Déclenché par le gouvernement du Parti québécois pour donner suite à la promesse faite en 1976 de tenir un référendum avant d'avancer vers la souveraineté du Québec. Il a lieu le 20 mai 1980, invitant la population québécoise à se prononcer sur un mandat de négocier, d'égal à égal, un nouvel accord avec le reste du Canada.

Échec des souverainistes

Le projet de souveraineté-association est rejeté dans une proportion de près de 60 p. 100 des votes exprimés. On estime par ailleurs qu'environ 50 p. cent des votants francophones appuient cette option et certains auront attribué une partie de cet appui, surtout féminin, à une remarque de la ministre péquiste de la Condition féminine, Lise Payette, comparant les femmes au foyer, que favoriserait le côté du « non », à une caricature sexiste de femme soumise nommée Yvette. Le mouvement des soi-disantes « Yvettes » désormais indignées aurait renversé la tendance initiale de 47 p. cent en faveur du « oui » à une minorité de 40 p. cent. Les dirigeants péquistes réaffirment que la souveraineté demeure la seule option viable pour le Québec et qu'elle se gagnera un jour un appui majoritaire. Regroupées sous un parapluie commun comme l'exige la loi relative au référendum, les forces fédéralistes sont, quant à elles, dirigées par Claude Ryan.

Reprise des pourparlers constitutionnels

Dans un discours solennel prononcé devant une foule de 10 000 personnes le 14 mai au Centre Paul-Sauvé de Montréal, le troisième qu'il aura prononcé au cours de la campagne référendaire, le premier ministre Pierre Trudeau aura réussi à convaincre une partie des Québécois qu'un rejet de l'option péquiste enclencherait immédiatement des négociations menant à un renouvellement du fédéralism canadien. D'intenses négociations prennent place entre les gouvernements fédéral et provinciaux immédiatement après le référendum, mais elles prennent fin quand les représentants des 10 provinces rejettent les propositions de l'équipe fédérale de négociation pour rapatrier la Constitution canadienne. Les provinces, à l'exception du Québec, vont plus tard s'y rallier. En dépit de sa défaite au référendum, le gouvernement du Parti québécois est réélu en 1981 à la faveur d'un accroissement marqué (9 p. cent) de la proportion des suffrages exprimés en sa faveur. La trahison que perçoivent les Québécois de leurs intérêts par les autres provinces se sera manifesté en un soutien accru pour les péquistes.

Les accords de Meech et de Charlottetown, résultats du référendum

La situation évolue après l'élection, en 1984, d'un gouvernement conservateur au fédéral et le retour au pouvoir des libéraux québécois en 1985. Un accord est conclu en juin 1987, soit l'accord du lac Meech, par lequel le Québec est reconnu comme « société distincte », conditionnellement à une approbation par le Parlement et par les assemblées provinciales. En bout de course, l'accord (voir accord du lac Meech : document), qui comporte aussi d'autres changements constitutionnels, n'est pas adopté. Comme conséquence indirecte, un autre référendum est tenu en 1992 sur un autre accord, l'accord de Charlottetown (voir accord de Charlottetown : document). Celui-ci est rejeté. En 1995, un autre référendum portant sur la souveraineté est organisé au Québec (voir Référendum du Québec, 1995). Le camp fédéraliste l'emporte par une très mince majorité, 50,6 p. 100 des votes valides. Le taux de participation a atteint le sommet sans précédent de 94 p. 100.