École normale de musique

École normale de musique.

École normale de musique. Fondée en 1926 dans le cadre de l'Institut pédagogique de Westmount (Montréal) et dirigée par les Dames de la Congrégation de Notre-Dame, elle s'ajoutait au collège Marguerite-Bourgeoys (cours classique, puis cours collégial) et à l'École normale de l'Institut pédagogique qui décernait le brevet d'enseignement classe A. Affiliée à l'Université de Montréal de 1926 à 1967 et réservée seulement aux jeunes filles jusqu'en 1966, l'École normale de musique fut une institution d'enseignement privé tour à tour dirigée par soeur Saint-Édouard-Martyr (1926-30) et soeur Sainte-Cécile-des-Anges (1930-42), toutes deux professeures de piano, par soeur Charlotte Cadoret (1942-54), soeur Saint-Roméo (1954-57) et soeur Marcelle Corneille (1957-76). En vertu d'un contrat de service, le module de musique de l'UQAM constitua le niveau universitaire de l'École normale de 1969 à 1976. Après 50 ans d'une existence consacrée à la formation professionnelle et pédagogique des enseignants, l'École normale de musique fut intégrée en septembre 1976 comme module de musique de l'UQAM. Elle devint par la suite le dépt de musique du collège Marguerite-Bourgeoys (section collégiale), dirigé par Micheline Tessier jusqu'à sa fermeture en 1983, et l'École préparatoire de musique de l'UQAM pour les degrés préparant au collège et à l'université, sous la direction de soeur Marcelle Corneille.

Les trois premiers brevets d'enseignement furent décernés en juin 1927 à Charlotte Cadoret, Eileen Gillis et Jeanne Turcotte. L'enseignement de l'orgue débuta vers 1930. Parmi les membres du personnel enseignant ont figuré au cours des années : Françoise Aubut, Eugène Lapierre, Lucienne L'Heureux-Arel (orgue), Alexander Brott (direction), Claude Champagne (solfège, harmonie), Albert Cornellier, France Dion, Roger Filiatrault, soeur Louis-Raymond, Jean Riddez, Micheline Tessier (chant), André Gagnon (harmonie au clavier), Henri Garrouteigt (chant grégorien), Luis Grinhauz, Stephen Kondaks, Maurice Onderet (violon), Jean Leduc, E. Robert Schmitz, William Stevens (piano), Pierre Mollet (interprétation), Antoine Padilla (littérature musicale), Frédéric Pelletier (histoire de la musique) et Michel Perrault (harmonie).

L'École normale de musique se divisait en trois sections quant à la structure pédagogique. La première relevait du Bureau des études musicales de la Congrégation et comprenait cinq degrés (deux ans chacun) sanctionnés par des certificats. Le programme était basé sur les matières suivantes : théorie, harmonie, solfège, déchiffrage, dictée musicale et interprétation à l'instrument. L'élève pouvait compléter le lauréat en musique en même temps que sa 11e année académique régulière et être admis au baccalauréat ou, plus tard, au cours collégial avec concentration en musique. La deuxième section s'attachait à la formation professionnelle correspondant aux degrés universitaires. Ainsi le B.Mus., d'une durée de quatre ans, prévoyait l'obtention du brevet d'enseignement après la deuxième année. La L.Mus fut remplacée par la M.Mus. instrumentale (réduite à un an) après la création de la faculté de musique de l'Université de Montréal en 1950. À partir de 1967, les élèves du niveau collégial avec concentration en musique firent aussi partie de cette catégorie. Le programme de formation pédagogique préparait à l'enseignement aux niveaux préscolaire, élémentaire et secondaire. Le B.E.S. (option musique A et B), décerné par le ministère de l'Éducation du Québec, fut en effet introduit en 1964.

En 1954, soeur Marcelle Corneille s'intéressa vivement au renouveau pédagogique de l'enseignement musical par les méthodes actives et organisa des expériences pratiques au niveau de la maternelle. L'École normale de musique mit aussi sur pied en 1954 une option musicale spécialisée à l'École normale de l'Institut pédagogique pour la préparation de jardinières d'enfants. Des cours de recyclage et de perfectionnement en pédagogie musicale (Jacques Chailley, Marcel Corneloup, Marguerite Croptier, Maurice Martenot, Jacquotte Ribière-Raverlat, etc.) furent offerts (1964-75) aux maîtres désirant obtenir un grade universitaire ou le B.E.S. De 1974 à 1980, soeur Corneille organisa des sessions d'été avec Marcel Corneloup pour les enseignants de l'élémentaire. Le concours annuel de piano, qui débuta en 1935, s'est poursuivi dans le cadre de l'École préparatoire de musique de l'UQAM (1976 -) et reçoit des élèves (candidats au lauréat) de toutes les régions du Québec.

L'Ensemble vocal de l'École normale de musique fut fondé en 1954 et dirigé d'abord par Ria Lenssens (1954-60). Jusqu'en 1960, la formation se réduisit à une trentaine de voix de femmes. Soeur Thérèse Boucher prit une part active comme dir. ou adjointe de 1955 à 1968. Parmi les autres directeurs, signalons Roland Leduc (1960-62), William Tortolano (1962-64) et Alexander Brott (1964-76) assisté de soeur Jacqueline Nault (1968-76). On comptait quelque 160 voix mixtes en 1964. L'ensemble reçut la médaille d'argent du lieutenant-gouverneur aux Festivals de musique du Québec en 1961. Il se fit entendre à la Société Pro Musica (1961), aux Concerts Sarah-Fischer (1964, 1965, 1970) ainsi qu'à l'émission « Let's Talk Music » (1969, 1970) à la télévision de la SRC. Le groupe se produisit également à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde dans Le Christ au mont des Oliviers de Beethoven (1970), le Requiem de Mozart (1971) et La Création de Haydn (1973); à la PDA, dans Flos Campi de Vaughan Williams (1973); et à l'église Notre-Dame, notamment dans le Requiem de Verdi (1975). Il enregistra deux micr.: Chants à la Vierge, avec le Choeur Pie X dirigé par Clément Morin (1959, MRC 1001), et Folklore du Québec, sous la direction de Claude Champagne (1960, MB 7899-7900). Le groupe cessa d'exister en 1976.

Fondé et dirigé par Micheline Tessier, l'Atelier d'opéra présenta (1967-71) plusieurs oeuvres, dont L'Étoile de Chabrier, Le Serpent à plumes de Delibes, Amahl et les visiteurs de la nuit de Menotti, Le Testament de tante Caroline de Roussel et La Croisade des dames de Schubert.

Guy Fouquet, Davis Joachim, Chantal Juillet, Louise Laplante, Yolande Lemarier-Catrice et Louis Lortie ont étudié à l'École normale de musique, laquelle comptait au-delà de 600 élèves dans les dernières années de son existence.


Lecture supplémentaire

  • Lambert, Thérèse. L'Histoire de la Congrégation de Notre Dame de Montréal, 1900-50, vol 11 (Montreal 1974)