Dane-zaa (Castors)

Les Dane-zaa (aussi désignés sous le nom de Dunne-za) sont un peuple de langue dénée de la région de la rivière de la Paix en Colombie-Britannique et en Alberta. Ce sont les premiers explorateurs qui les appellent « Castors » en s’inspirant du nom d’un groupe de la région, les Tsa-dunnes. Eux-mêmes s’appellent toutefois Dane-zaa (« vrai peuple »). D’après le recensement de 2016, 1 705 personnes se disent d’ascendance dane-zaa, tandis que 220 s’identifient comme locuteurs de la langue dane-zaa comme langue maternelle.



Réserve de Blueberry River
Charlie Yahey avec un tambour de Rêveur, réserve de Blueberry River.
Halfway River
Réserve de Halfway River, vers 1996.
Préparation de viande séchée
Daeda (Mary Davis) préparant de la viande séchée, réserve de Doig River, 1979.
Huttes à perches faîtières
Ces huttes construites par la population subarctique sont rapidement assemblées grâce à des perches faîtières sur lesquelles on tend de l'écorce ou des peaux.

Population et territoire

Les Dane-zaa sont un peuple du territoire aujourd’hui connu comme la région de la rivière de la Paix en Colombie-Britannique et en Alberta. À l’ouest vivent les Sekanis; au nord, les Esclaves; et à l’est, les Dene Tha (appelés parfois Castors et Esclaves). Les Cris occupent aussi la partie est de leur territoire depuis longtemps. (Voir également Territoire autochtone.) Le recensement de 2016 dénombre 1 705 personnes se disant d’ascendance dane-zaa.

Vie avant le contact avec les Européens

Les Dane-zaa sont des chasseurs qui vivent à l’origine en petites bandes nomades de 25 à 30 personnes. L’essentiel de la nourriture provient de la chasse au gros gibier : le bison dans la prairie près de la rivière de la Paix, l’orignal dans le muskeg et les forêts, le caribou près des montagnes et, enfin, l’ours. Avant de pouvoir se procurer des armes à feu auprès des commerçants de fourrures, les Dane-zaa chassent souvent en groupe en encerclant les animaux. (Voir aussi Traite des fourrures.) L’introduction du fusil rend le chasseur solitaire plus efficace et dans les 25 années qui suivent les premiers contacts avec les Européens, la chasse visant à approvisionner les commerçants de fourrures entraîne un déclin dans les populations de gibier, en particulier chez le bison, déjà disparu de la région en 1900.

Histoire coloniale

Alexander Mackenzie traverse le territoire des Dane-zaa en 1793, et en 1794 la Compagnie du Nord-Ouest a déjà établi un poste de traite des fourrures près de la ville actuelle de Fort St. John. L’histoire orale des Dane-zaa fournit un récit vivant des premiers temps de la traite des fourrures.

Alors que les Européens empiètent de plus en plus sur leurs territoires ancestraux, les Dane-zaa se voient repoussés vers de plus petites parcelles de terre. (Voir aussi Réserves.) Afin d’assimiler les populations autochtones, le gouvernement canadien envoie les enfants dane-zaa dans les pensionnats indiens où on les empêche, ainsi que les autres enfants autochtones, de s’exprimer dans leur langue et de pratiquer leur culture. Lancée officiellement en 2008, la Commission vérité et réconciliation du Canada cherche à guider les Canadiens dans la pénible découverte des réalités vécues dans le système de pensionnats, ainsi qu’à jeter les bases d’une réconciliation durable partout au pays.

Culture

Avant l’arrivée des Européens, les Dane-zaa se réunissent en grands groupes sur les rives de la rivière de la Paix pour célébrer les fêtes de l’été, où ils chantent, dansent et jouent au jeu de mains, compétition de devinettes où s’affrontent des équipes d’hommes. Les jeux dénés et les cérémonies culturelles demeurent une pratique courante dans de nombreuses communautés dane-zaa. Les Dane-zaa (surtout les enfants) participent à la quête d’une vision pour acquérir le pouvoir surnaturel des animaux. De nombreux peuples autochtones réalisent toujours aujourd’hui ces quêtes, en tant que moyen de raviver leur culture.

Langue

Les Dane-zaa appellent leur langue Dane-zaa Záágéʔ, bien que plusieurs sources la désignent encore sous le nom de langue Castor. Le Dane-zaa Záágéʔ est une langue athapascane (ou dénée) étroitement liée aux langues parlées par les autres Premières nations de langue athapascane, dont les Sekanis, les Kaskas, les Dene Dháh (Esclaves d’Alberta), les Tsuut’ina (Sarcee) et les Dene Sųłiné (Chipewyan).

On parle le Dane-zaa Záágéʔ dans les régions de Doig River, d’Halfway River et de Prophet River en Colombie-Britannique, ainsi que dans les Premières nations de Blueberry River. Cette langue est aussi parlée en Alberta sur les réserves de la rivière Boyer (Rocky Lane) et de Child Lake (Eleske).

La langue dane-zaa est menacée : d’après le recensement de 2016, seuls 35 Albertains se disent locuteurs de la langue dane-zaa comme langue maternelle. Ce chiffre est plus élevé en Colombie-Britannique (160), mais fait quand même état d’un déclin significatif. Les Dane-zaa déploient d’importants efforts pour revitaliser leur langue. (Voir aussi Langues autochtones au Canada.)

Religion et spiritualité

Avant l’arrivée des Européens, les Dane-zaa ont leurs propres systèmes de croyances religieuses et spirituelles. Les « Rêveurs », chefs religieux ou prophètes des Dane-zaa, s’impliquent dans diverses affaires sociales et culturelles de la communauté; ce sont eux, notamment, qui dirigent les chasses communautaires. Avec l’imposition du christianisme, les Rêveurs adoptent leur propre version de cette religion, combinant prophéties traditionnelles et enseignements catholiques romains. Henri Faraud est le premier missionnaire catholique à se rendre chez les Dane-zaa, en 1858. Les Rêveurs tentent d’aider leur peuple à comprendre et à anticiper les changements apportés par les Blancs. Bien que la plupart des Dane-zaa se soient convertis au catholicisme depuis le début des années 1800, il s’en trouve beaucoup qui acceptent le protestantisme évangélique et combinent des religions organisées à leurs croyances traditionnelles.

Traités

Les Dane-zaa de Fort St. John signent en 1900 le Traité n° 8, qui leur donne officiellement le droit de vivre de la chasse et du piégeage. (Voir aussi Traités numérotés.) Ils voient alors le traité comme un accord de paix et de partage entre nations souveraines, plutôt que comme la cession d’un droit. Les bandes dane-zaa poursuivent les négociations avec le gouvernement fédéral sur les terres faisant l’objet du traité, les droits et le nombre de membres de la Première nation des Dane-zaa.

Vie contemporaine

De nombreux Dane-zaa vivent encore dans des réserves et environ la moitié des Dane-zaa inscrits vivent hors des réserves. Il y a quatre de ces réserves en Colombie-Britannique et deux en Alberta. Plusieurs communautés dane-zaa ont construit, dans leur réserve, de nouvelles salles servant de centres communautaires. Les bandes, de même que les particuliers, gèrent des entreprises qui desservent les industries du pétrole, du gaz et du bois.

À l’issue d’une longue action en justice, l’ancienne bande de Fort St. John se voit octroyer le droit de négocier un règlement pour le transfert abusif de droits miniers des terres de son ancienne réserve. Elle entame également des négociations avec le gouvernement fédéral concernant l’insuffisance des droits fonciers issus des traités, après des recherches approfondies visant à déterminer le nombre réel de personnes devant profiter à l’origine des terres allouées à la réserve après arpentage. Une grande partie du territoire traditionnel de la Première nation sert maintenant à l’agriculture et à l’exploitation pétrolière. Il lui est cependant toujours possible de pratiquer la chasse et le piégeage dans la partie nord du territoire; ces activités constituent des sources importantes de nourriture et de revenus, et elles contribuent à préserver l’identité culturelle du peuple.


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