Architecture des galeries d'art du Canada

Malgré une liste du Réseau canadien d'information sur le patrimoine (RCIP) comptant près de 400 musées d'art et de loisir, les plus grands établissements du Canada sont relativement peu nombreux et récents.

Art Gallery of Greater Victoria
À Victoria, en Colombie-Britannique (avec la permission de la Art Gallery of Greater Victoria).
Winnipeg Art Gallery
La Winnipeg Art Gallery (1971) est la réalisation la plus importante de l'architecte Gustavo da Roza (photo de Henry Kalen).
Musée des beaux-arts de l
Musée des beaux-arts de l
Musée des beaux-arts de l
Art Gallery of Alberta
Vue intérieure (avec la permission de la Art Gallery of Alberta).
Vancouver Art Gallery
Vancouver Art Gallery, place Robson. Ce bâtiment d'architecture néo-classique, qui abrite aujourd'hui la galerie d'art de Vancouver, fut le palais de justice de la ville pendant soixante-dix ans; il conserve toujours sa splendeur (avec la permission de Colour Library Books Ltd.).

Architecture des galeries d'art du Canada

En général, les principales galeries d'art du Canada tombent dans deux catégories : des espaces surtout modernes ou contemporains construits à cette fin et abritant des collections établies, et des sites légués qui ont été réutilisés après adaptation. Parmi eux, certaines institutions culturelles ont germé dans des sociétés d'exposition ou des organisations artistiques tandis que d'autres ont été fondées grâce à de généreuses dotations privées. Des agrandissements des bâtiments sont entrepris le plus souvent à cause de la croissance des collections, mais aussi pour satisfaire aux normes d'exposition imposées par les établissements nationaux créés en vertu de laLoi sur les musées de 1990.

Malgré une liste du Réseau canadien d'information sur le patrimoine (RCIP) comptant près de 400 musées d'art et de loisir, les plus grands établissements du Canada sont relativement peu nombreux et récents. Le Musée des beaux-arts de Montréal et la Galerie d'art Beaverbrook à Fredericton sont des structures construites expressément pour servir de musée, tandis que des établissements de l'Ouest canadien, entre autres le Musée des beaux-arts de Winnipeg et la Mendel Art Gallery ont lancé la tendance des bâtiments modernes conçus par des architectes éminents de la région.

Des personnages d'envergure internationale tels que Moshe Safdie et Frank Gehry sont entrés en scène; Safdie avec le concept du Musée des beaux-arts du Canada en 1988 et l'ajout de 1991 à Montréal, et Gehry avec sa rénovation du Musée des beaux-arts de l'Ontario. Le mélange s'est enrichi d'une sensibilité contemporaine postmoderne grâce à des initiatives régionales comme The Rooms à St. John's, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Musée des beaux-arts du Canada

En tête de la première catégorie, on trouve le Musée des beaux-arts du Canada. Fondé en 1880 avec des morceaux de réception d'artistes sélectionnés par l'Académie royale du Canada, sa collection a occupé divers sites depuis sa création.

La collection nationale loge d'abord à l'hôtel Clarendon d'Ottawa, puis à la Cour suprême du Canada de 1882 à 1888, et finalement à la salle d'exposition des Pêches pendant un quart de siècle. Ce n'est qu'en 1911 que les œuvres sont hébergées dans l'aile ouest du Musée commémoratif Victoria construit par David Ewart et devenu maintenant le Musée canadien de la nature.

Après le rapport de la commission Massey de 1951, le gouvernement annonce un concours ouvert de création d'un musée des beaux-arts national. C'est la proposition du bureau d'architectes Blankstein, Greene, Russell and Associates de Winnipeg qui gagne, parmi les 104 propositions soumises, avec un immeuble bas où s'entrecroisent les verticales et les horizontales. Le site proposé fait l'objet de discussions pendant des années et le projet prend finalement la forme d'un immeuble de huit étages pouvant abriter des bureaux du gouvernement jusqu'à ce qu'un emplacement final soit choisi pour le musée. Il occupe l'édifice Lorne de la rue Elgin de 1960 à 1988, un compromis auquel en viennent le ministère des Travaux publics et la firme Blankstein. Un autre concours gouvernemental, en 1977, retient les architectes John Parkin and Associates pour la construction d'un nouveau bâtiment rue Wellington, mais ce projet échoue.

En 1988, le Musée des beaux-arts du Canada s'installe en permanence dans un foyer construit pour lui. L'architecte Moshe Safdie crée un plan visant spécifiquement à accueillir la collection avec deux composantes : une aile de conservation hermétique du côté nord et le musée lui-même donnant sur la promenade Sussex. Des pavillons vitrés aux deux entrées du bâtiment et à l'endroit le plus élevé du site reprennent la forme de la bibliothèque du parlement située à l'ouest tandis qu'un plan incliné à colonnade reliant l'entrée principale à la grande salle évoque le déambulatoire d'une nef ou d'un temple comme celui de la basilique Notre-Dame qui lui fait face du côté est. Certains le comparent à un trésor de l'antiquité ceint de grands espaces publics dont l'intérieur contient des galeries voûtées à éclairage zénithal. Une collection d'œuvres européennes, américaines, canadiennes et asiatiques y est maintenant exposée.

Musée des beaux-arts de Montréal

Le Musée des beaux-arts de Montréal expose une collection encore plus ancienne. En 1877, un legs du marchand de Montréal Benaiah Gibb facilite la construction du bâtiment destiné à servir de musée au Canada. Il ouvre en 1879 avec la modeste collection de tableaux et de sculptures européennes de Gibb, la fondation de ce qui est maintenant la collection permanente. Située au carré Philips, cette première salle d'exposition à éclairage plongeant sert aussi à accueillir une exposition annuelle prêtée et une exposition-concours d'œuvres d'artistes canadiens vivants. D'autres legs généreux permettent l'ajout d'archives européennes et de poteries de sorte qu'en 1909, un nouvel édifice devient nécessaire.

Un site est choisi dans le quartier du Mille carré, rue Sherbrooke, siège de l'élite de la ville à l'époque. Les architectes Edward et William S. Maxwell sont engagés pour construire un bâtiment imposant en marbre de style beaux-arts terminé en 1912. Après un portique classique, une salle centrale dotée d'un grand escalier relie une série de galeries à éclairage zénithal. Les installations ont aussi une salle de conférences, une bibliothèque et des studios d'enseignement. Entre 1975 et 1977, l'architecte Fred Lebensold y fait un agrandissement. Une croissance rapide des collections suit et donne lieu à un ajout majeur du côté sud de la rue Sherbrooke qui reproduit, à l'échelle sinon en forme, les premiers travaux des Maxwell. Dessiné par Moshe Safdie et exécuté en collaboration avec Lemay Associés, le nouveau pavillon Jean-Noël-Desmarais en marbre blanc doté d'un toit vernissé et d'une entrée au rez-de-chaussée double l'espace d'exposition existant. Les deux pavillons sont reliés par des passages souterrains.

Musée d'art contemporain de Montréal

En 1992, le Musée d'art contemporain de Montréal ouvre ses portes au coin des rues Ste-Catherine Ouest et Jeanne-Mance. L'immeuble en béton de JLP et associés de Montréal, doté d'un jardin en esplanade de Dimitri Dimakopoulos et Associés, abrite une collection de 7000 œuvres qui appartenaient auparavant au ministère des Affaires culturelles du Québec.

Musée national des beaux-arts du Québec

À Québec, des musées religieux exposent des collections dans des bâtiments qui datent des premiers jours de la Nouvelle-France. Dans les années 1920, le Musée national des beaux-arts du Québec commence à assembler ses collections, logées maintenant dans trois édifices du Parc des Champs-de-Bataille sur les Plaines d'Abraham surplombant le Saint-Laurent. Inaugurée en 1933, la première partie du site est l'édifice Gérard-Morisset construit selon un style « beaux-arts » classique par Wilfrid Lacroix. Les reliefs de la façade sont sculptés par Émile Brunet. En 1991, le musée s'agrandit dans l'édifice Charles-Baillargé, nommé en l'honneur de l'architecte, ingénieur et arpenteur qui en avait d'abord dessiné la structure en 1867. Cette ancienne prison de Québec, le deuxième édifice, est rénovée pendant deux années et loge maintenant quatre galeries d'exposition ainsi que des sections historiques qui rappellent sa première vocation. Entre ces deux structures se trouve une grande verrière ajoutée en 1991 par les architectes Dorval et Fortin de Québec pour former un centre d'accueil des visiteurs qui donne accès aux bâtiments de 1867 et de 1933 adjacents. Une collection d'art inuit s'est ajoutée aux quelque 27 000 œuvres représentatives de l'art contemporain et des artistes du Québec du XVIIe siècle à nos jours. En 2007, il a donc été nécessaire que le gouvernement du Québec promette d'engager le tiers des 90 millions de dollars que coûtera un autre pavillon, donnant sur la Grande-Allée.

Musée des beaux-arts de l'Ontario

Le Musée des beaux-arts de l'Ontario est un autre établissement qui prend vie avec la réutilisation et l'adaptation d'un autre bâtiment pour agrandir ensuite ses installations au moyen d'une série de nouvelles initiatives structurales. Fondé en 1900 sous le nom d'Art Museum of Toronto, son premier siège permanent lui vient d'un legs de l'ancienne maison de Harriet Boulton et Goldwin Smith, connue sous le nom de The Grange. En 1912, une des premières firmes d'architectes de Toronto, Darling and Pearson, soumet les plans d'un agrandissement important vers le nord, le long de la rue Dundas. Cet imposant projet de style beaux-arts consiste en 30 galeries s'ouvrant sur trois cours et n'est que partiellement réalisé en brique en 1918. L'année suivante, le musée change de nom pour devenir l'Art Gallery of Toronto. Une deuxième partie ouvre huit années plus tard et une troisième est terminée en 1935. La modeste structure à façade de brique reste la même pendant 30 ans, jusqu'à ce qu'un projet de donation des sculptures d'Henry Moore et d'autres initiatives importantes entraînent le lancement d'une autre campagne de construction sous la direction d'un des modernistes les plus en vue de Toronto, John C. Parkin.

Les travaux ont eu lieu en trois étapes de 1971 à 1993. Leur produit est une nouvelle façade de béton préfabriqué et de verre ainsi que des espaces d'exposition agrandis et plus de place pour les bureaux de l'administration. Pendant la première étape, the Grange est restaurée par l'architecte patrimonial Peter Stokes, tandis que la troisième étape est entreprise par Barton Myers Architects Inc. en association avec Kuwubara, Payne, McKenna and Blumberg. Le dernier ajout remanie l'ancienne façade de béton préfabriqué pour y insérer une élévation de brique qui s'ouvre sur un hall de réception pyramidal de trois étages.

Le don de la collection d'art de Kenneth Thompson rend nécessaire un autre agrandissement en 1996, conçu cette fois par l'expatrié canadien de renom mondial Frank Gehry. Les travaux de Gehry Partners alignent l'entrée de l'immeuble avec la cour du 1926, rue Walker au centre de la structure et ajoutent une verrière de bois et de verre d'environ 182 m (600 pi) à la façade en vue de créer une promenade de la sculpture au deuxième étage. Le concept s'anime de figures zoomorphes qui relient l'intérieur à l'extérieur tandis que, du côté sud de l'édifice, là où the Grange reste intacte, une boîte bleue revêtue de titane loge la collection d'art contemporain ainsi qu'un centre de conférences.

Musée des beaux-arts de Winnipeg

Établi en 1912, le Musée des beaux-arts de Winnipeg est la plus ancienne galerie publique de l'ouest du Canada. Fondé par un groupe d'hommes d'affaires de Winnipeg, ses premières installations consistent en deux pièces louées dans l'ancien édifice fédéral à l'angle des rues Main et Water. Compte tenu de la croissance de la collection, elle se trouve une nouvelle place dans l'immeuble des archives du Manitoba avenue St. Mary. Sous la direction du conservateur Ferdinand Eckhardt, le musée acquiert de l'art gothique et de l'art de la renaissance ainsi qu'une collection d'art inuit maintenant la plus grande du monde. Il se spécialise aussi dans les œuvres des artistes manitobains et étrangers.

Ouvert en 1971, l'édifice actuel est le fruit d'un concours national auquel ont été soumises 109 propositions. Gustavo Uriel da Roza, un émigré de Macao arrivé au Canada sept années auparavant pour occuper un poste à temps plein à l'Université du Manitoba, produit un concept triangulaire imaginatif que le jury trouve aussi sensible en genre et en dimensions et démontrant une relation claire avec le site. Construite de béton armé coulé sur place et revêtue de pierre de Tyndall, la structure est qualifiée de « finement détaillée » quoique construite d'éléments standard aussi souvent que possible dans un souci d'économie. Tandis que les murs extérieurs sont en pente pour refléter le soleil et lui donnent une géométrie agressive souvent comparée à un iceberg ou à la proue d'un navire, l'intérieur renferme huit galeries et un auditorium de 320 sièges ainsi qu'une bibliothèque et des salles de réunion, toutes rectangulaires pour en optimiser l'utilisation.

MacKenzie Art Gallery

En Saskatchewan, deux galeries d'art importantes doivent leur existence à des dons de philanthropes. En 1936, un legs de 100 tableaux est fait à l'Université de la Saskatchewan (Regina College) par l'avocat, collectionneur d'art et ancien fiduciaire du Musée des beaux-arts du Canada, Norman MacKenzie. La Norman MacKenzie Gallery est ainsi fondée sur le campus de l'université.

En 1990, la MacKenzie Art Gallery reçoit un nouveau statut pour devenir autonome de l'université et s'installer dans le pavillon T.C. Douglas du Centre Wascana rue Albert. L'aile nord-ouest de cet édifice à bureaux fini en pierre calcaire, conçu à l'origine par MacPhail Johnstone and Associates, subit des rénovations de 9,55 millions de dollars dirigées par Lint & Taylor Architects Inc. et Interior Space Planning, tous deux de Regina. La construction de trois étages d'une superficie de presque 10 000 m2 comprend deux grandes galeries et cinq plus petites qui ont toutes des contrôles de régulation de l'ambiance et de sécurité à la fine pointe. D'autres commodités comprennent une voûte, un laboratoire de conservation, des ateliers et des salles de préparation ainsi qu'un théâtre de 185 places, une boutique de cadeaux et des salles de conférence.

Mendel Art Gallery

C'est le collectionneur d'art et hommes d'affaires de Saskatoon, Fred Mendel qui fonde la Mendel Art Gallery grâce à une donation équivalente du gouvernement provincial. Le plan de 1964 des architectes de Winnipeg Blankstein, Coop, Gillmor and Hanna, lauréat d'un concours national de conception auquel on reçoit 48 candidatures, est décrit comme « un des plus beaux exemples de modernisme de la Saskatchewan ». Il combine des inspirations des œuvres de Mies van der Rohe et de Louis Kahn dans une structure de verre, de béton et de brique qui fait pénétrer un éclairage zénithal indirect dans les galeries. Le don de Mendel de 13 tableaux d'artistes canadiens a lancé une collection qui compte maintenant plus de 5000 toiles. Un ajout réalisé en 1975 coïncide avec la désignation de l'établissement Musée associé des Musées nationaux du Canada.

Art Gallery of Alberta

Anciennement désignée sous le nom d'Edmonton Art Gallery, l'Art Gallery of Alberta loge d'abord à différents endroits, dont à l'hôtel Macdonald et à la maison Richard Secord après sa création en 1924. La collection trouve un foyer construit spécialement pour elle dans un bâtiment de béton inspiré du brutalisme et conçu en 1968 par Donald G. Bittorf et B. James Wensley et inauguré en 1969. La structure comporte un grand escalier à éclairage naturel, que le critique d'architecture Trevor Boddy décrit comme « un des plus beaux espaces de tous les immeubles de la province ».

Un concours international d'architecture tenu en 2005 sollicite des propositions pour le réaménagement de la structure de béton d'alors. Randal Stout Architects gagne avec un concept de zinc et d'acier inoxydable visant à souligner la vocation du musée pour l'art contemporain. Le nouveau programme, qui doit se faire en trois étapes, prévoit des espaces d'entreposage de la collection qui seraient équipés de la dernière technologie ailleurs que sur le site et l'espace d'exposition dans la structure serait doublé afin de créer un lien solide entre le site et l'extérieur de l'édifice.

Vancouver Art Gallery

Après une campagne du mécène Harry Stone, la Vancouver Art Gallery ouvre en 1931 dans un immeuble de style Art déco de Sharp and Thompson. Cette structure de la rue West Georgia triple en superficie entre 1949 et 1951 pour recevoir une grande collection de tableaux léguée par Emily Carr. L'architecte responsable de l'agrandissement, Ross A. Lort, ajoute de nouvelles galeries dans la partie centrale et à l'est ainsi qu'une nouvelle façade de béton et de verre qui reflète les canons du modernisme international.

Aujourd'hui, la collection de 9000 œuvres du musée est logée dans l'ancien palais de justice de pierre de taille et de granite construit de 1906 à 1911 par l'architecte britannique Francis Rattenbury, à qui on doit aussi les édifices parlementaires provinciaux (1893-1898) et l'hôtel Empress (1904-1908) de Victoria. Rattenbury et les architectes associés Dalton et Eveleigh, de Vancouver, créent un imposant bâtiment de style beaux-arts auquel l'architecte de Vancouver, Thomas Hooper ajoute un agrandissement de 1910 à 1912. La partie faite par Rattenbury est adaptée par la suite à son utilisation actuelle par Arthur Erickson and Associates dans le cadre du projet Robson Square. Celui-ci doit être une « prairie urbaine » à laquelle se greffe une constellation d'immeubles bas, notamment une série de bureaux gouvernementaux (1978), l'édifice de la cour provinciale (1979) et la Vancouver Art Gallery (1983). Cornelia Hahn Oberlander est associée à Erickson dans le concept de l'aménagement ainsi que les coordonnateurs du design Bing Thom, James Wright et Rainer Fassler.

Art Gallery of Greater Victoria

En 1946, le centre d'art, renommé Art Gallery of Greater Victoria en 1955, loge d'abord dans une salle d'exposition d'automobiles désaffectée. De nos jours, la collection a sa place dans une série d'agrandissements de l'ancien manoir Spencer de style néo-Queen-Anne, connu d'abord sous le nom de Gyppeswyck et construit en1889 par l'architecte William Ridgeway Wilson de Victoria.

La maison sert d'abord de résidence au lieutenant-gouverneur de la Colombie-Britannique de 1899 à 1903, puis le marchand David Spencer en fait l'acquisition. En 1951, elle est donnée au centre d'art et un concours de design est ouvert pour ajouter une aile offrant une salle d'exposition d'avant-garde. Le concours pour le premier agrandissement de 70 000 $ est remporté par les architectes de Victoria, Clack, Clayton, and Pickstone. Deux galeries, désignées galerie du Centenaire Nord et Sud et financées par les municipalités de Victoria, Saanich, Esquimalt et Oak Bay ouvrent en 1958. L'année suivante, l'homme d'affaires local Robert H.G. Ker offre 20 000 $ de plus en l'honneur du centenaire de l'établissement de sa famille dans la région de Victoria. Ce don mène à la construction d'une troisième galerie, cette fois par les architectes Polson and Siddall de Victoria. En 1970, c'est la galerie des Fondateurs qui s'ajoute suivie, en 1977, de la galerie Fred-et-Isabelle-Pollard destinée à servir d'espace d'exposition additionnel pour l'art asiatique généreusement donné par ce couple. En même temps, la galerie du Centenaire Nord est rebaptisée galerie Colin-et-Sylvia-Graham, en l'honneur du premier conservateur.

En 1999, la salle à manger du manoir original est réaménagée pour servir de décor contextuel à la collection d'art victorien du musée. La restauration de l'extérieur du manoir à ses couleurs originales en 2004 est supervisée par l'expert en patrimoine Stewart Stark. Un studio d'art pour les enfants est logé dans l'ancienne remise pour voitures à chevaux.

Owens Art Gallery

Dans les Maritimes aussi, l'impulsion qui a donné naissance à plusieurs galeries vient de philanthropes. En 1893, l'Université Mount Allison de Sackville, au Nouveau-Brunswick, fonde la Owens Art Gallery pour loger la collection d'art de John Owen, un constructeur de navires de Saint John. Conçu par l'architecte Edmund Burke de Toronto, le bâtiment de style palazzo renaissance en grès de Cumberland de couleur olive comprend des installations d'enseignement pour les programmes d'art de l'université et de l'espace additionnel pour une collection montée sous l'égide de l'artiste John Hammond.

Galerie d'art Beaverbrook

Le premier musée d'art public du Nouveau-Brunswick résulte d'une dotation de Lord Beaverbrook, qui lui a donné beaucoup d'œuvres de sa propre collection. C'est l'architecte local Neil Stewart qui a réalisé la Galerie d'art Beaverbrook à Fredericton, ouverte en 1959. Exemple de classicisme moderne, la structure de brique de parement semi-vernissée s'ornemente d'une corniche et d'une frise de marbre provenant d'une carrière de Philipsburg, au Québec. À l'origine, l'intérieur consiste en une galerie principale flanquée de deux autres salles dédiées respectivement à la collection britannique et canadienne. Plus tard, une dotation provenant de l'homme d'affaires Harrison McCain en souvenir de sa femme, permet d'ouvrir, en 1995, l'aile de la Marion McCain Atlantic Gallery, consacrée aux œuvres d'artistes des provinces canadiennes de l'Atlantique.

Galerie d'art de la Nouvelle-Écosse

En Nouvelle-Écosse, la collection de 200 œuvres d'art de la Couronne est d'abord confiée au Nova Scotia Museum of Fine Arts en 1908. Après un séjour à la Citadelle d'Halifax à partir de 1967, la Galerie d'art de la Nouvelle-Écosse est renommée officiellement en 1975 et déménagée à un site du chemin Coburg, occupé auparavant par la Nova Scotia School of Art and Design.

Plus d'une dizaine d'années plus tard, en 1988, Andy Lynch de Lydon, Lynch Associates Ltd et l'entreprise Boyd and Garland Construction Ltd réaménagent l'édifice Dominion de la rue Hollis pour recevoir la collection. Le bâtiment à frontons de style italianisant de trois étages et demi avait été dessiné en 1863 par David Stirling pour servir de bureau de poste et de bureau de douane. Dix ans après son réaménagement, l'immeuble est agrandi quand deux étages et demi de l'édifice Province voisin sont convertis pour donner un espace à la maison Maud Lewis et aux services du musée.

Confederation Centre Art Gallery

Deux autres galeries des provinces maritimes sont situées dans des bâtiments multiutilisateurs. La Confederation Centre Art Gallery de Charlottetown fait partie du lieu historique national du Canada du Centre-des-Arts-de-la-Confédération de 5,6 millions de dollars qui comprend un théâtre de 1070 places, une bibliothèque publique et salle commémorative ainsi que six espaces d'exposition servant à la galerie d'art et au musée, en plus de l'espace nécessaire pour entreposer les 15 000 pièces de sa collection permanente. Le bâtiment en grès Wallace en trois parties de l'architecte Dimitri Dimakopoulos de la firme montréalaise Affleck, Desbarats, Dimakopoulos, Lebensold et Sise a été choisi parmi 47 propositions et il a été inauguré en 1964 pour célébrer le 100e anniversaire de la Conférence de Charlottetown.

Art Gallery of Newfoundland and Labrador

Logée auparavant dans le centre des arts et de la culture de l'Université Memorial, l'Art Gallery of Newfoundland and Labrador partage maintenant The Rooms avec le musée provincial et les archives de la province. Ouvert en 2005, The Rooms est érigé sur le site du fort Townsend, dont les vestiges sont excavés dans le sous-sol de la nouvelle structure. Pour la structure de béton et d'acier d'une superficie de 14 000 m2, l'architecte Philip Pratt s'est inspiré des pièces des petits ports isolés où autrefois les familles préparaient les prises.

Voir aussi Galeries d'art et musées


Lecture supplémentaire

  • Douglas Ord, The National Gallery of Canada: Ideas, Art, Architecture (2003); Witold Rybczynski, A Place for Art: The Architecture of the National Gallery of Canada (1993); Harold Kalman and John Roaf, Exploring Ottawa (1983).

Liens externes