Baie Clayoquot

La baie Clayoquot est un bras de mer spectaculaire et varié de l'océan Pacifique, large de près 100 km, situé sur la côte ouest de l'île de Vancouver (superf. approx. : maritime, 784,25 km2; terrestre, y compris les plans d'eau douce, 2715,75 km2).

La baie Clayoquot est un bras de mer spectaculaire et varié de l'océan Pacifique, large de près 100 km, situé sur la côte ouest de l'île de Vancouver (superf. approx. : maritime, 784,25 km2; terrestre, y compris les plans d'eau douce, 2715,75 km2). La baie Clayoquot (« claa quat ») englobe les îles panoramiques et les bassins hydrographiques intérieurs de la pointe Quisitis jusqu'à la pointe Escalante au nord-ouest. La population se concentre à Tofino, un centre de pêche, de tourisme et de loisirs en milieu sauvage, au bout de la route 4. La plupart des communautés autochtones ne sont accessibles que par avion ou par bateau.

Description

La plaine côtière d'Estevan, qui comprend les péninsules Esowista et Hesquiat ainsi que les îles au vent et situées entre les deux, possède une origine géologique distincte de celle de l'île de Vancouver. À la fin de la dernière glaciation, l'étroite bande côtière a été recouverte de dépôts sédimentaires profonds. Le ressac marin a créé de magnifiques plages surmontées de caps rocheux, en particulier à Long Beach, dans la réserve de parc national Pacific Rim. Des tourbières et des forêts broussailleuses s'étendent dans la plaine.

Le chaînon de l'île de Vancouver s'élève abruptement près de la côte; le relief est très spectaculaire, surtout le long des fjords. Sur les pentes escarpées prédominent la pruche, le thuya et le sapin argenté du Pacifique; la pruche subalpine et le cyprès jaune poussent en altitude. La toundra alpine commence à peine à 10 km de l'extrémité de l'anse Herbert.

Le brouillard et les pluies abondantes qui persistent tout au long de l'année sont des traits caractéristiques de cette côte. Les précipitations annuelles atteignent en moyenne 3295 mm à l'aéroport de Tofino. Le record canadien de 489 mm de pluie en 24 heures a été enregistré en 1967 à la mine Brynnor, près du lac Kennedy.

La quantité de pluie a un effet direct sur la taille des arbres. Des pruches occidentales, des thuyas géants ainsi que des épinettes de Sitka atteignant des dimensions record poussent dans l'îke Meares, près du lac Kennedy, et à d'autres endroits. De plus, la région de la baie possède l'une des plus anciennes et des plus grandes forêts humides à climat tempéré sur la côte du Pacifique.

Histoire

Les nations ​nuu-chah-nulth (nootka) occupent la région de la baie depuis au moins 2000 ans. La plus importante est la nation ​tla-o-qui-aht (clayoquot), qui donne son nom à la baie. Les premiers Européens à pénétrer dans la baie sont ceux qui accompagnent le marchand de loutres de mer James Hanna, en 1787. Les attaques dirigées contre les bateaux visiteurs, notamment contre le Tonquin (1811), ne facilitent en rien les contacts avec les habitants de la région pendant des décennies. Le révérend Augustin Brabant fonde une mission catholique à Hesquiat, en 1875. Des colons norvégiens, chinois, anglais et japonais s'installent dans la région de Tofino au début des années 1890. De petits bateaux à vapeur assurent les premières liaisons avec Victoria. Après la Deuxième Guerre mondiale, des routes construites pour l'exploitation forestière depuis de la vallée d'Alberni atteignent la région. La construction de l'autoroute est terminée en 1972.

La pêche au saumon reste l'une des plus importantes activités de pêche dans la baie Clayoquot. On trouve beaucoup de conserveries de saumons flottantes dans la baie jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale. Les pêcheurs commerciaux partagent désormais les eaux avec l'aquaculture, les pêcheurs de crustacés et les amateurs de pêche sportive.

Toutes les forêts de la région ont été concédées en 1955 à deux compagnies forestières et près du quart des arbres de la région de la baie ont été abattus depuis. Les entrepreneurs forestiers ont déplacé leurs camps vers le nord de la baie; le village d'Ucluelet est le centre forestier du côté sud. Les rondins sont transportés par camion ou par flottage vers les moulins de Port Alberni et ailleurs.

Les conflits de la baie Clayoquot

La région est largement reconnue pour la controverse suscitée par le déboisement des forêts qui a commencé dans les années 1970. En 1993, après plusieurs études, le gouvernement de la Colombie-Britannique délimite une zone de déboisement équivalant à 62 % des terres domaniales de la baie Clayoquot, dont 17 % sont réservées à un déboisement circonspect. Les régions protégées totalisent 33 % du territoire, mais seulement 14 % des régions protégées sont d'anciennes forêts, notamment la vallée de Megin River, qui s'étend sur 21 km (en plus du parc provincial Strathcona).

Ces décisions soulèvent un tollé général sans précédent à propos de l'utilisation de la forêt. Pendant cinq mois, des manifestants pacifiques bloquent l'accès à l'unique pont reliant un site de déboisement près du lac Kennedy. La compagnie forestière MacMillan Bloedel Ltd. obtient une injonction de la cour interdisant les barrages, et la Gendarmerie royale du Canada inculpe les contrevenants de délit criminel sur l'ordre du gouvernement. Des milliers de personnes rejoignent les rangs des manifestants. Plus de 859 personnes sont arrêtées, jugées et déclarées coupables par la Cour suprême de la Colombie-Britannique pour l'acte de désobéissance civile le plus important de l'histoire canadienne.

À la fin de 1993, les Nuu-chah-nulth et le gouvernement de la Colombie-Britannique signent une entente provisoire prévoyant que les plans de déboisement de la région de la baie soient soumis aux Autochtones jusqu'à ce que le problème des revendications territoriales soit réglé.

Un comité scientifique mis sur pied pour étudier les solutions de rechange à la coupe à blanc et pour établir les meilleures pratiques mondiales en matière de foresterie recommande la fin de la coupe à blanc à grande échelle. Les conclusions du comité sont mises en oeuvre au milieu d'un débat continuel au sujet du rythme et des méthodes de déboisement à adopter dans la baie Clayoquot.

En janvier 2000, l'ensemble de la baie, incluant une partie de la Réserve de parc national Pacific Rim, est déclaré ​réserve de la biosphère, renforçant ainsi la renommée internationale de cette zone de nature protégée.

Voir aussi Hesquiaht.


Lecture supplémentaire

  • Tzeporah Berman et al, Clayoquot & Dissent (1994); Adrian Dorst and Cameron Young, Clayoquot: On the Wild Side (1990).