Exploitation sexuelle des enfants

L'Ontario définit l'exploitation sexuelle dont sont victimes les enfants comme tout rapport sexuel, mauvais traitement sexuel, exhibitionnisme ou exploitation sexuelle au détriment d'un enfant, qui peut s'inscrire en violation du Code criminel ou nécessiter la protection de l'enfant en vertu de la Loi sur la protection de l'enfance. Y sont inclus les incidents entres membres d'une même famille ou entre personnes non apparentées. Plus simplement, il y a exploitation sexuelle d'un enfant lorsqu'un adulte le soumet à de mauvais traitements pour satisfaire ses propres besoins sexuels. Il n'y a de vrai consentement que si deux conditions prévalent : la personne doit savoir ce à quoi elle consent et elle doit être libre de dire oui ou non. Selon cette définition, l'enfant ne peut consentir en pleine connaissance de cause à une activité sexuelle.

Selon le Code criminel, « commet un inceste quiconque, sachant qu'une autre personne est, par les liens du sang, son père ou sa mère, son enfant, son frère, sa soeur, son grand-père, sa grand-mère, son petit-fils ou sa petite-fille, selon le cas, a des rapports sexuels avec cette personne ». Le cas le plus souvent rapporté concerne l'inceste entre père et fille, alors que l'inceste entre frère et soeur serait pourtant cinq fois plus fréquent. La pratique de l'inceste n'est pas qu'un acte criminel, mais elle peut être un symptôme de graves problèmes familiaux. Elle engendre en effet peur et humiliation chez la victime et une ambiance de secret et de honte dans la famille. Un sentiment de peur et de culpabilité envahit l'enfant à l'idée de condamner un parent à la prison en révélant les faits. L'épouse peut craindre que la mise au jour de l'inceste de son conjoint ruine son mariage et la laisse seule et sans appui avec ses enfants. Ces facteurs sont un solide obstacle qui empêche de découvrir l'ampleur du problème et de le corriger. Si l'accusé est poursuivi devant les tribunaux, ces mêmes réactions émotives ont un effet dévastateur sur l'enfant qui devra témoigner de la conduite incestueuse de l'un de ses parents.

On estime qu'environ 20 p. 100 à 30 p. 100 de l'exploitation sexuelle est commise par des individus étrangers à la famille et que la plupart des victimes sont des filles. La grande majorité des violeurs sont des hommes. Les méthodes d'exploitation incluent l'exhibitionnisme et les caresses des organes génitaux de l'enfant. Il est rare qu'il y ait relation sexuelle complète ou violence. Les pédophiles utilisent généralement la menace ou la coercition sous l'emballage de cadeaux, de jouets, de bonbons, d'argent ou de marques d'affection. Certains spécialistes s'appuient sur un nombre limité de preuves pour affirmer qu'on ne connaît pas la fréquence réelle des actes d'exploitation sexuelle, mais qu'ils pourraient bien être chose courante pour 1 fille sur 4 et 1 garçon sur 10, si l'on tient compte de toutes les formes de comportement sexuel inconvenant envers les enfants de moins de 17 ans.

Peu de preuves existent qui démontreraient que beaucoup d'enfants font délibérément de fausses déclarations ou interprètent mal des contacts appropriés entre eux et des adultes en les présentant comme de l'exploitation sexuelle. L'évolution des attitudes de la population permet maintenant de reconnaître publiquement et cliniquement l'existence de l'exploitation sexuelle des enfants dans la société canadienne.