Gouverneur

L'office de gouverneur de la NOUVELLE-FRANCE a été créé avant même l'instauration d'un système complet de gouvernement dans la colonie. Le gouverneur est le représentant officiel du roi. Cette fonction de prestige et d'importance est toujours confiée à un noble, par commission royale, et le titulaire est révocable à volonté. Chaque année, il rend compte de son administration au MINISTRE DE LA MARINE qui assume la responsabilité des colonies.

Le gouverneur exerce des pouvoirs étendus. Il est particulièrement responsable des affaires extérieures (relations avec les nations amérindiennes et avec les colonies britanniques d'Amérique du Nord) et des questions militaires. Commandant en chef de l'armée, il décide de la guerre ou de la paix. En concertation avec l'INTENDANT, il veille au développement de la colonie, participe à la concession des terres en seigneuries (voir RÉGIME SEIGNEURIAL) et au contrôle de la TRAITE DES FOURRURES. Par son prestige, son pouvoir et ses recommandations, il joue un rôle politique et social considérable.

Samuel de CHAMPLAIN, nommé représentant du roi dans la colonie, a été le premier à porter le titre. FRONTENAC, Philippe de Rigaud de VAUDREUIL et son fils Pierre de Rigaud de VAUDREUIL sont les gouverneurs qui se sont le plus illustrés à l'époque de la Nouvelle-France.

Les responsabilités qui incombent à cette fonction de prestige ont varié selon les régimes politiques. Sous le Régime anglais (1760-1867), après avoir contrôlé entièrement les destinées de la colonie, il doit de plus en plus tolérer l'examen de ses décisions par une assemblée de députés et finalement suivre ses directives. À compter de 1867, le GOUVERNEUR GÉNÉRAL est toujours le représentant de la royauté, mais sa fonction devient à peu près purement honorifique.