Pratt, Edwin John

Pratt commence à publier de la poésie en 1914, mais attire peu l'attention avant Newfoundland Verse (1923).


Pratt, Edwin John

 Edwin John Pratt, poète, professeur et critique (Western Bay, T.-N., 4 févr. 1882 -- Toronto, 26 avril 1964). Fils d'un ministre du culte méthodiste, il grandit dans divers villages de Terre-Neuve et termine ses études au collège méthodiste de St. John's. Après deux années d'enseignement, il se présente pour devenir ministre du culte méthodiste en 1904. Il fait un stage de trois ans avant d'entrer au collège Victoria de l'U. de Toronto, où il étudie la théologie et la psychologie. Ordonné en 1913, il n'exerce jamais de ministère de façon régulière et enseigne la psychologie à l'U. de Toronto avant d'être nommé au département d'anglais du collège Victoria en 1920, où il enseigne jusqu'à sa retraite en 1953.

Pratt commence à publier de la poésie en 1914, mais attire peu l'attention avant Newfoundland Verse (1923). Suit alors une douzaine de recueils de poèmes variés, de The Witches' Brew et Titans en 1926 à Collected Poems en 1958, qui le placent au premier rang des poètes canadiens de la première moitié du siècle. Récipiendaire de nombreux prix, il est élu à la Société royale du Canada (1930) qui, en 1940, lui décerne la Médaille Lorne Pierce pour la poésie. Ses recueils de poésie lui valent des prix du Gouverneur général en 1937, 1940 et 1952. Enfin, le roi George VI le nomme Compagnon de l'Ordre de St-Michel et St-Georges en 1946. Il dirige le The Canadian Poetry Magazine de 1936 à 1943.

Sa poésie reflète souvent son origine terre-neuvienne bien qu'il y fasse rarement une allusion directe, à l'exception de Newfoundland Verse. Toutefois, la mer et la vie en mer demeurent le thème central de beaucoup de ses vers, qu'il s'agisse de poèmes courts (par ex., « Erosion », « Sea-Gulls »ou « Silences ») ou de poèmes longs, comme The Cachalot (1926), qui raconte le combat d'une baleine contre ses ennemis, un calmar géant et un baleinier avec son équipage. The Roosevelt and the Antinoe (1930) décrit le sauvetage héroïque de l'équipage d'un navire de charge en perdition en plein hiver, au cours d'un ouragan. Dans The Titanic (1935), il reprend l'histoire de la célèbre tragédie maritime sur un ton ironique. Behind the Log (1947) consiste en un récit tragique du convoi de l'Atlantique Nord pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Des thèmes scientifiques et technologiques apparaissent fréquemment dans ses ouvrages et, au cours des années 30, ses poèmes manifestent l'inquiétude générale devant les problèmes sociaux et économiques de l'époque. The Fable of the Goats (1937) est un poème pacifiste écrit à la veille de la Deuxième Guerre mondiale. Dans Brébeuf and His Brethren (1940; trad. Brébeuf et ses frères, 1989) et Towards the Last Spike (1952), il aborde des thèmes héroïques et historiques expressément canadiens. Brébeuf and His Brethren raconte avec précision et de façon vivante le martyr des missionnaires jésuites en HURONIE au XVIIe siècle et Towards the Last Spike fait un récit saisissant de la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique. Pratt trace un portrait de la vie généralement réaliste d'où sont absents les sentiments et ce, souvent avec une pointe d'humour et d'ironie. Il apprécie et glorifie par-dessus tout l'héroïsme, l'abnégation, la loyauté et le courage devant l'oppresseur. Poète important de la littérature canadienne, il demeure néanmoins une figure isolée, n'appartenant à aucune école ni mouvement et n'ayant une influence directe que sur peu de poètes de son époque.


Lecture supplémentaire

  • Sandra Djwa, E.J. Pratt: The Evolutionary Vision (1974); David G. Pitt, E.J. Pratt: The Truant Years 1882-1927 (1984) and E.J. Pratt: The Master Years 1927-1964 (1987); E.J. Pratt, Collected Poems, ed N. Frye (1958); John Sutherland, The Poetry of E.J. Pratt: A New Interpretation (1956); Milton Wilson, E.J. Pratt (1969).

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