Létourneau, (Joseph Hercule) Omer

(Joseph Hercule) Omer Létourneau. Organiste, pianiste, compositeur, marchand de musique, éditeur, professeur (Québec, 13 mars 1891 - 14 août 1983). Lauréat (AMQ) 1912. Son goût précoce pour la musique fut encouragé par son père. À 11 ans, il put remplacer le professeur de solfège de son école durant le trimestre en cours. À partir de 1904, J.-Arthur Bernier lui enseigna le piano et l'orgue et au mois d'août 1907, il devint organiste à la chapelle Notre-Dame-de-Lourdes. Il poursuivit ses études tout en travaillant dans un établissement de commerce. En 1913, il obtint le Prix d'Europe pour l'orgue. À la fin de l'été 1913, il se fixa à Paris et travailla l'orgue avec Louis Vierne, l'harmonie et la composition avec Félix Fourdrain. La guerre l'obligea à interrompre son séjour et il revint à Québec en 1914, devenant l'année suivante organiste à Saint-Sauveur où il succéda à son maître, J.-Arthur Bernier. Au début de 1919, il fonda la revue mensuelle La Musique dont il assura la direction avec Hector Faber. En novembre, il partit pour l'Europe afin de profiter de la seconde année de séjour à laquelle le Prix d'Europe lui donnait droit. À la Schola cantorum de Paris, il s'inscrivit dans la classe d'orgue d'Abel Decaux et suivit les cours de chant grégorien d'Amédée Gastoué, d'improvisation de Lejealle et de direction chorale de Marc de Ranse.

De retour à Québec en juin 1920, il reprit son poste d'organiste à Saint-Sauveur de même que la direction de La Musique. Il fut aussi actif comme pianiste et collabora aux récitals d'Arthur LeBlanc, Paul Dufault, Théodore Botrel et surtout du violoniste Edwin Bélanger qui devint son gendre et avec qui il présenta en 1935 une série de quelque 125 sonates à la station radiophonique CHRC.

Il fit de l'enseignement à domicile ainsi qu'à l'Université Laval (1925-34). Il donna aussi des cours à l'Académie commerciale de Québec et aux couvents des Ursulines de Trois-Rivières et de Rimouski. Il fut prés. de l'AMQ (1935-38). En 1934, il fit l'acquisition de la maison de musique Gauvin & Courchesne dont il avait été l'un des fondateurs. Devenue la Procure générale de musique, cette maison s'occupe de distribution et aussi d'édition musicale. Elle a été la principale boutique de musique de l'époque, celle où s'approvisionnent toute les institutions et les musiciens professionnels de Québec et des environs.

De la production de Létourneau, il faut retenir trois opérettes, Vive la Canadienne (1924), C oup d'soleil (1930) et Mam'zelle Bébé (1933), toutes trois présentées avec succès au Palais Montcalm et chantées ailleurs en province, la cantate Dieu te garde, mon Canada (Procure générale de musique 1934), sept messes, des mélodies, chantées notamment par Paul Dufault et Rodolphe Plamondon, des cantiques pour solo ou choeur et des harmonisations de chansons folkloriques. Sa production instrumentale, beaucoup moins considérable, compte des pièces pour piano, violon et orgue dont un grand nombre sont parues aux éditions de la Procure générale de musique. Il fut aussi l'auteur d'ouvrages théoriques, dont École de dictée musicale en deux vol., Théorie de la musique (Québec 1943) et Questionnaire de la théorie musicale. Ses archives sont conservées aux ANQ à Québec.La soeur de son épouse, la pianiste Clotilde Coulombe (Québec, 4 avril 1892 - Saint-Michel, près Québec, 13 mai 1985), élève de J.-Arthur Bernier, devint en 1911 la première titulaire du Prix d'Europe. Ses professeurs à Paris furent Alfred Cortot et Alfredo Casella (piano), Félix Fourdrain (harmonie), Lucien Berton (chant) et Camille Chevillard (ensemble). Dès son retour au pays, elle fut professeure et pianiste de concert pendant un an, mettant alors fin à sa carrière pour le noviciat. Contraite par la maladie de quitter la communauté, elle épousa plus tard le Dr Edmond Ouellette.

Voir aussi Paul Létourneau, Jean Létourneau et Claude Létourneau, ses fils.