Archéologie autochtone au Canada

L’archéologie autochtone est un ensemble d’approches de l’archéologie conçues avec, par et pour les peuples autochtones. On la pratique surtout dans les nations coloniales telles que le Canada, les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. L’archéologie autochtone est née des préoccupations exprimées par les peuples autochtones concernant le travail d’étude accompli par des archéologues non autochtones sur l’histoire des peuples autochtones sans interagir avec ceux-ci. L’archéologie autochtone réunit les peuples autochtones et les archéologues dans le cadre de partenariats et de collaborations. Ensemble, ils s’efforcent de comprendre le passé en tenant compte de différentes perspectives et en incorporant le savoir autochtone dans l’interprétation archéologique.

L’archéologie autochtone est un ensemble d’approches de l’archéologie conçues avec, par et pour les peuples autochtones. On la pratique surtout dans les nations coloniales telles que le Canada, les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. L’archéologie autochtone est née des préoccupations exprimées par les peuples autochtones concernant le travail d’étude accompli par des archéologues non autochtones sur l’histoire des peuples autochtones sans interagir avec ceux-ci. L’archéologie autochtone réunit les peuples autochtones et les archéologues dans le cadre de partenariats et de collaborations. Ensemble, ils s’efforcent de comprendre le passé en tenant compte de différentes perspectives et en incorporant le savoir autochtone dans l’interprétation archéologique.


Contexte

La grande majorité du travail d’archéologie réalisé au Canada se concentre sur le passé autochtone.

Le livre a également eu une influence considérable à d’autres égards. Il a conduit à une participation accrue des communautés autochtones aux projets archéologiques. De même, un plus grand nombre d’autochtones sont désormais formés en tant qu’archéologues. Enfin, le livre a débouché sur l’élaboration de codes de conduite éthiques pour cette discipline. Ces codes de conduite comprennent l’Énoncé de principes d’éthique touchant les Autochtones, élaboré par l’Association canadienne d’archéologie. L’association a inscrit sur sa liste de nombreux principes. On souligne notamment l’importance de reconnaître les relations spirituelles que de nombreux peuples autochtones entretiennent avec certains points du paysage.

Les partenariats et les collaborations entre peuples autochtones et archéologues ont également pour effet de modifier les pratiques de la recherche archéologique. Ces changements permettent à différentes perspectives et visions du monde d’éclairer les interprétations du passé. De même, ils conduisent au développement de nouvelles méthodes qui se concentrent moins sur les fouilles et plus sur les méthodes non intrusives de compréhension des objets archéologiques.

Principes de l’archéologie autochtone

Les praticiens de l’archéologie autochtone s’appuient sur plusieurs principes fondamentaux, dont les suivants :

  • Impliquer les peuples autochtones dans les travaux archéologiques menés sur leurs terres et territoires ancestraux;
  • Reconnaître que l’archéologie est une façon de connaître le passé et que les peuples autochtones ont leur propre histoire;
  • Reconnaître que les peuples autochtones sont les gardiens légitimes de leur propre patrimoine culturel. Ce principe s’inscrit dans le droit fil de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones;
  • S’engager à rendre la discipline plus attentive aux savoirs autochtones et plus accueillante pour les peuples autochtones;
  • Pratiquer l’archéologie en étroite collaboration avec les communautés autochtones;
  • Veiller à ce que les voix autochtones soient entendues et les besoins de la communauté, satisfaits;
  • Explorer des théories et des méthodes alternatives pour interpréter le passé;
  • Appuyer ces théories et méthodes sur les modes de savoir et d’être autochtones.

Formes d’archéologie autochtone

Il existe de nombreuses façons d’impliquer les peuples autochtones dans l’archéologie. Par exemple :

  • Consultation : examen d’un projet archéologique aux côtés des communautés autochtones concernées;
  • Participation : implication des peuples autochtones dans le projet archéologique;
  • Collaboration : établissement de relations et mise sur pied de projets en partenariat avec les communautés autochtones. Veiller à ce que les partenariats répondent aux besoins du chercheur et de la communauté;
  • Initiatives axées sur la communauté : développement et réalisation de projets de recherche archéologique à la demande des communautés autochtones pour répondre à leurs besoins.

L’archéologie autochtone vise à faire en sorte que tous les projets archéologiques se rapportant à l’histoire autochtone soient menés en collaboration ou à l’initiative des communautés. Chaque projet doit prendre en compte les besoins des communautés autochtones impliquées à chacune des étapes du processus de recherche. En outre, la collaboration avec les communautés autochtones pour effectuer des recherches d’intérêt mutuel permet de mettre au point de nouvelles approches de l’analyse des artefacts, des sites et des régions archéologiques.

Exemples d’archéologie autochtone au Canada

Lunettes de protection contre la neige

Des lunettes de protection contre la neige, semblables à celles illustrées ici, font partie des artefacts inclus dans le projet d’histoire vivante des Inuvialuit. En tant qu’exemple d’archéologie autochtone, le projet vise à établir un lien entre les Inuvialuit vivants et les objets culturels conservés à la Smithsonian Institution à Washington, DC. 

(« Snow goggles » par Horniman Museum and Gardens, sous licence CC BY-NC 2.0.)

Le projet Inuvialuit Pitqusiit Inuuniarutait (histoire vivante des Inuvialuit) met en lien les Inuvialuit vivants avec la collection MacFarlane, un groupe d’objets ethnographiques et d’histoire naturelle détenus par la Smithsonian Institution à Washington, DC. La collection est ainsi nommée en l’honneur de Roderick MacFarlane, un employé de la Compagnie de la Baie d’Hudson autrefois responsable d’un poste de traite appelé Fort Anderson. Roderick MacFarlane établit le poste en 1861 le long de la rivière Anderson dans la partie nord-ouest des Territoires du Nord-Ouest. Il achète des objets culturels aux Inuvialuit locaux pour les loger au Smithsonian. La collection compte plus de 300 artefacts, dont des lunettes de protection contre la neige, des harpons et des vêtements.

En 2009, une équipe de recherche composée d’archéologues et de professionnels du milieu muséal organise une visite des Inuvialuit au Smithsonian pour découvrir ces possessions ancestrales. L’activité permet de réinterpréter les objets culturels, de faire revivre les pratiques culturelles et d’élaborer du matériel pédagogique pour les écoles. Ce projet démontre comment la reprise de contact entre les communautés autochtones et leurs objets archéologiques peut favoriser la revitalisation des communautés. La collaboration entre les archéologues, les professionnels des musées et la communauté est mise à l’honneur dans un site Web interactif, où les ressources et l’accès à la collection sont maintenus pour la communauté.

Traîneau avec attelage de chiens

Des chiens attelés tirent une carriole à Fort Edmonton, en Alberta, en décembre 1872. Une carriole était un traîneau de type toboggan dont les côtés étaient faits de peaux d’animaux ou de toile. Les Métis utilisaient les carrioles en hiver pour transporter des fourrures, des fournitures et des passagers. 

(« Traîneau avec attelage de chiens, Fort Edmonton (Alberta) » par BiblioArchives/LibraryArchives sous licence CC BY 2.0.)

Le projet « Exploring Métis Identity Through Archaeology » débute à l’Université de l’Alberta en 2012. C’est le premier projet archéologique d’exploration de l’histoire des Métis à être dirigé par des Métis. Les chercheurs travaillent avec la communauté métisse dans le but de répondre aux questions se rapportant aux droits territoriaux des Métis. Cette recherche comprend la démonstration des endroits où les Métis ont vécu dans l’ouest du Canada au 19e siècle. Cela passe par la découverte d’objets abandonnés par les Métis. Les recherches portent notamment sur les sites d’« hivernage » des Métis. Les sites d’hivernage sont des endroits où les familles métisses construisent des cabanes et passent l’hiver à chasser le bison entre 1840 et 1880. Au moyen d’arpentage, de télédétection, de cartographie et de fouilles ciblées, les chercheurs recueillent des données sur ces lieux d’importance pour les Métis. Ces données aident les Métis à reprendre contact avec leur histoire de manière inédite et à faire valoir leurs droits.