Cultural Society of Nova Scotia. Il est le troisième Canadien noir à être nommé au Sénat.

Premières années

Calvin Ruck naît à Sydney, en Nouvelle-Écosse, de parents immigrants originaires de la Barbade. Il quitte l’école après sa dixième année pour devenir ouvrier dans la Dominion Steel and Coal Corporation, à Sydney. En 1945, il travaille comme porteur pour voitures-lits pour la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN), le seul poste disponible dans l’entreprise pour les personnes de couleur. Bien que le travail de Calvin Ruck comme défenseur des droits de la personne et travailleur social ne commence que des années plus tard, le racisme dont les Noirs sont souvent victimes au CN suscite son éveil politique. « Je me suis senti obligé de manifester », dira-t-il plus tard. Cela dit, il semble impossible, à l’époque, d’organiser un mouvement. « Nous avions peur de faire des vagues. Nous pensions perdre notre emploi. »


En 1954, Calvin Ruck et sa femme, Joyce, achètent un terrain à Westphal, une banlieue d’Halifax habitée par des Blancs. Toutefois, on leur remet rapidement une pétition signée par les résidents locaux, qui souhaitent les expulser de la communauté. Bien que les pétitionnaires ne réussissent pas, l’événement laisse sur Calvin Rock une empreinte durable et l’encourage à prendre des mesures pour lutter contre la ségrégation raciale.


Activisme politique

Une des premières mesures politiques de Calvin Ruck à cette époque vise les barbiers locaux, qui refusent de couper les cheveux de personnes de race noire, une pratique contre laquelle il manifeste avec ses enfants. Ensemble, ils s’assoient dans les salons de barbier et refusent de quitter les lieux avant d’être servis. « Il a utilisé cette tactique pour intimider les gens », se rappelle son ami Henry Bishop, conservateur du Black Cultural Centre for Nova Scotia. « Il disait : "Nous ne partirons pas d’ici avant qu’on nous ait coupé les cheveux", ce qui faisait fuir la clientèle. »

Dans les années 1970, Calvin Ruck s’inscrit à la Maritime School of Social Work, à l’Université Dalhousie. Il obtient son diplôme en 1979 et commence à travailler pour le ministère des Services sociaux en vue d’améliorer les conditions de logement, l’éducation, les conditions d’emploi et les soins de santé des petites communautés qui se trouvent à l’extérieur d’Halifax. Il devient un membre de plus en plus actif dans la communauté au fil des années et prend un rôle de chef de file dans la Nova Scotia Association for the Advancement of Coloured People, la NS Association of Social Workers et la Black Cultural Society of Nova Scotia.

Carrière politique et écrits

Son entrée en politique se fait en 1981, lorsqu’il est nommé à la Commission des droits de la personne de la Nouvelle-Écosse, un poste qu’il garde pendant cinq ans. En 1986, Calvin Ruck publie Canada's Black Battalion: No. 2 Construction, 1916–1920, l’histoire des vétérans noirs de la Première Guerre mondiale. En 1993, sa campagne pour une meilleure reconnaissance historique du bataillon mène à la construction d’un cairn commémoratif à Pictou, en Nouvelle-Écosse.

À la fin de sa carrière, il reçoit de nombreux prix et de nombreuses distinctions pour sa lutte contre le racisme, y compris l’Ordre du Canada et des grades honorifiques de l’Université Dalhousie et de l’Université de King’s College. En 1998, Calvin Ruck devient le troisième Canadien noir à être nommé au Sénat.

Héritage

En 2004, Calvin Ruck perd sa bataille contre l’Alzheimer et meurt dans sa maison à Ottawa. À la suite de son décès, le sénateur néo-écossais Donald H. Oliver déclare que « Calvin Ruck a consacré son temps et ses efforts au service des autres. Au cours de sa vie, il a été concierge, chauffeur-livreur, travailleur social, auteur, défenseur des droits de la personne et sénateur. Peu importe son emploi, il n’a jamais oublié son but ultime — améliorer la vie de tous les Néo-Écossais. En effet, il a consacré sa carrière au bien des autres, particulièrement à celui de la communauté noire de la Nouvelle-Écosse. »