Par gouvernement responsable, on entend un gouvernement qui doit rendre compte de ses actions au peuple. Au Canada, le gouvernement responsable renvoie surtout au pouvoir exécutif ou au Cabinet qui dépend du soutien d’une assemblée élue, plutôt que de celui d’un monarque. Ce type de gouvernement voit le jour au Canada dans les années 1830 et devient un élément important de la Confédération. Il est aussi le moyen par lequel le Canada a obtenu son indépendance sans révolution.

Gouvernement représentatif

L’origine de la démocratie au Canada remonte à l’établissement d’un gouvernement représentatif. Ce type de gouvernement signifie que les lois sont élaborées et que les taxes sont perçues par un organisme qui doit rendre compte de ses actes aux citoyens qu’il gouverne. La première assemblée élue dans ce qui s’appelle aujourd’hui le Canada a lieu à Halifax en 1758, suivi de l’Île-du-Prince-Édouard en 1773, du Nouveau-Brunswick en 1784 et de Terre-Neuve en 1832. Le Haut-Canada et le Bas-Canada établissent leurs assemblées respectives en 1791.

Gouvernement responsable

Selon la définition populaire, un gouvernement responsable en est un qui doit rendre compte de ses actions au peuple et non au monarque ou à ses représentants. Au Canada, cela signifie un gouvernement qui doit rendre compte de ses actions aux représentants du peuple, soit le pouvoir exécutif ou le Cabinet qui dépendent des votes d’une majorité au sein de l’Assemblée législative élue ou du Parlement.

Selon le principe clé de responsabilité, un gouvernement doit avoir la confiance du Parlement pour mettre en place des lois et des taxes. Cette pratique est d’origine britannique. Son adoption en Amérique du Nord britannique (ANB) donne aux colons le contrôle de leurs affaires intérieures. Avant l’arrivée d’une telle pratique en Amérique du Nord, les gouverneurs des colonies ne faisaient que suivre les conseils (c.-à-d. les politiques) des ministres des colonies en Grande-Bretagne.

Réforme démocratique

Le concept de gouvernement responsable en ANB est adopté dans les années 1830, surtout par les admirateurs du modèle britannique. Leur but est de dissiper le mécontentement qu’expriment de nombreux colons envers les petits groupes de puissantes élites locales qui contrôlent les gouvernements coloniaux et de maintenir les colonies au sein de l’Empire britannique sans recourir à la force.

Des réformateurs radicaux comme William Lyon Mackenzie au Haut-Canada et Louis-Joseph Papineau au Bas-Canada, préfèrent le système politique américain. Toutefois, des réformateurs modérés comme Joseph Howe en Nouvelle-Écosse, Robert Baldwin au Haut-Canada et Lord Durham, un fervent défenseur du gouvernement responsable, préconisent le modèle britannique. Ils croient qu’un système de partis organisés — dont les chefs siègent à l’Assemblée législative et rendent compte directement à ses membres — est essentiel à une bonne gouvernance.

Howe en Nouvelle-Écosse, avec Baldwin et Louis LaFontaine dans la Province du Canada, établissent des partis réformistes modérés solides afin d’obtenir un gouvernement responsable. En 1848, ces partis sont entièrement établis dans ces colonies. L’approche est adoptée par l’Î.-P.-E. en 1851, le Nouveau-Brunswick en 1854 et Terre-Neuve en 1855. Les provinces de l’Ouest établissent un gouvernement responsable au fur et à mesure qu’elles sont établies et se joignent au Canada, après la Confédération.

La prise de contrôle du gouvernement se fait petit à petit, donnant ainsi à la population canadienne le pouvoir de gérer peu à peu ses propres enjeux politiques et lui permettant d’obtenir l’autonomie nationale sans révolution.

Suffrage

À l’origine, seul un petit groupe d’hommes privilégiés et de propriétaires ont le droit de voter lors des assemblées élues. Le droit de suffrage ou droit de vote, s’étend lentement et en 1918 les femmes obtiennent le droit de voter lors des élections fédérales. Ce n’est qu’en 1940 que toutes les Canadiennes obtiennent le droit de voter lors des élections provinciales et en 1960 que les Canadiens autochtones gagnent le droit de vote lors des élections fédérales, sans avoir à renoncer à leurs droits issus de traités.