Conservation de la nature Canada

Conservation de la nature Canada (CNC) est l’organisme caritatif de conservation le plus important au Canada, avec plus de 11 000 km2 de terres protégées d’un océan à l’autre. Sa mission consiste à établir des partenariats avec des donateurs individuels, avec des entreprises et avec des gouvernements en vue d’acheter et de protéger des zones abritant une grande diversité d’espèces (voir Biodiversité). Conservation de la nature Canada et ses partenaires atteignent cet objectif en collaborant avec les collectivités locales afin de recenser les terres sur lesquelles vivent des espèces ayant besoin d’être protégées ainsi qu’en mettant en œuvre les meilleurs techniques scientifiques de conservation s’appuyant sur des données probantes. L’organisation a ainsi préservé, à ce jour, l’habitat de près de 200 espèces en voie de disparition au Canada.



Historique et faits saillants en matière de conservation

Conservation de la nature Canada (CNC) est créée à Toronto, en Ontario, en 1961, par un petit groupe de naturalistes et d’ornithologues passionnés. La mise sur pied de la nouvelle organisation se fait sous l’impulsion de Richard Pough, qui avait contribué à la fondation de la Nature Conservancy à Washington en 1951, et de J. Bruce Falls, écologue à l’Université de Toronto. À l’instar du modèle établi initialement aux États‑Unis pour acheter et protéger les terres en tant qu’habitat d’espèces animales et végétales, CNC entreprend de recenser, le plus rapidement possible, les terres fragiles au Canada faisant l’objet de menaces du fait de projets de promotion immobilière et d’exploitation.

Son premier terrain, acheté en 1968, est une parcelle de 13,4 km² appelée Cavan Swamp, située à l’ouest de Peterborough, en Ontario. Devenue aujourd’hui la Cavan Swamp Wildlife Area (réserve faunique du marais Cavan), c’est un réseau complexe de terres humides et de tourbières abritant 22 espèces d’orchidées. À partir de cette acquisition originale, CNC effectue sa première incursion à l’extérieur de l’Ontario en achetant des terres sur l’île du Cap‑Breton, en Nouvelle‑Écosse, en 1971. À la fin des années 1970, Conservation de la nature Canada avait protégé des terres en Colombie‑Britannique, au Québec et au Manitoba auxquelles, à l’orée du nouveau millénaire, elle avait ajouté de nouveaux terrains en Saskatchewan, au Yukon et à Terre‑Neuve‑et‑Labrador. En 2000, CNC avait préservé plus de 1 000 propriétés d’un océan à l’autre.

Deux de ces zones protégées les plus sensibles sur le plan écologique se trouvent dans les Prairies. La réserve des prairies à herbes hautes du Manitoba, codétenue par CNC, s’étend sur plus de 48 km2 et abrite 16 espèces en péril, dont deux espèces de papillons en voie de disparition (voir aussi : Espèces d’animaux menacées; Espèces de plantes menacées).

Dans la province voisine de la Saskatchewan, l’aire de conservation des prairies patrimoniales d’Old Man on His Back est l’une des propriétés emblématiques de l’organisation. Elle permet de protéger l’écosystème d’herbes hautes, aujourd’hui en voie de disparition, qui s’étendait autrefois des Prairies jusqu’au Texas. Depuis 1995, l’organisme de préservation collabore avec les éleveurs locaux pour promouvoir le pâturage durable du bétail dans la réserve qui couvre environ 53 km². La terre est gérée comme un « ranch actif » afin de démontrer « la relation positive entre l’utilisation des terres agricoles et la conservation des terres ». Les bisons des plaines ont été réintroduits sur la propriété Old Man on His Back en 2003, dans le cadre d’initiatives pour préserver cette espèce qui avait disparu du Canada à la fin du 19e siècle. En 2015, la propriété est désignée réserve de ciel nocturne par la Société royale d’astronomie du Canada, ce qui en fait la première propriété de CNC à recevoir une telle distinction.

Tall-Grass Prairie Preserve
Différentes variétés d’herbe dans la Tall-Grass Prairie Preserve. Photo prise le 10 août 2013.

Structure organisationnelle et financement

La petite équipe d’origine, dirigée par Richard Pough et Bruce Falls, est aujourd’hui devenue une organisation comptant 260 employés à temps plein. Le siège de CNC est à Toronto, en Ontario, et l’organisation compte des bureaux dans chacune des dix provinces canadiennes. Les bénévoles jouent également un rôle important au sein de la structure. En 2017, plus de 2 000 bénévoles, venus de partout au Canada, ont collaboré avec Conservation de la nature Canada, dans le cadre de plus de 200 projets d’intendance environnementale.

À la tête de l’organisation depuis 1997, John Lounds avait précédemment dirigé la Federation of Ontario Naturalists (aujourd’hui Ontario Nature) pendant six ans. Depuis 20 ans que John Lounds est à la barre de CNC, le budget de fonctionnement annuel de l’organisation est passé de 8 millions de dollars à environ 80 millions de dollars.

Les financements du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux représentent environ 40 % des revenus annuels de CNC qui s’établissaient à 76,9 millions de dollars en 2017. Les contributions gouvernementales viennent à l’appui de projets de conservation particuliers de CNC, par exemple le Programme de conservation des zones naturelles (PCZN). Ce programme, l’un des plus importants de l’organisation, a reçu 300 millions de dollars du gouvernement fédéral depuis 2007 en vue d’acquérir des terres privées dans le sud du Canada. Les provinces, les entreprises et les donateurs individuels ont permis d’accroître le financement de ce programme d’un montant de 580 millions de dollars sous la forme de dons et de contributions foncières.

Les dons des particuliers représentent environ 24 % des revenus annuels de CNC, les fondations et les organisations en fournissant environ 14 %.

Les entreprises contribuent, quant à elles, à hauteur de 13 %. De grands commanditaires internationaux comme Shell Canada et Nexen Energy financent le programme des stagiaires en conservation, alors que d’autres, comme KPMG et SC Johnson, financent directement l’accélération du processus d’acquisition de terrains. Mountain Equipment Co‑op, Kicking Horse Coffee, Bruce Power et le Globe and Mail comptent parmi les autres commanditaires de l’organisation.

Près de 80 % de tous les revenus provenant de dons et de subventions d’entreprises servent à l’achat de terrains à l’appui des projets de conservation de CNC.

Les partenariats gouvernementaux s’étendent également aux États‑Unis. La U.S. Fish and Wildlife Service fait don annuellement d’environ 2,5 millions de dollars canadiens pour soutenir des projets de conservation de terres humides, favorisant ainsi la migration des oiseaux entre les deux pays.

Processus de conservation

Conservation de la nature Canada utilise un processus en quatre étapes pour conserver les terres.

  1. Définition des priorités : il s’agit, pour les spécialistes scientifiques de la conservation de CNC, en collaboration avec des chercheurs universitaires et gouvernementaux, de déterminer les espèces et les habitats ayant les besoins de protection les plus importants;
  2. Élaboration de stratégies : sur la base d’une compréhension des menaces auxquelles ces espèces sont confrontées, localement et régionalement, CNC élabore une stratégie de réduction de ces menaces;
  3. Mise en œuvre des actions : la CNC met en œuvre la stratégie déterminée aux côtés de partenaires tels que les propriétaires fonciers locaux et les gouvernements;
  4. Mesures du succès : une fois qu’une parcelle de terre a été conservée, CNC mesure son succès à conserver ce terrain comme habitat animal ou végétal.

Une fois achevé, on réitère le processus, les scientifiques réévaluant leurs priorités. Bien que cette démarche nécessite beaucoup de travail et soit de longue haleine, elle a débouché sur la préservation de différents habitats partout au Canada, des terres qui ont permis de protéger, à ce jour, 198 espèces en danger d’extinction.

Programmes et campagnes en cours

Aujourd’hui, le Programme de conservation des zones naturelles est la plus vaste campagne menée par Conservation de la nature Canada. Grâce à cette seule initiative, CNC a conservé 4 300 km2 depuis 2007, la majorité de ces terres se trouvant dans un rayon de 100 km du lieu de résidence de 82 % de la population canadienne. D’ici 2020, CNC prévoit que l’organisation aura conservé des terres écologiquement fragiles d’une valeur d’environ 1 milliard de dollars.

La CNC est également active dans la conservation de la forêt. Depuis 2012, l’organisation a préservé un total de 160 km2 de zones forestières dans la plupart des régions forestières du Canada, notamment les forêts acadiennes, côtières, boréales, subalpines et caroliniennes. Ces régions font partie des 4 067 km2 de zones forestières que l’organisation a contribué à protéger depuis sa fondation.

Pour l’avenir, CNC envisage d’ajouter 13 000 km² de terres supplémentaires sous sa protection environnementale par le biais de la campagne Laissez votre signature. Cette campagne, la plus grande initiative de conservation des terres que CNC a jamais entreprise, vise à acheter et à protéger dix régions terrestres et bassins versants d’importance écologique majeure pour le Canada pour que tous, êtres humains, animaux et végétaux, puissent en profiter au mieux à l’avenir. Des derniers milieux sauvages des Grands Lacs en Ontario au bassin versant Next Creek en Colombie‑Britannique, en passant par le détroit de Lancaster au Nunavut, CNC espère sanctuariser et mettre en valeur ces régions écologiquement sensibles afin d’inspirer la prochaine génération de chefs de file en conservation.


Voir aussi Mouvements écologistes.


Liens externes