Cet article est le premier d’une série consacrée à l’histoire économique du Canada. Bien que les articles qui suivent décrivent l’histoire économique canadienne par régions, le pays demeure, à travers l’histoire, une seule et même unité économique. (Voir aussi : Histoire économique du Canada atlantique, Histoire économique du Canada central et Histoire économique de l’Ouest canadien.)

Aperçu de l’histoire économique du Canada

Au début, le commerce de la fourrure engendre une économie unique fondée sur le commerce transcontinental. À partir de la Confédération, en 1867, les capitaux et les travailleurs peuvent se déplacer librement d’une région à l’autre, ce à quoi contribue l’amélioration des moyens de transport, comme les lignes de chemin de fer entre 1867 et 1915 (voir Histoire des chemins de fer), les autoroutes et les réseaux de pipelines après 1945. Les provinces deviennent des marchés et des fournisseurs importants les unes pour les autres. Par conséquent, une vague d’investissements dans une région comme les Prairies occidentales peut avoir des répercussions positives à la grandeur du pays, tandis qu’un marasme économique dans l’industrie de la fabrication en Ontario devient un marasme pour tout le Canada.

Vers 1980, la plupart des Canadiens sont devenus des citadins et la majorité des travailleurs sont des cols blancs occupant un emploi dans le secteur des services (voir urbanisation). Les inégalités de revenus, de niveau de vie et de mode de vie sont moins grandes, surtout après 1945 (voir Répartition des revenus). Toutefois, les économies régionalessont encore très différentes. L’industrie manufacturière est concentrée en Ontario et au Québec, tandis que les quatre provinces occidentales génèrent d’importants surplus de matières premières. Après 1945, le niveau de vie dans les provinces de l’Atlantique demeure assez bas comparativement aux autres provinces et les perspectives économiques y sont moins bonnes. En partie pour cette raison, les subventions interrégionales s’inscrivent profondément dans le mode de vie canadien (voir Paiements de péréquation).

Histoire économique

L’histoire économique comprend l’étude de l’évolution de l’économie et celle des institutions économiques. Elle remonte au 19e siècle et emprunte des éléments à la science économique, à l’histoire, à la géographie et aux sciences politiques. Il ne faut pas la confondre avec l’histoire des idées économiques ni avec les interprétations générales de l’histoire fondées sur les forces économiques.

D’importantes contributions sont apportées à l’histoire économique du Canada au cours des années 1920 et 1930 par des économistes comme Harold Innis et des historiens comme Donald Creighton, qui soulignent l’importance de ce qu’ils appellent « les produits de première nécessité », dont les marchés se trouvent à l’étranger (voir Théorie des principales ressources). Soulignant aussi l’importance des caractéristiques géographiques du Canada, comme le Bouclier canadien et le réseau hydrographique du fleuve Saint-Laurent et des Grands Lacs, ils analysent les interactions entre les ressources, les marchés extérieurs et l’arrivée d’immigrants et d’investissements venant de l’étranger. La croissance régionale est envisagée en lien avec les produits de première nécessité.

Ces travaux sont par la suite complétés par de nouvelles approches fondées sur la science économique et les statistiquesmodernes. Certains travaux réalisés en histoire des travailleurs, de la croissance urbaine, des affaires et du développement industriel du Canada central s’insèrent mal dans la théorie des principales ressources. Simultanément, les historiens géographes publient de précieux travaux sur les différents types de peuplement et de développement des villes, tandis que l’histoire régionale, où les théoriciens des principales ressources ne voyaient qu’un élément de l’édification de la nation, devient un outil d’affirmation régionale, particulièrement au Québec et dans les provinces de l’Atlantique. En histoire des affaires et du travail, et dans plusieurs autres domaines, des penseurs marxistes côtoient des chercheurs aux idéologies très différentes.

(Voir aussi Histoire des affaires.)