Brigitte Haentjens

Brigitte Haentjens, metteuse en scène de théâtre, est née le 29 juillet 1951 à Versailles, en France. Haentjens est connue pour l’audace, la gravité et la passion avec lesquelles elle met en scène des œuvres contemporaines étrangères et canadiennes.

Brigitte Haentjens

Brigitte Haentjens, metteuse en scène de théâtre, est née le 29 juillet 1951 à Versailles, en France. Haentjens est connue pour l’audace, la gravité et la passion avec lesquelles elle met en scène des œuvres contemporaines étrangères et canadiennes. En 2012, Brigitte Haentjens est la première directrice artistique du Théâtre français du Centre national des Arts (CNA, succédant à ses illustres prédécesseurs Wajdi Mouawad, Robert Lepage et André Brassard.

Études et premiers succès

Dans un premier temps, Brigitte Haentjens étudie à Paris avec Jacques Lecoq, connu pour l’importance qu’il donne au théâtre corporel. Elle arrive au Canada en 1977 et coécrit, en 1979, la pièce de théâtre collaborative franco-ontarienne La parole et la loi sur le thème du règlement 17, mesure qui avait interdit l’usage du français en Ontario jusqu’en 1927. La pièce est mise en scène et présentée au Théâtre d'la Corvée à Ottawa. Elle coécrit avec Jean-Marc Dalpé, pour le Théâtre d’la Vieille 17 situé dans la même ville, la pièce de théâtre Hawkesbury Blues, qui raconte l’histoire d’ouvriers. Brigitte Haentjens travaille ensuite en collaboration avec le Théâtre du Nouvel-Ontario (TNO) à Sudbury, où elle met en scène la pièce Le Chien et collabore à nouveau avec Jean-Marc Dalpé à l’écriture de la pièce Nickel, dont elle est également la metteuse en scène.

À Montréal

En 1991, Jacques Vézina, directeur général de la Nouvelle compagnie théâtrale (actuel Théâtre Denise‑Pelletier), située à Montréal, remarque la manière avec laquelle Brigitte Haentjens revitalise le TNO et la persuade d’en faire autant pour la Nouvelle compagnie théâtrale. Par la suite, sa mise en scène de Caligula lui vaut des louanges dans le Globe and Mail et elle réussit à convaincre Robert Lepage de travailler avec elle.

Dans d’autres salles montréalaises, elle met en scène la pièce de Jeanne-Mance Delisle Un oiseau vivant dans la gueule, au Théâtre de Quat'Sous, et Oh! les beaux jours, au Théâtre Espace Go. En 2004, sa pièce La Cloche de verre, adaptée du roman de Sylvia Plath The Bell Jar, est un tel succès qu’elle part en tournée en France.

De 1996 à 2006, Brigitte Haentjens dirige, conjointement avec Marie Gignac, le Carrefour international de théâtre à Québec, un grand festival international de théâtre qui succède en 1992 à la Quinzaine internationale de théâtre.

Plus tard, elle accroît sa notoriété avec des œuvres telles que Malina, en 2000, Hamlet-machine, en 2001, et Eden Cinéma, en 2006.

Création de la compagnie Sibyllines

En 2007, elle fonde sa propre compagnie Sibyllines afin d’avoir plus de liberté pour produire des œuvres expérimentales. La même année, les membres du jury du Prix Siminovitch décident de lui octroyer un prix en récompense de son écriture scénique. En 2008, elle remporte un nouveau succès en collaborant avec la vedette de la pièce Le Chien, Roy Dupuis, à la mise en scène de Blasté, une adaptation de la pièce de Sarah Kane, traduite par Jean-Marc Dalpé, sur le thème de la guerre de Bosnie. Dès sa première représentation en 2010 et durant un mois, l’œuvre théâtrale La nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès, mise en scène par Brigitte Haentjens, fait salle comble. La compagnie Sibyllines présente la pièce au Carrefour international de théâtre de Québec en mai 2011, puis à Montréal et Ottawa en 2013.

En 2012, elle présente entre autres au CNA la première de la version française de la pièce du dramaturge cri Tomson Highway, Songs from the (Post) Mistress, et Zesty Gopher s’est fait écraser par un frigo, coproduite avec le TNO.

Activisme culturel

En 1984, Brigitte Haentjens devient présidente fondatrice de l’Association nationale des théâtres francophones hors Québec, aujourd’hui Association des théâtres francophones du Canada (ATFC). L’association a pour mission de regrouper et mettre en relation les petites compagnies de théâtre éloignées des scènes montréalaise et québécoise et de défendre leurs intérêts. Ces troupes de théâtre, de Saskatoon à Caraquet, peuvent ainsi partager leurs points de vue et leur expérience du combat qu’elles mènent pour leur survie. Brigitte Haentjens exerce son mandat de présidente jusqu’en 1990, se battant sans relâche pour l’essor du théâtre de langue française dans les communautés francophones en situation minoritaire.

Succès et récompenses

Elle acquiert une reconnaissance pour ses mises en scène de pièces de théâtre telles Le Chien (The Dog), qui a valu à son auteur Jean‑Marc Dalpé, avec lequel elle collabore depuis longtemps, un Prix du Gouverneur général en 1988, Caligula d’Albert Camus et Oh! les beaux jours de Samuel Beckett, et pour des adaptations d’œuvres de Sylvia Plath et Virginia Woolf.

Elle obtient son poste au CNA après avoir remporté en 2007 le Prix Siminovitch de 100 000 $ et le Prix Gascon‑Thomas de l’École nationale de théâtre du Canada pour l’ensemble de sa carrière.