Davis, William Grenville

 William Grenville Davis, avocat, homme politique, premier ministre de l'Ontario de 1971 à 1985 (Brampton, Ont., 30 juill. 1929). Davis dirige l'un des partis politiques les plus prospères dans une démocratie. Dans la petite ville ontarienne où il grandit, qui n'est plus aujourd'hui qu'une banlieue dortoir de Toronto, les gens prennent la politique très au sérieux. Il fréquente les écoles de l'endroit, puis il étudie à l'U. de Toronto (B.A. 1951) et au Osgood Hall Law School. Admis au barreau en 1955, il est élu député conservateur provincial de Brampton, quatre ans plus tard.

En 1962, le premier ministre John ROBARTS confie à ce nouveau-venu le difficile ministère de l'Éducation, où il préside aux transformations les plus spectaculaires dans le domaine de l'enseignement depuis l'ère Egerton RYERSON'S. Il crée les Universités TRENT et BROCK, regroupe les écoles rurales, forçant les enfants à faire la navette quotidienne en autobus sur de longs parcours. De plus, une nouvelle mentalité de coopération opposée à la compétition s'installe dans les écoles. Imperturbable dans cette période de changements rapides, Davis dirige cette transformation du système de l'éducation en Ontario, qui s'est largement accomplie dès 1971.

Davis est le principal bénéficiaire de cette réforme qui affermit sa réputation. D'ailleurs, il est président chargé des orientations du parti au congrès national des conservateurs en 1967, où il apparaît vite comme l'héritier tout indiqué de John Robarts. Lors du congrès provincial de février 1971, il est élu à la direction du parti au quatrième tour de scrutin. Le nouveau premier ministre, âgé d'à peine 42 ans, prend le pouvoir, projetant une image vaguement progressiste.

Cette réputation se confirme quatre mois plus tard, lorsqu'il mit fin à la construction de la voie express de Spadina, en plein centre-ville de Toronto, projet dénoncé vigoureusement par différents comités de citoyens. Cette décision étonnante met en relief son style d'administration qui, toute prudente qu'elle soit, peut changer de cap rapidement. Par exemple, la décision prise en 1984 de financer entièrement les ÉCOLES SÉPARÉES à partir de 1985.

Le style calme de Davis et l'appui de la « Big Blue Machine » lui permettent de remporter toutes les élections et le réformisme modéré de son administration semble correspondre aux désirs de l'électorat. En résumé, il gouverne plutôt bien, mais il a ses faiblesses. À partir du milieu des années 70, faisant fi de l'opinion publique et du revirement économique, il impose des coupures draconiennes dans l'éducation. Malgré l'appui qu'il accorde au premier ministre Pierre TRUDEAU lors des négociations relatives à la CLOI CONSTITUTIONNELLE DE 1982, Davis ne se décide pas à accorder un statut officiel bilingue au demi-million de francophones de l'Ontario, même si, typiquement, il met en place toute l'infrastructure nécessaire.

Il présente sa démission, à la surprise de tous, le 8 octobre 1984, même si ni lui ni son parti ne sont controversés. Il remet les rênes du pouvoir à Frank MILLER en février 1985. Avec Miller, le long règne des Conservateurs prend fin en Ontario. Davis devient avocat principal dans un cabinet de Toronto. Il est fait Compagnon de l'Ordre du Canada au cours de la même année. En 1987, il fait partie du conseil d'administration de plusieurs entreprises.