Brian Bowman

Brian Bowman, avocat, maire de Winnipeg de 2014 à aujourd’hui (né le 18 août 1971 à Winnipeg, au Manitoba). Avocat spécialisé dans la protection des renseignements personnels et les médias sociaux, Brian Bowman devient le premier maire métis de Winnipeg à l’issue de l’élection du 22 octobre 2014.

Brian Bowman
Brian Bowman, le premier maire métis de Winnipeg, est élu en 2014.

Enfance et carrière dans le droit

Brian Bowman, né en 1971, est le fils d’un ouvrier qualifié de talent et d’une agente immobilière. Il grandit principalement dans Charleswood, la banlieue de classe moyenne de Winnipeg.

Il obtient un diplôme en histoire et en études politiques de l’Université du Manitoba puis un diplôme de la faculté de droit de l’Université de Toronto. Il est élu président du barreau des étudiants durant son séjour à la faculté.

Durant ses études, Brian Bowman est également actif au sein du Parti progressiste-conservateur, aux niveaux fédéral et provincial. Il assume les fonctions de président de l’aile jeunesse du parti au Manitoba et travaille sur la campagne de Joe Clark lors du retour de celui-ci en tant que chef du Parti conservateur fédéral en 1998.

Peu après avoir terminé ses études à la faculté de droit en 1999, Brian Bowman revient à Winnipeg avec sa femme, Tracy Kozar Bowman, qui entame une carrière dans le droit. Il se spécialise dans la législation liée à la protection des renseignements personnels, à l’accès à l’information et aux médias sociaux. Avant de se présenter comme candidat au poste de maire, Brian Bowman est un des partenaires du grand cabinet d’avocats Pitblado, à Winnipeg.

Alors qu’il officie dans le droit, il se fait connaître du public en tant que président de la Chambre de commerce et du Musée des beaux-arts de Winnipeg. Les journalistes l’invitent également fréquemment à venir parler des médias sociaux et des questions liées à la vie privée. En 2011, Brian Bowman est pressenti comme un possible candidat à la tête du Parti conservateur provincial du Manitoba, après la défaite électorale et la démission du chef de parti Hugh McFadyen.

Élections municipales de 2014

La campagne municipale de 2014 à Winnipeg débute dans un climat d’inquiétude du public à l’égard de transactions et de marchés fonciers louches faisant intervenir le maire de Winnipeg sortant, Sam Katz, et plusieurs administrateurs principaux de la ville.

Brian Bowman entre en campagne le 6 mai 2014 et passe la plus grande partie de l’été placé juste derrière la chef de file Judy Wasylycia-Leis, une ancienne députée néodémocrate qui se présente pour la deuxième fois au poste de maire. Cinq autres candidats, dont deux anciens conseillers municipaux, figurent également sur les listes.

Désinvolte, ayant le sens des affaires, se positionnant plutôt au centre politiquement et spécialiste des médias sociaux, Brian Bowman s’inspire des autres maires urbanistes populaires de l’ouest du Canada tels que Don Iveson, d’Edmonton, et Naheed Nenshi, de Calgary. Il tiendra sa promesse initiale de conduire une campagne positive.

Manquant d’expérience au gouvernement et au conseil municipal, Brian Bowman est critiqué pour son programme exagérément ambitieux qui prévoit la construction en 15 ans des 6 tranches d’un système de transport en commun rapide. Il promet de dynamiser les quartiers résidentiels anémiques du centre-ville et de plafonner le taux d’augmentation de la taxe foncière par le taux d’inflation. Il fait aussi la promesse de diriger un gouvernement honnête, innovateur et transparent et rappelle fréquemment qu’il est l’antithèse de Judy Wasylycia-Leis, une politicienne de carrière.

Brian Bowman parvient à obtenir le soutien de personnalités haut placées, notamment de Gary Filmon, premier ministre du Manitoba, et de Mark Chipman, propriétaire de Jets de Winnipeg et héros local.

Sa campagne est gérée en grande partie par une équipe de jeunes organisateurs politiques, dont un grand nombre sont membres du Parti conservateur et qui s’appuient solidement sur les médias sociaux, le marquage et les nouvelles technologies pour sensibiliser les électeurs et les inciter à voter. Dans les derniers jours avant le scrutin du 22 octobre, beaucoup pensent cependant que Judy Wasylycia-Leis va probablement gagner.

Le jour des élections, Brian Bowman en surprend cependant plus d’un en remportant une nette victoire, s’octroyant 47,5 % des suffrages, avec une participation particulièrement forte dans les quartiers suburbains de Winnipeg. Sa victoire, fruit de ce qu’il qualifie dans sa campagne de « Bowmentum » de dernière minute, contredit les sondages et laisse perplexes les experts.

Maire

Brian Bowman prête serment pour devenir le 43e maire de Winnipeg le 4 novembre 2014. Descendant de Métis issus de la colonie de la rivière Rouge, il est considéré comme étant le premier maire autochtone de la ville.

Brian Bowman consacre la plus grande partie de ses premières années à la tête de la ville à résoudre les problèmes laissés par l’administration sortante. Il s’occupe notamment de la réorganisation et du recrutement d’administrateurs municipaux ainsi que des problèmes associés à un projet de quartier général pour la police qui dépasse largement le budget initialement prévu, est entaché par des allégations de corruption et fait l’objet d’une enquête menée par la GRC. Brian Bowman soutiendra le lancement d’une enquête provinciale sur la manière dont la Ville a géré ce projet et d’autres affaires immobilières.

Il fait cependant lui aussi quelques faux pas de débutant, en se disputant notamment en public avec Mark Chipman sur ce qu’il baptise au début comme une entente secrète de celui-ci pour acheter et développer une propriété clé au centre-ville. Devant faire face à un budget déficitaire, Brian Bowman introduit aussi, en 2016, des droits de développement pour tenter de ralentir l’expansion urbaine et mieux subventionner les infrastructures. La mise en œuvre des droits de développement, perçue par les observateurs comme bâclée et déconcertante, déclenche un tollé de la part des promoteurs immobiliers, et notamment des poursuites judiciaires.

À mi-mandat, la plupart des sondages montrent que la cote d’approbation de Brian Bowman a diminué et qu’il est maintenant critiqué pour préférer les « selfies » aux actions sérieuses.

Brian Bowman vit toujours à Charleswood, avec sa femme et ses deux fils. Il n’a toujours pas dit s’il allait tenter d’être réélu aux élections de 2018.

Réconciliation avec les Autochtones

En janvier 2015, un article vedette du magazine Maclean’s qualifie Winnipeg de « ville la plus raciste du Canada », une étiquette peu flatteuse qui déclenche un débat sur les relations avec les Autochtones.

Après la publication de l’article, Brian Bowman convoque rapidement une conférence de presse à laquelle sont invités d’importants chefs autochtones. Il s’y exprime rempli d’émotion en évoquant sa descendance métis qui n’a pas été perçue comme étant un problème important durant la campagne. Plus tard, Brian Bowman organise un sommet antiraciste et déclare 2016 « année de la réconciliation ».

La manière non défensive dont Brian Bowman a géré la situation sera saluée unanimement.

La silhouette de Winnipeg, au Manitoba, la journée. Photographie prise le 19 avril 2008.