Écoles de chant choral

Écoles de chant choral (« singing schools »). Elles apparurent en Nouvelle-Angleterre au début du XVIIIe siècle comme le prolongement sur le nouveau continent d'un mouvement anglais visant à renouveler le chant des psaumes.

Elles apparurent en Nouvelle-Angleterre au début du XVIIIe siècle comme le prolongement sur le nouveau continent d'un mouvement anglais visant à renouveler le chant des psaumes. Elles étaient mises sur pied par des professeurs itinérants, amateurs en général, qui, pour une période allant de quelques mois à quelques années, enseignaient les rudiments de la notation musicale et du chant choral dans des temples, des tavernes ou des salles louées. L'aptitude plus répandue de lire la musique permit d'agrandir considérablement le répertoire des psaumes. De la Nouvelle-Angleterre, le mouvement s'étendit aux régions anglophones du Canada avec l'afflux des loyalistes de l'Empire uni et des mennonites. Comme le souligne Dorothy H. Farquharson dans son étude du mouvement des écoles de chant choral, les maîtres de chant choral « furent parmi nos premiers compositeurs, collectionneurs et archivistes canadiens d'une période importante de notre chant folklorique religieux, lequel constitue le fondement de la musique spirituelle et gospel ou <musique sacrée folklorique> » (O, For a Thousand Tongues to Sing, p. 15). Un des premiers exemples au Canada est celui d'Amasa Braman, un prof. de chant du Connecticut qui enseigna le chant psalmique à Liverpool, N.-É., vers 1777-78. Reuben McFarlen proposa d'enseigner les règles de la psalmodie dans son école de chant de Halifax en 1788, et Stephen Humbert, du New Jersey, ouvrit une école de chant sacré à Saint-Jean, N.-B., en 1796. Tandis que le mouvement des écoles de chant choral avait eu comme résultat la publication de plusieurs centaines de recueils aux É.-U., l'ouvrage de Humbert Union Harmony (1801, et éditions subséquentes) fut la première et, durant plusieurs années, la seule compilation canadienne du genre. Par manque de musique imprimée, Andrew Mackay enseigna la musique sacrée à la fin du XIXe siècle dans les écoles des localités voisines de Pictou, N.-É., en écrivant de grandes notes de musique sur des rouleaux de papier-peint suspendus au tableau noir. Certains de ces rouleaux sont conservés aux archives publiques de la Nouvelle-Écosse, à la Bibliothèque nationale du Canada et à la First Presbyterian Church de Pictou. À Toronto (alors York) en 1810, Joseph B. Abbot proposa d'ouvrir une « École vouée aux règles de la musique d'église », mais en 1837, Mme Anna Jameson déplorait encore l'absence d'une école de chant choral dans cette ville. Les Enfants de la paix ouvrirent des classes de chant à Sharon, Ont., vers 1819. C'est à cette époque que le mouvement commença à s'estomper aux É.-U., alors qu'une musique d'église plus simple, plus homophonique, devint à la mode. Dans les régions rurales et frontalières, les écoles de chant choral subsistèrent cependant jusqu'à la fin du XIXe siècle. À Merivale, près d'Ottawa, George Stiles forma un choeur de 100 jeunes qui répétait deux fois par semaine, chantait lors d'événements sociaux et donnait des concerts dans les années 1880. À Regina, un musicien de passage, R.B. George, réunit en 1888 un « congrès » de trente élèves pour leur montrer comment déchiffrer et chanter, puis mettre au point une partition en vue d'un concert, ceci en seulement cinq jours. Comme le démontrent ces exemples, les écoles de chant choral ne peuvent être considérées comme les précurseurs des conservatoires modernes. Et Farquharson fournit de nombreux autres exemples. Même si elle croit que le mouvement en soi ne se soit pas répandu à l'ouest du Haut-Canada, elle signale quand même des cas isolés dans l'ouest canadien. Par exemple, elle fait allusion à une lettre trouvée par Frederick A. Hall, provenant de Kildonan, Man., en 1856, et qui mentionne que « deux messieurs de Red Lake sont arrivés la semaine dernière - depuis dix jours, ils enseignent le chant choral a la mode américain [sic] le soir à l'école - au tarif de 2/6 pour les filles et de 5/ pour les garçons ». Dans son ouvrage Documentary History of Music in Victoria, Dale McIntosh cite des annonces de journaux parues en 1861, 1864 et plus tard offrant des cours de chant choral. Mais à l'époque la majorité des professeurs étaient résidents plutôt qu'itinérants.

Comme l'a souligné John Beckwith, la psalmodie enseignée par les maîtres de chant choral avait sa place « non seulement à l'intérieur du culte, mais souvent aussi dans les rencontres sociales comme moyen d'édification et de réjouissance, il permet de plus d'apprendre aisément à lire la notation musicale » (PMC, vol. V, Introduction, p. xxx). Cette constatation est confirmée pour une période ultérieure par Elaine Keillor. Celle-ci, rappelant qu'une école de chant choral pour homme était dirigée par H.G. Tiepke à Ottawa en 1872, affirme que, si la majorité du répertoire, sinon sa totalité, se composait de cantiques et à l'occasion d'un motet, l'école de chant choral « était avant tout une activité sociale plutôt que religieuse » (Musical Canada, p. 116).

Voir aussi La Musique dans les lettres canadiennes 2.


Lecture supplémentaire

  • Trowsdale, G.C. 'Vocal music in the common schools of Upper Canada: 1846-1876,' J of Research in Music Education, vol 18, Winter 1970

    McMillan, Barclay. 'Tune-book imprints in Canada to 1867: a descriptive bibliography,' Papers of the Bibliographical Society of Canada, vol 16, 1977

    Farquharson, Dorothy H. O, For a Thousand Tongues to Sing: A History of Singing Schools in Early Canada (Waterdown, Ont 1983)

    CMH, vol 5

    Keillor, Elaine, 'Musical activity in Canada's new capital city in the 1870s,' Musical Canada

    Vogan, Nancy E. 'Music instruction in Nova Scotia before 1914,' Musical Canada