La rivière Miramichi, longue de 217 km, prend sa source à Juniper, au Nouveau-Brunswick, et se jette dans le GOLFE DU SAINT-LAURENT. Ses deux bras, l'un au sud-ouest, l'autre au nord-ouest, se rejoignent à l'île de Beaubears, près de NEWCASTLE, au Nouveau-Brunswick. À partir de là, en allant vers la mer et partout dans la baie intérieure peu profonde, les eaux douces d'origine fluviale, de moindre densité, s'étalent en surface au-dessus de l'eau salée, plus dense. Le pittoresque estuaire de la Miramichi s'est formé il y a quelque 4000 ans, quand les courants et les vagues ont érigé une barrière d'îles sablonneuses en travers de la vallée creusée par les glaciers dans le grès et l'argile du Pennsylvanien et envahie par la mer. Les effets de la mer se font sentir à 65 km à l'intérieur des terres, jusqu'à Redbank, alors que le niveau de la rivière monte et descend au rythme des marées.

Ses pittoresques rives sont au coeur d'une double vocation économique, soit la pêche et l'exploitation forestière.

Il en est ainsi depuis leur colonisation par les ACADIENS, après la chute de LOUISBOURG, et les marchands de bois anglais. Ceux-ci se sont plus tard tournés vers la construction navale. Mis à part la montaison légendaire du SAUMON DE L'ATLANTIQUE (la plus importante dans l'Est de l'Amérique du Nord avant sa destruction par la surpêche, la pollution et d'autres causes inconnues) on y exploite également l'éperlan, le gaspareau, l'alose, l'anguille, le hareng, le maquereau et le homard. Autrefois, la rivière servait au flottage du bois. Aujourd'hui, les principales industries forestières à CHATHAM et à Newcastle en dépendent pour le transport et l'élimination des eaux résiduaires.

L'esprit d'indépendance des habitants de la Miramichi est peut-être une conséquence du grand incendie de 1825, au cours duquel certains ont dû, pour survivre, plonger dans les eaux de la rivière. Cet incendie entraîna la mort de 200 personnes et la destruction de près du quart des forêts du Nouveau-Brunswick. Par contre, un des effets négatifs de cet esprit individualiste est le braconnage du saumon qui y est pratique courante.

Son nom, qui est peut-être la plus ancienne appellation d'origine autochtone au Canada, signifierait en montagnais « pays des Micmacs ».