Rivière Bow

La rivière Bow traverse la région la plus peuplée de l’Alberta et arrose plusieurs villes telles que Banff, Canmore, Cochrane et Calgary

Carte montrant le cours de plusieurs rivi\u00e8res (dont la rivi\u00e8re Bow) dans le bassin hydrographique de la rivi\u00e8re Saskatchewan.

La rivière Bow traverse la région la plus peuplée de l’Alberta et arrose plusieurs villes telles que Banff, Canmore, Cochrane et Calgary.C’est aussi une des rivières les plus gérées de la province puisqu’elle est dotée de nombreux barrages et réservoirs qui fournissent l’eau nécessaire à la production d’hydroélectricité, à l’irrigation et à divers autres usages municipaux et industriels. La rivière Bow, ses affluents et ses réservoirs sont également utilisés pour de nombreuses activités récréatives, notamment la pêche sportive qui y est réputée au niveau mondial. Les chutes de neige dans la région où la rivière prend ses sources, au cœur des Rocheuses, assurent un manteau neigeux qui fournit la majorité du débit annuel de la rivière. Ce débit peut cependant varier considérablement d’une année à l’autre et en fonction des fréquentes périodes de sécheresse.

Cours

Rivi\u00e8re Bow
Vue sur les Rocheuses \u00e0 partir de la rivi\u00e8re Bow, au niveau de Banff, en Alberta.

La rivière Bow naît à la sortie du lac Bow. Elle est ainsi alimentée par le glacier Bow, dans le parc national Banff, et s’écoule vers le sud-est à travers le lac Louise et Banff, où elle est rejointe par la rivière Spray avant de poursuivre sa route vers l’est. À la sortie du parc national Banff, la rivière Bow passe par Canmore et est rejointe d’abord par la rivière Kananaskis, puis par la rivière Ghost, au réservoir Ghost. La rivière Bow alimente le barrage Bearspaw, traverse Calgary en se mêlant aux eaux de la rivière Elbow, puis bifurque vers le sud avant de reprendre sa route vers l’est à la sortie de la ville. Elle continue ainsi à travers les prairies où elle est vite rejointe par la rivière Highwood, puis bifurque vers le sud-est à la sortie du barrage de Bassano. La rivière Bow finit au confluent avec la rivière Oldman avec laquelle elle forme la rivière Saskatchewan Sud, qui va se déverser plus au nord dans la baie d’Hudson.

Flore et faune

La rivière Bow s’écoule d’un environnement montagneux abrupt vers les forêts des contreforts pour finalement atteindre les prairies et plusieurs zones humides. La partie supérieure de la rivière abrite des sapins subalpins, des épinettes d’Engelmann et des pins tordus latifoliés. Au niveau des praires, on rencontre plutôt des faux-trembles, des épinettes blanches, des peupliers, des bouleaux, des sapins, diverses graminées et des arbustes de grande taille.Le long de la rivière, on trouve des peupliers deltoïdes, des aulnes à feuilles minces, des saules, des peupliers, des bouleaux fontinaux, et des cornouillers stolonifères. Une grande partie de l’habitat naturel constitué par le bassin du cours inférieur de la rivière Bow a été modifiée à des fins agricoles et pour le pâturage du bétail.

Parmi la faune rencontrée dans le bassin montagneux du cours supérieur de la rivière Bow, on peut citer le mouflon d’Amérique, le wapiti, l’original, le loup, le couguar, l’ours noir et le grizzly. Les forêts des contreforts et les prairies sont fréquentées par des cerfs de Virginie et des cerfs-mulets, des coyotes, des spermophiles de Richardson, des gélinottes, des buses, des busards, des éperviers, des oiseaux aquatiques et des oiseaux migrateurs. De nombreuses espèces de poissons sont présentes dans la rivière Bow, notamment le saumon de fontaine, la truite brune, la truite arc-en-ciel, l’omble à tête plate, la truite fardée, le corégone, la lotte de rivière, l’esturgeon et le doré jaune. Les rats musqués, les castors, les visons, les faucons, les buses, busards et éperviers, les aigles et plusieurs espèces d’oiseaux aquatiques fréquentent également les alentours de la rivière.

Préoccupations environnementales

Les résidents de la région font une utilisation intensive de la rivière Bow. La moitié environ du débit annuel moyen est en effet consommée par l’agriculture, l’irrigation, les municipalités et l’industrie. Ces ponctions stressent la rivière, car un débit minimal est nécessaire pour maintenir un habitat adéquat à la survie de la faune aquatique et riparienne. Pendant les périodes de sécheresse, le débit de la rivière peut descendre en dessous du minimum requis. C’est pour cette raison qu’aucun nouveau permis de prélèvement d’eau n’est actuellement délivré pour la rivière. La qualité de l’eau sur le cours supérieur de la rivière Bow est bonne, mais les cours médian et inférieur sont affectés par divers contaminants, provenant notamment des ruissellements agricoles (p. e.x., pesticides et engrais) et urbains, de déchets industriels et des rejets d’une usine de traitement des eaux usées située dans Calgary.

Le cours naturel de la rivière est en plus altéré par quatre barrages hydroélectriques en amont de Calgary, dont deux sont dotés de réservoirs de retenue. Les barrages permettent de contrôler le débit sortant des réservoirs, de manière à ce qu’il reste toujours suffisamment d’eau pour produire de l’hydroélectricité. Les fluctuations saisonnières de la demande en électricité et en eau pour l’irrigation font que ce débit est supérieur au débit naturel en hiver et inférieur à celui-ci au printemps. Les barrages et les déversoirs constituent par ailleurs des obstacles aux mouvements des poissons dans la rivière.

La rivière est également affectée par les activités agricoles, les prélèvements aux fins d’irrigation en aval de Calgary provoquant une diminution du débit durant la période de végétation. Les débits faibles observés durant la saison estivale peuvent entraîner un manque d’hydratation de la végétation riparienne et une élévation de la température de l’eau au-dessus de la normale susceptible de stresser les espèces aquatiques préférant l’eau froide.De plus, les poissons entraînés dans les canaux d’irrigation sont le plus souvent condamnés à mort.

Les crues de la rivière Bow peuvent avoir des effets catastrophiques sur les communautés disséminées dans son bassin. En juin 2013, le sud de l’Alberta a subi une telle inondation, l’une des catastrophes naturelles les plus coûteuses de toute l’histoire du Canada.Plusieurs communautés ont été touchées, plus de 100 000 personnes ont été évacuées et cinq personnes sont décédées. Les dommages infligés aux infrastructures, notamment aux maisons, aux routes, aux édifices et aux ponts, ont été estimés à 6 milliards de dollars.Cette inondation, qui a touché une zone allant de Canmore à Calgary, a résulté de la combinaison d’un manteau neigeux plus épais que la normale dans les Rocheuses, d’un printemps pluvieux entraînant un taux d’humidité élevé dans les sols et d’un épisode de pluies torrentielles débutant le 19 juillet.

Histoire

Les Premières Nations, notamment les Piikani, les Kainai et les Siksika de la Confédération des Pieds-Noirs, ainsi que les Tsuut’ina et les Nakodas, habitent dans le bassin de la rivière Bow depuis plus de 10 000 ans. La rivière et la région environnante leur ont offert de quoi subsister ainsi qu’un important corridor de transport pour leurs déplacements saisonniers. Les Nakodas ont été la seule nation à établir une pêche sur la rivière Bow. Les autres groupes ont utilisé stratégiquement la rivière lors de la chasse au bison.

Rivi\u00e8re Bow
Train de marchandise le long de la rivi\u00e8re Bow, dans le parc national Banff, en Alberta.

David Thompson est le premier Européen à explorer la rivière Bow, entre 1787 et 1788. Plusieurs postes de traite des fourrures sont construits, mais ils sont rapidement fermés, faute de ressources adéquates. Les premiers villages de colons européens subsistent grâce à l’agriculture et à l’élevage dans la vallée de la Bow, tandis que Calgary vit du commerce. Les sols fertiles et une longue saison de croissance permettent de cultiver l’avoine, l’orge et le blé et d’élever du bétail. Les pionniers mettent vite en place des installations d’irrigation. La rivière Bow offre de la nourriture et une voie de transport pour les colons et leurs marchandises. Calgary est établie comme un fort en 1875. Le chemin de fer du Canadien Pacifique, qui rejoint la ville en 1883, va faciliter la colonisation de la région et le transport des denrées agricoles. Les colons européens amènent avec eux des maladies et plusieurs épidémies vont décimer les populations des Premières Nations en 1781, entre 1819 et 1820, entre 1837 et 1838, et entre 1869 et 1870.