Contrebasse

Contrebasse (basse à cordes, basse de viole). La plus grande des violes et le plus grand instrument à cordes dont on joue avec un archet. La contrebasse occupe une place importante dans la musique canadienne, non seulement dans la musique orchestrale et classique mais aussi dans le jazz.

Contrebasse

Contrebasse (basse à cordes, basse de viole). La plus grande des violes et le plus grand instrument à cordes dont on joue avec un archet. La contrebasse occupe une place importante dans la musique canadienne, non seulement dans la musique orchestrale et classique mais aussi dans le jazz.

L'organiste sulpicien de Notre-Dame de Montréal, Jean Girard, a noté dans un livre de chant un système d'accord qui correspond à celui de la basse de violon ou basse de procession, laissant supposer que cet instrument ait pu être présent à Montréal entre 1724 et 1765 (La Vie musicale, p. 172-3).

La contrebasse dans la musique classique canadienne

La contrebasse au 19e siècle au Canada
Dans son livre Old-Time Primitive Methodism in Canada (1829-1884) (Toronto 1904), R.P. Hopper rappelle une croyance alors répandue : celle du violon instrument du diable, qui incite les jeunes à la danse. La basse de viole n'entre pas dans cette catégorie parce qu'elle est consacrée au service de Dieu. La contrebasse est donc un instrument apprécié pour accompagner les hymnes dans les églises paroissiales au XIXe siècle, mais son usage profane ne se généralise pas avant la fin du siècle, lorsqu'on commence à mettre sur pied des orchestres et des formations musicales plus considérables. De nombreux contrebassistes sont autodidactes et commencent par jouer d'autres instruments. Quelques-uns sont aussi des tubistes et plusieurs, même, sont chefs de musique. Au nombre des contrebassistes actifs à Québec et à Montréal à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, citons Joseph-Arthur Boucher, T.-O. Dionne, Guillaume Gagnier, C. Hardelin, Nazaire LeVasseur et Léon Wathieu. À Calgary, à la fin du XIXe siècle, C.W. McMillan et George Mitchell jouent de la contrebasse dans les premiers ensembles orchestraux.

Contrebassistes jazz au Canada

Au Canada, comme aux États-Unis, les premiers orchestres de jazz et de danse utilisent la contrebasse des cuivres (tuba) jusqu'à la fin des années 1920, et nombre de contrebassistes (comme Gurney Titmarsh, mentionné précédemment) sont d'abord tubistes (voir aussi Cuivres). La contrebasse est essentielle aux ensembles de jazz, de danse et (à partir des années 1920) de musique country, jusqu'à l'avènement de la guitare basse dans les années 1960 (voir aussi Guitare). Seul le jazz conserve la contrebasse comme instrument largement utilisé et, à la fin des années 1960, la plupart des contrebassistes de jazz jouent également de la guitare basse.

Parmi les contrebassistes de jazz canadiens, Michel Donato, Hal Gaylor, Neil Swainson, Don Thompson, Steve Wallace et Dave Young acquièrent une réputation internationale. D'autres se font remarquer au fil des ans dans leurs villes respectives : Lisle Ellis, Stan Johnson, Rick Kilburn, Torben Oxbol, Clyde Reed et Paul Ruhland à Vancouver; Lenny Boyd, Carne Bray, Bill Britto, David Field, Terry Forster, Richard Homme, Jack Lander et David Piltch à Toronto; Vic Angelillo, Charles Biddle, Don Habib, Daniel Lessard, Fred McHugh, Neil J. Michaud, Ozzie (Austin) Roberts et Bob Rudd à Montreal, et Skip Beckwith à Halifax. Ellis, Reed, Pierre Cartier, David Lee, Claude Simard et George Koller sont à l'avant-scène du free jazz ou des styles d'improvisation libre qui se multiplient au Canada dans les années 1980. Durant cette même période, on remarque, parmi les instrumentistes au style plus traditionnel, Scott Alexander, Pat Collins, Al Henderson et Kieran Overs à Toronto, Jim Vivian à Saint-Jean (T.-N.) et Toronto, Sylvain Gagnon, David Gelfand, Normand Guilbeault et Ron Seguin à Montréal, Paul Blaney et Chris Nelson à Vancouver, ainsi que Mike Lent à Edmonton.

Par nécessité, les contrebassistes de jazz sont des musiciens polyvalents. Les meilleurs sont habituellement au nombre de l'élite des musiciens de studio dans leurs villes respectives. D'autres œuvrent dans des domaines commerciaux ou populaires (comme les orchestres de danse, les ensembles de bar-salons) et quelques-uns (Donato, Tom Haslett, George Koller, Éric Lagacé, Jack McFadden, Ruhland et Young, par exemple) jouent dans des orchestres symphoniques ou de chambre. D'autre part, quelques musiciens d'orchestres symphoniques jouent du jazz, notamment Sam Levine et J.P. Doc Hamilton. Plusieurs contrebassistes nés au Canada font carrière à l'étranger, notamment Lloyd Thompson en Europe et Hal Gaylor, Al Lucas et Bob Rudd aux États-Unis (voir aussi Jazz).

La contrebasse au 20e siècle (jusqu'en 1990)

Au XXe siècle, les meilleurs contrebassistes et professeurs au Canada font partie d'orchestres - symphoniques, de théâtre, de radio et de chambre - à travers le pays. À Vancouver, Harold Perkins, F.W. Poole et, plus tard, J.P. Doc Hamilton et Kenneth Friedman sont parmi les principaux contrebassistes. James Mackay, qui est d'abord tubiste, étudie la contrebasse avec Sydney D. Wells de Toronto et est contrebasse solo de l'Orchestre symphonique de Victoria (1945-68) et membre de l'Orchestre symphonique de Vancouver (1968-78). Stanley H. Allen et Sidney Doe, nés en Angleterre, étudient avec leurs pères contrebassistes, J.J. Allen et Alfred Doe. Ils s'établissent à Winnipeg au début du XXe siècle et font partie de divers orchestres et ensembles de chambre de cette ville, où ils enseignent également. Jack Drewrys et Paul Olynyk, violonistes originaires de Winnipeg, deviennent contrebassistes au cours des années 1930.

Bassistes de Toronto

À Toronto, Charles Greenwood et L.S. « Puff »Addison jouent dans le Toronto Symphony (TSO), sous la direction de Frank Welsman et le TSO ultérieur. Robert Cochrane, Charles Rose et Gurney Titmarsh sont également contrebassistes et professeurs à Toronto. Titmarsh, qui joue avec le TSO et l'Orchestre symphonique de la SRC, est un tubiste qui étudie la contrebasse avec Rose et Cochrane. Sydney D. Wells, membre du TSO dont il devient ensuite bassiste solo (1942-1961), est un professeur réputé. Cameron McKay, Reginald Wood, Sam Levine (1915 - 2005) et Sam Davis (qui étudie avec Alfred Doe et Harold Perkins) jouent dans le TSO. Thomas Monohan, qui est bassiste solo du TSO de 1966 à 1991, donne des récitals et se fait largement connaître comme professeur. Ses élèves occupent des postes dans des orchestres à travers le Canada. William Kuinka, un élève de Ray Brown et de Fred Zimmerman, est membre de plusieurs orchestres à Toronto et joue aussi avec l'Orchestre philharmonique de Hamilton.

Québec

À Montréal, les frères Hardy, Charles, Gaston et Joseph, jouent dans divers orchestres dès le début du siècle. Charles est bassiste solo du Montreal Orchestra et des Concerts symphoniques de Montréal durant nombre d'années. Ont aussi fait partie de l'Orchestre symphonique de Montréal Nathalie Clair-Feldman, Sheldon Cantor, Joan Herschorn, Jacques Beaudoin et Michael Leiter (b 10 avril 1944, d 12 octobre 2000). Roger Charbonneau (bassiste solo de l'Orchestre symphonique de Montréal, 1953-1963), qui étudie avec Léon Wathieu, enseigne la contrebasse à la fois au Conservatoire de musique du Québec à Montréal (CMM) et au Conservatoire de musique du Québec à Québec. Renald Saint-Pierre (longtemps bassiste solo de l'Orchestre symphonique de Québec) et Roland Desjardins (de l'Orchestre symphonique de Montréal) sont parmi ses élèves. René Gosselin, un diplômé du CMM, est contrebasse solo de l'Orchestre métropolitain et du Nouvel ensemble moderne et enseigne au CMM. Gertrude Probyn, membre du Montreal Orchestra (fondé en 1930), est aussi contrebasse solo de la Symphonie féminine de Montréal.

Contrebassistes ailleurs au Canada

Ruth Ross Budd, qui étudie à Winnipeg et Vancouver, est membre de l'Orchestre symphonique de Vancouver (1944-1946) et du Toronto Symphony (1947-1952 et 1964-1989). Paul Rogers joue dans l'Orchestre du Centre national des arts (OCNA) (1986-1989) avant de se joindre au Toronto Symphony. Alan Molitz, premier contrebassiste solo de l'OCNA, conserve ce poste jusqu'en 1990. Stuart Knussen (1923-1990), directeur du Greater Victoria Youth Orchestra (1983-1990), est contrebasse solo de l'Orchestre Symphonique de Londres pendant 19 ans avant de venir en Amérique du Nord, en 1972. Janet Auger se joint à l'Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo en 1972 et au Stratford Festival Ensemble (Canadian Chamber Ensemble) en 1974. Graeme Mudd joue dans l'Orchestre symphonique de Victoria (1980-1984) avant de devenir contrebasse solo de l'Orchestre symphonique de Winnipeg en 1985. Le compositeur Frederick Schipizky, un élève de Ken Friedman, entre à l'Orchestre symphonique de Vancouver en 1978. Le compositeur David Keane est membre de l'Orchestre symphonique de Vancouver (1969-1970) et est plus tard contrebassiste solo de l'Orchestre symphonique de Kingston. Roberto Occhipinti, membre d'ARRAYMUSIC, se spécialise dans la musique nouvelle, les petits ensembles et le jazz.

Solistes canadiens

Rares sont les contrebassistes ayant fait carrière comme solistes. Parmi les exceptions notables au Canada, on retrouve Joel Quarrington et Gary Karr (né au États-Unis), qui vit à Halifax et joue fréquemment au Canada et à l'étranger (1972-1977). Après son retour aux États-Unis, Karr continue de jouer souvent au Canada. À partir de 1977, il enseigne à la Johannesen International School of the Arts. Karr devient citoyen canadien en 1995 et, même retraité, il continue d'enseigner au Karr Kamp, à Victoria, qui dure un mois chaque été.

On peut entendre des contrebassistes canadiens lors d'événements comme le Vancouver Chamber Music Festival (Wilmer Fawcett, 1986, 1988), le Festival of the Sound (Nancicarole Monohan, 1983-1985; Dave Young, 1988), Music at Sharon (Edward Tait, 1985; Charles Elliott, 1988), le Festival d'été du Centre national des arts (Alan Molitz, 1988), le Festival Orford (Michael Leiter, 1986) et le Scotia Festival of Music (Lawrence Angell, 1983).

Compositions canadiennes pour contrebasse

Plusieurs Canadiens composent des oeuvres pour contrebasse, notamment Rêve pour contrebasse et piano de Leo Roy (1912, publiée dans Canadian Musical Heritage Society, XXIII, 1998), Contours de Baker (1972, enregistrée par Quarrington), Profundum praedictum de Brott (écrite pour Gary Karr et enregistrée par ce dernier), Refrains de Weinzweig (1977, enregistrée par Quarrington), Recitative et Theme and Variations de Schipizky (cette dernière oeuvre est créée en 1973 par Gary Karr et Harmon Lewis), et Elegy de Keane (1976, enregistrée par Quarrington). Thomas Monohan compose Melodic Studies for the Double-Bass (Harris 1973) et, en 1973, il commande un Duo pour contrebasse et piano à Buczynski.

L'intérêt des compositeurs pour la contrebasse grandit durant les années 1980. Parmi les œuvres écrites depuis cette période, nommons Mouvement pour contrebasse et piano (1980) et le Concerto Three Moods for Double-bass (1988) d'Anne Lauber, le Concerto pour contrebasse et piano (1982) et le Concerto pour contrebasse et orchestre à cordes (1985) de Michael Horwood, Mute Muse (1985) de Ka Nin Chan, Suite for Joel (1985) de Dave Young, Papageno Variations : after the Magic Flute (1988, enregistrée par Quarrington) et Song of the Bow (1991) de Milton Barnes, Orpheus Garden (1987) et In Deepening Light (1989) de Rodney Sharman, Quartet '89 (1989) de Don Thompson, Interplay (1989) de John Burge et Ghost Nets (1988, enregistrée par Lewis Paer), un concerto pour contrebasse d'Henry Brant.

Murray Adaskin compose deux quintettes dans lesquels la contrebasse a une voix égale. Son Quintette à cordes (1995), une commande de Gary Karr, est dédié au Quatuor Lafayette et à Karr. L'œuvre est créée le 28 mars 1996 à l'Université de Victoria pour le 90e anniversaire de son compositeur - et enregistrée par le quatuor et Karr. La dernière composition d'Adaskin, Musica Victoria (2000), est commandée par le Thüringer Salonquintett avec Peter Nelson.

Parmi les compositions récentes pour contrebasse, on retrouve la Sonate pour contrebasse et piano (1988) de Kenneth Nichols, la Sonate pour contrebasse et piano (1989) de Morris Kates, That Other Side pour contrebasse et cordes graves (1989) de Donald Steven, la Sonaxe pour contrebasse et cassette (1990) de Denis Dion, la Sonate pour contrebasse et piano (1992) de Monte Pishny-Floyd, le Concerto pour contrebasse et orchestre (1993) d'Elizabeth Raum, And the Spirit Soars (1994) de David Kaplan, le Concerto pour contrebasse et orchestre (1997) de Raymond Luedeke (donné en première par Joel Quarrington et le Toronto Symphony), Androgyne, mon amour pour contrebassistes masculins et deux pistes sonores numérisées (1997, enregistrée par Robert Black) de Barry Truax, Romanesca antico (1999) de Daniel Foley, Low Gravity Ambient (2000) et Majestic, delicate pour deux contrebasses de Jon Siddall et Bellatrix (2001) de Jeffrey Ryan.

Enregistrements

Plusieurs contrebassistes canadiens ont enregistré des CD en soliste ces dernières années. Zbigniew Borowicz (né à Gdansk, en Pologne, installé au Canada depuis 1987) sort Bottesini : le Paganini de la contrebasse pour la Société nouvelle d'enregistrement en 1992. David Murray (né en 1958, à Saint-Jean, N.-B.) produit un CD éponyme en 1993 et Vocalise en 1999. Murray sort aussi une vidéo de pièces de théâtre pour basse intitulée The Big Bad Bass en 2003. David Sinclair et le groupe Musicians of the Old Post Road enregistrent The Virtuoso Double Bass chez Titanic en 1994. Gisèle Blondeau, membre du quatuor de basses allemand Bassiona Amerosa, est enregistré sur deux CD en 2001, Bassiona Amerosa live et Internationales Kontrabassquartett München Konzertmitschnitt.

Bibliographie

« Karr, Gary », Encyclopédie de la musique au Canada, 1981.

« Hamilton, J.P. », Encyclopédie de la musique au Canada, 1981.

Susan WILSON, « A sound move : conservation preparations for a musical instrument loan », Rotunda, XV (print. 1982).

Patricia BRINE, « Starting them young in Edmonton », International Society of Bassists, XI (print. 1985).

Schipizky, Frederick, Concerto pour contrebasse et orchestre, Mus Doc, Université de Toronto, 1994.

Casselman, Gregg, An electric upright bass, M.E.Des., Université de Calgary, 1999.

Discographie

Borowicz, Zbigniew, Bottesini : le Paganini de la contrebasse, Montréal : Société nouvelle d'enregistrement, 1992, SNE-581-CD.

Murray, David, David Murray, contrebasse, Mary Ann Brown, piano, Amarillo, Tex : D, Murray, 1993, WLBD458.

Murray, David, Vocalise, Indianapolis, Ind, Université Butler, 1998, WMG753.

Sinclair, David, The Virtuoso Double Bass, Musicians of the Old Post Road (David Sinclair à la contrebasse), Somerville (Mass.), Titanic, 1994, Ti-219.

Blondeau, Gisèle, Bassiona Amerosa, München, 2001.

Ghost Nets/ Henry Brant, Lewis Paer à la contrebasse, membres de l'American Camerata for New Music, John Stephens, chef d'orchestre, AmCam Recordings : ACR-10303 CD.

Truax, Barry, Androgyne, mon amour, Robert Black à la contrebasse, Twin souls, Cambridge Street Records : CRS-CD 0102, 2001.


Lecture supplémentaire

  • 'Gary Karr,' Encyclopedia of Music in Canada 1981

    'J.P. Hamilton' Encyclopedia of Music in Canada 1981

    Wilson, Susan. 'A sound move: conservation preparations for a musical instrument loan,' Rotunda, vol 15, Spring 1982

    Brine, Patricia. 'Starting them young in Edmonton,' International Society of Bassists, vol 11, Spring 1985

    Schipizky, Frederick. Concerto for contrabass and orchestra, Mus Doc, University of Toronto, 1994

    Casselman, Gregg. An electric upright bass, M.E.Des., University of Calgary, 1999

    Chandler, Peter. So . . . You Want to Make a Double Bass (Ilderton, Ont 2001)