Canadian National Exhibition

Du début des années 1920 jusqu'à ce que le dépt de musique de la CNE soit mis sur pied, le Canadian Bureau for the Advancement of Music collabora à l'organisation des manifestations musicales groupées en trois catégories : 1. divertissements, 2. expositions et 3. concours.

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La plus grande foire annuelle au monde a lieu à la fin de l'été (Corel Professional Photos).

Canadian National Exhibition

Canadian National Exhibition (CNE). La plus vaste exposition annuelle au monde, qui se tient de la mi-août à la fête du Travail (premier lundi de septembre) sur un terrain permanent de 140 hectares à Toronto, sur les bords du lac Ontario. En 1976, elle attira une foule record de 3,85 millions de visiteurs. La CNE fut inaugurée le 5 septembre 1879 sous les auspices du conseil municipal et d'associations locales, commerciales et artistiques. D'abord désignée sous le vocable d'Industrial Exhibition of Toronto, son nom fut modifié en celui de CNE en 1904.

Du début des années 1920 jusqu'à ce que le dépt de musique de la CNE soit mis sur pied, le Canadian Bureau for the Advancement of Music collabora à l'organisation des manifestations musicales groupées en trois catégories : 1. divertissements, 2. expositions et 3. concours. Le dépt de musique se développa graduellement en coordination avec le Bureau et demeura relié à ce dernier grâce à un dir. administratif commun, Clifford Hunt, qui assuma ce poste au département en 1968 et au Bureau en 1969.

1. Divertissements. La journée annuelle de la musique de la CNE, organisée par le Bureau et attirant traditionnellement de vastes auditoires, fit partie du programme de 1921 à 1985. Les programmes musicaux s'étendant sur la durée entière du festival, l'appellation spécifique de journée de la musique (ou des arts et de la musique) disparut en 1985. Les musiques militaires constituèrent la principale attraction musicale jusqu'au milieu des années 1920 et leur popularité se maintint durant la plus grande partie du XXe siècle. Des harmonies canadiennes (telles que l'Anglo-Canadian Leather Co. Band ou la musique des Canadian Grenadier Guards) et de célèbres ensembles internationaux jouèrent dans les kiosques érigés sur le site. En 1928, par exemple, 19 harmonies donnèrent 108 concerts de 2 heures aux 2 kiosques alors existants. En 1936, la Bandshell, en forme de coquille mais à ciel ouvert, fut construite pour présenter des concerts d'harmonie et des spectacles de variétés ainsi que les cérémonies officielles d'inauguration et de clôture. Parmi les autres lieux de rendez-vous pour les musiciens ont figuré le Grandstand (à ciel ouvert) de 23 500 places, le Queen Elizabeth Theatre de 1300 places, des auditoriums dans d'autres édifices, des kiosques à musique, un petit pavillon de la musique et le vaste amphithéâtre du Coliseum, conçu pour des spectacles hippiques et des concours de bétail, mais utilisé comme salle de concert pour le Canadian National Exhibition Chorus certaines années à compter de 1922. On a aussi utilisé l'Ontario Government Building (appelé aussi pavillon Carlsberg ou pavillon Carling O'Keefe selon le commanditaire) pour des récitals et des compétitions dans les années 1980.

Le premier Grandstand, de 5000 places, construit en 1879, fut remplacé en 1906 par une structure de 16 400 sièges; cette dernière fut supplantée à son tour en 1948 (avec quelques ajouts ultérieurs) par une autre combinant une aire d'exposition intérieure à des rangées en pente raide pouvant asseoir 23 500 personnes. Durant une cinquantaine d'années, le Grandstand accueillit de grands spectacles regroupant des centaines de participants dans des tableaux avec accompagnement de musique. Des exemples typiques en furent Ivanhoe (1906), Cleopatra (1923), Arabia - An Oriental Spectacle (1926), Montezuma (1933) et des évocations de l'histoire canadienne et britannique (1921, 1927, 1938) ou des spectacles d'inspiration patriotique (durant la Première Guerre mondiale). Les spectacles historiques allaient de pair avec le vaudeville, les variétés, le chant en choeur et étaient couronnés par d'éblouissants feux d'artifice. Ils occupaient une vaste scène dans des décors d'une longueur de 210 m et une hauteur atteignant 15 m, avec des distributions aussi imposantes que 1500 participants auxquels s'ajoutaient chevaux et chariots, flottes, voitures automobiles et même hélicoptères. Lorsque la CNE réouvrit ses portes après une interruption de six ans durant la Deuxième Guerre mondiale, le spectacle du Grandstand refléta l'influence croissante de la culture populaire américaine au Canada. Les spectacles teintés de chauvinisme furent remplacés par des spectacles de variétés avec des vedettes du cinéma et de la radio des É.-U. tels Olsen et Johnson, Danny Kaye, Jimmy Durante et Victor Borge. En 1952, Jack Arthur, un impresario canadien de longue expérience, devint producteur des spectacles et s'entoura de Howard Cable comme dir. mus. et d'Alan Lund et de Midge Arthur comme chorégraphes. Tout en continuant de mettre à l'affiche des vedettes américaines, les spectacles présentèrent désormais plus d'artistes canadiens mais non comme têtes d'affiche. Arthur demeura producteur jusqu'en 1967 et fut remplacé par Cable l'année suivante. À Cable succéda en 1969 Clifford Hunt qui institua une politique, maintenue tout au long des années 1970, de présenter une ou deux soirées avec des vedettes pop, groupes rock, ensembles country-western, fantaisistes et autres artistes de variétés. La plupart d'entre eux venaient des É.-U. mais des artiste canadiens furent aussi à l'affiche, dont Paul Anka, Bachman-Turner Overdrive (BTO), Burton Cummings, Patsy Gallant, les Guess Who, Hagood Hardy, les Irish Rovers, Catherine McKinnon, Anne Murray, René Simard, Triumph, April Wine et Neil Young. De 1972 à 1981, on vit un retour partiel au spectacle à grand déploiement avec le Scottish World Festival Tattoo, présentation de quatre jours réunissant un vaste ensemble de corps de cornemuses, de musiques militaires, de danseurs des Highlands et diverses vedettes de variétés, le tout comprenant quelque 1300 participants.

Dans les années 1930, alors que la musique swing était au sommet de sa popularité, l'Automotive Building abrita durant deux ans (1934, 1935) une salle de danse où les orchestres de Duke Ellington, Rudy Vallee, Guy Lombardo et d'autres jouèrent pour des foules nombreuses. Plus tard au cours de la même décennie, une grande tente munie d'un parquet pour la danse fut érigée afin d'accueillir les ensembles et les auditoires. Des orchestres de danse ont continué de se produire à la Bandshell et à d'autres emplacements. Dans les années 1960, l'Automotive Building devint de nouveau un site d'activité musicale, principalement de concerts rock destinés à la jeunesse; en 1977, il devint le pavillon de l'Assn de l'industrie canadienne de l'enregistrement pour marquer le centenaire de l'enregistrement sonore. Ce choix était d'autant plus approprié que le plus ancien enregistrement au monde d'un discours à avoir été conservé, celui du gouverneur général lord Stanley le 11 septembre 1888, avait été réalisé à l'occasion de la CNE (voir En remontant les années, p. 11). En 1975, la Bandshell abrita la reprise d'un spectacle de la Happy Gang. En 1978, une commandite de la brasserie Molson permit la reconstruction du Bandstand pour le centenaire de la CNE. Ne pouvant utiliser les plans originaux, des étudiants et professeurs du Ryerson Polytechnical Institute entreprirent la reconstruction du Bandstand (érigé en 1913) selon de vieilles photographies, afin de le remettre sur son site premier et de lui redonner son ancien caractère. On paysagea et décora le parc autour du Bandstand dans le style du début du siècle et on l'utilisa pour des concerts. En 1990, on lui préférait, pour ce genre de concerts, une nouvelle scène extérieure mieux aménagée pour les chorégraphies, mais on utilisait encore le Bandstand.

Le petit pavillon de la musique, érigé sous le nom de Railways Building en 1907, servit pour des récitals, des concerts de musique de chambre et le CNE Music Festival. Considéré dangereux en 1985, ce pavillon fut la proie des flammes en 1987. Des rénovations de grande envergure furent entreprises et l'édifice devait ouvrir à nouveau ses portes au début des années 1990. Les meilleurs élèves du RCMT et des professeurs de l'ORMTA se produisirent en récital durant plusieurs années dans un auditorium du Grandstand et à d'autres endroits. D'autres manifestations musicales eurent lieu au Queen Elizabeth Theatre, qui ouvrit ses portes en 1957. La musique a aussi été utilisée pour agrémenter l'exposition de produits et animer le parc d'amusement adjacent. En 1974, la brasserie Carlsberg installa un carillon de 50 cloches dans la Carlsberg Bell Tower.

Des groupes d'instrumentistes et de chanteurs ont présenté en plein air de nombreux concerts. Dans les années 1920 et 1930, ces « troubadours », revêtus de costumes nationaux, présentèrent diverses musiques ethniques lors d'une journée de la musique. En 1923, un acte de Martha de Flotow fut offert dans le cadre des divertissements gratuits. Parmi les artistes ambulants figurèrent les Petits chanteurs de Tokyo, la Royal Hawaiian Band, des quatuors « barbershop » et un étrange homme-orchestre nommé Werner Hirzel.

2. Expositions. La CNE a été le site d'expositions commerciales de manufacturiers et de distributeurs de pianos, orgues, phonographes et instruments de musique. Heintzman & Co. commença à exposer dès 1879. La Disk Talking Machine Co. et plusieurs facteurs de pianos exposèrent en 1903 au Manufacturers' Building nouvellement ouvert. La Canadian Piano and Organ Manufacturers' Association négocia les conditions selon lesquelles leurs membres exposeraient en 1906, et loua l'espace nécessaire peu après. Un édifice destiné à l'exposition d'instruments de musique existait en 1905 et un pavillon du phonographe était ouvert en 1922. La plupart du temps, néanmoins, les étalages musicaux furent présentés dans le Manufacturers' Building jusqu'à la destruction de ce dernier par le feu en 1961. Par la suite, les exposants s'installèrent dans le Better Living Building. Dans les premières années, ils visèrent le prestige et offrirent des étalages impressionnants ou instructifs sur leurs industries; après la Deuxième Guerre mondiale, l'accent fut déplacé au profit de la vente directe de produits aux visiteurs de la CNE.

3. Concours. En 1919, comme complément à ses étalages commerciaux, la division des phonographes de l'industrie de la musique au Canada organisa des concours de chant qui s'avérèrent fort populaires. En 1921, la Canadian Piano and Organ Manufacturers' Assn présenta un festival d'une journée de récitals de piano, chaque pianiste étant parrainé par un exposant de la « Piano Row » du Manufacturers' Building. La même année, le premier concours d'harmonies fut tenu grâce à l'initiative d'A.L. Robertson. Le succès de ces entreprises convainquit les directeurs de la CNE que les programmes musicaux contribuaient à l'augmentation du nombre de visiteurs. En 1921 commencèrent également le CNE Music Festival (concours) et la journée annuelle de la musique (au cours de laquelle les exposants de pianos présentaient de nouveau des concerts continus). Ces deux manifestations furent inaugurées officiellement en 1922. En 1924, l'Ontario Amateur Bands' Assn (et plus tard la CBDA) assumait l'organisation et l'administration des concours d'harmonies, concours qui suscitaient des inscriptions de partout au Canada, d'abord pour les musiques militaires, puis pour toutes les catégories d'harmonies. En 1954, le Canadian Bureau for the Advancement of Music administra le concours d'harmonies. Le CNE Music Festival a attiré des concurrents allant de six ans à l'âge adulte, en solo ou en groupes instrumentaux et par catégories vocales. En plus des classes de piano, cordes, vents, cuivres et accordéon, il a déterminé des catégories pour orchestres d'harmonicas, cornemuses, violoneux et corps de tambours et de clairons. Les juges viennent d'un peu partout au Canada, et la CNE a décerné comme prix des médailles et, à partir de 1940, des bourses d'études. En 1990, on cessa cette compétition en attendant d'avoir des locaux adéquats dans le Music Building en reconstruction. Le National Competitive Festival of Music (plus tard CIBC National Music Festival) eut lieu durant la CNE au Queen Elizabeth Theatre, de ses débuts en 1972 jusqu'à 1980. Des compétitions de musique populaire ont aussi eu lieu durant la CNE. En 1987 débuta le Rising Star Youth Talent Contest pour les nouveaux artistes de musique rock et pop et en 1988, le troisième Ontario Open Country Singing Contest annuel eut lieu durant l'exposition, concours qui fut repris dans les années ultérieures.

La CNE a été l'inspiratrice de plusieurs compositions. Richard Hayward composa la Golden Jubilee Marching Song pour le 50e anniversaire de l'exposition en 1928. L'Américain Edwin Franko Goldman écrivit la Canadian National Exhibition March pour souligner le premier concert à la CNE de sa célèbre Goldman Band en 1929. J.-J. Gagnier écrivit Ca-Na-Ex pour harmonie. Hail to the Exhibition de Léo Roy fut exécutée en 1930.

Durant les 49 semaines de l'année au cours desquelles la CNE est inactive, les terrains sont ouverts au public comme parcs de stationnement, et quelques-uns des édifices sont loués de temps en temps par des promoteurs pour la présentation de concerts et autres.


Lecture supplémentaire

  • Hamilton, H.C. 'Music day at the Exhibition,' MCan, Sep 1928

    White, Alvin C. 'Toronto notes,' 'Band news from the Canadian National Exhibition,' ibid

    Withrow, O.C.J. 'Music,' The Romance of the Canadian National Exhibition (Toronto 1936)

    Lorimer, James. The Ex: A Picture History of the Canadian National Exhibition (Toronto 1973)

    Gallo, Nancy, and Linden, J.J. 'The CNE: a centennial celebration,' RPM Weekly, 26 Aug 1978

    Lancashire, David. 'Grandstand show: the bogeyman Canadians fear,' Toronto Globe and Mail, 10 Aug 1979

    McKinnon, Frank. 'The music of the bands and the Canadian National Exhibition,' 20 instalments, Canadian Band Association Newsletter, Mar 1986-Jan 1991