Barry Callaghan

​Barry Callaghan, écrivain, poète, peintre, homme de lettres (né le 5 juillet 1937 à Toronto en Ontario).

Barry Callaghan, écrivain, poète, peintre, homme de lettres (né le 5 juillet 1937 à Toronto en Ontario). Fils de l’écrivain Morley Callaghanet de Loretto Dee, Barry Callaghan est titulaire d’un baccalauréat et d’une maîtrise de l’Université de Toronto, obtenus respectivement en 1960 et en 1963, et d’un doctorat en littérature de la State University of New York, décroché en 1999. Bien qu’extrêmement diversifiée, son œuvre s’intéresse souvent au point de vue sur l’expérience humaine d’un personnage marginal. Ses romans et ses nouvelles, ses essais et ses films documentaires ainsi que l’aide et les conseils qu’il apporte à de nouveaux auteurs sont le signe de son attachement et de son dévouement au milieu canadien des œuvres de l’esprit et de l’imagination.

Barry Callaghan publie en 1978 un premier recueil de poèmes sous le titre Hogg Poems and Drawings. Le protagoniste, dans une quête pour échapper aux rigueurs de Hog Town (Toronto), fait des expériences souvent absurdes, à la fois inédites et entrant en résonance avec l’histoire. On retrouve les mêmes rimes complexes dans le recueil du poète paru en 2001, The Seven Last Words, qui décrit la solitude et l’isolement de personnes victimes de la « police de la pensée », c’est-à-dire de ceux qui associent les non‑conformistes à des criminels. La suite de poèmes en mémoire de sa mère, Stone Blind Love,qui date de 1987, explore une dévotion profonde sans toutefois jamais glisser dans le sentimentalisme.

Barry Callaghan maîtrise également parfaitement l’art de la forme courte (voir l’article Nouvelles de langue anglaise), son recueil de 1982, The Black Queen Stories, étant exemplaire à cet égard. Il s’agit de récits urbains sur les franges d’une grande ville dans lesquels l’auteur montre une acuité particulière pour l’écriture de dialogues au scalpel et pour l’utilisation d’un symbolisme sophistiqué. Never’s Just the Echo of Forever, une nouvelle d’une grande puissance, clôture le recueil de 1997 A Kiss Is Still A Kiss. Si l’épiphanie du personnage central est extrêmement poignante, elle n’en est pas moins profondément imprégnée du soulagement de la découverte de soi : « Il ne pouvait cesser de sangloter. Accablé par le chagrin, il se mit à penser aux flics; comme ils étaient pitoyables; ils n’avaient rien perçu; jamais ils ne pourraient entendre la musique du violon dans les arbres… à ces pensées, un immense soulagement s’empara de lui. » [Traduction libre] Le recueil de 2007 Between the Trains, Stories nous donne à voir toute une série de personnages énonçant des vérités profondes avec des mots de tous les jours. Dans « A One Night Stand », un couple semblant n’échanger que des propos badins lors du petit déjeuner du jour d’après, fait, en fait, preuve d’un réalisme et d’une sincérité profonde; prenant soudain conscience de ce moment de vérité, l’un des personnages éprouve le besoin désespéré de parler : « Tu ne sais rien de moi… lorsque je chante sur tous ces fantômes que j’ai en moi, je suis Lazare… je suis… la résurrection des morts. » [Traduction libre]

Barrelhouse Kings, des mémoires romanesques à propos de son père publiées en 1992, démontre l’attention que porte Barry Callaghan au ton et à la voix des personnages ainsi qu’au contexte local. Ses deux recueils d’essais, Raise you Five, paru en 2005, et Raise You Ten, paru en 2006, dessinent, avec à la fois une énergie brute et une réflexion approfondie, la nature évolutive du Canada, de la culture canadienne et du contexte politique dans lequel elle s’inscrit.

Les romans de Barry Callaghan ont été plébiscités par la critique comme étant des œuvres empreintes d’intelligence avec des personnages authentiques évoluant dans des univers totalement concrets, souvent crus et réalistes et toujours éloquents. En 2009, il revisite son premier roman datant de 1989, The Way The Angel Spreads Her Wings, sous le titre Beside Still Waters.

Le récit, effectuant des allers‑retours entre le présent et le passé du héros, Adam Waters, décrit sa quête à travers le monde de la femme aimée et met en scène son père, un joueur de jazz, et son premier amour, Gabrielle. L’auteur nous présente les réflexions de son héros après qu’il a fait l’amour à Gabrielle la veille de Noël : « Il s’inquiétait qu’elle pût dire qu’ils avaient pêché… il se sentait plus proche de Dieu, ou, pour le moins, proche de la légèreté dont il pensait qu’elle devait être celle de la grâce. » [Traduction libre] Dans un autre roman, When Things Get Worst, publié en 1993, Barry Callaghan nous offre un portrait de femme qui se cramponne à la force que lui donne sa ferme, et ce, bien que ses voisins la méprisent et l’aient totalement abandonnée à elle‑même. Avec un humour noir et dans une langue fougueuse, l’auteur dote sa protagoniste d’une expression puissante et d’une présence inoubliable.

En 1972, l’année où il commence à enseigner à l’Université York, Barry Callaghan fonde Exile : A Literary Quarterly, devenu ELQ Magazine, un cadre qui lui permet de publier quelques‑unes des voix les plus rafraîchissantes originaires d’un peu partout dans le monde. L’entreprise grandit pour devenir les éditions Exile, un petit éditeur haut de gamme publiant des écrits littéraires et des traductions, beaucoup d’entre elles étant l’œuvre même de Barry Callaghan, comme la poésie de Robert Marteau ou de Miodrag Pavlovic.

Barry Callaghan travaille également dans le domaine du cinéma et des arts visuels et réalise plus de 20 courts‑métrages et de documentaires sur le conflit du Moyen‑Orient, l’Afrique du Sud et l’Irlande. Il contribue à la programmation artistique sur CBC, que ce soit la radio ou à la télévision. Ses écrits sont toujours très largement intégrés dans des anthologies et des recueils internationaux et canadiens. Outre de nombreux diplômes honoraires de différentes universités, il reçoit plusieurs prix du National Magazine, le W.O. Mitchell Award for Fiction en 1998 et le Toronto Arts Award en 2000.

Retraité de l’enseignement, Barry Callaghan poursuit son travail d’auteur, d’éditeur et de directeur de publication. Il vit à Toronto.


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Lecture supplémentaire

  • Priscila Uppal, ed. Barry Callaghan - Essays on his Work (2005).