Les Jeux olympiques sont des compétitions sportives internationales qui se disputent tous les quatre ans. Jusqu'en 1992, les Jeux d'été et d'hiver ont lieu la même année, mais à partir de 1994, ils se tiennent en alternance tous les deux ans. Par exemple, les Jeux olympiques d'hiver de Nagano (Japon) ont lieu en 1998 et les Jeux olympiques d'été se déroulent en l'an 2000 à Sydney (Australie).

Jeux olympiques antiques

Les premiers Jeux olympiques sont célébrés dans la Grèce antique entre 776 av. J.-C. et 393 apr. J.-C. en l'honneur du dieu Zeus. Chez les Grecs anciens, la recherche de l'excellence et le culte de la beauté corporelle revêtent une grande importance, et les Jeux en offrent une parfaite illustration. Le festival se déroule tous les quatre ans à Olympie, dans l'Est du Péloponnèse, et comprend des courses de chars et de chevaux, des courses à pied, des épreuves de pugilat et de lutte ainsi qu'un pentathlon. Les légendes de l'époque glorieuse des jeux d'Olympie ont persisté au fil des siècles et les découvertes des archéologues au XIXe siècle confirment qu'elles n'étaient pas qu'un mythe.

Jeux olympiques modernes

L'idée de faire revivre l'olympisme à l'ère moderne revient à l'éducateur et penseur français Pierre de Coubertin, qui y voit un moyen de promouvoir la paix entre les peuples. Les premiers Jeux modernes ont lieu à Athènes, en 1896. Plutôt modestes, ils accueillent 250 athlètes de 14 pays et comptent 43 épreuves dans 9 disciplines sportives. À titre de comparaison, quelque 10 000 athlètes de plus de 190 pays participent aux 271 épreuves des 29 sports aux Jeux d'été d'Atlanta en 1996.

Dans de nombreux pays, les athlètes se qualifient pour les Olympiques en remportant ou en se plaçant parmi les meilleurs de leur discipline lors d'épreuves de sélection. L'athlète doit être un citoyen du pays qu'il représente. Pendant longtemps, seuls les athlètes amateurs étaient admis aux Jeux, mais à présent, les athlètes professionnels peuvent participer à la plupart des épreuves olympiques. Dans la majorité des sports, un pays peut inscrire jusqu'à trois compétiteurs dans chaque épreuve pourvu qu'ils remplissent les critères minimums de sélections établis par l'organisme international régissant ce sport. Pour accéder aux Jeux, les équipes nationales doivent gagner ou se classer parmi les meilleures lors des tournois de qualification. Le pays hôte peut inscrire une équipe dans chaque épreuve par équipe.

Chaque compétiteur finissant au premier rang reçoit une médaille d'or, qui est en réalité faite d'argent et recouverte d'or. La deuxième place correspond à une médaille d'argent et la troisième à une médaille de bronze. La conception de la médaille change pour chaque tenue des Jeux olympiques. Tous les membres d'une équipe de relais gagnante reçoivent une médaille, y compris ceux qui ne participent qu'aux épreuves de qualification. Dans les sports d'équipe, tous les membres d'une équipe gagnante qui jouent au moins un match durant la compétition obtiennent une médaille.

Athènes 1896

Les épreuves suivantes figurent au programme des Jeux de 1896 : le cyclisme, l'escrime, la gymnastique, le tir à la cible, la natation, le tennis, l'athlétisme, l'haltérophilie et la lutte. L'Américain James B. Connolly devient le premier champion des Olympiques modernes en remportant l'épreuve du triple saut (alors connue sous le nom de « cloche-pied, foulée et saut ». Comme il se doit, c'est un athlète grec, Spyridon Louis, qui remporte le premier marathon. Les Canadiens ne participent pas à ces Olympiques.

Paris 1900

Les Jeux de 1900 et de 1904 suscitent peu d'intérêt. Ceux de 1900 à Paris tiennent un rôle secondaire à côté de l'Exposition universelle organisée au même endroit. Pour la première fois, des femmes participent à des compétitions, soit le tennis sur gazon et le golf. Une joueuse de tennis britannique, Charlotte Cooper, et une golfeuse américaine, Margaret Abbott, sont les premières médaillées d'or féminines. Le Canada n'y envoie pas d'équipe officielle, mais un Canadien qui étudie aux États-Unis, George Orton, se rend à Paris avec l'équipe américaine et remporte une médaille d'or au steeplechase de 3000 mètres, une de bronze au 400 m haies et finit cinquième au steeplechase de 4000 mètres.

St. Louis 1904

Les Olympiques de 1904, tenus dans le cadre de la Louisana Purchase Exposition à St. Louis (Missouri), soulèvent également peu d'enthousiasme. Le Canada y délègue officiellement ses premiers athlètes, qui remportent quatre médailles d'or au lancer du poids, au golf, à la crosse et au soccer, ainsi qu'une médaille d'argent en aviron. Parmi les médaillés d'or du Canada cette année-là, on trouve un policier de Montréal, Étienne Desmarteau, qui a été congédié pour s'être absenté du travail afin de participer aux Olympiques. Il remporte l'or au lancer du poids de 56 lb (25 kg). Il meurt l'année suivante, à l'âge de 28 ans, de la typhoïde. Les Shamrocks de Winnipeg gagnent l'or à la crosse. George Lyon, au golf, et une équipe de Galt (Ontario), au soccer, obtiennent la médaille d'or dans leurs disciplines respectives.

En 1906, des Jeux « intermédiaires » se tiennent à Athènes afin de conserver les liens historiques entre la Grèce et les Jeux Olympiques. William Sherring, l'un des trois seuls athlètes canadiens participants, remporte le marathon. Ce sont les seuls Jeux intermédiaires qui aient jamais eu lieu, et les résultats de 1906 ne sont pas reconnus officiellement.

Londres 1908

Les Canadiens reviennent des Jeux de 1908 avec trois médailles d'or, trois d'argent et neuf de bronze. L'or est remporté par Robert Kerr à la course de 200 mètres, par Walter Ewing au tir, et par l'équipe nationale de crosse.

On s'attend à ce que le Canada gagne le marathon grâce au favori Tom Longboat, de la réserve des Six-Nations. Mais l'épreuve donne lieu à l'un des moments les plus dramatiques de l'histoire des Olympiques. Le départ se fait sur les pelouses du château de Windsor, ce qui signifie que les coureurs doivent parcourir 42 km jusqu'au stade. Longboat, qui a remporté en un temps record le marathon de Toronto en 1906 et celui de Boston en 1907, prend la tête dès le départ. Au 23e kilomètre, il se retrouve en deuxième position. À peine 8 kilomètres plus loin, il se retire soudainement en boitant et on l'embarque dans une voiture. Des rumeurs selon lesquelles des membres de son entourage l'auraient drogué afin de gagner l'argent d'un pari se répandent rapidement. Entre-temps, au stade, l'Italien Dorando Pietri s'approche de la ligne d'arrivée en titubant, après avoir déjà chuté à cinq reprises. Lorsque l'Américain John Hayes arrive à son tour dans le stade, tout porte à croire qu'il vaincra l'Italien. Toutefois, l'officiel en chef du marathon, Jack Andrew, peu enclin à laisser un Américain l'emporter, bondit de l'estrade et traîne le coureur italien de façon à ce qu'il franchisse la ligne d'arrivée en premier. La victoire illégale est cependant de courte durée, car les Américains protestent et Hayes finit par obtenir la médaille d'or.

Stockholm 1912

Le Canada envoie à Stockholm une petite délégation composée de 36 athlètes. George Goulding remporte une médaille d'or pour la marche de 10 000 m, alors que George Hodgson en obtient deux en natation (400 mètres et 1500 mètres). Il s'agit du premier double médaillé d'or du Canada aux Olympiques. Hodgson poursuit ses exploits en faisant tomber trois records du monde en natation. Calvin Bricker et Duncan Gillis remportent l'argent en athlétisme, tandis que William Happeny, Frank Lukeman et Everard Butler gagnent des médailles de bronze en athlétisme et en aviron.

On se souvient surtout des Jeux de Stockholm pour les prouesses du jeune autochtone Américain Jim Thorpe. Il remporte le pentathlon et, le jour suivant, pendant que la plupart des compétiteurs récupèrent, il participe au décathlon pour enlever facilement l'or. Un an après ces événements, on apprend que Thorpe recevait 60 dollars par mois comme joueur de baseball. Cette rémunération allant à l'encontre du code olympique amateur, Thorpe doit remettre ses médailles. Le Comité international olympique (CIO) les lui rend ultérieurement.

Anvers 1920

La Première Guerre mondiale force l'annulation des Jeux de 1916, censés se tenir à Berlin (Allemagne). La Belgique, dévastée par l'invasion allemande durant la guerre, soulève la sympathie du CIO, qui accorde les Jeux de 1920 à Anvers. Comme de nombreux participants sont des soldats alliés, l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, la Hongrie et la Turquie ne sont pas invitées à participer pour éviter de raviver les animosités.

Le coureur finlandais Paavo Nurmi, surnommé le « Finlandais volant », y remporte trois de ses neuf médailles d'or olympiques en carrière, une à la course de 10 000 mètres, une au cross-country individuel et une autre au cross-country en équipe.

Earl Thompson de la Saskatchewan remporte la médaille d'or au 110 mètres haies, battant ainsi un record du monde pour le Canada. L'autre médaille d'or du Canada est décernée au boxeur Albert Schneider. Le hockey sur glace fait son apparition à ces Jeux d'été. Les Falcons de Winnipeg représentent le Canada et remportent le titre en défaisant la Suède 12 à 1.

Paris 1924

Le coureur Nurmi ainsi que le nageur américain Johnny Weissmuller sont les athlètes qui se démarquent le plus aux Jeux de Paris de 1924. Parmi les principales victoires de Nurmi, on compte la course sur 1500 mètres et sur 5000 mètres. Weissmuller remporte les 100 mètres et 400 mètres nage libre et fait partie de l'équipe de nageurs qui gagne l'épreuve de relais 4 x 200 mètres style libre. Les Jeux de Paris serviront de cadre au film Chariots of Fire (v.f. Les chariots de feu), basé sur les exploits des champions britanniques en sprint, Harold Abrahams et Eric Liddell.

Le Canada ne remporte pas de médaille d'or à ces Jeux. Toutefois, les Grads d'Edmonton gagnent un championnat « officieux » en basket-ball féminin (tout comme en 1928, en 1932 et en 1936), alors un sport de démonstration.

Amsterdam 1928

L'apparition des épreuves féminines d'athlétisme constitue le fait saillant des Jeux d'Amsterdam (Pays-Bas) de 1928. Les sept Canadiennes (six sprinteuses et une nageuse) obtiennent deux médailles d'or, une d'argent et une de bronze. Ethel Catherwood, Fanny Rosenfeld, Ethel Smith, Florence Bell et Myrtle Cook deviennent les premières Canadiennes à remporter une médaille d'or au relais. Catherwood gagne aussi l'or au saut en hauteur. Phil Edwards récolte une médaille de bronze au relais 4 x 400 mètres. Cette médaille est la première des cinq médailles olympiques gagnées par Edwards au cours de sa carrière olympique. Il est l'unique athlète canadien à avoir accompli cet exploit. L'équipe masculine de relais éclipse elle aussi le record du monde en finissant en troisième position, derrière les équipes américaine et allemande. Percy Williams de Vancouver surprend tout le monde en devenant le premier coureur non américain à remporter la course sur 100 mètres et 200 mètres.

Los Angeles 1932

En 1930, le CIO décide de poursuivre l'intégration d'athlètes féminines. Grâce à cette décision, l'Américaine Babe Didrikson devient l'athlète la plus acclamée des Jeux de 1932 à Los Angeles. Elle remporte le 80 mètres haies et l'épreuve du javelot en établissant de nouveaux records du monde dans ces deux disciplines et elle finit deuxième au saut en hauteur.

Bien que ses athlètes éprouvent des difficultés à se rendre aux Jeux en raison d'un financement insuffisant, le Canada réussit à obtenir 15 médailles, soit le même nombre qu'aux Jeux de 1924. Phil Edwards gagne trois médailles de bronze aux épreuves de course sur piste. Alex Wilson remporte une médaille d'argent et deux de bronze dans la même discipline. Duncan McNaughton rafle l'or au saut en hauteur tout comme Horace Gwynne à la boxe.

Berlin 1936

Ces Jeux se veulent une vitrine pour le 3e Reich d'Hitler, mais c'est l'attribution de quatre médailles d'or à un athlète noir des États-Unis, Jesse Owens, qui constitue l'événement marquant des Jeux de Berlin. Le Canadien Philip Edwards obtient une médaille de bronze au 800 mètres, sa cinquième médaille olympique. Le canoéiste Frank Amyot, qui paye de sa poche son voyage à Berlin après le refus du Comité olympique canadien, remporte l'unique médaille d'or du Canada. L'équipe de basket-ball canadienne, qui joue en présence de l'inventeur de ce sport, le Canadien James Naismith, ne perd qu'un match et obtient la médaille d'argent.

Londres 1948

Les Jeux de 1940 et de 1944, qui doivent avoir lieu à Tokyo et à Londres respectivement, sont annulés à cause de la Deuxième Guerre mondiale (1939-1945). Les Jeux de 1948 doivent se dérouler à Helsinki, mais comme la Finlande ne s'est pas encore relevée de la guerre, ils ont lieu à Londres.

L'Allemagne et le Japon ne sont pas invités à prendre part aux Jeux et l'Union soviétique décline l'invitation. Les Canadiens reviennent avec trois médailles : une d'argent gagnée par Douglas Bennett en canoë-kayak, une de bronze obtenue par l'équipe féminine de relais 4 x 100 mètres et une autre de bronze remportée par Norman Lane en canoë-kayak. Fanny Blankers-Koen des Pays-Bas marque les Jeux de 1948 en étant l'unique femme à y récolter quatre médailles aux épreuves d'athlétisme.

Helsinki 1952

La capitale finlandaise accueille finalement les Jeux après avoir dû les refuser en 1948. L'Union soviétique, qui par le passé s'est abstenue de prendre part aux Jeux en raison de leur caractère capitaliste, constitue l'ajout le plus significatif parmi les pays participants. Les Soviétiques connaissent beaucoup de succès, et les Américains sont stupéfiés de voir que l'URSS détient plus de médailles que les États-Unis jusqu'au dernier jour des compétitions.

Même si le Canada envoie sa plus grosse délégation de l'histoire à ces Jeux, les athlètes canadiens n'obtiennent que trois médailles. George Genereux, un élève du secondaire âgé de 17 ans, remporte l'or au tir. En aviron, les coques du Canada sont sérieusement endommagées pendant leur transport par bateau jusqu'en Finlande; les rameurs doivent emprunter des canots à la Suède, mais ils ne remportent pas de médailles.

Melbourne 1956

Les Soviétiques et les Américains maintiennent leur suprématie, finissant premiers et deuxièmes dans le classement officieux des médailles. L'équipe australienne, avec à sa tête les nageurs Murray Rose et Dawn Fraser et les coureuses Betty Cuthbert et Shirley Strickland, remporte 13 médailles d'or au total, ce qui lui permet d'atteindre le troisième rang au classement par pays.

Les Jeux de Melbourne sont le théâtre d'un autre événement particulier. En effet, à la suggestion d'un jeune écolier australien d'origine chinoise, le CIO permet à tous les athlètes de défiler librement pendant les cérémonies de clôture.

Les rameurs de l'Université de la Colombie-Britannique, dirigés par Frank Reid, rehaussent le prestige du Canada à ces Jeux. L'équipe masculine rafle les épreuves préliminaires dans la catégorie quatre rameurs. Lors de la finale olympique, ils partent en dernière position, mais ils rattrapent les autres compétiteurs à mi-parcours, pour finalement remporter la victoire par cinq longueurs. Dans l'épreuve à huit rameurs, l'équipe canadienne finit deuxième derrière les Américains. Le Canadien Gérald Ouellett, qui gagne l'or au tir de précision, semble avoir établi un record du monde grâce à un score parfait de 600 en finale. Toutefois, on découvre que la distance de tir a été mesurée selon le système anglo-saxon au lieu du système métrique.

Rome 1960

Dans les années 1960, des Africains, comme Wilson Kiprigut du Kenya et Abebe Bikila de l'Éthiopie, dominent les épreuves de course, tandis que les athlètes de l'Europe de l'Est se distinguent en gymnastique et en haltérophilie.

Ces Jeux sont les premiers à être télédiffusés sur une centaine de réseaux mondiaux, permettant ainsi à des millions de personnes de suivre les compétitions. Malheureusement, le Canada y connaît sa pire performance olympique, ne remportant qu'une médaille d'argent en aviron, dans la catégorie de huit rameurs avec barreur. Au 100 mètres relais quatre-nages masculin, le Canada passe à côté d'une seconde médaille en finissant quatrième.

Tokyo 1964

Après une tentative infructueuse en 1940, Tokyo devient la première ville asiatique à organiser des Jeux en 1964. Les Japonais profitent de l'occasion pour mettre de l'avant leur technologie en utilisant des ordinateurs pour la première fois. Des records sont enregistrés dans les 18 épreuves de natation, les Américains récoltant 16 des 22 médailles d'or décernées en natation et au plongeon.

L'équipe canadienne remporte quatre médailles, dont une d'argent au 800 mètres gagnée par Bill Crothers et une de bronze au 100 mètres attribuée à Harry Jerome. Roger Jackson et George Hungerford s'emparent des deux seules médailles d'or du Canada. L'hymne national du Canada est joué pour la première fois lors de la cérémonie de remise des médailles, mais le drapeau hissé est encore le Red Ensign.

Mexico 1968

C'est dans un climat d'agitation politique mondiale qu'ont lieu les Jeux d'été de 1968 à Mexico. La remise des médailles pour le 200 mètres chez les hommes en constitue le moment le plus controversé. Les sprinteurs afro-américains Tommie Smith et John Carlos remportent des médailles d'or et de bronze. Pour protester contre le racisme aux États-Unis, les deux athlètes brandissent le poing, symbole du « pouvoir noir », pendant que joue l'hymne national américain.

L'altitude élevée de Mexico s'avère catastrophique pour les coureurs de fond et les concurrents des autres épreuves d'endurance, mais elle permet d'établir des records du monde dans de nombreuses autres compétitions. Le record le plus célèbre est établi au saut en longueur par l'Américain Bob Beamon, qui exécute un saut de 8,90 mètres. Ce record tient pendant 23 ans.

La nageuse Elaine Tanner rafle trois médailles pour le Canada : deux d'argent aux 100 mètres et 200 mètres dos, et une de bronze au relais 4 x 100 mètres nage libre. L'unique médaille d'or du Canada est décernée à l'équipe de Jim Elder, Jim Day et Tom Gayford, gagnante de l'épreuve équestre.

Munich 1972

Les Jeux de Munich sont marqués par une tragédie. Des terroristes palestiniens assassinent neuf athlètes israéliens. Cinq terroristes et un policier y trouvent aussi la mort. La gymnaste soviétique Olga Korbut, avec trois médailles d'or, et le nageur américain Mark Spitz, avec sept, sont les vedettes des Jeux. Les athlètes canadiens ne gagnent aucune médaille d'or mais réussissent à obtenir deux médailles d'argent et cinq de bronze en natation et voile.

Montréal 1976

Les Jeux de Montréal font l'objet d'un boycottage amorcé par la Tanzanie. Plus de 20 pays africains et deux autres pays refusent d'y prendre part. Ils exigent que la Nouvelle-Zélande soit bannie des Jeux parce que son équipe de rugby a participé à des compétitions en Afrique du Sud. Le CIO rejette leur demande, arguant n'avoir aucune autorité en la matière vu que le rugby n'est pas un sport olympique. La Roumaine Nadia Comaneci remporte le concours général de gymnastique chez les femmes. De plus, aux barres asymétriques, on lui décerne la note parfaite de 10, un précédent dans une compétition olympique de gymnastique. La performance la plus remarquable des Jeux reste celle des nageuses de l'Allemagne de l'Est, qui remportent 11 des 13 épreuves de natation, mais on apprend par la suite qu'elles ont fait usage de drogues améliorant la performance.

Bien que le Canada n'obtienne pas de médaille d'or sur son propre terrain, le nombre de médailles remportées par les athlètes canadiens, 11 dont 5 d'argent, est deux fois plus élevé qu'aux Jeux précédents. La nageuse Nancy Garapick devient l'unique double médaillée du Canada en remportant le bronze en natation aux 100 mètres et aux 200 mètres dos.

Moscou 1980

Le gouvernement américain boycotte à son tour les Jeux de 1980 pour protester contre l'invasion soviétique en Afghanistan. Le Canada fait de même, à la déception de ses 211 athlètes. Un total de 62 pays refuse de participer aux Jeux, de sorte que l'équipe soviétique récolte 80 médailles d'or, 69 d'argent et 46 de bronze. Le grand boxeur cubain Teófilo Stevenson gagne sa troisième médaille d'or olympique consécutive dans la catégorie des poids lourds.

Los Angeles 1984

L'Union soviétique, en riposte au boycottage américain des Jeux précédents, choisit de ne pas envoyer d'équipe aux États-Unis, tout comme 13 pays du bloc soviétique. L'équipe américaine gagne 83 médailles d'or, 61 d'argent et 30 de bronze. L'Américain Carl Lewis, vainqueur de quatre épreuves (100 mètres, 200 mètres, relais 4 x 100 mètres et saut en longueur), en ressort comme le plus grand champion d'athlétisme de son époque.

Le Canada profite aussi du boycottage et remporte un nombre sans précédent de 44 médailles, dont un record de 10 médailles d'or. Les Canadiens cumulent six médailles en canoë-kayak, six à l'aviron, trois à la voile, une d'or au plongeon et dix en natation, dont quatre d'or. Le nageur Alex Baumann établit deux records du monde au 200 mètres et au 400 mètres individuels quatre-nages, qui lui valent des médailles d'or. Victor Davis établit lui aussi un record du monde en s'emparant de l'or au 200 mètres brasse. Du côté des femmes, Anne Ottenbrite gagne l'or au 200 mètres brasse et Sylvie Bernier en fait de même au plongeon. Lori Fung gagne la première médaille d'or du Canada en gymnastique rythmique, tandis que Larry Cain et le duo Alwyn Morris et Hugh Fisher remportent des médailles d'or en canoë-kayak. L'équipe masculine gagne l'or en aviron dans la catégorie huit rameurs avec barreur, et Linda Thom remporte l'or au tir au pistolet.

Séoul 1988

Les Jeux de Séoul (Corée du Sud) de 1988 sont assombris par le scandale de Ben Johnson, qui, après avoir gagné le 100 mètres pour un temps record, échoue au test antidopage. Tout au long des Jeux, la question du dopage plane, surtout lorsque les nageuses de l'Allemagne de l'Est, dirigées par Kristin Otto, enlèvent 10 des 15 épreuves féminines et que l'Américaine Florence Griffith Joyner améliore ses résultats de façon spectaculaire en athlétisme pour remporter les courses de 100 mètres et de 200 mètres.

En nage synchronisée, Carolyn Waldo remporte deux médailles d'or en solo et en duo (avec Michelle Cameron). À la boxe, Lennox Lewis gagne l'or, Egerton Marcus l'argent et Ray Downey le bronze. En natation, l'équipe de relais masculine, dirigée par Victor Davis, remporte l'argent, tandis que l'équipe féminine reçoit le bronze. Le décathlonien Dave Steen remporte une médaille de bronze grâce à une performance remarquable lors de la dernière épreuve.

Barcelone 1992

Aux Jeux de Barcelone de 1992, aucun pays ne domine les compétitions car les gagnants des différentes épreuves proviennent de diverses nationalités. La publicité faite autour des Jeux est surtout centrée sur l'équipe de basket-ball nationale américaine, surnommée la « Dream Team », qui écrase complètement ses rivales.

Le Canada récolte 18 médailles, dont six d'or. Parmi les médailles d'or, quatre sont remportées à l'aviron par les équipes féminines dans des courses en pointe de deux, de quatre et de huit rameurs, et par l'équipe masculine de huit. Silken Laumann remporte une médaille de bronze en skiff, à peine dix semaines après avoir été victime d'un grave accident lors d'un entraînement. La nageuse Sylvie Frechette perd la médaille d'or en nage synchronisée à cause d'une erreur de notation, mais elle finit par l'obtenir après enquête. Le nageur Mark Tewksbury établit un record olympique au 100 mètres dos et le coureur Mark McKoy remporte l'or au 110 mètres haies, sa dernière médaille pour le Canada avant de devenir citoyen australien.

Atlanta 1996

En 1996, le centenaire des Jeux olympiques modernes est célébré à Atlanta (Géorgie), mais un attentat à la bombe dans le Centennial Olympic Park, qui fait une victime et une centaine de blessés, jette une ombre sur l'événement. En athlétisme, l'Américain Michael Johnson remporte l'or au 200 mètres et au 400 mètres. Cependant, c'est le Canadien Donovan Bailey qui triomphe au 100 mètres, l'épreuve la plus prestigieuse en athlétisme. Bailey et ses coéquipiers Robert Esmie, Glenroy Gilbert et Bruny Surin remportent l'or au relais 4 x 100 mètres, défaisant ainsi l'équipe américaine, la favorite. Marnie McBean et Kathleen Heddle gagnent l'or à l'épreuve féminine d'aviron double.

Sydney 2000

Les scandales de dopage refont une fois de plus surface lors des Jeux olympiques de 2000 à Sydney, en Australie. En effet, durant ces compétitions, sept athlètes échouent à un test antidopage et plusieurs douzaines parmi eux sont disqualifiés avant même le début des Jeux. Peu d'autres événements viennent perturber ces Jeux, car le succès sans précédent de la vente des billets ainsi que la plus grande couverture télévisuelle de tous les temps font de ces 27e Jeux Olympiques d'été les plus grandioses tenus à ce jour.

Les athlètes canadiens y récoltent 14 médailles, soit huit de moins qu'aux Jeux d'Atlanta en 1996. Néanmoins, ceci constitue leur quatrième meilleure performance. Le Canada offre de bonnes performances dans le cadre de quelques « premières » : Simon Whitfield obtient la première médaille d'or olympique en triathlon, Karen Cockburn et Mathieu Turgeon gagnent des médailles de bronze lors de la première épreuve de gymnastique olympique en trampoline, et Dominique Bosshart mérite le bronze au taekwondo. Anne Montminy, qui en est à ses troisièmes jeux, devient la seule double médaillée en raflant l'argent au plongeon synchronisé (un autre événement disputé pour la première fois) et le bronze, à la plate-forme de 10 mètres. Daniel Igali, natif du Nigeria, dote le Canada d'une première médaille d'or en lutte. Au tennis masculin, en double, Daniel Nestor et Sébastien Lareau causent une surprise en battant les favoris australiens, Mark Woodforde et Todd Woodbridge, procurant ainsi au Canada la troisième médaille d'or des Jeux.

Athènes 2004

La performance des athlètes canadiens à Athènes est comparable à celles des années précédentes. De ce fait, les athlètes, les entraîneurs et certaines voix dans le public canadien expriment une fois de plus leur préoccupation concernant le niveau du financement public et privé mis à la disposition des athlètes, largement insuffisant par rapport à celui d'autres pays, notamment ceux du Commonwealth et plus particulièrement l'Australie. Le peu de médailles recueillies en 2000 a suscité un certain nombre de modifications controversées apportées avant 2004 à la politique du Comité olympique canadien; selon ces changements, le Canada décide de déléguer moins d'athlètes aux Jeux olympiques, et de concentrer les ressources financières sur ceux et celles ayant le plus de chances de gagner des médailles. Conséquemment, seulement 200 athlètes canadiens participent aux compétitions d'Athènes, soit le plus petit nombre depuis le boycott des Jeux de 1980.

Malgré tout, à l'instar des années précédentes, les athlètes canadiens réalisent plusieurs performances inédites. Le Canada gagne un total de 12 médailles, soit trois d'or, six d'argent et trois de bronze. Kyle Shewfelt procure l'or au Canada en gymnastique au sol, hommes, Lori-Ann Muenzer gagne l'or à l'épreuve de vitesse sur piste en vélo, femmes, une première pour le Canada, et Adam van Koeverdendote le Canada d'une première médaille d'or en kayak, hommes, au K-1500 mètres. Les médaillés d'argent sont Karen Cockburn au trampoline en gymnastique féminine; le quatuor en aviron, hommes, soit Cameron Baerg, Jake Wetzel, Thomas Herschmiller et Barney Williams; Tonya Verbeek en lutte libre, catégorie femmes 55 kg; Alexandre Despatie en plongeon, hommes, au tremplin de 3 mètres; Marie-Hélène Prémont en vélo de montagne, épreuve cross country; ainsi que Ross MacDonald et Mike Wolfs en voile, classe Star, hommes. Les médaillés de bronze sont : Blythe Hartley et Émilie Heymans en plongeon synchronisé, femmes, plate-forme de 10 mètres; Koeverden en kayak, hommes, au K-1 1000 mètres; et Caroline Brunet en kayak, femmes, au K-1500 mètres. Chantal Petitclerc remporte la médaille d'or au 800 mètres femmes, en fauteuil roulant, un sport de démonstration à ces Jeux.

Beijing 2008

Les Jeux olympiques d'été de 2008 sont marqués tant par la politique que par les sports. Le CIO se retrouve dans la mire des médias dès qu'il annonce que la Chine accueillera les Jeux. Les lacunes grandement critiquées du pays concernant les politiques en matière de droits de la personne et la médiocrité de son dossier environnemental ouvrent la voie à des Jeux qui semblent appeler tant des démonstrations politiques que des compétitions sportives.

Au total, 205 pays sont représentés dans 28 sports. On y trouve des moments remarquables : le nageur américain Michael Phelps établit le record du nombre de médailles d'or remportées aux Olympiques, soit huit, et l'équipe d'athlétisme jamaïcaine, dirigée par le sprinter Usain Bolt, remporte six médailles d'or au sprint et aux haies.

Les Canadiens jouissent d'un succès considérable à Beijing, avec 18 médailles, ce qui correspond aux prévisions du COC. Les premières médailles du Canada sont gagnées assez tard dans les Jeux, soit au huitième jour, lorsque le duo de David Calder et Scott Frandsen remporte l'argent à l'aviron et la lutteuse Carol Huynh l'or. Six autres médailles d'argent sont gagnées : le duo David Calder et Scott Frandsen à l'aviron; Simon Whitfield au triathlon; Adam van Koeverden au kayak; Emilie Heymans et Alexandre Despatie au plongeon; l'équipe d'équitation au saut d'obstacles; Karen Cockburn et Jason Burnett au trampoline. Ces médailles sont suivies de sept de bronze : Priscilla Lopes-Schliep aux haies; Thomas Hall au canoë-kayak; l'équipe masculine de quatre à l'aviron; Tonya Verbeek à la lutte; Ryan Cochrane en natation; et Dylan Armstrong au lancer du poids, qui reçoit la médaille de bronze en août 2014, les résultats d’Andrei Mikhnevich ayant été annulés en raison du dopage. C'est la victoire de l'équipe d'équitation qui surprend le plus en 2008 : l'olympien de longue date Ian Millar et son équipe constituée d'Eric Lamaze, Mac Cone et Jill Henselwood remportent l'argent, la première médaille canadienne dans cette discipline depuis 1976. Par la suite, Lamaze remporte la première médaille (d'or) équestre individuelle du pays et la deuxième médaille en saut d'obstacles de l'histoire des Olympiques.

Londres 2012

Les Jeux de Londres ont offert leur part de moments historiques, et quelques controverses aussi. Avec environ 10 500 athlètes venus de 204 pays qui se disputaient les médailles, Michael Phelps s'est encore distingué en remportant quatre médailles d'or et deux d'argent, portant ainsi son total, tous jeux confondus, à 22 médailles, dont 18 d'or. Le coureur jamaïcain Usain Bolt a également ébloui les spectateurs en établissant un nouveau record au relais 4x100 mètres et en devenant le premier homme à remporter l'or aux épreuves du 100 et du 200 mètres à deux olympiades.

En plus de performances athlétiques impressionnantes, Londres restera également dans les mémoires pour la participation grandissante des athlètes féminines — pour la première fois, toutes les délégations nationales présentes comptaient des femmes, y compris la délégation saoudienne qui comprenait une judoka de 16 ans, première jeune femme de ce pays à participer à des jeux olympiques.

Le Canada a remporté autant de médailles qu'à Beijing, c'est-à-dire 18, dont une d'or décrochée par Rosie MacLenna en gymnastique féminine (trampoline). Les athlètes canadiens ont également rapporté des Jeux cinq médailles d'argent (aviron, huit masculin; aviron, huit féminin; Ryan Cochrane, natation, 1 500 m nage libre hommes; Adam van Koeverden, kayak, K-1 1000 m; Tonya Verbeek, lutte libre féminine, catégorie -55 kg) et un total de 12 médailles de bronze (équipe féminine de plongeon synchronisé du tremplin de 3 m; équipe féminine de plongeon synchronisé de haut vol du 10 m; Antoine Valois-Fortier au judo, épreuve masculine, -81 kg; Christine Girard, en haltérophilie, épreuve féminine, -63 kg; Brent Hayden en natation, 100 m nage libre hommes; cyclisme, poursuite féminine par équipe; Derek Drouin au saut en hauteur; Mark Oldershaw au kayak, C-1 1000 m; Carol Huynh en lutte libre féminine, -48 kg; tournoi de football féminin; Richard Weinberger en natation, 10 km en eau libre; Mark de Jonge au kayak, K-1 200 m).

Derrière ces statistiques brutes, il y a plusieurs histoires de courage qui ont fait la une et qui font la fierté des Canadiens. La plus remarquable sans doute est celle de l'équipe de football féminin et de sa quête de victoire face à l'excellente équipe américaine. En demi-finale, le Canada a dominé sur le terrain, son capitaine, Christine Sinclair, marquant trois buts avant une séquence controversée des penalties contre le Canada qui a permis à l'équipe américaine de faire match nul à quelques minutes de la fin du temps réglementaire. Les États-Unis ont ensuite gagné la partie pendant les prolongations et le Canada a dû se contenter de la médaille de bronze, obtenue trois jours plus tard en battant l'équipe de France par 1-0. Les Canadiens et les passionnés de football du monde entier ont suivi les tribulations de l'équipe féminine canadienne et découvert son excellence ainsi que le talent exceptionnel de son capitaine, Christine Sinclair, dont la contribution lui a valu d'être choisie comme porte-drapeau du Canada aux cérémonies de clôture.