David La Haye

David La Haye, comédien. (Belœil, 19 avril 1966-). Formé à l'Option-théâtre du cégep de Saint-Hyacinthe (1988), il séduit bien vite le milieu théâtral, grâce à une nature d'acteur au registre étendu, capable de retenue et d'élans fougueux pour composer des personnages aux antipodes.

David La Haye, comédien. (Belœil, 19 avril 1966-). Formé à l'Option-théâtre du cégep de Saint-Hyacinthe (1988), il séduit bien vite le milieu théâtral, grâce à une nature d'acteur au registre étendu, capable de retenue et d'élans fougueux pour composer des personnages aux antipodes. Cette polyvalence lui sert bientôt également au cinéma et à la télévision, médiums auxquels il se consacrera entièrement quelques années seulement après des débuts prometteurs à la scène.

Il est révélé au public montréalais en 1989 avec son interprétation vive et empreinte de candeur du personnage de Melchior dans L'Éveil du printemps de Frank Wedekind, sous la direction de René Richard Cyr, aux côtés des jeunes Anne Dorval et Sylvie Drapeau; sur la scène du Théâtre de Quat'Sous, les premiers pas assurés de cette talentueuse flopée de comédiens fraîchement émoulus ne passent pas inaperçus. Le Théâtre du Nouveau Monde ouvre bien vite ses portes à David La Haye : Olivier Reichenbach lui offre d'abord l'occasion d'incarner un fougueux Laërte dans son Hamlet (1990), puis un poignant Perdican dans On ne badine pas avec l'amour de Musset (1991), avant qu'il soit dirigé par Lorraine Pintal dans Ines Pérée et Inat Tendu de Réjean Ducharme (1991), où il compose un Pierre-Pierre Pierre haut en couleur. S'il excelle dans les rôles réclamant un jeu très typé, énergique, au service de personnages flirtant parfois avec la perversion, le comédien est aussi juste dans ses interprétations tout en intériorité, comme celle qu'il livre dans la pièce de Bernard-Marie Koltès, Dans la solitude des champs de coton, mise en scène par Alice Ronfard en 1991 à l'Espace GO. Dans un duo fascinant avec René Gagnon, son personnage du Client, homme vulnérable et brisé, constitue un des rôles les plus achevés qu'il ait défendus à la scène. Toujours à l'Espace GO, on le voit l'année suivante dans Provincetown Playhouse, juillet 1919, j'avais 19 ans de Normand Chaurette, également sous la direction d'Alice Ronfard, ainsi que dans Bérénice, montée par Brigitte Haentjens, où il campe un bouleversant Antiochus. Ses dernières apparitions au théâtre remontent à 1994 ; on retiendra sa composition flamboyante de Cosmo, imbu de lui-même et manipulateur, dans Pitchfork Disney de l'Anglais Philip Ridley, mis en scène par Marie-Louise Leblanc au Quat'Sous.

Sollicité par le 7e art dès le début de sa carrière, il y fait son entrée en 1989 avec une interprétation sensible d'un jeune homme désœuvré et replié sur lui-même dans le film d'Yves Simoneau, Dans le ventre du dragon. Depuis, il a joué dans une quarantaine de films, au Québec comme à l'étranger. Il poursuit son exploration de l'homme-enfant introverti dans L'Enfant d'eau de Robert Ménard (1995), où il tient le rôle d'un déficient intellectuel. Sa composition attachante du photographe Alex dans Un crabe dans la tête d'André Turpin (2001), charmeur, irresponsable et volage, lui vaut également quelques nominations et le prix du meilleur acteur au Festival du film de Santo Domingo (2003). Dans le drame historique Nouvelle-France de Jean Beaudin (2004), il donne la réplique à Noémie Godin-Vigneault, jouant l'amoureux aventurier François Le Gardeur. Dans un tout autre registre, il participe aux comédies dramatiques La Vie avec mon père de Sébastien Rose (2005), où il campe Patrick, le fils sérieux, et Bluff de Marc-André Lavoie et Simon-Olivier Fecteau (2007).

Au petit écran, on l'a vu dans une vingtaine de séries, dont Blanche (1992), Montréal P.Q. (1991-1994), Omertà II (1996-1997), Music-hall (2002) et, plus récemment, Mirador (2009), où il jouait avec conviction le détestable et vil personnage de Luc Racine.

Au début des années 2000, il entame une carrière de producteur, partageant son temps entre Montréal et Los Angeles.