Chautauqua

Chautauqua. Nom donné à un circuit de spectacles itinérants, donnés sous la tente, qui débutèrent aux États-Unis et qui proliférèrent au Canada (1917-35).

Chautauqua

Chautauqua. Nom donné à un circuit de spectacles itinérants, donnés sous la tente, qui débutèrent aux États-Unis et qui proliférèrent au Canada (1917-35). D'origine indienne senéca, le mot « chautauqua » a été traduit diversement par « lieu de brumes », « lieu de la mort tranquille », et « où le poisson était pêché ». Une école d'été, fondée en 1874 au lac Chautauqua, N.Y., avec pour objectif de combiner l'éducation des adultes et le divertissement moralement formateur, adopta le nom de son emplacement, qui en vint peu à peu à représenter le genre de divertissement offert. Au Canada, un genre similaire d'organisation - un camp méthodiste - avait été établi en 1859 à Grimsby Park à Lincoln County, Ont., mais un déclin de sa popularité (v. 1900) entraîna sa fermeture (1909). Aux É.-U., cependant, les « chautauquas » prospéraient. En 1900, quelque 200 chautauquas indépendants desservaient 31 États. La plupart étaient installés dans des pavillons permanents à proximité d'un lac et offraient conférences, pièces de théâtre et concerts de musique religieuse, classique et populaire. L'idée de les rendre plus accessibles en leur faisant prendre la route fut celle des entrepreneurs amér. Keith Vawter et J.R. Ellison. En 1904, le premier des circuits chautauquas, logé sous des tentes de toile brune portatives, commença une tournée dans le Mid-West. Le second circuit démarra en 1907 et, jusqu'en 1932, les tournées furent annuelles. Charles F. Thiele et sa famille se produisirent sur le circuit amér. En 1912, Ellison quitta la Redpath-Vawter Chautauqua Company et, avec Clarence H. White, fonda l'Ellison-White Chautauqua System qui fit venir le premier chautauqua itinérant au Canada en 1917. Le siège social canadien fut mis sur pied à Calgary sous la direction de John et Nola Erickson, tous deux des É.-U.

En 1917, la succursale canadienne d'Ellison-White (connue dès ses débuts sous le nom de Dominion Chautauquas) organisa des tournées dans chacune des quatre provinces de l'Ouest, donnant des spectacles dans 40 villes durant l'été et 108 durant l'automne. En 1918, des chautauquas visitèrent 294 villes canadiennes, encore toutes dans l'Ouest. L'un d'eux donnait un programme quotidien différent pendant les cinq ou six jours où il demeurait à un endroit donné. La musique pouvait être interprétée par toutes les combinaisons de solistes, petits groupes vocaux (comme l'Adanac Quartet), chœurs, ensembles instrumentaux ou orchestres. Les numéros de chant et de danse étaient populaires, tout comme les groupes ethniques. Comme exemples de ces derniers, citons les Elias Tamburitza Serenaders de Croatie, le Russian Cossack Chorus, le Serbian Tamrurica Orchestra, et le Scotch-Canadian Concert Party qui présentait le comédien Walter Henderson dans des chansons de Harry Lauder. Des numéros de variétés étaient présentés régulièrement au cours des tournées, par le Carlyle Novelty Trio et Robert S. Herrick qui chantait des chansons humoristiques et imitait des chanteuses célèbres. Parmi les orchestres qui se produisirent durant les tournées figurent le Canadian Overseas Orchestra et le Lieurance's Symphonic Orchestra, dirigé par Thurlow Lieurance, compositeur et « autorité suprême sur la musique indienne ». Les solistes furent notamment le baryton Ruthven McDonald de Toronto, le soprano Edna Reed d'Edmonton et le baryton J. Horace Smithey du Metropolitan Opera.

Même si le phénomène chautauqua connut ses plus grands succès dans l'Ouest canadien, des chautauquas indépendants furent actifs en Ontario à certains moments, dont l'un, semble-t-il, à Niagara-on-the-Lake au cours des années 1890. Dominion Chautauquas eut des bureaux à London, Ont. (v. 1917-18), et Toronto (années 1920). En 1926, deux circuits étaient actifs en Ontario. D'autres circuits ontariens furent gérés par l'organisation Coit-Alber installée aux É.-U. Dans les Maritimes et à Terre-Neuve, plus de 50 villes furent desservies par la compagnie amér. connue sous le nom de Swathmore Chautauqua.

Au début des années 1930, la disparition des chautauquas semblait inévitable, notamment à cause de la Dépression, mais surtout à cause de l'apparition des appareils de radio et des voitures, ce qui signifiait que les gens pouvaient choisir de demeurer à la maison ou de voyager pour se divertir. Dominion Chautauquas devint indépendante de l'organisation Ellison-White en 1926 et modifia son nom en celui de Canadian Chautauquas. Elle demeura active sous la direction de John et Nola Erickson jusqu'en 1935, alors que les Erickson retournèrent aux É.-U.


Lecture supplémentaire

  • Mugan, Monica. 'When culture came in tents,' Maclean's, 15 Jul 1952

    Jameson, Sheilagh S. Chautauqua in Canada (Calgary 1979)

    Pettigrew, Eileen. 'Remember when Chautauqua was the only show in town,' Imperial Oil Review, vol 64, no. 4 1980