Le Canada compte environ 350 000 noms de lieux officiels. Il s'agit notamment des noms de lieux habités, les plans d'eau (les lacs par exemple) et les entités géographiques (les montagnes par exemple). Beaucoup d’entités géographiques sont encore sans nom, du moins officiellement. Les noms de lieux canadiens sont de diverses origines, y compris les langues autochtones, la royauté, les gens célèbres et de la religion.

Origine du nom Canada

Jacques Cartier note en 1535 que Donnacona, un chef iroquoien, désigne le site actuel de la ville de Québec par « kanata », qui signifie « ensemble de cabanes ». Cartier est manifestement impressionné par le nom Canada, puisqu'il l'utilise pour les régions du Saguenay et de Gaspé sur les différentes cartes dressées peu après ses voyages.

Durant plusieurs années, le nom « Québec », « passage étroit » en langues algonquiennes, désigne le territoire français compris entre le golfe du Saint-Laurent et la rivière Ohio. De 1763 à 1791, les Britanniques adoptent le nom « Province of Quebec » pour désigner les terres ou les territoires anglais des provinces actuelles du Québec et de l'Ontario. En 1791, le nom Canada est redonné aux actuelles régions du Sud du Québec (Bas-Canada) et de l'Ontario (Haut-Canada). De 1841 à 1867, ces territoires, qui forment la Province du Canada, sont connus sous les noms de Canada-Est et de Canada-Ouest, même si dans l'usage, on entend plus fréquemment Haut-Canada et Bas-Canada.

Noms des provinces

À part le Québec, trois autres provinces et un territoire ont des noms d'origine autochtone. On rapporte souvent que le nom «Ontario », ou « beau lac », serait formé des mots ontare huron et oniatare iroquois, signifiant « lac », et du suffixe « io », qui suggère quelque chose de « bon » ou de « beau ». L'orthographe actuelle du nom du lac n'apparaît sur les cartes qu'au milieu du XVIIe siècle.

Le nom « Manitoba », d'abord donné au lac, dériverait du grondement que fait l'eau du lac Manitoba à ses étranglements, le « détroit des Esprits ». Le nom « Saskatchewan » vient du mot cri et signifie « rivière au cours rapide ». Le nom « Yukon » veut dire « grande rivière » en Gwich'in et est mentionné pour la première fois, sous la forme de « Youcon », par John Bell (1799-1868) en 1846. Nunavut signifie « notre terre » en inuktitut.

Terre-Neuve est probablement le nom européen le plus ancien dans l'usage littéraire et cartographique du Canada : on le retrouve dans une lettre datant de 1502. La Nouvelle-Écosse (Nova Scotia) aurait pu s'appeler New Scotland, mais c'est la forme employée dans le texte latin concédant l'Acadie à sir William Alexander en 1621 qui a été conservée. Le nom « Nouveau-Brunswick » est choisi en 1784, en l'honneur du roi George III (1760-1820), un descendant de la maison de Brunswick.

La plus petite province canadienne est appelée « Île Saint-Jean » par les Français, puis « St. John's Island » de 1759 à 1798, date à laquelle elle prend son nom actuel, Île-du-Prince-Édouard (en l'honneur du duc de Kent, alors commandant de troupes à Halifax), afin de réduire la confusion provoquée par les différents endroits appelés St. John's et Saint John. Ni St. John's de Terre-Neuve (probablement nommée le 24 juin 1497), ni Saint-Jean du Nouveau-Brunswick (créée par charte royale en 1785 du nom du fleuve découvert par Pierre Du Gua de Monts et Samuel de Champlain le 24 juin 1604) n'ont modifier leur nom pour éviter la confusion.

Colombie-Britannique doit son nom à la reine Victoria qui, en 1858, le choisit plutôt que la Nouvelle-Calédonie. Le Columbia est ainsi nommé en 1792 par l'explorateur américain Robert Gray, du nom de son navire. Le mot « British » y est ajouté afin de distinguer la province de la Colombie d'Amérique du Sud. En 1882, le gendre de la reine Victoria, le marquis de Lorne, suggère le nom Alberta pour désigner un district de ce qui était alors les Territoires du Nord-Ouest, en l'honneur de son épouse la princesse Louise Caroline Alberta. Le lac Louise est également nommé en son honneur.

Noms d'origine autochtone

Les noms exclusifs au Canada sont ceux qui sont utilisés par les peuples autochtones, qui parlent une multitude de langues, du cri et du m’ikmaq dans l'Est au pied-noir et au haïda dans l'Ouest, en passant par le chipewyan et l'inuktitut dans le Nord. La plupart de ces toponymes décrivent une particularité physique de l'endroit en question. D'autres correspondent à un événement important ou encore à une activité particulière. Certains désignent des bandes ou des tribus. Les noms personnels sont tellement rarement donnés que des noms comme « Muskoka » et « Donnacona », qui apparaissent dans les registres officiels, sont probablement des noms de compagnies donnés par des colons européens.

Dans bien des cas, la signification des noms est douteuse et l'origine linguistique incertaine. Parmi les noms bien connus concernant les caractéristiques physiques, on retrouve Niagara, « langue de terre », par allusion à la péninsule située entre les lacs; Restigouche, « belle rivière »; Gaspé, « extrémité »; Nepisiguit, « eaux agitées »; Mississauga, « vaste embouchure »; Saguenay, « eau qui déborde »; Nipissing, « petite étendue d'eau », par opposition aux Grands Lacs; Chicoutimi, « fin de l'eau profonde »; Témiscamingue, « eau profonde »; Caughnawaga, « rapides »; Athabasca, « là où il y a des roseaux »; Kamloops, « rencontre des eaux »; Keewatin, « vent du Nord »; Minnedosa, « eau vive »; et Winnipeg, « eau trouble ».

Les noms associés à l'occupation d'un lieu par une tribu ou aux tribus elles-mêmes incluent Ottawa, « commerçants »; Toronto, « arbres poussant dans l'eau », par allusion aux bordigues vues de loin; Kitimat, « peuple des neiges »; Kootenay, « peuple de l'eau »; Penticton, « toujours au même endroit », c'est-à-dire installé en permanence; Nanaïmo, « grand peuple fort »; et Assiniboine, « cuit à l'aide de pierres chaudes dans l'eau ».

Kelowna signifie « grizzli », Aklavik, « lieu de l'ours », et Tuktoyaktuk, « renne ressemblant au caribou ». Le nom Inuvik, « lieu de l'homme », est donné en 1958 à la nouvelle ville destinée à remplacer Aklavik. Saskatoon (1882) doit son nom à un fruit sauvage que les premiers colons trouvaient en abondance.

Certains des noms de lieux sont réellement des traductions d'appellations autochtones, notamment Medicine Hat, Moose Jaw, Yellowknife, rivière de la Paix, rivière Qu'Appelle, Swift Current, Thunder Bay, rivière Battle, Red Deer, col Crowsnest (ou pas du Nid-de-Corbeau) et Grand-Mère. Récemment, la désignation autochtone de certaines communautés autochtones avec des noms anglais ou français a été reconnue. Par exemple, Fort-Chimo, au Québec, devient Kuujjuaq en 1980, et dans les Territoires du Nord-Ouest, Frobisher Bay devient Iqaluit, en 1987, et Coppermine devient Kugluktuk, en 1996.

Noms d'origine espagnole

Les relations du Canada avec l'Espagne remontent à plusieurs siècles, aux expéditions des pêcheurs basques vers la côte de l'Atlantique et à l'exploration de la côte du Pacifique par les Espagnols. Les expéditions des Basques trouvent des échos dans des noms tels que Channel-Port aux Basques et l'île aux Basques. Les archéologues ont mis à jour à Red Bay, à Terre-Neuve-et-Labrador, les traces d'une station basque de dépeçage de baleine datant du XVIe siècle.

Les nombreuses explorations espagnoles sur la côte du Pacifique entre 1542 et 1792 trouvent leur écho dans des noms comme Alberni, détroit Laredo, détroit Carmelo, détroit Mazaredo, île Galiano, détroit Juan de Fuca, Tofino, mont Bodega, rochers Quadra et baie Narvaez. À une certaine époque, l'île de Vancouver s'appelait l'île Quadra-Vancouver pour commémorer l'amitié entre le navigateur espagnol Juan Francisco de la Bodega y Quadra et le capitaine anglais George Vancouver.

Noms de la royauté

Pratiquement toutes les provinces ont une ville, une municipalité ou un village nommé en l'honneur de la reine Victoria. La ville la plus connue est Victoria, en Colombie-Britannique, baptisée en 1843, alors qu'elle n'est encore qu'un poste de commerce de la Compagnie de la baie d'Hudson (CBH). En 1882, le marquis de Lorne donne le titre latin de la reine, Regina, à la capitale de ce qui est à l'époque les Territoires du Nord-Ouest, remplaçant ainsi le nom autochtone de Wascana et son dérivé anglais « Pile O'Bones ». Prince Albert rappelle le prince consort. La royauté est évoquée aussi par des noms tels que celui de Queen Elizabeth Foreland, cap adjacent à l'île de Baffin, baptisé ainsi en l'honneur d'Élisabeth Ire, et celui des îles Reine-Élisabeth, dans l'archipel arctique, qui fait honneur à Élisabeth II.

Annapolis Royal, jadis Port-Royal, établie en 1605 dans la région par De Monts et Champlain, est nommée ainsi en 1710 en hommage à la reine Anne. George III est honoré par Georgetown (Île-du-Prince-Édouard), Prince George (Colombie-Britannique), Kingston et Lancaster Township (Ontario); son épouse Charlotte, par Charlottenburgh Township, voisin du précédent; et leurs enfants, en commençant par le duc de Cornwall, par des cantons voisins. Charlottetown honore la reine Charlotte, et Fredericton, nommée en 1785, son fils. La ville de Guelph est baptisée ainsi par John Galt en l'honneur de la famille ancestrale allemande de George IV.

Le nom « Prince Rupert » (premier gouverneur de la CBH) est choisi en 1906 à la suite d'un concours national parrainé par le Grand Trunk Pacific Railway. La dernière île d'importance découverte dans l'Arctique canadien en 1948 est appelée « Prince Charles », du nom du prince nouveau-né. Les membres de familles royales non britanniques ayant été honorés sont le roi Christian du Danemark (île de l'Arctique), le prince Gustav Adolph de Suède (mer de l'océan Arctique) et le roi Louis XIV de France (Louisbourg).

Noms de chefs politiques et de soldats

Nombre des motifs invoqués pour utiliser des noms de la royauté (respect, allégeance et espoir de poursuite d'un appui financier par exemple) ont été utilisés pour honorer des chefs politiques célèbres, des représentants du gouvernement et de l'armée. La rivière Richelieu rend hommage au duc de Richelieu (1585-1642), l'île d'Orléans, au duc d'Orléans (fils de François Ier) et la rivière Churchill, au duc de Marlborough (1650-1722). Churchill Falls, au Labrador, rappelle Winston Churchill. Malheureusement peut-être, la rivière Hamilton, baptisée au début du XIXe siècle en l'honneur de sir Charles Hamilton, est devenue le fleuve Churchill par loi provinciale. Il existe maintenant deux importants cours d'eau portant le même nom.

Parmi les chefs politiques britanniques, le duc de Wellington (Arthur Wellesley), le comte de Chatham (William Pitt), le comte de Halifax (George Montagu Dunk) et le comte de Beaconsfield (Benjamin Disraeli) sont honorés plusieurs fois. Brandon doit son nom à la Brandon House, un poste de la CBH établi en 1793 et appelé ainsi en hommage au duc de Brandon, partenaire de la compagnie. À un certain moment, la pratique veut que l'on honore des chefs étrangers; le dernier a avoir cet honneur est John F. Kennedy, dont on a donné le nom à une montagne du Yukon en 1964.

Le nom de grands chefs militaires, tels Louis-Joseph de Montcalm et James Wolfe, est attribué à maints endroits. Robert Monckton est honoré par la ville de Moncton (les efforts pour en modifier l'orthographe au cours des années 20 ont reçu une vive opposition); Jeffery Amherst, vainqueur de Louisbourg, par Amherst (Nouvelle-Écosse) et Amherstburg (Ontario); Isaac Brock, héros de la guerre de 1812, par Brockville; Garnet Wolseley, commandant de l'expédition de la rivière Rouge en 1870, par Wolseley (Saskatchewan); et enfin, lord Horatio Herbert Kitchener, par la ville de Kitchener, appelée auparavant Berlin (centre de l'immigration allemande dans le Sud-Ouest de l'Ontario), mais renommée à la suite du décès en mer de lord Kitchener, en 1916.

Parmi les organisateurs d'expéditions, on a rendu hommage à sir Felix Booth, un distillateur de Londres, avec la péninsule de Booth, de même qu'à Axel Heiberg, Amund et Ellef Ringnes, parrains de l'expédition d'Otto Sverdrup, au début du XXe siècle, avec des îles voisines de l'île d'Ellesmere.

Le détroit de Cabot, le mont Jacques-Cartier, la baie de Baffin, le détroit de Davis, la baie de Frobisher, la baie d'Hudson, la baie James, le détroit de Juan-de-Fuca (Colombie-Britannique) et l'île de Vancouver sont des noms qui rappellent les premiers explorateurs, bien que dans le cas de Juan de Fuca, son voyage pourrait être apocryphe. Le Labrador et le lac Bras d'Or doivent leur nom à l'explorateur portugais Joao Alvares Fagundes, contemporain de Jean Cabot.

Quelques-uns des premiers hommes à avoir dressé des cartes du pays ou à en avoir décrit les particularités sont évoqués par le lac Champlain (Samuel de Champlain), le fleuve Mackenzie (Alexander Mackenzie), le fleuve Fraser (Simon Fraser), la rivière Thompson (David Thompson) ainsi que par les villes de Dawson et Dawson Creek (George M. Dawson).

D'importants chefs politiques, hommes d'État, industriels et hommes de science canadiens ont été honorés par des toponymes. De nombreux endroits rappellent John A. Macdonald, Wilfrid Laurier, Robert Borden et Mackenzie King. Plus récemment, les noms de Louis Saint-Laurent et de Lester Pearson ont été attribués à deux monts du Premier Range (Colombie-Britannique), et celui de Diefenbaker, à un vaste réservoir sur la rivière Saskatchewan Sud.

Le comte de Dalhousie, sir Guy Carleton et sir John Sherbrooke sont au nombre des gouverneurs généraux qui ont été honorés. Depuis la Confédération, de nombreux endroits, cours d'eau, montagnes ou autres ont été nommés en hommage aux gouverneurs généraux qui leur ont succédés : le comte de Dufferin, Earl Grey, Roland Michener, etc. La présence de ce dernier à la cérémonie tenue en 1979 pour désigner officiellement le mont Michener est un événement rare dans l'histoire de la toponymie au Canada. Le nom de Georges-Philéas Vanier est également rappelé au souvenir maintes fois.

Noms de fondateurs de communautés

Les noms de ceux qui ont développé, fondé et veillé à la promotion des communautés ont été une source abondante de toponymes canadiens. Hamilton doit son nom à George Hamilton (1787-1835); Timmins, à Noah Timmins; Lloydminster, au révérend George Lloyd, qui devient plus tard évêque (1861-1940); Joliette, à Barthélémy Joliette (1789-1850); et Lethbridge, à William Lethbridge (1824-1901). Des noms et des prénoms ont également été utilisés : Peterborough (Peter Robinson), Belleville (Arabella Wentworth Gore) et Orangeville (Orange Lawrence) en Ontario; Melville (Charles Melville Hays) en Saskatchewan; Raymond (Raymond Knight) en Alberta; et Rossland (Ross Thompson) en Colombie-Britannique.

À une époque, l'attribution de noms personnels se faisait d'une manière relativement libre. Par exemple, le lac Kirkland reçoit en 1907 le nom d'un secrétaire du ministère des Mines de l'Ontario. Par la suite, l'approbation des noms a été rigoureusement contrôlée par les autorités en toponymie de chaque province et territoire.

Noms de saints

L'une des caractéristiques de la toponymie du Canada, en particulier au Québec, est la profusion de noms de saints. La liste toponymique du Québec en compte plus de 2200. Plusieurs hagionymes ne rappellent pas uniquement des saints, mais sont également les prénoms de fondateurs de communautés, de missionnaires et de prêtres. Parmi eux, on retrouve Saint-Hyacinthe, pour Hyacinthe Delorme, qui acquiert en 1753 la seigneurie de cet endroit; Saint-Lambert, pour Raphaël Lambert Closse, marchand de la région de Montréal au XVIIe siècle; Saint-Jean-sur-Richelieu, pour Jean Phélypeaux, ministre français de la Marine; et Sainte-Thérèse, pour Thérèse de Blainville.

On trouve ailleurs au pays St. Albert (Alberta), pour le père Albert Lacombe; St. Thomas, pour Thomas Talbot, qui a développé une grande partie du Sud-Ouest de l'Ontario; St. Mary's (Ontario), pour Mary Strachan Jones, fille de l'évêque John Strachan; et St. Catherines (Ontario), pour Catherine Hamilton (née Askin), mère du fondateur de Hamilton. En 1849, ce nom est orthographié Catharines, en l'honneur de Catharine Prendergast, femme du maître de poste William Hamilton Merritt. Les dénominations religieuses regroupent aussi l'île Jésus, Maniwaki, « terre de Marie », au Québec; la baie de la Trinité et la baie de la Conception à Terre-Neuve; et la baie Gods Mercy dans les Territoires du Nord-Ouest.

Noms d'origine anglo-celtique

De la péninsule d'Avalon à l'Est jusqu'à New Westminster à l'Ouest, la mosaïque linguistique du Canada reflète surtout les influences anglo-celtiques. Calgary trouve son origine à l'île de Mull, en Écosse, et Edmonton, en banlieue de Londres. L'Ontario comporte une multitude de noms anglo-celtiques : Renfrew, Pembroke, Sudbury, Windsor, Woodstock, Dublin, Listowel, Stratford, Brampton. Au Québec, par exemple, on retrouve Hull, Windsor, Thetford Mines, Thurso, Armagh, Bedford, Buckingham. Dans les provinces de l'Atlantique, on peut trouver Truro, Windsor, Perth-Andover, Newcastle, Kensington.

La marque laissée par les Français n'est pas seulement manifeste au Québec, où 80 pour cent des noms sont d'origine française, mais dans chaque province et territoire : la rivière Rideau, Pointe Pelée, le lac Supérieur et Sault Ste. Marie, en Ontario; Portage la Prairie au Manitoba; Lac La Ronge en Saskatchewan; Lac La Biche en Alberta; Caribou en Colombie-Britannique; la rivière aux Liards en Colombie-Britannique, au Yukon et dans les Territoires du Nord-Ouest; la baie de Fundy au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse; le bassin Minas en Nouvelle-Écosse; Cap-Breton en Nouvelle-Écosse; Port-aux-Basques, la baie Notre-Dame et le détroit de Belle-Isle à Terre-Neuve. On croit que Montréal est une variante du « Mont Roiall », ou Mont Royal, baptisé par Jacques Cartier, qui domine la ville.

Parmi les noms qui viennent d'autres pays, on retrouve Dresden et New Hamburg (Allemagne), Gimli (Islande), Delhi et Lucknow (Inde), Zurich (Suisse), Florence (Italie), Brussels (Belgique), Copenhagen (Denmark), Odessa (Ukraine), Moscow (Russie), Ladysmith (Afrique du Sud) et Corunna (Espagne). Les noms de colonisateurs et de receveurs des postes, autres qu'anglais ou français, servent également pour d'innombrables lieux, mais peu d'entre eux sont bien connus en dehors de leur région immédiate.

Noms classiques et descriptifs

Plusieurs noms canadiens sont le reflet d'origines classiques. Par exemple l'Acadie, nom donné par Giovanni da Verrazzano en 1524 pour suggérer un pays de paix champêtre; la péninsule d'Avalon, nommée par sir George Calvert, au début du XVIIe siècle; Sarnia, nom latin de Guernsey donné par Sir John Colborne en 1839; et Athens, nom attribué en 1888 en remplacement de celui plus prosaïque de Farmersville.

Toutefois, le type de toponyme le plus commun décrit une particularité physique, la faune, la flore ou les minéraux : Percé, Trois-Rivières, Rivière-du-Loup, Glace Bay, Midland, North Bay, Sturgeon Falls, Broadview, Grande Prairie, Cobalt, Asbestos, Petrolia, Val-d'Or, Gypsumville, rivière Coppermine, Whitehorse (en référence aux rapides du fleuve Yukon, qui ressemblent à la crinière d'un cheval), Old Man on His Back Plateau, Rivière Qui-Mène-du-Train, Pinchgut Tickle, Cape Gargantua et Giants Castle.

À Terre-Neuve, on trouve des noms peu communs tels que Joe Batt's Arm, Tickle Bay, Blow Me Down Bluff, Come By Chance, Little Seldom, Happy Valley, Pick Eyes, Bareneed, Hearts Delight, Bay d'Espoir (qui se prononce comme l'anglais despair) et Lushes Bight. Ecum Secum se trouve en Nouvelle-Écosse, et Pekaboo Corner, au Nouveau-Brunswick. Au Québec, on trouve Saint-Louis-du-Ha!Ha!, dans lequel « ha ha » signifie cul-de-sac ou sens unique. Punkey-doodles Corners près de Kitchener, en Ontario, dérive vraisemblablement d'un agriculteur allemand qui ne cultivait que des citrouilles (pumpkins en anglais). Flin Flon doit son nom à un personnage du roman The Sunless City, Josiah Flintabbatey Flonatin.

En Saskatchewan, on voit Eyebrow et Elbow; en Alberta, Hairy Hill et Pincher Creek; et en Colombie-Britannique, Kleena Kleene, Bella Bella et Horsefly. Snafu Creek, au Yukon, réfère à une expression de troupiers employée par les ingénieurs de l'armée au cours de la Deuxième Guerre mondiale. Ce sont eux qui ont aussi baptisé Tarfu Creek. En anglais « SNAFU » signifie « Situation Normal All Fouled Up » (situation normale tout encrassée) tandis que « TARFU » signifie « Things Are Really Fouled Up » (les choses sont vraiment encrassées). Old Lady's Ghost Creek et Man Drowned Himself Lake se trouvent tous trois dans les Territoires du Nord-Ouest. Sons of Clergy Islands se trouve à Nunavut. Certains noms sont le résultat d'un incident ou d'une circonstance quelconque. Lachine, au Québec, date de 1687, lorsque Cavelier de la Salle ne réussit pas à atteindre la Chine.

En 1784, alors que des concessions autour d'un lac du Nouveau-Brunswick sont considérées comme aussi impossibles à atteindre que la perfection attribuée à l'utopie, le lac est nommé Utopia. Le col Kicking Horse (cheval ruant), dans les Rocheuses, doit son nom à un incident remontant à 1858, dans lequel James Hector reçoit une ruade d'un de ses chevaux de charge. Lindsay, en Ontario, doit son nom à un assistant arpenteur mort après avoir été accidentellement abattu d'un coup de feu alors qu'il effectuait l'arpentage d'une rue en 1834.

En 1905, les premières lettres des municipalités voisines de Keewatin, Norman et Rat Portage servent à former le nouveau nom de Kenora. Arvida, qui fait aujourd'hui partie de Jonquière, au Québec, est ainsi nommée en l'honneur d'Arthur Vining Davis, un administrateur de l'Aluminium Company of Canada. Noranda, au Québec, provient de « North Canada », nom de la compagnie minière qui s'y établit en 1922. Kerrobert, en Saskatchewan, rappelle Robert Kerr, directeur de la circulation au Canadien Pacifique. Castlegar, Colombie-Britannique, dérive de Castle Gardens, jadis un centre d'immigration à New York. La gare de la localité porte d'ailleurs le nom de celui qui a baptisé ce centre.

Des personnages de la scène littéraire nationale et internationale ont également été honorés, de Shakespeare et Haliburton, en Ontario, à Carlyle et Lampman, en Saskatchewan. Au Yukon, Stephen Leacock et Robert Service sont immortalisés par des montagnes. Gravenhurst, Bracebridge et Nokomis doivent leur nom à des personnages ou des lieux apparaissant dans des ouvrages littéraires.

Noms répétés et noms controversés

Le phénomène de duplication des noms, comme Trout River, Wolf Lake et Mud Lake, est un casse-tête pour les utilisateurs de cartes. Bien qu'on s'efforce de modifier certains des noms les plus communs et de dissuader les gens d'utiliser à l'avenir ces noms si répandus, les substitutions arbitraires imposées par les autorités toponymiques n'ont pas eu le succès escompté, en particulier lorsque les personnes habitant l'endroit en question ne sont pas consultées. L'exemple le plus connu est la modification de Castle Mountain en mont Eisenhower, en 1946. Au cours des 30 années qui suivent, on a tenté de renverser cette décision. À la fin de l'année 1979, les gouvernements fédéral et albertain acceptent de redonner à l'endroit son nom initial et baptisent le point culminant de Castle Mountain, Eisenhower Peak.

Les tentatives des autorités pour changer des noms qu'elles considèrent inadéquats ne sont généralement pas appuyées localement. En 1826, on a voulu remplacer le nom mi’kmaqPughwash (Nouvelle-Écosse) par Waterford, mais c'est le nom initial qui est conservé. Les habitants de Swastika (Ontario), dans la ville de Kirkland Lake, résistent aux efforts pour en modifier le nom, donné en 1906 en guise de porte-bonheur. Ceux de Strassburg, en Saskatchewan, et de Berlin, en Ontario, n'ont pas eu leur mot à dire dans le choix du nouveau nom de leur ville, respectivement Strasbourg et Kitchener. En 1986, le gouvernement de l'Ontario change le nom de Stalin Township pour celui de Hansen Township, en l'honneur de Rick Hansen, l'athlète en fauteuil roulant.

Plus récemment, Galt, Hespeler et Preston, en Ontario, se sont vus attribuer le nom commun de Cambridge. Fort William et Port Arthur ont été fusionnées pour devenir Thunder Bay. L'origine ou la signification de certains noms de lieux canadiens sont contestées, notamment ceux de Gaspé (Québec), The Pas (Manitoba) et Mount Robson (Colombie-Britannique), et dans plusieurs cas, la situation est loin d'être claire.

Orthographe et prononciation de certains noms

La plupart des noms officiels du Canada n'ont qu'une seule orthographe, mais certains sont souvent mal orthographiés. St. Catharines (Ontario) est souvent écrit St. Catherines, Edmundston (Nouveau-Brunswick) devient Edmunston et la rivière Athabasca (Alberta), Athabaska. Certains endroits à cheval sur les frontières provinciales ou internationales ont plusieurs orthographes. On voit souvent écrit le mot « Temiskaming », mais ça n'est qu'une des trois formes officielles. Au Québec, Témiscamingue représente le comté et Témiscaming, la ville, en Ontario, le district s'écrit Timiskaming. La rivière Kootenay en Colombie-Britannique devient Kootenai aux États-Unis.

Au Québec, tous les noms de lieux formés de deux mots ou plus d'origine française s'écrivent avec des traits d'union. Ainsi, on écrit Sainte-Marthe-du-Cap-de-la-Madeleine. Cependant, les noms précédés d'un article s'écrivent sans trait d'union, comme La Décharge ou Le Grand-Village. Les noms qui ne sont pas d'origine française s'écrivent sans trait d'union, tels que Campbell's Bay ou Ayer's Cliff.

La prononciation de certains noms varie selon les régions. Des noms comme Toronto et Calgary se prêtent à plus d'une prononciation. Certains toponymes sont prononcés différemment par des personnes étrangères aux endroits en question, comme, Terre Neuve, Elginburg (Ontario), Gleichen (Alberta) et Maugerville (Nouveau-Brunswick), et selon la province où ils se trouvent, comme Dalhousie (Nouveau-Brunswick et Ontario) et Souris (Île-du-Prince-Édouard et Manitoba).

Voir aussi Comité permanent canadien des noms géographiques; Dénomination des minéraux.