La musique dans les cégeps

Au Québec, les cégeps (collèges d'enseignement général et professionnel) remplacent depuis la fin des années 1960 toute une série d'écoles et de collèges (y compris les collèges classiques) autrefois autonomes et n'ayant entre eux d'autres rapports que de se situer entre le niveau secondaire et l'université.

Au Québec, les cégeps (collèges d'enseignement général et professionnel) remplacent depuis la fin des années 1960 toute une série d'écoles et de collèges (y compris les collèges classiques) autrefois autonomes et n'ayant entre eux d'autres rapports que de se situer entre le niveau secondaire et l'université. Les cégeps sont établis en 1967; cette année-là, 12 institutions ouvrent leurs portes. Vingt-trois cégeps avaient ouvert leurs portes en 1968, 30 en 1969 et 47 en 1991, auxquels il faut ajouter 25 collèges privés et 10 instituts et conservatoires.

Structure de base

Dans les cégeps, certaines disciplines de base apparaissent dans le programme obligatoire. Afin d'amorcer ou de parfaire sa formation professionnelle, l'étudiant sélectionne un « bloc » de cours correspondant à sa spécialité. Il y ajoute un choix de cours complémentaires en fonction de ses goûts et aptitudes. La durée du programme varie entre deux et trois ans, selon que l'étudiant s'oriente vers l'université ou le marché du travail.

Cégeps qui se spécialisent en musique

En 1991, neuf collèges publics et trois collèges privés dispensaient la spécialisation musique : à Montréal les cégeps de Saint-Laurent (depuis 1968) et Vanier (anglophone à partir de 1972); à Québec le cégep de Sainte-Foy (1968); en Mauricie le cégep de Trois-Rivières (1969); à Drummondville le cégep Bourgchemin (1971); au Saguenay le cégep d'Alma (1972); dans les Cantons de l'Est le cégep de Sherbrooke (1972); dans la région Laurentides-de Lanaudière les cégeps de Joliette (1979) et de Sainte-Thérèse (Lionel-Groulx, 1980). Les maisons d'enseignement privé sont les collèges Vincent-d'Indy (École Vincent-d'Indy), Marianopolis (anglophone) et Marie-Victorin (1984) à Montréal. Le collège Marguerite-Bourgeoys et l'École supérieure de Nicolet ont cessé leurs activités dans l'ordre collégial en 1984 et 1988 respectivement.

De nombreux collèges publics ou privés offrent des cours complémentaires en musique. Ces cours s'adressent aux étudiants qui font des études musicales dans le cadre d'un cours général en arts ou en lettres, ou à ceux qui poursuivent des études dans un autre champ de concentration. Le collège de Sept-Îles dispense le Diplôme d'études collégiales (D.E.C.) en art depuis 1978-1979.

L'orientation générale du programme de concentration musique au collégial, telle que préconisée par le sous-comité pédagogique de musique, dans le cadre de la révision du programme de 1991, est de préparer les étudiants à entreprendre des études de niveau universitaire en musique. Les buts du programme consistent : à assurer la formation musicale appropriée qui permettra à l'étudiant de poursuivre des études dans les divers champs de spécialisation universitaire en musique classique, populaire et jazz (enseignement, écriture, interprétation, musicologie, musicothérapie, recherche, technologies musicales); à assurer une formation qui permette à l'étudiant d'apprécier les divers langages musicaux et de situer son art selon les points de vue historique, social et politique; de développer le goût et l'esprit de la recherche artistique et la volonté d'exceller dans son art.

Quatre collèges proposent une troisième année orientée vers la musique populaire et le jazz (Saint-Laurent, Vanier, Drummondville et Alma).

Spécialisation musique

La spécialisation musique a été offerte pour la première fois en 1968 à la suite d'un effort tenté par le ministère de l'Éducation pour démocratiser cet enseignement préalablement réservé aux institutions privées et aux conservatoires. Depuis, la formation musicale au niveau collégial est offerte gratuitement à tout étudiant dont la préparation est jugée adéquate. Seul le contingentement peut en restreindre l'accès. Un étudiant qui se spécialise en musique au niveau collégial suit les cours de littérature musicale, de solfège, dictée, analyse et écriture, et d'instrument principal. À cela s'ajoute un certain nombre de cours choisis à la discrétion des collèges parmi une liste publiée dans les cahiers de l'enseignement collégial (musique d'ensemble, technologie musicale, etc.).

Les cours complémentaires poursuivent d'autres objectifs, permettant à l'étudiant d'entrer en contact avec la musique, soit par la littérature musicale, soit par la formation auditive, soit par la pratique d'un instrument (de préférence en groupe). Quant aux activités musicales au niveau collégial, il en existe toute une variété : concerts, jazz band, orchestre de chambre, harmonie, chorale, orchestre classique, atelier de musique contemporaine, etc.

En 1989, un peu plus de 1 100 élèves étaient inscrits aux cours de concentration, nécessitant quelque 60 professeurs à temps complet, 80 à temps partiel et 250 rémunérés à la leçon. Depuis la fondation des cégeps et collèges jusqu'en mai 1989, le nombre des diplômés s'élevait à près de 4 000.

Administration

La direction des études musicales aux cégeps et collèges est assurée par un sous-comité pédagogique où siégeaient, en 1990, lors de la révision des programmes, Johanne Forget-Haché (Lionel-Groulx), Carmen Picard (Drummondville), Pierre-Marcel Brûlé (Joliette-de Lanaudière), Jean-Marc Crête (Saint-Laurent), Jacques Léveillé (Sainte-Foy), Claude Parenteau, coordonnateur provincial (Trois-Rivières), Yves-G. Préfontaine (Marie-Victorin) et Réal Simard (Alma).

Fête de la musique

Une fête intercollégiale de la musique réunit chaque printemps, dans un collège hôte, professeurs et élèves disponibles de tous les cégeps et collèges du réseau offrant la concentration musique, en une journée où l'on planifie toute une gamme d'activités. Un concert-gala auquel participent des représentants de tous les collèges et cégeps clôture la journée.

Voir aussiLa musique dans les collèges classiques et séminaires au Québec.


Lecture supplémentaire

  • Claude Lagacé. « Un être soudainement surgi du néant », Cégépropos, octobre 1978.