Brian Macdonald

Brian Ronald Macdonald, danseur, chorégraphe et administrateur (Né à Montréal, 14 mai 1928, décédé le 29 novembre 2014 à Stratford, ON).

Brian Macdonald

Brian Ronald Macdonald, danseur, chorégraphe et administrateur (Né à Montréal, 14 mai 1928, décédé le 29 novembre 2014 à Stratford, ON). En 50 ans de carrière, Macdonald est devenu l'un des directeurs et des chorégraphes les plus productifs et les plus renommés sur la scène internationale que le Canada ait jamais connu. En tant que créateur de chorégraphies, son registre s'étend des revues de ballet jazz aux ballets néoclassiques abstraits montés sur des musiques contemporaines souvent difficiles. Il travaille aussi, en qualité de metteur en scène, à la mise en scène de comédies, de comédies musicales, d'opérettes et d'opéras. Reconnu comme un homme énergique et exigeant, Macdonald est un ambassadeur et un défenseur de l'excellence canadienne dans les arts de la scène. Durant toute sa carrière, il se montre un ardent défenseur de la culture nationale et un champion de la créativité canadienne en choisissant volontairement des collaborateurs artistiques canadiens pour ses divers projets.

Il est enfant quand il commence sa carrière artistique à titre d'acteur à la radio à Montréal. Il souhaite d'abord devenir pianiste, mais, en 1945, il étudie la danse avec les deux plus grands professeurs de Montréal, Elizabeth Leese (voir Danse moderne) et Gérald Crevier (voir Ballet). Il prépare en même temps un baccalauréat en anglais à l'U. McGill (1943-1947), où il réalise aussi des chorégraphies et danse dans les revues Red and White de l'université. Il travaille comme critique musical pour le Montreal Herald (1947-1949). Après avoir suivi la première classe d'été de Celia Franca, à Toronto, il devient membre fondateur du Ballet national du Canada, mais doit arrêter de danser en 1953 en raison d'une grave blessure à un bras. Il continue d'étudier la danse à Montréal et devient chorégraphe pour le réseau de langue anglaise de Radio-Canada. En 1956, il fonde le Montreal Theatre Ballet dont le mandat consiste à monter des chorégraphies sur des musiques canadiennes, mais qui disparaîtra rapidement. En 1957, Macdonald dirige la revue satirique de McGill, My Fur Lady, devenue légendaire depuis et dans laquelle il danse.

En 1958, il commence sa longue association avec le Royal Winnipeg Ballet, pour lequel il réalise de nombreuses chorégraphies, notamment The Darkling (1958), Les Whoops De Doo (1959), et, en 1966, le premier grand ballet canadien, Rose Latulippe, sur la musique d'un de ses principaux collaborateurs musicaux, le Canadien Harry Freedman. The Shining People of Leonard Cohen (1970) et Roméo et Juliette (1975) sont deux autres oeuvres remarquables nées de la collaboration de Macdonald et de Freedman.

Au cours des années 60 et 70, Macdonald acquiert une réputation internationale en créant des chorégraphies pour de nombreuses compagnies. Il est directeur artistique du Royal Swedish Ballet (1964-1967), où il rencontre sa deuxième femme, la ballerine Annette AV Paul, ainsi que du New York's Harkness Ballet (1967-1968), du Israel Batsheva Dance Theatre (1971-1972) et des Grands ballets canadiens (1974-1977), dont il sera aussi le chorégraphe attitré (1980-1990). Parmi les ballets qu'il crée au cours de cette période, mentionnons le célèbre Time Out of Mind (Joffrey Ballet, 1962), Canto Indio (Harkness, 1966), ainsi que des oeuvres créées pour Les Grands Ballets Canadiens, comme Tam Ti Delam, montée sur une musique de Gilles Vigneault (1974), Lignes et Pointes avec Brydon Paige (1976), Double Quartet (1978), sur la musique d'un de ses compositeurs canadiens favoris, R. Murray Schafer, Fête Carignan/Hangman's Reel (1978) et Adieu Robert Schumann (1979). Macdonald réalise aussi plusieurs chorégraphies pour Les ballets jazz de Montréal, qui célèbrent cette association en présentant à Montréal, au mois de mai 1995, Hommage, un programme spécial entièrement consacré à Macdonald.

Même si Macdonald continue à créer des chorégraphies pendant les années 80, il est surtout reconnu pour ses talents de metteur en scène d'opéras et de comédies musicales. Il met en scène son premier opéra, Cosi fan tutte, de Mozart, pour le Centre national des arts, en 1972, et connaît beaucoup de succès avec Cendrillon (1979), de Massenet, une autre production du Centre national des arts présentée par la suite à San Francisco, à Washington, à New York et à Paris. Fort de ces premiers succès, Macdonald poursuit dans la même voie en mettant en scène des opéras à Toronto, à Milan, à Sydney et à Londres. Sa production de Madame Butterfly, en 1990, pour la Compagnie d'opéra canadienne a connu un grand succès et de fréquentes reprises.

En qualité de codirecteur du Festival de Stratford de l'Ontario, Macdonald met en scène, sur une période de plus de 16 ans, 19 opérettes et comédies musicales. Ses mises en scène des opérettes de Gilbert et Sullivan, dont beaucoup seront télévisées, connaissent un succès particulier. Parmi celles-ci citons Iolanthe, The Gondoliers, The Mikado (qu'il présente en tournée dans tout le Canada ainsi qu'à Londres et à New York) et The Pirate of Penzance. Pour sa mise en scène de la comédie musicale Gypsy, jouée à Stratford, il s'inspire de la légendaire effeuilleuse Lily St-Cyr, qu'il a connue à ses débuts à Montréal dans les revues et les cabarets. The Boyfriend (1995) et The Musical Man (1996) figurent parmi ses récentes mises en scène présentées à Stratford, où il vit depuis de nombreuses années.

De 1982 à 2001, Macdonald est responsable du département de danse du Banff Centre for Continuing Education, dont il a renouvelé avec succès le programme d'été, maintenant axé sur la formation professionnelle, qui aboutit à une série annuelle de spectacles pour le Banff Festival dont font partie ses propres oeuvres, celles d'autres chorégraphes établis ainsi que des oeuvres des récipiendaires du Clifford E. Lee Award pour les chorégraphes canadiens. De 1996 à 1998, Macdonald est conseiller artistique principal du Centre national des Arts, pour lequel il met en scène l'opéra Le fils prodigue, de Benjamin Britten pendant l'été 1997 et sa production The Mikado.

Parmi les récentes productions télévisuelles de ses oeuvres figurent le spectacle documentaire de 1997 intitulé Bravo! qui présente Lost Gods, deux de ses ballets créés sur la musique des premier et cinquième quatuors à cordes de R. Murray Schafer. Macdonald reçoit le Paris International Gold Star pour la chorégraphie en 1964, le Prix Molson en 1983 et est nommé officier de l'Ordre du Canada en 1967. En octobre 2001, il est le premier lauréat du prix Walter-Carsen pour l'excellence en arts de la scène d'une valeur de 50 000 $.


Lecture supplémentaire

  • Max Wyman, The Royal Winnipeg Ballet: The First Forty Years (1978) and Dance Canada: An Illustrated History (1989).

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