A. & S. Nordheimer Co.

A. & S. Nordheimer Co. (vers 1898, Nordheimer Piano & Music Co.). Marchands de musique et éditeurs, marchands de piano et plus tard manufacturiers, actifs à Kingston, Haut-Canada (auj. Ontario), de 1842 à 1844 et à Toronto de 1844 à 1927.

A. & S. Nordheimer Co.

A. & S. Nordheimer Co. (vers 1898, Nordheimer Piano & Music Co.). Marchands de musique et éditeurs, marchands de piano et plus tard manufacturiers, actifs à Kingston, Haut-Canada (auj. Ontario), de 1842 à 1844 et à Toronto de 1844 à 1927. Les publicités de la compagnie ont faussement revendiqué 1840 comme date de fondation. Il est certain, cependant, qu'Abraham Nordheimer ouvrit un magasin de musique à Kingston à l'automne 1842 et se fixa à Toronto en 1844 afin d'établir, avec son jeune frère Samuel, l'A. & S. Nordheimer Co. sur la rue King est. Le commerce déménagea rue Yonge en 1915. Abraham demeura l'associé principal jusqu'à sa mort en 1862. Samuel fut prés. de 1862 à 1912 et Albert, fils d'Abraham, de 1912 à 1927. Ce dernier avait oeuvré précédemment comme dir.-gérant. La maison ouvrit des succursales à Hamilton, London, Ottawa, Saint Catharines, Montréal, Québec et Winnipeg, mais la plupart ne connurent qu'une brève existence et des firmes locales continuèrent les affaires à titre d'agents. Seule la succursale de Montréal fut active durant une longue période - v. 1848-67 et à nouveau v. 1880-1911.

Nordheimer commença à publier de la musique imprimée après son installation à Toronto et sa production surpassa bientôt celle de toutes les autres firmes canadiennes. Quand la compagnie se joignit au Board of Music Trade des É.-U. en 1859, elle satisfaisait à la condition d'adhésion - celle d'avoir publié au moins 1000 pages de musique. En 1870, 272 titres étaient disponibles. La production antérieure à 1867 affichait un nombre à peu près égal de compositeurs canadiens et étrangers. Parmi les premiers figuraient J.P. Clarke, Saint George B. Crozier, Jules Hecht, Henry Schallehn et G.W. Strathy; et parmi les étrangers, Balfe, Bellini et le jeune Offenbach. La maison offrit aussi une oeuvre faussement attribuée à Beethoven. La plupart des publications étaient de la musique pour piano, ou chant et piano, mais Lays of the Maple Leaf de Clarke (1853), cycle de mélodies ou petits chants en parties (la plus volumineuse publication canadienne de musique imprimée de format régulier jusqu'alors), contenait des duos et une pièce pour choeur. Parmi les collections offertes, The Band constituait « une sélection de danses à la mode pour le piano ». Les numéros de cotage furent utilisés jusqu'au début des années 1850 (atteignant environ le no 100) et reprirent en 1890 (commençant où ils avaient été abandonnés et atteignant le chiffre 386 en 1918). Les graveurs furent notamment Ellis de Toronto et Wakelam and Birch de New York. La gravure et le papier étaient de haute qualité; les pages frontispices illustrées étaient rares et l'enregistrement des droits d'auteur, effectué aux É.-U. Le copyright du « Canadian National Air » de Martin Lazare en 1859 est connu comme le premier à avoir été enregistré par Nordheimer au Canada.

Au nombre des Canadiens dont les oeuvres furent publiées après 1867, citons R.S. Ambrose, Jennings Burnett, Francesco D'Auria, A.E. et Edward Fisher, W.O. Forsyth, Edwin Gledhill, H.H. Godfrey, Albert Ham, J.W. et S.F. Harrison, J.D. Kerrison, Clarence Lucas, Albert Nordheimer, C.E. Wheeler et Ernest Whyte. Les publications à succès inclurent les premières éditions avec copyright de « The Maple Leaf For Ever » (1871) et « One Sweetly Solemn Thought » (1876) de R.S. Ambrose. Parmi les collections figuraient la Nordheimer's Collection of Popular Songs and Ballads (1886), la Nordheimer's Octavo Edition, The Ball Room et For Study and Recreation (First Year Classics). La maison fit aussi paraître en cahiers des pièces d'examen du TCM (RCMT).

Dès 1845, la compagnie devint l'agent de Stodart & Dunham de New York, Chickering de Boston et d'autres fabricants de piano des É.-U. En 1858, Steinway s'ajouta à la liste. Ce n'est que vers 1890 que Nordheimer établit sa propre manufacture de pianos (après avoir dirigé la Lansdowne Piano Co. conjointement avec Gerhard Heintzman v. 1886-90). Elle produisit des pianos droits et à queue de haute qualité - pour un total d'environ 5000 en 1901, 11 000 en 1910 et 21 500 en 1927. Paul Hahn, T.G. Mason et V.M. Risch (Mason & Risch) et George E. Suckling, entre autres, acquirent de l'expérience chez Nordheimer avant de mettre sur pied leur propre entreprise. Le personnel de direction compta aussi A.H.S. Van Koughnet, gérant de la manufacture, W.W. Wakelam, gérant du dépt de musique imprimée et Walter Duffett, secr.-trés.

En plus de diriger leur commerce, les Nordheimer invitèrent des artistes étrangers à se produire au Canada et ouvrirent une salle de concert à Montréal, sur la grande rue Saint-Jacques, « la plus belle salle de concert au Canada » (A Theatrical Trip de Horton Rhys, Londres 1861). Emma Lajeunesse (Albani) y chanta en 1961. Une salle de récital et des studios furent ouverts plus tard rue Scott, à Toronto.

Après la retraite d'Albert Nordheimer à la fin de 1927, la compagnie Heintzman devint en janvier 1928 propriétaire de l'entreprise, y compris la manufacture dans le quartier Junction à Toronto. Heintzman conserva le nom de Nordheimer pour certains modèles de pianos jusqu'en 1960 (la production avait alors atteint le chiffre de 27 846), ce qui fit de cette marque la plus ancienne en usage dans la musique au Canada. Heintzman continua d'utiliser le nom de Nordheimer sur des cabinets durant une autre dizaine d'années.


Lecture supplémentaire

  • The House of Nordheimer 1840-1903 (Toronto 1903)

    Complete Catalogue of Sheet Music and Musical Works Published by the Board of Music Trade of the United States of America, 1870, reprint edn (New York 1973)

    Kelly, Wayne. Downright Upright: A History of the Canadian Piano Industry (Toronto 1991)

    Music Publishing in the Canadas