Niagara-on-the-Lake, ville de l'Ontario; pop. 15 400 (recens. 2011), 14 587 (recens. 2006); constituée en tant que ville en 1872, et reconstituée en 1970. Niagara-on-the-Lake est située à l'embouchure de la RIVIÈRE NIAGARA dans le LAC ONTARIO. La PÉNINSULE DU NIAGARA est le foyer des peuples autochtones depuis plus de 10 000 ans. Ce sont les membres de la Nation NEUTRE qui y vivaient il y a 500 ans qui ont baptisé la magnifique chute et la rivière « niagara ». Le terme signifie tantôt « celui qui fait gronder le tonnerre » tantôt, ce qui est moins romantique, « le rétrécissement ». Les premiers colons européens qui s'installent à Niagara-on-the-Lake sont des réfugiés fuyant les affres de la RÉVOLUTION AMÉRICAINE en 1778. À la fin de la Révolution américaine, les loyalistes ayant choisi de ne pas vivre dans la nouvelle république des États-Unis reçoivent des terres dans cette nature sauvage et y construisent leurs nouvelles maisons dans la nature sauvage. Sous le commandement de John Butler, qui avait dirigé un régiment de Rangers pendant la révolution, la ville de Niagara est construite sur la rive ouest de la rivière Niagara.

En 1792, John Graves SIMCOE, premier lieutenant-gouverneur de la nouvelle province du HAUT-CANADA, choisit de faire de Niagara la capitale temporaire de la province et y installe le parlement jusqu'en 1796, date à laquelle la capitale déménage à York (TORONTO). Simcoe nomme la localité Newark mais, après son départ pour l'Angleterre en 1796, les habitants organisent une pétition dans la province pour rendre à la ville son ancien nom de Niagara, qui entre à nouveau en vigueur en 1798. Près d'un siècle plus tard, le bureau de poste fait suivre le nom de la localité du terme « on-the-Lake » pour éviter toute confusion avec la commune de NIAGARA FALLS, qui se situe à 19 km au sud.

Parmi les premiers Loyalistes établis, on compte quelques descendants d'Africains qui ont fait partie des Rangers sous le commandement de Butler et des Afro-américains restés loyalistes. Quelques autres habitants ayant du sang noir sont des descendants d'esclaves de familles loyalistes. Abolitionniste avant l'heure, Simcoe fait voter une loi qui conduit à l'abolition de l'ESCLAVAGE dans le Haut-Canada. Niagara et le reste de la province deviennent un refuge pour les personnes fuyant l'esclavage. En effet, tout esclave rejoignant le Haut-Canada recouvre automatiquement la liberté. La ville devient un important terminus du CHEMIN DE FER CLANDESTINet devient le fief d'une population noire prospère et dynamique. Pendant la GUERRE DE 1812 et les RÉBELLIONS DE 1837, les Noirs de Niagara forment leurs propres milices, sous le nom de « Coloured Corps ».

La présence militaire

FORT GEORGE, qui fait partie de la ville, sert de quartier général à la division centrale de l'armée britannique du Haut-Canada. Le général Isaac BROCK, commandant et administrateur de la province en 1812, vit dans la résidence du Gouverneur général où se situe actuellement le palais de justice sur la rue Queen. Le 27 mai 1813, les Américains prennent le fort et la ville lors d'un assaut amphibie mené conjointement par les forces extrêmement nombreuses de l'armée américaine après une bataille acharnée dans les rues de la ville. Les Américains occupent le fort et la ville jusqu'au 10 décembre 1813, date à laquelle ils sont repoussés de l'autre côté de la rivière Niagara par les forces armées régulières britanniques, les combattants autochtones et la milice canadienne. Avant de battre en retraite, l'armée américaine incendie toute la ville. En 1814, les Britanniques reconstruisent le Fort George et commencent la construction de deux nouveaux postes - Fort Mississauga à l'embouchure de la rivière et aux Casernes de Butler à l'intérieur des terres. Jusqu'en 1965, les Casernes de Butler servent de base d'entraînement à la milice canadienne.

Le développement d'une économie moderne

Des années 1830 jusqu'au début des années 1850, la ville reconstruite de Niagara est très active dans la construction navale, avec un chantier naval construisant nombre d'élégants bateaux à vapeur. La dépression économique des années 1850 et la construction du CANAL WELLAND entraînent le déclin industriel de Niagara, de son port et de son point de transbordement. De 1860 à 1890, la ville se dynamise à nouveau grâce au chemin de fer et devient le paradis des touristes. À la fin du siècle émergent de somptueux hôtels et restaurants. Quatre bateaux à vapeur assurent alors la liaison Niagara-Toronto deux fois par jour, des trains assurent de nombreuses liaisons entre la ville et Niagara Falls, Buffalo et New York et des trains électriques font la navette jusqu'à ST. CATHARINES toutes les heures. Tous ces moyens de transport amènent les touristes et permettent de transporter sur les marchés des produits agricoles ainsi que les fruits à chair tendre qui foisonnent grâce à la douceur du climat. Le commerce est ébranlé crise pendant la Première Guerre mondiale et, après la guerre, la voiture populaire remplace les bateaux à vapeur et les services de chemin de fer de la ville. La CRISE DES ANNÉES 30, puis la Deuxième Guerre mondiale sonnent le glas du tourisme. Dans le années 1940, Niagara-on-the-Lake est en triste posture, avec peu d'argent et peu d'emplois, ce qui a l'avantage de préserver le patrimoine historique. En effet, les habitants de la ville ne peuvent pas remplacer leurs vieilles maisons par de confortables bungalows modernes, comme cela se fait en Ontario à cette époque.

Au début des années 1960, un petit groupe de personnes commence à acheter et à restaurer les anciennes demeures. On fonde le SHAW FESTIVAL pour relancer le tourisme. Ces deux initiatives ont un effet magique. Les touristes commencent à apprécier l'histoire et les maisons restaurées et viennent de plus en plus nombreux assister au Shaw Festival.

En 1970, l'ancienne ville de Niagara-on-the-Lake fusionne avec le Canton de Niagara comprenant les villages de Virgil, QUEENSTONQueenston, St-Davids, Homer et McNab pour devenir une ville régionale du nom de Niagara-on-the-Lake.

Aujourd'hui, les principaux secteurs d'activité de la ville sont l'agriculture et le tourisme. Le climat permet la culture de fruits à chair tendre et du raisin. De nouvelles caves vinicoles sont maintenant reconnues dans le monde entier et l'agrotourisme est devenu une activité florissante. Le Shaw Festival s'est enrichi de trois théâtres et attire de nombreux visiteurs chaque année, du début du printemps à la fin de l'automne. Fort George fait la joie de plus de visiteurs encore, séduits par le patrimoine historique de la vieille ville, les boutiques, les restaurants, les hôtels et la beauté du site situé à l'embouchure de la rivière Niagara.

Un district historique national

En 2004, la vieille ville de Niagara-on-the-Lake est nommée district historique national par le gouvernement canadien en raison de sa collection unique de bâtiments témoignant de l'architecture de la période de 1815 à 1859, toutes bien ordonnées dans le quadrillage régulier des rues. La ville s'enorgueillit de posséder la plus grande et la plus belle collection de styles architecturaux du pays de cette période, incluant la boutique de l'apothicaire de Niagara, la maison de MacDougal-Harrison (toutes deux datant de 1820), la maison Kirby (1832), celle où vécut William KIRBY ainsi que l'Église St-André (1831), un des plus beaux exemples de style néo-grec du Canada. L'importance historique de la vieille ville est reconnue en 1986 lorsqu'elle est proclamée district de conservation du patrimoine provincial. La ville possède de nombreux sites historiques nationaux dont Fort George, le Monument de Brock (1856), Willowbank (1835), Fort Mississauga et les Casernes de Butler (apr. 1815). Les demeures historiques de la Niagara Parks Commission comprennent la McFarland House (1800), l'imprimerie Mackenzie de William Lyon MACKENZIE et la chapelle Queenston (1862). Le musée d'Histoire de Niagara est le premier bâtiment d'Ontario spécifiquement construit pour devenir un musée et il présente une collection d'objets anciens liés à l'histoire de la ville.