Haida Gwaii, archipel

L'archipel Haida Gwaii se trouve au nord de la côte de la Colombie-Britannique. Chez les Haïdas, qui considèrent l'archipel comme leurs terres ancestrales, cela signifie « îles du peuple ». Le capitaine George Dixon nomme l'archipel les îles de la Reine-Charlotte en 1787 en l'honneur de son navire, qui lui-même porte le nom de la femme du roi George III. L'archipel porte officiellement ce nom jusqu'en 2010, moment où le nom Haida Gwaii entre dans l'usage.

Long de 250 km, cet archipel en forme de cimeterre comprend environ 150 îles. Les îles Graham et Moresby constituent à elles seules la majeure partie de la superficie qui est de 10 000 km<sup>2<sup>. Séparées des îles situées près du continent par 48 à 140 km d'eau libre (DÉTROIT D'HECATE) les îles de l'archipel Haida Gwaii sont parmi les plus isolées du Canada. L'absence d'un plateau continental au large des remparts escarpés de la rive ouest de l'île Moresby caractérise l'archipel.

Histoire
Des découvertes archéologiques indiquent que la présence de l'Homme dans l'archipel Haida Gwaii remonte à plus de 6000 ans. En 1774, Juan PÉREZ est le premier Européen à découvrir les îles. En 1778, James COOK les visite. À l'époque, la population de la nation HAIDA, qui habite l'archipel, compte de 6000 à 8000 habitants. En 1915, les maladies transmises par les Européens font chuter leur nombre à 588, c'est le déclin le plus spectaculaire qu'une tribu de la province ait connu. La population actuelle de l'archipel Haida Gwaii est d'environ 5000 personnes.

Jusqu'à tout récemment, la plupart des insulaires étaient bûcherons, pêcheurs ou mineurs dans les villes de MASSET, Port Clements (incorporée en 1982), Queen Charlotte (incorporée en 2005) et les communautés de Old Masset, Skidegate, Sandspit et Tlell. De nos jours, les géologues, les biologistes et les amateurs de plein air s'y rendent pour étudier, mais aussi pour admirer le paysage de montagnes escarpées (pouvant s'élever jusqu'à 1200 m) le long de la dorsale occidentale des îles, les fjords spectaculaires, les colonies d'oiseaux marins et d'otaries, les forêts d'épinettes géantes de Sitka et de cèdres, et les vestiges de TOTEMS des Haïdas.

Trésors naturels et culturels
La formation de l'archipel Haida Gwaii est issue du déplacement d'immenses plaques sous l'océan Pacifique, du Pacifique Sud à leur emplacement actuel (voir PLAQUES TECTONIQUES). Contrairement à presque tout le Canada, une grande partie de l'archipel n'a pas connu de glaciation lors de la dernière ÉPOQUE GLACIAIRE. Voilà pourquoi, en plus d'être isolé, l'archipel est devenu, d'un point de vue biologique, une région unique au Canada. Un grand nombre de plantes ne se trouvent que dans ces îles ou dans des endroits éloignés, comme le Japon.

Tous les mammifères terrestres indigènes et trois sortes d'oiseaux sont des sous-espèces uniques, dont l'OURS NOIR, qui est le plus grand d'Amérique du Nord. Malheureusement, des espèces introduites ont causé des ravages parmi beaucoup de plantes et d'animaux indigènes. Plusieurs espèces d'oiseaux marins sont maintenant menacées par la présence de prédateurs introduits, tels que les rats, les écureuils et les ratons laveurs.

Ninstints (SGang Gwaay Ilnagaay), l'ancien village haïda situé sur l'ÎLE ANTHONY (SGang Gwaay), a été désigné SITE DU PATRIMOINE MONDIAL DES NATIONS UNIES. En tant que trésors mondiaux, ses totems spectaculaires sont maintenant protégés des éléments naturels dans l'espoir de prolonger leur existence.

Toutes ces splendeurs naturelles et culturelles attirent les touristes en grand nombre : les plages immenses et les tourbières du parc provincial Naikoon sont fréquentées par les randonneurs; le secteur MORESBY-SUD, avec ses totems exceptionnels, sa vie marine, ses sources thermales, ses forêts et ses montagnes, est l'endroit sans pareil au Canada pour l'exploration en bateau. La région est protégée grâce à la création, en 1993, de la RÉSERVE DE PARC NATIONAL GWAII HAANAS et, en 2010, les eaux marines adjacentes sont protégées par la création de l'aire marine de conservation Gwaii Haanas.