Premières Nations

« Premières Nations » est le terme utilisé pour désigner les peuples autochtones du Canada autres que les Métis et les Inuits. En 2011, on comptait au Canada plus de 1,3 million de personnes qui déclaraient être d’ascendance des Premières Nations. Il existe 634 Premières Nations au Canada, qui utilisent plus de 50 langues distinctes. Les membres des Premières Nations sont les premiers occupants des territoires qui constituent aujourd’hui le Canada et ce sont les premiers Autochtones à être entrés en contact soutenu avec les Européens, les villages de colons et le commerce qui en a découlé.

Pour de plus amples renseignements sur des Premières Nations particulières, voir Peuples autochtones.



Terminologie

« Premières Nations » est le terme utilisé pour désigner les peuples autochtones du Canada autres que les Métis et les Inuits. L’article 35 de la Loi constitutionnelle de 1982 déclare que les peuples autochtones du Canada comprennent les Indiens (Premières Nations), les Inuits et les Métis. Les membres des Premières Nations sont souvent désignés par d’autres noms tels qu’Indiens, Autochtones, Indiens d’Amérique et Amérindiens. Ces appellations peuvent être problématiques, car certaines ont une connotation négative et d’autres (Indien en particulier) ont un sens juridique particulier au Canada. Les termes génériques nécessitent presque toujours une précision. La plupart des membres des Premières Nations sont des Indiens inscrits ou des Indiens visés par un traité qui sont inscrits dans leur réserve, leur bande ou leur communauté.

Le terme « Premières Nations » ne devrait être utilisé que de manière générique, car les membres d’une même communauté se définissent généralement comme appartenant à une nation particulière, ou à une communauté à l’intérieur de cette nation. Un Mohawk (Kanienkehaka) d’Akwesasne, par exemple, qui est membre du clan des Ours, peut choisir n’importe quelle appellation caractérisant son appartenance communautaire et cette appellation sera toujours plus précise que « membre des Premières Nations », « Indien » ou « Autochtone ». Lorsque l’on discute d’un ensemble de personnes issues de différents groupes, il peut être approprié d’utiliser le terme « Premières Nations » pour désigner le groupe auquel ils appartiennent tous (p. ex., on parlera d’un groupe de chefs des Premières Nations), pourvu qu’aucun d’entre eux ne soit Inuk ou Métis.

Avant les années 1980, le terme le plus employé au Canada pour désigner une personne d'ascendance des Premières Nations était « Indien » et l’utilisation de ce terme persiste encore aujourd’hui chez les Autochtones comme chez les non-Autochtones. En 1980, des centaines de chefs se réunissent à Ottawa et utilisent pour la première fois le terme « Premières Nations » dans la Déclaration des Premières Nations. En 1982, la Fraternité nationale des Indiens devient l’Assemblée des Premières Nations, la voix politique des membres des Premières Nations au Canada. Symboliquement, le terme qualifie ces nations de « premières parmi leurs pairs » aux côtés des communautés anglophones et francophones, les nations fondatrices du Canada. Le terme reflète également la souveraineté de nombreuses communautés et la quête continue de l’autodétermination et de l’autonomie gouvernementale. Le terme n’est pas utilisé pour désigner des peuples autochtones à l’extérieur du Canada.

Population et communautés

Les membres des Premières Nations peuvent vivre à l’intérieur ou à l’extérieur des réserves; ils peuvent avoir ou non un statut juridique aux termes de la Loi sur les Indiens, et ils peuvent ou non être enregistrés comme membre d’une bande ou d’une nation. Les communautés varient en taille, peuvent être relativement urbaines ou extrêmement rurales, et se rencontrent partout au Canada, quoique seuls les Gwich’in et les Sahtu soient présents au nord du cercle arctique. En 2011, on comptait au Canada plus de 1,3 million de personnes qui déclaraient être d’ascendance des Premières Nations. Il existe 634 communautés des Premières Nations au Canada, qui parlent plus de 50 langues distinctes.

Premières Nations et pauvreté

En juillet 2019, un rapport rédigé par l’Assemblée des Premières Nations et le Centre canadien de politiques alternatives (CCPA) révèle que 47 % des 254 100 enfants inscrits des Premières Nations au Canada vivent dans la pauvreté. À l’échelle nationale, les enfants inscrits des Premières Nations sont quatre fois plus susceptibles de vivre dans la pauvreté que les enfants non autochtones et non racialisés. L’étude, intitulée Vers la Justice : S’attaquer à la pauvreté des enfants autochtones au Canada, est publiée par l’Upstream Institute, un groupe national de réflexion et de communications. Les auteurs du rapport, Natasha Beedie, David Macdonald et Daniel Wilson mesure la pauvreté infantile en utilisant les données des recensements de Statistique Canada de 2006 et de 2016, ainsi que ceux de l’Enquête nationale auprès des ménages de 2011.

En plus de démontrer que près de la moitié des enfants inscrits des Premières Nations vivent dans la pauvreté, l’étude révèle des différences dans le taux de pauvreté des enfants vivant dans les réserves (53 %) et ceux vivant hors des réserves (41 %) (voirRéserves). Les taux sont également les plus élevés dans les Prairies, où 65 % des enfants des Premières nations dans les réserves au Manitoba et en Saskatchewan vivent dans des conditions d’extrême pauvreté. À titre comparatif, des études récentes révèlent que les enfants non autochtones du Manitoba et de la Saskatchewan ont des taux de pauvreté respectifs de 15 % et 16 %. Au Québec, le taux de pauvreté des enfants des Premières nations vivant dans les réserves a chuté à 29 %, probablement en raison des ententes entre les Premières nations et la province sur le partage des revenus des ressources naturelles (comme les revenus d’Hydro-Québec). Le taux national de pauvreté des 4,5 millions d’enfants non autochtones (sans compter les enfants racialisés et les enfants d’immigrants récents), le groupe le plus important du pays, est de 12 %.

Le chef national de l’APN, Perry Bellegarde, a déclaré que « les conclusions de ce rapport sont honteuses et soulignent le besoin urgent d’investir dans les enfants, les familles et les communautés des Premières Nations. Nos enfants vivent dans les pires conditions sociales et économiques du pays. […] Il est avantageux pour tous les Canadiens de combler l’écart de qualité de vie entre les Premières nations et le Canada. L’APN et les auteurs de Vers la Justice croient qu’une “stratégie nationale de lutte contre la pauvreté”, comprenant l’autodétermination des peuples autochtones, un financement gouvernemental accru et des ententes de partage des revenus des ressources entre les peuples autochtones et le gouvernement, devrait être mise en œuvre immédiatement pour lutter contre la pauvreté des enfants autochtones et la réduire. »


Lecture supplémentaire

  • Michael Asch, Home and Native Land (1984).

    Noel Dyck, Indigenous Peoples and the Nation-State (1985).

    G. Manuel and M. Posluns, The Fourth World: An Indian Reality (1974).

Liens externes