Le solstice d'été était célébré depuis des temps anciens, coutume païenne pendant laquelle on allumait des feux de joie durant la plus longue journée de l'année. En France, elle fut associée à Saint-Jean-Baptiste, cousin de Jésus qui, le premier, le reconnût et le baptisa, d'ou le symbole de la lumière.

En 1827, Ludger DUVERNAY, l'éditeur du journal La Minerve, importante publication au Bas-Canada, décide de réunir des notables de l'époque en vue de renouer avec ces célébrations, interrompues depuis LA CONQUÊTE. C'est lors d'un banquet offert chez l'avocat John MacDonnell (futur emplacement de la gare Windsor à Montréal), le 24 juin 1834, que la Fête de la Saint-Jean-Baptiste prit son envol. Suite au compte rendu de ce banquet, plusieurs journalistes incitent la population à fêter l'année suivante la Saint-Jean-Baptiste, ce qui eut lieu dans nombre de villages.

Mais les événements de rébellion de 1837 force Duvernay à l'exil. De retour au Canada en 1842, il s'empressera de faire revivre la fête de la Saint-Jean-Baptiste, évoquant le fait que les Canadiens français se doivent plus que jamais, de rester unis. En 1843, Montréal fêta à grand déploiement la fête des Canadiens français, avec le premier défilé dans les rues, tradition qui se perpétuera depuis.

Même si chaque année plusieurs célébrations de la Saint-Jean-Baptiste eurent lieu ici et là, surtout à Québec et à Montréal, ce n'est qu'en 1925 que la fête fut officiellement reconnue par la législature de Québec. Évidemment, vu l'omniprésence de l'Église catholique, cette fête se devait d'être religieuse et ne pouvait être dissociée de son patron, Saint-Jean-Baptiste. On prit donc l'habitude de le personnifier par un enfant à la chevelure frisée, tenant un mouton qui se tenait fièrement sur le dernier des chars allégoriques du défilé.

En 1947, un regroupement des SOCIÉTÉS SAINT-JEAN-BAPTISTE forme une fédération qui s'empressera de mener une campagne pour l'adoption du fleurdelisé comme drapeau pour le Québec. Le 21 janvier 1948 donne au Québec son drapeau officiel qui deviendra vite un symbole de ralliement lors des fêtes de la Saint-Jean.

Durant les années 1960-1970, années turbulentes pour le Québec la fête de la Saint-Jean s'éloigne de son caractère religieux et adopte une mission plus culturelle, artistique et rassembleuse. En 1972, la fédération des Sociétés Saint-Jean-Baptiste devient le Mouvement national des Québécois, à l'image des bouleversements de la société. La fête grand moment de ralliement national, sert de plateforme pour les artistes et les politiciens. Les chefs politiques se mêlent à la parade, quelques fois cause de remous dans la foule, et les souverainistes en profitent pour défendre leur cause. En 1975 Gilles VIGNEAULT y chantera sa très célèbre chanson « Gens du pays », véritable coup de cœur pour les Québécois. Ginette RENO suivra avec la chanson de Jean-Pierre FERLAND « Un peu plus haut, un peu plus loin », lors de cette fête culte.

C'est René LÉVESQUE, le 24 juin 1977 qui donnera aux Québécois une fête officielle en un congé férié, s'éloignant pour de bon du pendant religieux, pour devenir la Fête nationale du Québec.

D'année en année, la Fête nationale du Québec, encore appelée Fête de la Saint-Jean, accueillera et reconnaîtra les différentes communautés qui vivent au Québec. Pour commémorer la fête religieuse d'antan, plusieurs messes sont célébrées le matin du 24 juin. Durant le Solstice des Nations, célébrée la Journée des Autochtones le 21 juin, des braises du Feu de l'amitié servent à allumer le feu de la Saint-Jean, le 23 juin sur les Plaines d'Abraham.

C'est avec un enthousiasme renouvelé d'année en année que tous les citoyens du Québec fêtent leur journée nationale avec plus de 750 fêtes qui ont lieu partout au Québec, le 23 et le 24 juin. Mises sur pied par des milliers de bénévoles, la Fête nationale des Québécois offre plus de 1050 spectacles et feux de joie dans le plus grand des rassemblements au Québec.