Roald Engelbregt Gravning Amundsen, explorateur polaire, conférencier, auteur (né le 16 juillet 1872 à Børge en Norvège; disparu le 18 juin 1928 dans la mer de Barents dans l’océan Arctique). Roald Amundsen a mené la première expédition maritime réussie à travers le passage du Nord-Ouest dans l’Arctique canadien à bord du Gjøa, de 1903 à 1906. Durant ce voyage, il a appris les techniques vestimentaires des Inuits et leurs techniques de survie en Arctique, qui se sont avérées essentielles au succès de ses expéditions ultérieures. En 1911, Roald Amundsen est devenu le premier à atteindre le pôle Sud. En 1926, il s’est rendu dans l’Arctique à bord d’un dirigeable dans le cadre de la première expédition vérifiée qui a atteint le pôle Nord. (Voir aussi Exploration de l’Arctique.)

Jeunesse
Roald Amundsen est le cadet des quatre fils de Jens Amundsen (1820-1886) et de Hanne Gustava Sahlqvist (1837-1893). La famille Amundsen est composée d’armateurs et de capitaines de navire, mais la mère de Roald Amundsen l’encourage à devenir médecin. En 1890, il commence ses études en médecine à la Royal Frederick University (aujourd’hui l’Université d’Oslo) à Kristiania (aujourd’hui Oslo), mais il quitte l’université après le décès de sa mère sans avoir obtenu son diplôme.
En 1889, à seize ans, Roald Amundsen est l’un de dizaines de milliers de personnes qui se rassemblent à Kristiania pour accueillir Fridtjof Nansen, qui vient de devenir le premier explorateur polaire européen à traverser le Groenland à ski. Roald Amundsen écrit plus tard dans ses mémoires : « Ce jour-là, je marchais au milieu des bannières et des acclamations, et tous les rêves de mon enfance se sont réveillés en force. Et pour la première fois, j’ai entendu, dans le secret de mes pensées, ce murmure clair et insistant : “Et si tu pouvais traverser le passage du Nord-Ouest!” » Après avoir lu les récits des voyages de sir John Franklin, Roald Amundsen écrit également : « J’ai pris la décision irrévocable de devenir un explorateur de l’Arctique. »
Exploration de l’Antarctique à bord du Belgica
Bien que Roald Amundsen soit un skieur accompli, il n’a aucune expérience en navigation, ce qui rend difficile pour lui l’obtention d’une place à bord d’une expédition polaire. En 1895, il réussit toutefois son examen d’officier de bord et, en 1897, il embarque comme second capitaine à bord du Belgica. Le navire quitte Anvers en août 1897 à destination de l’Antarctique. Il arrive en Terre de Graham en Antarctique en janvier 1898, mais il se retrouve pris dans les glaces. L’équipage est contraint de passer l’hiver avec des provisions insuffisantes dans la mer de Bellingshausen et tout l’équipage souffre du scorbut et de troubles mentaux dans l’obscurité polaire hivernale. Roald Amundsen survit en mangeant de la viande de pingouin crue, et il décrit plus tard le goût de l’animal comme « assez proche de celui du bœuf ». Le Belgica ne revient à Anvers qu’en novembre 1899. Bien que l’expédition du Belgica soit un désastre, Roald Amundsen acquiert une expérience précieuse pour ses futurs voyages.
Le passage du Nord-Ouest
En 1900, Roald Amundsen obtient son brevet de capitaine et en 1901, il fait l’acquisition du Gjøa, dépensant la totalité de l’héritage que ses parents lui ont laissé. Malgré le soutien financier du roi Oscar II de Suède et de Norvège, Roald Amundsen fait faillite en équipant le Gjøa et en employant six membres d’équipage. L’expédition doit quitter Oslo précipitamment en pleine tempête le 16 juin 1903 pour échapper aux créanciers qui cherchent à saisir le navire. Après une escale à Qeqertarsuaq (Godhavn en danois) au Groenland pour se ravitailler et acheter des chiens de traineau (dont six chiens qui ont appartenu à Otto Sverdrup lors de son voyage aux îles Sverdrup), le Gjøa met le cap vers l’ouest en direction du passage du Nord-Ouest. En août, Roald Amundsen et son équipage atteignent l’ île Beechey, où ils visitent les tombes de trois membres de l’expédition Franklin; John Torrington, William Braine et John Hartnell.
Durant ses deux hivers passés à Gjoa Haven sur l’île du Roi-Guillaume, Roald Amundsen mesure la position du pôle Nord magnétique, prouvant ainsi qu’il se déplace de manière régulière. Il effectue également des recherches anthropologiques sur les techniques des Inuits, sur leur culture et leur adaptation aux conditions climatiques de l’Arctique canadien. Roald Amundsen s’intéresse particulièrement aux vêtements traditionnels, aux moyens de transport et à l’utilisation des chiens de traineau des Inuits. Le temps qu’il passe à vivre parmi eux contribue au succès de son expédition ultérieure au pôle Sud.
Roald Amundsen est profondément impressionné par les Inuits et à la fin de son voyage il écrit : « Je ne pense pas que nous rencontrerons d’aussi bonnes personnes de notre vivant. » Helmer Hanssen, son second à bord du Gjoa, se souvient des Inuits : « Amundsen nous avait demandé de les traiter avec la plus grande bienveillance afin de pouvoir compter sur eux comme des amis si jamais nous avions besoin de leur aide. » En août 1906, le Gjøa traverse le détroit de Simpson pour rejoindre Cambridge Bay et arrive à Nome en Alaska à la fin du mois. Il est le premier navire à réussir la traversée du passage du Nord-Ouest.

Retour en Norvège
Roald Amundsen laisse le Gjøa à San Francisco et il entreprend une tournée de conférences à travers les États-Unis. Le Gjøa est aujourd’hui conservé au Fram Museum à Oslo.
Comme la Norvège a accédé à son indépendance en 1905, Roald Amundsen rentre de sa traversée du passage du Nord-Ouest en héros national. Le Parlement norvégien vote pour le remboursement intégral des dettes contractées pour ce voyage. Une sélection des journaux de bord de Roald Amundsen est traduite en anglais sous le titre Roald Amundsen’s The North West Passage et publiée en 1908, et cette publication connait un modeste succès commercial.
Expédition prévue pour le pôle Nord
Après une série de conférences aux États-Unis et en Europe en 1906 et 1907, Roald Amundsen annonce que son prochain voyage le mènera au pôle Nord. Fridtjof Nansen, qui a tenté d’atteindre le pôle Nord entre 1893 et 1896, autorise Roald Amundsen à lui emprunter son navire, le Fram, qui est conçu pour résister aux glaces arctiques. Le roi Haakon VII et la reine Maud de Norvège, ainsi que le Parlement norvégien, fournissent du financement, mais Roald Amundsen a du mal à obtenir des donateurs privés et il se tourne donc vers le pôle Sud.
Course vers le pôle Sud
Roald Amundsen et le Fram quittent Kristiansand en Norvège le 10 août 1910. Il informe son équipage le 9 septembre 1910 qu’ils se rendent plutôt au pôle Sud. L’officier de marine britannique Robert Falcon Scott est déjà parti pour l’Antarctique en juin et, bien qu’il n’y ait eu aucun contact entre Robert Falcon Scott et Roald Amundsen, leurs expéditions deviennent connues dans la presse comme « la course vers le pôle Sud ».
Le Fram arrive dans la baie des Baleines en Antarctique le 14 janvier 1911. Roald Amundsen dirige une équipe de cinq personnes qui se déplace en ski jusqu’au pôle Sud et qui est accompagnée de 52 chiens de traineau (seuls onze chiens reviennent au camp de base, les 22 autres sont laissés sur place pour vivre en liberté sur la banquise et devenir des habitants de l’Antarctique). Une première expédition de Roald Amundsen et de son équipe vers le pôle Sud est menée par un petit groupe le 8 septembre, mais elle est rapidement abandonnée en raison des températures extrêmes. Une deuxième équipe quitte le camp de base le 19 octobre et arrive au pôle Sud le 14 décembre. Roald Amundsen plante le drapeau norvégien au pôle Sud et laisse une lettre destinée au roi Haakon VII, demandant à Robert Falcon Scott, lorsqu’il aura atteint le pôle, de remettre cette lettre au roi à son retour.
Le succès de Roald Amundsen est éclipsé par la mort de Robert Falcon Scott en mars 1912 sur la plateforme de glace de Ross en Antarctique. L’expédition de Robert Falcon Scott a atteint le pôle 34 jours après l’expédition de Roald Amundsen. Tandis que ce dernier a utilisé des chiens de traineau pour tirer ses traineaux de ravitaillement et qu’il portait des vêtements en peau de phoque inspirés des vêtements traditionnels des Inuits, Robert Falcon Scott s’est quant à lui vêtu de vêtements en laine et a utilisé des poneys et la force humaine pour transporter ses provisions. L’expédition de Roald Amundsen s’est principalement axée sur l’atteinte du pôle Sud, tandis que celle de Robert Falcon Scott avait des objectifs scientifiques plus larges. Au milieu des louanges pour ses exploits, Roald Amundsen fait l’objet de critiques négatives dans la presse pour avoir déclenché une « course » vers le pôle Sud en modifiant son plan initial qui était de se rendre dans l’Arctique. Roald Amundsen entreprend des tournées de conférences couronnées de succès en Amérique du Nord et en Europe, et il publie un livre au sujet du pôle Sud en 1913, mais il ne reçoit pas cette même reconnaissance au Royaume-Uni.

Expédition à bord du Maud
De 1918 à 1925, Roald Amundsen traverse le passage du Nord-Est et le détroit de Béring dans l’espoir d’atteindre le pôle Nord en suivant les courants arctiques et les glaces flottantes. Roald Amundsen considère que l’expédition du Maud est un échec parce qu’il n’atteint pas le pôle Nord. Cependant, en traversant le passage du Nord-Est après son précédent voyage à travers ce passage, il devient le premier explorateur polaire à faire le tour de l’océan Arctique.

En 1925, le navire Maud est vendu à la Compagnie de la Baie d’Hudson par les créanciers de Roald Amundsen. La Compagnie renomme ce navire Baymaud, et celui-ci devient un navire de ravitaillement pour les avant-postes de la compagnie dans l’ouest de l’Arctique canadien, ainsi qu’un modèle pour le navire St. Roch de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Le Maud coule dans Cambridge Bay en 1930. Son épave est récupérée par des investisseurs norvégiens et retournée à Vollen en Norvège, en 2018.
Le saviez-vous?
Roald Amundsen a nommé le golfe de la Reine-Maud dans l’Arctique canadien, la Terre de la Reine-Maud et la chaine de la Reine-Maud en Antarctique, ainsi que son navire le Maud, en hommage à la reine Maud de Norvège, qu’il décrivait comme « notre reine bien-aimée ». Maud était la fille cadette du roi Édouard VII et de la reine Alexandra, et la sœur du roi George V. Elle est devenue la reine consort de Norvège lorsque son mari a accédé au trône de Norvège sous le nom de roi Haakon VII en 1905. Maud était une athlète amatrice enthousiaste qui aimait faire de l’équitation et du cyclisme, et elle s’est attiré la sympathie du peuple norvégien en s’adonnant au ski, encourageant alors d’autres femmes à pratiquer ce sport.
Pôle Nord
Le 12 mai 1926, Roald Amundsen participe à la première expédition vérifiée qui se rend au pôle Nord, accompagné d’un équipage de quinze personnes à bord du dirigeable Norge. Le Norge est conçu et piloté par l’aviateur et ingénieur aéronautique italien Umberto Nobile, et il est financé par le riche explorateur polaire américain Lincoln Ellsworth et par la Norwegian Aeronautical Society. Le 5 mai, le Norge décolle de Gatchina près de Leningrad (maintenant Saint-Pétersbourg) en Union soviétique, et il survole le pôle Nord le 12 mai. Roald Amundsen, Umberto Nobile et Lincoln Ellsworth larguent les drapeaux norvégien, italien et américain du Norge et ils atterrissent à Teller en Alaska le 14 mai. Plusieurs explorateurs polaires affirment qu’ils ont atteint le pôle Nord avant Roald Amundsen, comme son compagnon de bord du Belgica, Frederick A. Cook en 1908, ainsi que Robert Peary en 1909 et Richard Evelyn Byrd le 9 mai 1926. Ces affirmations sont cependant contestées par les scientifiques et les historiens.

Enfants parrainés
Roald Amundsen ne se marie jamais et il n’a pas d’enfants connus, bien que certains Inuits vivant à Gjoa Haven affirment qu’ils sont ses descendants et ceux de certains membres de son équipage. Lors du voyage du Maud, Roald Amundsen parraine deux filles tchouktches originaires du nord de la Sibérie; Nita Kakot Amundsen (1916-1974) et Camilla Carpendale (1909-1974), qui s’installent éventuellement toutes deux en Colombie-Britannique.
Disparition
En 1928, Roald Amundsen se porte volontaire pour diriger une mission de sauvetage lorsque le dirigeable d’Umberto Nobile, le Italia, s’écrase durant une expédition au pôle Nord. Roald Amundsen, le pilote français René Guilbaud et cinq membres d’équipage quittent Tromsø en Norvège le 18 juin 1928, à bord de l’hydravion Latham 47. En août, des débris de l’hydravion s’échouent sur les côtes norvégiennes. Le corps de Roald Amundsen n’est jamais retrouvé. Dans son éloge funèbre, Fridtjof Nansen déclare : « Provenant du grand silence, son nom brillera dans la gloire des aurores boréales pour les siècles à venir. »
