Auteurs autochtones d’influence au Canada

De nombreux écrivains autochtones ont écrit des livres qui font réfléchir, rire et pleurer les lecteurs. Des livres de fiction aux livres non romanesques, des pièces de théâtre à la poésie, et plus encore, les auteurs et autrices autochtones ont diverti les lecteurs de ce pays et du monde entier. Enracinées dans l’histoire et la culture autochtones, un grand nombre de leurs œuvres sont également inspirantes, elles incitent les Canadiens à réfléchir et à contempler plus profondément les peuples, les communautés et les expériences autochtones.

De nombreux écrivains autochtones ont écrit des livres qui font réfléchir, rire et pleurer les lecteurs. Des livres de fiction aux livres non romanesques, des pièces de théâtre à la poésie, et plus encore, les auteurs et autrices autochtones ont diverti les lecteurs de ce pays et du monde entier. Enracinées dans l’histoire et la culture autochtones, un grand nombre de leurs œuvres sont également inspirantes, elles incitent les Canadiens à réfléchir et à contempler plus profondément les peuples, les communautés et les expériences autochtones.


1. Basil H. Johnston (né le 13 juillet 1929; décédé le 8 septembre 2015; Anichinabé)

Enfant, Basil H. Johnston est envoyé de force dans un pensionnat indien où il subit de nombreux abus. Son expérience marque profondément certaines de ses œuvres, incluant Indian School Days (1988). Pour de nombreux Canadiens et Canadiennes, cette autobiographie constitue une première découverte des pensionnats indiens, dont plusieurs existent toujours au moment de la publication du livre. Bien qu’il y ait des moments de légèreté, le livre dépeint le pensionnat indien où réside Basil H. Johnston fréquente comme étant typique de tous les autres en ce sens que c’est un « pénitencier, une maison de correction, un exil, un cachot, un endroit de coups de fouets, de coups de pied, de gifles, tout-en-un. »

Basil H. Johnston écrit 25 livres en anglais et cinq en anishinaabemowin (la langue ojibwée), et tous ces livres exhortent les lecteurs à mieux comprendre les problèmes des Autochtones ainsi que leur culture.


2. Richard Wagamese (né le 14 octobre 1955; décédé le 10 mars 2017; Anichinabé)

Richard Wagamese et ses frères et sœurs sont élevés dans des familles d’accueil blanches jusqu’à ce que, adolescent, Richard Wagamese s’enfuit et se retrouve seul et sans abri. Ses œuvres de fiction et autres reflètent son histoire ainsi que les nombreux problèmes auxquels sont confrontés les Autochtones en raison des pensionnats indiens, de la rafle des années soixante, et des enjeux socio- économiques. Les livres de Richard Wagamese démontrent l’importance d’honorer les traditions autochtones pour aller de l’avant.

Dans un de ses livres les plus reconnus, Indian Horse (2012; trad. Cheval indien, 2021), le protagoniste grandit dans un pensionnat indien, mais son prodigieux talent au hockey lui offre une porte de sortie. Cependant, les souvenirs de traumatismes de son enfance le hantent et sabotent son potentiel. Ce livre invite les lecteurs à comprendre la mesure du coût multigénérationnel que les Autochtones continuent de payer en raison du racisme systémique et des pensionnats indiens. (Voir aussi Traumatisme intergénérationnel et les pensionnats indiens.)

Richard Wagamese

3. Thomas King (né le 24 avril 1943; Grec et Cherokee)

Thomas King voyage à travers le monde et occupe divers emplois avant d’obtenir son doctorat à l’Université de l’Utah en 1986. Il déménage au Canada pour enseigner les études autochtones à l’Université de Lethbridge et, plus tard, à l’Université de Guelph. Il écrit son premier roman qui est bien accueilli, Medicine River, en 1990. Celui-ci est suivi par d’autres romans, des livres pour enfants, des recueils de nouvelles, des films et des œuvres non romanesques.

Le livre de Thomas King The Inconvenient Indian (2012; trad. L’Indien malcommode : un portrait inattendu des Autochtones d’Amérique du Nord, 2017) explore l’évolution de la relation entre les Autochtones et les non autochtones d’Amérique du Nord, depuis le premier contact jusqu’au 21e siècle. Cette importante œuvre non romanesque examine le sens changeant de ce que signifie le fait d’être « Indien ». Le livre est tour à tour colérique, enrichissant, et drôle, et il se termine sur une note d’espoir déterminé.

Thomas King

4. Katherena Vermette (née le 29 janvier 1977; Mennonite et Métisse)

Katherena Vermette grandit dans le quartier difficile de North End à Winnipeg. Elle écrit de la poésie durant son enfance ainsi que plus tard, alors qu’elle travaille en tant qu’enseignante à la maternelle. Son premier recueil de poèmes, North End Love Songs (trad. Ballades d’amour du North End), remporte le Prix littéraire du Gouverneur général de 2013 dans la catégorie poésie en langue anglaise. Les poèmes de ce recueil mettent en contraste la beauté des oiseaux et des arbres du North End de Winnipeg avec les difficultés de maintenir les familles et les amitiés alors qu’ils sont entourés par la criminalité et les drogues. Le racisme systémique est révélé lorsqu’un frère est porté disparu et que ni les médias et ni la police ne semblent s’en soucier parce qu’il est Autochtone. L’utilisation que fait Katherena Vermette d’un langage épuré pour dépeindre une profonde émotion et pour célébrer la résilience inébranlable est émouvante et efficace.

Depuis, elle a publié d’autres œuvres de poésie, des nouvelles, et elle a réalisé des films. Son premier roman, The Break (trad. Ligne brisée) est sélectionné dans le cadre des Prix littéraires du Gouverneur général de 2017 et figure parmi les finalistes du concours Canada Reads. En 2021, Katherena Vermette reçoit le Atwood Gibson Writers' Trust Fiction Prize pour son roman The Strangers.

Katherena Vermette

5. Drew Hayden Taylor (né le 1er juillet 1962; Anichinabé)

Drew Hayden Taylor est un conteur et un dramaturge, et il a été directeur artistique de la troupe de théâtre Native Earth Performing Arts. Il écrit des scénarios pour la télévision et des pièces de théâtre qui sont présentées dans le monde entier. Il est également l’auteur de plus de 30 ouvrages de fiction et autres qui interrogent, informent et défient les lecteurs et les poussent à réfléchir à ce que signifie l’identité autochtone. (Voir aussi Théâtre par les Autochtones au Canada.)

Dans un de ses livres les plus reconnus, Motorcycles and Sweetgrass (2010; trad. Le baiser de Nanabush, 2019), Maggie, le personnage principal, lutte pour être une mère et cheffe de communauté responsable. Elle tombe amoureuse d’un étranger blanc suspect qui est arrivé sur la motocyclette d’un ancien chef indien. Des thèmes politiques, religieux, culturels et historiques s’entrelacent alors que les personnages sont confrontés à leurs difficultés personnelles et à leurs désirs d’une vie meilleure. Mais comme c’est typiquement le cas dans les œuvres de Drew Hayden Taylor, l’humour n’est jamais bien loin.

Drew Hayden Taylor

6. John Borrows (né en 1963; Anichinabé)

John Borrows est un professeur de droit à l’Université de Victoria et un conteur reconnu. Ses livres traitent du droit constitutionnel, des traditions et des droits juridiques des Autochtones. John Borrows contribue à une meilleure compréhension des revendications territoriales, des droits issus de traités et du droit de l’environnement. Il est lauréat de nombreux prix, dont le prix d’excellence décerné aux Autochtones (maintenant Indspire) dans la catégorie droit et justice, en plus d’être membre titulaire de l’Académie des arts, des lettres et des sciences humaines du Canada. En 2020, il est nommé officier de l’Ordre du Canada, et il remporte le prix Best Book de 2020 décerné par la Native American and Indigenous Studies Association (Association pour les études amérindiennes et autochtones) dans la catégorie Éthique autochtone en droit.

Le livre Canada’s Indigenous Constitution (2010; trad. La constitution autochtone du Canada, 2020) de John Borrows soutient que le système canadien en matière de common law et de droit civil ne respecte pas ses fondations constitutionnelles et ne garantit donc pas l’égalité juridique des Autochtones. Il écrit que pour remédier à cette situation et pour progresser vers la réconciliation, les traditions juridiques autochtones doivent être reconnues comme la troisième branche du droit canadien, avec la common law et le droit civil. De cette manière, les traditions et les pratiques juridiques occidentales et autochtones peuvent coexister au sein d’institutions publiques réorganisées.

7. Lee Maracle (née le 2 juillet 1950; décédée le 2 novembre 2021; Métisse et Stó:lō)

Lee Maracle grandit à North Vancouver, et elle devient humoriste et cinéaste avant de devenir l’une des écrivaines les plus prolifiques au Canada. Ses poèmes, ses nouvelles, ses romans, ses ouvrages non romanesques et ses anthologies écrites en collaboration abordent une gamme de problématiques autochtones, mais se concentrent sur la libération des femmes autochtones comme moyen clé pour la décolonisation et le progrès fondamental. (Voir aussi Questions relatives aux femmes autochtones du Canada.)

Dans son livre Ravensong (1993; trad. Le chant de corbeau, 2018), un roman dont l’action se déroule dans les années 1950, les colonisateurs arrivent sous la forme d’une épidémie de grippe, et le pouvoir traditionnel est modifié au sein d’une communauté autochtone urbaine de la côte du nord-ouest. Alors que les traditions sont prises d’assaut, les femmes se retrouvent dépouillées de leur dignité et de leur pouvoir d’action. Une adolescente et sa sœur ripostent en se réfugiant et cherchant des repères au cœur de leur héritage culturel. Raven met en garde contre la catastrophe imminente qui peut résulter du choc de ces deux cultures.

Lee Maracle est une éducatrice et une activiste passionnée. Au cours de l’automne 2021, elle se joint à l’Université polytechnique de Kwantlen en Colombie-Britannique en tant qu’enseignante en études autochtones.

Lee Maracle

8. Cherie Dimaline (née en 1975; Métisse)

Cherie Dimaline grandit dans une famille d’une communauté métisse de la baie Georgienne qui célèbre les récits. Ses romans et ses recueils de nouvelles pour jeunes adultes suscitent l’intérêt des lecteurs tout en respectant leur capacité à se débattre avec des problèmes complexes et difficiles. Les livres de Cherie Dimaline remportent de nombreux prix et attirent une attention internationale. Cherie Dimaline favorise également une meilleure compréhension des enjeux autochtones en tant que rédactrice en chef de magazine et rédactrice en chef de Theytus Books, la plus ancienne maison d’édition autochtone au Canada.

Le roman bien connu de Cherie Dimaline, The Marrow Thieves (2017; trad. Pilleurs de rêves, 2019) présente un futur dystopique au sein duquel les personnes ont perdu la faculté de rêver. La seule solution consiste à chasser les Autochtones pour prélever leur moelle osseuse. Frenchie et ses amis retournent sur les terres pour survivre. Ce roman remporte le Prix littéraire du Gouverneur général dans la catégorie Littérature jeunesse — texte, et il est finaliste au concours Canada Reads de la CBC.


9. Tomson Highway (né le 6 décembre 1951; Cri)

Après avoir obtenu son diplôme universitaire, Tomson Highway devient travailleur social dans les communautés autochtones. Il commence sa carrière littéraire en tant que dramaturge, et il poursuit en écrivant des romans, des livres pour enfants et des chansons. Tous ses écrits parlent sans ménagement des tragédies endurées par les peuples autochtones, ainsi que de la résilience qu’ils trouvent dans l’humour et dans un optimisme entêté. Le magazine Maclean’s a déjà classé Tomson Highway parmi les 100 personnes les plus importantes de l’histoire canadienne.

Dans ses mémoires intitulés Permanent Astonishment (2021), Tomson Highway dresse le tracé de sa vie, à partir de son enfance passée dans les régions rurales du Manitoba et les souffrances vécues au pensionnat indien, jusqu’à sa recherche d’un réconfort dans les pratiques traditionnelles. Ce livre pétille et brille de l’esprit indomptable de l’adolescence, qui mêle l’assurance, la peur, et l’audace. Le best-seller remporte le prestigieux Hilary Weston Writers' Trust Prize pour une œuvre non romanesque.

Tomson Highway

10. Markoosie Patsauq (né le 24 mai 1941; décédé le 8 mars 2020; Inuit)

Né sur la côte est de la baie d’Hudson, Markoosie Patsauq reçoit une éducation inuite traditionnelle. À l’âge de 12 ans, sa famille est forcée de déménager à Resolute. Markoosie Patsauq parle plus tard de la difficulté de trouver de la nourriture sur des terres qui leur sont inconnues. (Voir aussi Délocalisation d’Inuits dans l’Extrême-Arctique au Canada.) À 17 ans, il est envoyé au pensionnat indien à Yellowknife. Il grandit et devient écrivain et activiste. Il joue un rôle déterminant au sein du mouvement visant à créer le territoire du Nunavut et à amener le gouvernement fédéral à présenter des excuses concernant les relocalisations dans l’Extrême-Arctique.

Le roman de Markoosie Patsauq Harpoon of the Hunter est publié en inuktitut en 1969. Il est considéré comme étant le premier livre inuit. Le roman Sanaag (trad; Sanaag : roman inuit, 2022) de Mitiarjuk Nappaaluk, écrit dans les années 1950, mais publié en 1984, fait également partie des premiers romans en inuktitut. Le roman Harpoon of the Hunter est éventuellement traduit en anglais et dans plusieurs autres langues. Ce livre raconte une histoire à partir de 4 points de vue différents, et il offre un aperçu des cultures et communautés inuites. Markoosie Patsauq est décédé peu de temps avant la réédition du roman, qui comporte une nouvelle traduction et un nouveau titre, Hunter With Harpoon.