Formation et premières années de la LNH (1917-1941)

La Ligue nationale de hockey (LNH) voit le jour à Montréal, au Québec, le 26 novembre 1917. La ligue succède à l’Association nationale de hockey (ANH), qui se dissout en raison d’un différend entre Eddie Livingstone, propriétaire des Blueshirts de Toronto, et les propriétaires des autres équipes de la ligue (voir La naissance de la Ligue nationale de hockey). Les premières équipes à en faire partie sont les Canadiens de Montréal, les Wanderers de Montréal, les Sénateurs d’Ottawa et les Arenas de Toronto (précurseurs des Maple Leafs de Toronto). Québec détient une concession, mais décide de ne pas jouer cette année-là. À l’époque, la LNH compte parmi les ligues professionnelles (p. ex., l’Association de hockey de la Côte du Pacifique) qui s’affrontent pour remporter la coupe Stanley.

Au cours des 25 années qui suivent, la LNH connaît de nombreux changements d’équipes membres, de calendrier des matchs et de format des séries éliminatoires. En 1924, les Bruins de Boston deviennent la première équipe américaine à entrer dans les rangs de la LNH. En 1926, six des dix équipes de la LNH sont américaines. Les Sénateurs d’Ottawa dominent les années 1920, remportant six fois le championnat de la ligue et quatre fois la coupe Stanley, mais ils se retirent en 1934.

Voici quelques-uns des fameux premiers exploits sur la glace : Joe Malone marque sept buts dans un même match en 1920, George Hainsworth remporte le trophée Vézina au cours des trois premières années du trophée et, en février 1923, Foster Hewitt décrit pour la première fois un match à la radio. Parmi les meilleurs joueurs de cette époque, on retrouve Frank « King » Clancy, Charlie Conacher, Bill Cook, Aurèle Joliat, Lester Patrick et Nels Stewart. Howie Morenz est le joueur le plus spectaculaire et Eddie Shore, le meilleur défenseur.

Les six équipes originales (1942-1967)

En 1942, il ne reste que six équipes dans la LNH : les Canadiens de Montréal, les Maple Leafs de Toronto, les Bruins de Boston, les Black Hawks de Chicago, les Red Wings de Detroit et les Rangers de New York. La ligue conserve cette structure pendant 25 ans. Lorsque six équipes d’expansion font leur entrée au sein de la ligue en 1967, ces franchises deviennent connues sous le nom de « six équipes originales ».

Les Maple Leafs de Toronto, dirigés successivement par Walter « Turk » Broda, Syl Apps, Ted Kennedy et Max Bentley dominent le hockey au cours des années 1940 et remportent six fois la coupe Stanley en dix ans. Cependant, Maurice « Rocket » Richard, des Canadiens de Montréal, reste de loin le meilleur joueur offensif, marquant 50 buts en 50 matchs dans la saison 1944-1945, dont 5 buts et 3 aides au cours d’un même match. En 1948, le recrutement de Larry Kwong, nouveau joueur des Rangers de New York, vient briser la barrière raciale du monde du hockey. Dix ans plus tard, en 1958, Willie O’Ree, premier joueur noir de la ligue, se joint aux Bruins de Boston.

Les Red Wings de Detroit constituent l’équipe marquante du début des années 1950, avec à sa tête Gordie Howe (qui remporte le championnat des compteurs à cinq reprises et le trophée Hart à quatre reprises au cours de cette décennie), Red Kelly, Ted Lindsay et Terry Sawchuk. Vers le milieu des années 1950, les Canadiens de Montréal forment sans doute l’équipe qui demeure la plus puissante de l’histoire de la LNH avec, entre autres, Maurice et Henri Richard, Bernard Geoffrion, Jean Béliveau, Jacques Plante, Dickie Moore et Doug Harvey. Les Canadiens remportent la coupe Stanley à six occasions, dont cinq d’affilée (1955-1956 et 1959-1960), ce qui constitue un record.

Les années 1960 commencent avec une victoire pour Chicago (1960-1961), alors que le génie de Bobby Hull, Stan Mikita et Glenn Hall vaut à l’équipe sa première coupe Stanley en 23 ans. Toronto remporte la coupe Stanley quatre fois de plus, tandis que Montréal gagne deux fois de plus avant l’expansion de la ligue en 1967.

Expansion et changements au sein de la LNH (1967-1990)

En 1967, six nouvelles équipes basées aux États-Unis s’ajoutent à la LNH : les Seals de la Californie (par la suite les Seals d’Oakland), les Kings de Los Angeles, les North Stars du Minnesota, les Flyers de Philadelphie, les Penguins de Pittsburgh et les Blues de Saint Louis. En 1970, les Sabres de Buffalo et les Canucks de Vancouver entrent dans la LNH et, en 1972, les Flames d’Atlanta et les Islanders de New York font de même. En 1974, avec l’ajout des Scouts de Kansas City et des Capitals de Washington, il y a alors 18 équipes. Parmi ces équipes, trois seulement sont basées au Canada. Montréal demeure l’équipe dominante, remportant huit championnats du monde entre 1967 et 1979.

En 1979, la LNH s’agrandit à nouveau en fusionnant avec l’Association mondiale de hockey (AMH). L’AMH, lors de sa fondation en 1971, était venue briser le monopole de la LNH dans le monde du hockey professionnel. À la première saison de cette ligue, les joueurs expérimentés de la LNH sont légion. On y retrouve notamment des joueurs vedettes comme Bobby Hull, Bernie Parent, John McKenzie et Brian Conacher. La légende du hockey Gordie Howe se joindra à ses fils, Marty et Mark, à Houston la saison suivante. L’AMH commence avec 12 équipes, puis passe à 14; toutefois, l’augmentation des dépenses et la diminution du nombre de spectateurs en 1978-1979 déciment la ligue, qui chutera à seulement sept équipes. En 1979, l’AMH se retire. Les Jets de Winnipeg, les Oilers d’Edmonton, les Nordiques de Québec et les Whalers de Hartford sont assimilés par la LNH la même année.

En 1980, la concession d’Atlanta déménage à Calgary (voir Flames de Calgary), ce qui porte à sept le nombre d’équipes canadiennes dans la LNH. En 1983-1984, Edmonton devient la première équipe de la défunte AMH à remporter la coupe Stanley, mettant ainsi fin au règne de quatre ans des Islanders de New York. L’équipe des Oilers, comptant plusieurs formidables marqueurs (dont Mark Messier et Wayne Gretzky), s’empare d’ailleurs de la coupe à quatre reprises au cours des six années suivantes. Au début des années 1990, les Penguins de Pittsburgh, avec à leur tête Mario Lemieux, deviennent l’équipe dominante, remportant la coupe Stanley deux années d’affilée en 1990-1991 et en 1991-1992, puis remportant un nombre record de 17 victoires consécutives en 1992-1993. Ce record reste inégalé à ce jour.

On accorde de plus en plus d’importance au nombre de buts et au jeu d’attaque. Phil Esposito, des Bruins de Boston, établit de nouveaux records de buts (76) et de points (152) pour une saison (1970-1971), alors que le défenseur Bobby Orr révolutionne sa position en devenant le premier défenseur à remporter le championnat des marqueurs (on lui remet le trophée Art Ross en 1970 et en 1975). L’accent sur l’aspect offensif de ce sport se fait sentir dans les années 1980 par les incroyables prouesses du marqueur Wayne Gretzky, qui demeurent peut-être inégalées dans n’importe quel autre sport, et celles de Mario Lemieux. Wayne Gretzky détient les titres du meilleur marqueur de l’histoire de la LNH avec 2 857 points et du seul joueur à avoir atteint 2 000 points en carrière. Il détient ou partage également 61 records dans la LNH, dont celui du plus grand nombre de buts (894) et de passes décisives (1 963).

Expansion et changements au sein de la LNH depuis 1990

L’expansion de la LNH se poursuit en 1991 et 1992. La LNH compte alors 26 équipes, avec une nouvelle concession canadienne, les Sénateurs d’Ottawa. D’autres concessions sont accordées à Tampa Bay (Lightning), Anaheim (Mighty Ducks), Miami (Florida Panthers) et San Jose (Sharks). En 1995, les Nordiques de Québec, éprouvant certaines difficultés financières en raison du fait qu’ils jouent dans le plus petit marché de la ligue, sont vendus et déménagés à Denver, où ils deviennent l’Avalanche. En 1996, les Jets de Winnipeg déménagent aussi, après être passés à un groupe de Phoenix et renommés les Coyotes de Phoenix (Coyotes de l’Arizona depuis 2014); il ne reste donc que six concessions canadiennes.

À l’été 1997, la ligue annonce son expansion dans quatre autres villes américaines. En 2000, la ligue totalise 30 équipes avec l’entrée en scène des Predators de Nashville (1998), des Thrashers d’Atlanta (1999), des Wild du Minnesota et des Blue Jackets de Columbus (2000).

En 2011, les Thrashers d’Atlanta déménagent à Winnipeg, et on réintroduit le nom « Jets » pour l’équipe. En 2016, Gary Bettman, commissaire de la LNH, annonce qu’une nouvelle franchise à Las Vegas, les Golden Knights, rejoindra la ligue à compter de la saison 2017-2018, portant le nombre total de clubs à 31.

Le marché de la LNH au Canada

En 2000, les concessions canadiennes subissent de plus en plus la pression financière des marchés américains, et Toronto est la seule équipe canadienne à jouer régulièrement à guichet fermé. Le Programme d’aide canadienne à la LNH offre de l’aide financière aux seules équipes qui peuvent démontrer leur viabilité. Or, pour la majorité des équipes canadiennes, cette viabilité est menacée par une baisse des taux d’assistance. En 1999, le propriétaire des Sénateurs d’Ottawa, Rob Bryden, annonce qu’en l’absence d’aide financière du gouvernement fédéral, les Sénateurs seraient la prochaine équipe canadienne à être vendue aux États-Unis. En janvier 2000, le gouvernement fédéral déclare qu’il envisage la possibilité d’offrir un programme annuel d’aide aux équipes canadiennes de hockey dans la LNH jusqu’en 2004. Cependant, cette décision soulève un tel tollé que le gouvernement s’empresse de se rétracter. Les Sénateurs restent à Ottawa, et, depuis 2005, les taux d’assistance demeurent stables pour la plupart des franchises.

Dans leur ensemble, les équipes canadiennes se sont révélées plus profitables financièrement qu’un certain nombre d’équipes américaines. En 2012, les Maple Leafs de Toronto sont l’équipe la plus lucrative de la Ligue, avec un chiffre d’affaires de 81,9 millions de dollars. Convaincu que le Canada pourrait accueillir une autre franchise de la LNH, l’ambitieux homme d’affaires canadien James Balsillie, fondateur de la société de technologie sans fil Research In Motion, fait de son mieux pour ramener une septième équipe au nord de la frontière. Il fait de nombreuses propositions pour déménager des équipes américaines à Hamilton, dans le sud de l’Ontario, dont celle de Pittsburgh en 2006 et celle de Nashville en 2007. En 2009, il essaie une fois de plus de déménager les Coyotes de Phoenix à Hamilton, mais la proposition est rejetée par la LNH et par le juge commissaire de l’Arizona, Redfield T. Baum.

Le sud de l’Ontario n’est pas la seule région à vouloir se doter d’une franchise de la LNH. En 2009, True North Sports Entertainment (TNSE) présente une importante proposition aux Coyotes de Phoenix (la même équipe qui déménage de Winnipeg en 1996), mais un arrangement de dernière minute entre la LNH et la Ville de Glendale fait en sorte que l’équipe demeure en Arizona. Néanmoins, les Thrashers d’Atlanta font face à certains problèmes au même moment, et TNSE conclut une entente qui amène les Thrashers à Winnipeg le 31 mai 2011. On renomme alors l’équipe les Jets, nom que l’équipe de Winnipeg porte lors de ses années de gloire dans l’Association mondiale de hockey de 1972 à 1979, puis dans la LNH de 1979 à 1996. Le retour d’une équipe de la LNH à Winnipeg est extrêmement apprécié des citoyens de Winnipeg. Selon le journal Free Press de Winnipeg, plus de 5 800 abonnements sont vendus en seulement 17 minutes.

Conflits de travail au sein de la ligue

En 2004, les propriétaires des équipes de la LNH imposent un lockout interdisant aux membres de l’Association des joueurs de la LNH (joueurs de hockey) de jouer. Le lockout, un résultat de la résistance des joueurs à un plafond salarial, dure 310 jours, du 16 septembre 2004 au 13 juillet 2005. Le résultat est un plafond salarial de 39 millions (USD) par équipe pour la saison 2005-2006 et une réduction importante des salaires des joueurs. C’est la première fois qu’une importante ligue sportive en Amérique du Nord perd une saison entière en raison d’un conflit de travail. Le lockout entraîne également l’annulation des séries éliminatoires de la Coupe Stanley; pour la deuxième fois dans son histoire, la coupe n’est pas remise (elle ne l’est pas non plus en 1919 en raison de l’épidémie de grippe espagnole qui fait alors rage).

À l’expiration de la convention collective de 2005, en 2012,l’enjeu principal est le pourcentage du revenu de la Ligue auquel les joueurs ont droit pendant une saison. Selon la convention existante, les joueurs reçoivent 57 % du total des revenus liés au hockey, mais la LNH réclame une importante baisse de ce pourcentage. Aucune des deux parties ne flanche, ce qui mène à l’annulation de 510 matchs de la saison régulière (34 matchs par équipe), en plus de l’annulation du match des étoiles de la LNH et de la Classique hivernale entre les Red Wings de Detroit et les Maple Leafs de Toronto. Une entente est finalement conclue le 12 janvier 2013 : les joueurs et les propriétaires auront chacun droit à 50 % des revenus de la Ligue liés au hockey, entre autres modalités.

Joueurs canadiens dans la LNH

La popularité grandissante du hockey et le développement plus efficace des joueurs en Suède, en Finlande, en République tchèque, en Slovaquie et aux États-Unis se reflètent dans le nombre croissant de joueurs de la LNH en provenance de ces pays, dont de nombreuses nouvelles vedettes russes, suédoises, finlandaises et tchèques dans les années 1990. Ces dernières années, le nombre de joueurs provenant des ligues de hockey junior canadiennes recrutés dans la LNH a connu une baisse importante.

En 2015, les Canadiens représentent environ la moitié des joueurs de la ligue, une diminution d’environ 25 % par rapport à 1990. Comme toujours dans l’histoire de la ligue, les Canadiens jouent un rôle crucial sur la glace comme ailleurs. On citera notamment la contribution de Jonathan Toews à la victoire des Blackhawks de Chicago en 2010, en 2013 et en 2015, ou encore la victoire des Penguins de Pittsburgh en 2009 et en 2016 avec leur célèbre capitaine Sidney Crosby.