Festival de Stephenville

En 1976, Maxim Mazundar, ancien membre invité du jury du Newfoundland Drama Festival, fonde la Provincial Drama Academy à Stephenville, petite ville de la côte Ouest de Terre-Neuve. Il vise ainsi à offrir sur place une formation théâtrale aux jeunes de Terre-Neuve.

Festival de Stephenville

En 1976, Maxim Mazundar, ancien membre invité du jury du Newfoundland Drama Festival, fonde la Provincial Drama Academy à Stephenville, petite ville de la côte Ouest de Terre-Neuve. Il vise ainsi à offrir sur place une formation théâtrale aux jeunes de Terre-Neuve. En 1979, une compagnie de théâtre professionnelle est créée afin que ses acteurs se produisent aux côtés de ceux de l'académie, qui grandit rapidement. C'est ainsi que le Festival de Stephenville voit le jour, avec cinq ou six personnes sur la feuille de paie et un budget minime. Après des présentations de Macbeth et de The Man Who Came To Dinner au Stephenville Arts and Culture Centre, le directeur artistique et fondateur, Mazundar, appuyé par l'administratrice Cheryl Stagg et le directeur Edmund MacLean, travaille avec un comité local de bénévoles pour soutenir cette toute jeune compagnie de théâtre d'été et favoriser son essor. Dès 1984, huit productions très différentes prennent l'affiche, notamment la pièce musicale Jesus Christ Superstar, la pièce canadienne Waiting for the Parade et la pièce classique Cyrano de Bergerac, dont le rôle principal est tenu par Gordon PINSENT.

En plus de sa saison d'été en expansion, le Festival de Stephenville poursuit sa collaboration avec la Provincial Drama Academy. Les artistes engagés par le Festival donnent aux étudiants de l'académie des ateliers de formation intensive en interprétation, en pose de voix et en expression corporelle. Dès la fin de la saison du Festival de Stephenville, à la mi-août, on amorce une autre phase d'activités artistiques, soit la tournée des écoles. Les acteurs répètent des extraits des œuvres de Shakespeare qu'ils présentent ensuite en tournée dans toute la province, visitant parfois jusqu'à 19 écoles en une semaine. En 1984, ils effectuent une tournée promotionnelle à St. John's et à Halifax afin de rehausser le prestige du Festival. Alors qu'un budget substantiel est prévu pour compenser les pertes financières importantes anticipées, le NEPTUNE THEATRE d'Halifax vend 97 p. 100 des sièges pour les représentations de Jesus Christ Superstar et de Cyrano de Bergerac, et les représentations de St. John's remportent un succès similaire. Les tournées se poursuivent au cours des trois années suivantes.

À la fin des années 1980, le Festival de Stephenville subit une série d'échecs qui mettent son existence en péril. Les spectateurs ne sont plus aussi nombreux en raison, selon certains, de la programmation et, selon d'autres, des tournées de spectacles qui auraient détourné les touristes. En 1987, la ville de Stephenville réduit sa subvention à la brochure du Festival. Quatre mois avant l'ouverture des célébrations du 10e anniversaire du Festival, en 1988, Maxim Mazundar décède à l'âge de 36 ans. Finalement, en 1989, sous la direction artistique de Sean Mulcahy, qui renonce à présenter du théâtre de répertoire comme lors des saisons précédentes, le Festival enregistre un déficit de 48 000 $.

Cliff LeJeune, qui faisait la mise en scène sous la direction de Mazundar, devient directeur artistique de 1990 à 1994 et demeure d'un précieux conseil jusqu'en 1995. Sous LeJeune, la compagnie parvient à prendre de l'expansion tout en s'attaquant aux problèmes découlant de son déficit. Edmund MacLean, qui succède à LeJeune comme directeur artistique en 1994, donne un souffle nouveau à la compagnie. Sous son influence le festival modifie radicalement sa méthode de financement. Avec plus de la moitié de son budget qui provient de dons, de commandites et de campagnes de financement, le festival réussit encore une fois à prolonger sa saison, en soulignant fréquemment des événements précis. En 1998, on célèbre le 20e anniversaire du Festival de Stephenville avec une grande variété de représentations théâtrales. Ensuite arrive la saison 1999 qui souligne l'entrée de Terre-Neuve dans la Confédération avec un répertoire constitué principalement d'œuvres créées à Terre-Neuve. À la fin des années 1990, le Festival de Stephenville devient une compagnie prospère et dynamique grâce à une programmation soignée et à une campagne de financement novatrice, elle survit à sa crise de la fin des années 1980 et devient une compagnie plus solide et plus diversifiée.

L'année 2001 voit l'arrivée d'un nouveau directeur, Jerry Doyle, sous la direction duquel on présente encore de grandes comédies musicales. La compagnie monte des pièces originales et, dès 2002, Doyle affirme que le financement du festival connaît une bonne période. En 2003, l'Agence de promotion économique du Canada atlantique soutient financièrement les célébrations du 25e anniversaire. Au cours de cette année d'anniversaire, on présente une grande comédie musicale de même que la pièce de Ray Guy Young Triffie Been Made Away With ainsi que d'autres divertissements de style cabaret. Au début de 2004, on apprend que le festival a commandé une nouvelle pièce au talentueux dramaturge terre-neuvien Robert Chafe. Vive la rose est reprise en atelier durant l'été. Malheureusement, la saison 2004 marque le retour des incertitudes financières. Avec un ambitieux programme pour la saison 2005, le Festival de théâtre de Stephenville revient en force avec Chicago et Stones in His Pocket. Les deux pièces sont bien reçues par la critique, mais les recettes demeurent faibles. Les membres du conseil d'administration jettent le blâme sur l'inondation qui a sévi dans la région, la fermeture d'usines, la montée en flèche des prix de l'essence et le petit nombre de touristes en cette saison difficile.

Doyle met immédiatement en place un plan quinquennal afin de régler le problème du déficit du festival. Bien que la saison soit un franc succès, l'importante diminution des recettes au guichet aggrave le déficit. Les postes de directeur artistique et de directeur général sont éliminés pour être remplacés par celui de producteur artistique, qui est occupé par l'ancienne directrice générale Eva Moore. En 2006, on décide également d'offrir des pièces plus modestes et en moins grand nombre. Cette décision permet de consolider les bases financières du Festival de Stephenville. Ainsi, le processus douloureux de réduction du déficit suit fermement son cours.

Les saisons 2007 et 2008 sont marquées par les premiers pas vers un nouvel équilibre budgétaire et un renforcement de la confiance artistique du festival. Grâce à l'année « Come Home », le festival attire un grand nombre de spectateurs. De plus, la pièce de Robert Chafe préparée en atelier intitulée Vive la Rose et renommée Emile's Dream est présentée en grande tournée et au festival. Avec la promesse de subventions faite par le gouvernement, une reprise financière du festival se dessine à l'horizon. Le succès commercial du festival se poursuit en 2008, saison où l'entreprise fait un retour aux sources avec un vieux succès, Man of La Mancha. En plus de réaliser des profits, le gouvernement promet d'apporter un soutien financier au festival.

On organise des activités de célébration du 31e anniversaire du Festival de Stephenville en 2009, mais le nombre insuffisant de visiteurs est encore un problème criant. Lors de la saison 2010, la même approche prudente est adoptée à l'aide de nouvelles productions originales et d'œuvres inspirées du théâtre de répertoire. Grâce à une programmation qui satisfait tous les goûts avec les pièces Little Shop of Horrors, Staircase et Proof, la compagnie semble engagée sur la bonne voie. Toutefois, la directrice artistique Eva Moore déplore publiquement le nombre insuffisant de visiteurs et prédit la fin du festival. La tenue du festival est cependant prévue pour 2011 et des activités de financement ont lieu.