Écoles de chant

Les cours de chant locaux de musique sacrée, une institution américaine du XVIIIe siècle, ont leur pendant dans les Maritimes et dans certaines parties du Haut et du Bas-Canada entre les années 1770 et la Confédération.

Écoles de chant

Les cours de chant locaux de musique sacrée, une institution américaine du XVIIIe siècle, ont leur pendant dans les Maritimes et dans certaines parties du Haut et du Bas-Canada entre les années 1770 et la Confédération. Un maître de chant, souvent un immigrant itinérant des états de la Nouvelle-Angleterre, s'amenait dans une petite ville en annonçant des « cours de psalmodie » ou des « leçons de musique vocale sacrée »; il enseignait deux ou trois soirs par semaine pendant trois mois ou à peu près, recevait ses honoraires des participants (surtout de jeunes adultes), puis partait vers une autre petite ville. L'organisation de ces écoles de chant était habituellement l'initiative du maître, mais certaines étaient organisées sous les auspices de la communauté ou de l'Église.

Les chanteurs apprenaient à partir d'un « carnet d'airs », une sorte d'anthologie musicale et d'abécédaire du déchiffrage de la musique, dont le répertoire comprenait des airs d'hymnes, de simples motets et, peut-être, des chants profanes à plusieurs voix. Ces écoles dispensaient une formation non officielle en musique et en « psalmodie » protestante (psaumes et hymnes versifiés). Elles étaient aussi un remarquable phénomène social : une scène du Clockmaker, de Haliburton (1836-1840), mentionne les airs favoris et dépeint les classes de chant comme des lieux de rendez-vous amoureux.

James Lyon, un pasteur et un compilateur de livres de musique du New Jersey, a peut-être dirigé une école de chant durant son ministère en Nouvelle-Écosse (1765-1770), comme il l'a fait ailleurs antérieurement et plus tard dans d'autres ministères. Il existe des documents plus précis sur les écoles d'Amasa Braman (Liverpool, Nouvelle-Écosse, v. 1776), de Reuben McFarlen (Halifax, 1788) et de Stephen Humbert (Saint-Jean, 1796). Il y en eut d'autres, sans doute, et des documents attestent de l'envergure considérable que prend le mouvement après 1800. Le premier carnet d'airs canadien, Union Harmony, de Humbert (1801; rééditions en 1816, 1831, 1840), comprend un air original intitulé Singing School, dont le texte et la musique sont du compilateur, qui décrit de façon colorée les pratiques et les buts de ces cours et leur déroulement dans un environnement canadien.

Comme aux États-Unis, le mouvement suscite au Canada la publication de nouveaux carnets d'airs et une modeste collection de compositions originales. L'un des ces ouvrages, The Vocalist, publié pas plus tard qu'en 1867, comprend 70 nouvelles mélodies compilées par George W. Linton, originaire du Missouri. Sur la page de titre, il est écrit que le livre a été « conçu pour la chorale, la congrégation et la classe de chant ».

Les écoles de chant propagent un répertoire et un style d'exécution simples et apportent aux amateurs une expérience musicale active et authentique, bien qu'élémentaire. Elles représentent un aspect important de l'histoire musicale, religieuse et sociale de la population rurale canadienne.


Lecture supplémentaire

  • Dorothy H. Farquharson, O for a Thousand Tongues to Sing: a History of Singing Schools in Early Canada (1983).