Biodôme de Montréal

Inauguré en 1992 et situé dans l’ancien vélodrome olympique, le Biodôme de Montréal fait partie du réseau « Espace pour la vie » qui comprend l’Insectarium, le Planétarium et le Jardin botanique de Montréal.

Biod\u00f4me de Montréal
Le Biod\u00f4me de Montréal abrite des milliers de plantes et d'animaux représentatifs des écosyst\u00e8mes des Amériques (avec la permission de la Commission canadienne du tourisme).

Inauguré en 1992 et situé dans l’ancien vélodrome olympique, le Biodôme de Montréal fait partie du réseau « Espace pour la vie » qui comprend l’Insectarium, le Planétarium et le Jardin botanique de Montréal. C’est un musée voué à l’environnement qui abrite, dans une représentation presque parfaite de leur habitat naturel, des milliers de plantes et d’animaux.

Historique de sa création

À la suite des Jeux olympiques de Montréal en 1976, les installations olympiques sont sous-utilisées. Pierre Bourque, alors directeur du Jardin botanique de Montréal, souhaite transformer le vélodrome en Biodôme, nom qui signifie « maison de la vie ». Une équipe scientifique est constituée afin de relever les nombreux défis technologiques et conceptuels de la réalisation du musée. Le cinéaste Frédéric Back, fervent militant environnementaliste, fait partie du comité. La gigantesque structure du vélodrome se transforme donc peu à peu et en 1992, à temps pour le 350ᵉ anniversaire de la fondation de Montréal, le maire Jean Doré et le premier ministre Robert Bourassa inaugurent ce qui n'est ni un zoo, ni un jardin botanique, ni un aquarium, mais un peu de tout cela, le Biodôme de Montréal.

Cinq des plus beaux écosystèmes des Amériques y sont recréés. On y trouve la forêt tropicale humide, l’érablière des Laurentides, le golfe Saint-Laurent et sa vie marine, le monde polaire de l’Arctique et les îles subantarctiques. En 1992, cette conception par écosystèmes est une première mondiale, à cause de la représentation fidèle du milieu naturel et de l’interaction entre les espèces animales et végétales.

Mission

Trois verbes résument adéquatement la mission du Biodôme : sensibiliser, préserver et éduquer. La sensibilisation se fait auprès du public ou des groupes scolaires. Que ce soit par l’entremise d’activités pédagogiques, de camps de jour, d’animations diverses ou encore de publications, l'équipe du Biodôme favorise une prise de conscience collective face à l’environnement.

Tout aussi importante est la conservation des espèces animales et végétales. Le Biodôme s’implique dans la restauration d’espèces menacées et la préservation des milieux naturels. C’est notamment le cas de la rainette faux-grillon de l’Ouest, la plus petite grenouille vivant au Québec dont l’habitat est sérieusement menacé. En 2000, la Loi sur les espèces menacées et vulnérables désignait ce petit batracien « espèce vulnérable ». L’équipe du Biodôme, le ministère des Ressources naturelles et le Zoo Écomuseum de Sainte-Anne-de-Bellevue ont uni leurs forces afin de développer une expertise sur la reproduction, l’hibernation et le mode de vie des rainettes en captivité. Ainsi, s’il y avait destruction massive de la grenouille dans son milieu naturel, on aurait une population de survie qui permettrait de perpétuer cette espèce animale.

Les chercheurs du Biodôme visent également l’avancement des connaissances et s’impliquent dans différents projets sur la biodiversité et le développement durable. Certaines découvertes y ont d’ailleurs été faites comme celle d’une nouvelle espèce d’acariens. De plus, les chercheurs tentent de résoudre les problèmes liés à la faune urbaine comme le castor qui envahit de plus en plus les zones peuplées. Bien que le but premier soit de conserver celui-ci dans son habitat naturel, on propose de limiter leur nombre. Les mâles sont capturés et stérilisés. Le nombre de naissances diminuant, les chercheurs suivent les couples pour connaître l’impact sur l’ensemble de la population de castors.

Collections et installations

Avec plus de 4 500 animaux de 250 espèces différentes et plus de 1 500 végétaux issus de plus de 500 espèces distinctes, le Biodôme est un véritable laboratoire qui permet aux chercheurs de comprendre les interrelations entre le monde animal et le monde végétal.

L’humidité (75 %) et la température (jusqu'à 28 º) de la forêt tropicale humide des Amériques sont assurées par une structure de verre, ce qui permet aux visiteurs de déambuler dans un milieu luxuriant et chaud même en hiver. On retrouve, dans cette forêt, six arbres géants qui non seulement sont décoratifs mais soutiennent aussi la toiture de verre. C’est, avec ses 2 600 m², le plus vaste écosystème de tout le Biodôme.

Le contraste est remarquable quand on passe dans la forêt laurentienne du Québec qui est elle-même très changeante selon la saison. En effet, le climat de cet écosystème varie beaucoup faisant en sorte de reproduire les différentes saisons.

La vie marine du golfe Saint-Laurent est fidèlement reproduite grâce à un immense bassin contenant à lui seul plus de 2,5 millions de litres d’eau de mer, fabriquée sur place à partir de l’eau constamment filtrée fournie par le réseau municipal.

Viennent ensuite les deux derniers écosystèmes soit celui de l’Arctique (côtes du Labrador) dont la température est maintenue entre 12 et 15 º et celui de l’Antarctique avec un climat entre 2 et 5 º.

Reconnaissance

Depuis sa fondation, le Biodôme joue un rôle de premier plan dans la conservation des espèces menacées et se distingue par ses installations ingénieuses. En 1994, il devient participant au Species Survival Plan (SSP), supervisé par l’American Zoo and Aquarium Association (AZA). Depuis, il abrite des couples reproducteurs de petits singes de la forêt amazonienne (callimico de Goeldi, tamarin doré, tamarin pinché) et d’un oiseau du nord du Brésil, l’ara hyacinthe. En 2002, le Biodôme a reçu la prestigieuse accréditation internationale décernée par l’American Zoo and Aquarium Association puisqu’il en respectait les normes très élevées.

En 2012, le Biodôme a récolté le prix Energia en matière d’efficacité énergétique, décerné par l’Association québécoise pour la maîtrise de l’énergie. Le Biôdome a été choisi pour l’implantation, dans ses écosystèmes, de mesures qui comprennent de la géothermie et de la récupération de chaleur; ces mesures ont permis de réduire de 27 % la facture énergétique et représentent des économies annuelles de près de 1 M$. Les imposantes collections tant végétales qu’animales du Biodôme font du Québec une figure de proue en matière de recherche et de conservation des espèces menacées.


En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • Luc Chartrand, Raymond Duchesne et Yves Gingras, Histoire des sciences au Québec de la Nouvelle-France à nos jours (2008).

Liens externes