La Co-operative Commonwealth Federation (CCF) est fondée à Calgary en 1932. Cette coalition politique regroupe des groupes progressistes, socialistes et syndicaux désireux d'instaurer des réformes économiques pour aider les Canadiens touchés par la Crise des années 1930. Le parti gouverne la Saskatchewan sous Tommy Douglas, qui devient plus tard le premier chef du Nouveau Parti démocratique fédéral. La CCF est finalement intégrée dans le NPD, qui est le parti de l'opposition dans la Chambre des communes en 2011.

Agriculteurs et syndicats

La CCF est fondée par une association de regroupements d'agriculteurs (dont les Fermiers unis de l'Alberta qui gouvernent la province), d'une poignée d'intellectuels de la League for Social Reconstruction(LSR) et du Ginger Group (groupe formé de députés mécontents) d'Ottawa, allié aux regroupements d'agriculteurs et aux organismes syndicaux.

En 1933, à l'occasion d'une assemblée du Parti à Regina, James Shaver Woodworth en devient le premier président. Woodsworth, député du Manitoba Independent Labor Party depuis 1921 et travailleur social, est reconnu comme le chef de la CCF à l'intérieur et à l'extérieur du Parlement. Le Parti adopte aussi le manifeste de Regina qui définit ses objectifs, dont la constitution d'une économie mixte par la nationalisation d'industries importantes et par la création d'un État providence par la mise en place de mesures sociales universelles, comme les régimes de pension, les programmes d'assurance-maladie et de sécurité sociale, les allocations familiales, l'assurance-chômage, les mesures d'indemnisation des travailleurs et d'autres mesures du même ordre.

Le Parti devient rapidement un élément incontournable de la vie politique au Canada en faisant élire, sous la bannière de la CCF, des députés au Parlement et dans plusieurs assemblées législatives provinciales. En 1935, la CCF fait élire sept députés et le parti récolte 8,9 % des voix. En 1940, huit députés sont élus et le parti obtient 8,5 % des votes.

Années de développement

Au début de la Deuxième Guerre mondiale, la CCF est divisée entre ceux qui appuient le pacifisme inconditionnel de Woodsworth et ceux qui souhaitent que le Canada s'engage dans le conflit.

Major James William Coldwell, enseignant, remplace Woodsworth à la tête du parti au cours de cette période et favorise la participation du Canada au conflit mondial. Sous sa direction modérée, le Parti se met à remporter des victoires électorales décisives. Il enlève la circonscription cruciale de York Sud à l'occasion d'une élection partielle en février 1942, empêchant ainsi le chef du Parti conservateur, l'ancien premier ministre Arthur Meighen, d'obtenir un siège à la Chambre des communes. En septembre 1943, un sondage Gallup place la CCF en tête de liste des intentions de vote. Au cours de la même année, le Parti se classe au deuxième rang à l'issue des élections en Ontario. Fait important, c’est dirigé par Tommy Douglas que le Parti prend le pouvoir en Saskatchewan. Ensuite, aux élections fédérales de 1945, la CCF fait élire 28 députés à Ottawa en plus de remporter 15,6 % des votes.

Soutien affaibli

Même si la CCF est bien implantée, sa popularité commence à décliner après la guerre. Parti socialiste, on l'associe au communisme, une image qui lui causera beaucoup de tort pendant la Guerre froide. En 1956, le Parti tente de renverser la vapeur en remplaçant le manifeste de Regina par la déclaration de Winnipeg, document au ton plus modéré. Cette tentative s'avère toutefois insuffisante et, lors des élections catastrophiques de 1958, le Parti ne fait élire que huit députés aux Communes et ne remporte que 9,5 % des voix. Le chef Coldwell et le vice-président du Parti, Stanley Knowles, sont même défaits dans leur circonscription.

À la suite de cette débâcle électorale, David Lewis négocie une entente avec le Congrès du Travail du Canada (CTC). Lewis prie le CTC de l'aider à sauver le socialisme démocratique au Canada en concluant une alliance officielle avec la CCF pour créer un nouveau parti politique. En 1961, la CCF franchit une nouvelle étape et, à l'occasion du congrès de fondation du nouveau parti, devient le Nouveau Parti démocratique. Même si la CCF n'a jamais gouverné le pays, plusieurs de ses idées qui ont été adoptées par les partis au pouvoir ont contribué à la mise en place d'un État providence au Canada.