Centre commercial

Le premier centre commercial du Canada est le Norgate Shopping Centre (M.M. Kalman, 1949) situé à Saint-Laurent, au Québec. Ce centre commercial possède un plan en « L », ceinturant un grand parc de stationnement d'où l'on peut accéder aux magasins.


Centre commercial

 Un centre commercial est un regroupement d'établissements de détail et de services construits et administrés comme une unité, qui comprend un ou plusieurs locataires principaux et qui est muni d'un parc de stationnement. Les deux prototypes américains sont le Market Square (1916) de Lake Forest, en Illinois, et le Country Club Plaza (1922) de Kansas City, au Missouri. Les centres commerciaux situés à quelque distance des centres urbains établis se sont rapidement développés après la Deuxième Guerre mondiale en réponse à la croissance des banlieues. L'urbaniste Eugenio Giacomo Faludi favorise le concept en 1949 dans un article influent destiné aux architectes canadiens.

Le premier centre commercial du Canada est le Norgate Shopping Centre (M.M. Kalman, 1949) situé à Saint-Laurent, au Québec. Ce centre commercial possède un plan en « L », ceinturant un grand parc de stationnement d'où l'on peut accéder aux magasins. Il est suivi par son jumeau, le Dorval Shopping Centre (Eliasoph and Bercowitz en collaboration avec M.M. Kalman, 1950), à Dorval, au Québec, et le Park Royal Shopping Centre (C.B.K. Van Norman and J.C. Page, 1950), à West Vancouver, en Colombie-Britannique. Le Sunnybrook Plaza (1951) et le York Mills (1952), tous deux près de Toronto, sont aussi des centres commerciaux de la première heure. Tous sont des édifices sans ornement, destinés à la vente de marchandises avec, comme piliers, des supermarchés et de grands magasins.

Dans la deuxième étape de conception, les entrées se détournent des voitures et s'orientent vers un passage piétonnier intérieur, paysager et abrité, comme le Don Mills Convenience Centre (John B. Parkin and Asssociates, 1955), à Don Mills, en Ontario, et les centres commerciaux Rockland (Ian Martin et Victor Prus, 1958), à Mont-Royal, au Québec.

Les passages piétonniers sont par la suite entièrement clos pour créer un espace à atmosphère contrôlée. Le premier du genre est le Southdale Centre (Victor Gruen, 1954-1956), à Edina, au Minnesota, modelé en partie sur les galeries marchandes européennes, comme la Galleria Vittoria Emanuele de Milan. Un des premiers exemples de ce type est le Yorkdale Shopping Centre (John B. Parkin and Associates, 1960-1964), à North York, en Ontario, le plus vaste à ce jour au Canada (119 000 m2 avec deux grands magasins, un supermarché et 90 boutiques). Il est aussi un centre régional situé à l'intersection de deux autoroutes. Les multiples étages de boutiques augmentent la densité et réduisent les distances à parcourir à pied, comme au Bayshore Shopping Centre (Petroff and Jerulaski, 1973; agrandi de deux à trois étages, 1986-1987), à Nepean, en Ontario. Les centres commerciaux plus anciens sont continuellement modernisés et rebaptisés pour concurrencer les plus récents.

Le « centre commercial » clos est devenu un centre d'activités sociales : il abrite souvent des équipements récréatifs. L'énorme WEST EDMONTON MALL (Maurice Sunderland Architecture Inc., 1981-1986, 483 000 m2, avec plus de 800 boutiques et établissements de services, et sept parcs d'attraction et de récréation, est d'ailleurs le plus grand du monde. Son nom vient de pall-mall, qui représente à la fois un jeu et le pré sur lequel il se joue.

Les centres commerciaux régionaux et suburbains ont nui aux zones commerçantes des centres-villes. La Nouvelle-Écosse, l'Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick ont déposé une loi de réglementation à cet effet à la fin des années 1970. Le Canada, plus que les États-Unis, maintient ses engagements envers ses villes, d'où la migration des centres commerciaux des banlieues vers les centres urbains. Wellington Square (John Graham and Co., 1958-1960), à London, en Ontario, est reconnu comme le premier centre commercial en Amérique du Nord à s'être établi au centre-ville.

On crée des galeries marchandes sous des complexes de tours à bureaux, comme la PLACE VILLE-MARIE (I.M. Pei en collaboration avec Affleck, Desbarats, Dimakopoulos, Lebensold, Michaud et Sise, 1958-1966), à Montréal, et le Pacific Centre (Victor Gruen and Associates en collaboration avec McCarter, Nairne, and Partners, 1969-1976), à Vancouver. On en crée aussi dans des tours, comme le Scotia Square (Allward and Gouinlock, 1969), à Halifax, ou comme des aménagements de surface, tels que la Midtown Plaza (Gordon R. Arnott and Associates, 1969-1970), à Saskatoon.

Le EATON CENTRE (Zeidler Partnership and Bregman and Hamann, 1976-1979), à Toronto, est un modèle d'intégration dans l'infrastructure d'une ville et de revitalisation de quartiers pauvres.

Une tendance récente est la réhabilitation de groupes de vieux édifices en des centres commerciaux tels que le Market Square (Arcop Associates en collaboration avec Mott, Myles and Chatwin, 1980-1983), à Saint John, au Nouveau-Brunswick. Une autre tendance est la reconstitution urbaine avec des façades d'édifices séparés créant une impression de rue. Ainsi, le Sundial Square (Cornerstone Architects, 1985), à Tsawwassen, en Colombie-Britannique, revient presque aux sources du Market Square de Lake Forest de 1916.

La plupart des points de vente dans les centres commerciaux sont des grands magasins, des supermarchés, des chaînes et des franchises bien connus des grands promoteurs nationaux qui construisent les centres et gèrent le « mélange de locataires ». Quelques promoteurs possèdent d'immenses sociétés propriétaires de centres commerciaux. L'un d'eux est Trizec Corp. (propriété d'Olympia & York Developments Ltd et d'Edper Investments), qui, à la fin des années 1980, détient 50 grands centres commerciaux et une participation dans deux grandes entreprises américaines. Il y a aussi Oxford Development Groups Ltd, qui possède environ 100 centres commerciaux au Canada.

Depuis le début des années 1990, des centres commerciaux comme le West Edmonton sont confrontés à la concurrence de mégacentres plus spécialisés. Les mégacentres, qui sont essentiellement des regroupements extérieurs de magasins à grande surface, constituent le secteur de croissance le plus important dans l'industrie du détail au Canada. Les mégacentres offrent quelques très grands magasins, parfois appelés discompteurs spécialisés puisque les détaillants traditionnels ne peuvent rivaliser avec eux. Ils sont généralement situés au bord d'artères principales, loin des centres-villes traditionnels. Les villes et les villages débattent fougueusement des avantages et des désavantages des mégacentres, mais leurs répercussions sont indéniables. Selon une étude de 2005, 200 mégacentres canadiens comprennent plus de 1 400 magasins à grande surface et plus de 4 000 magasins, avec une surface de plancher de plus 75 millions de pieds carrés, soit 20 p. 100 de la surface de plancher des centres commerciaux conventionnels. Ces centres génèrent environ 16 p. 100 des ventes au détail autres que d'automobiles au Canada. Le Centre for the Study of Commercial Activity de l'Université Ryerson, à Toronto, surveille de près les tendances dans le domaine de la vente au détail. Une étude suggère que les mégacentres pourraient avoir atteint le point de saturation du commerce de détail au Canada. Malgré ces prévisions, les mégacentres spécialisés continueront fort probablement à faire de l'ombre aux centres commerciaux polyvalents : la suprématie du centre commercial polyvalent semble avoir été brève.


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