Folklore

Le terme « folklore » est utilisé pour la première fois en Angleterre en 1846.

Edith Fowke
Collectionneuse passionnée d'enregistrements de chanson folk, Fowke est aussi une auteure prolifique de la musique folk canadienne (avec la permission de McClelland & Stewart).
Barbeau, Marius
Barbeau est l'instigateur des études professionnelles sur le folklore au Canada et un des premiers collectionneurs de chansons folkloriques (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada/C-34447).

Folklore

Le terme « folklore » est utilisé pour la première fois en Angleterre en 1846. Il sert maintenant à désigner les renseignements, la sagesse et les formes d'expression propres aux humains qui sont transmis de génération en génération, généralement de façon anonyme, ou encore propagés comme traits traditionnels de la culture populaire. Le matériel folklorique se retrouve partout et sous toutes les formes même si les études sur le folklore favorisaient autrefois le folklore verbal ou la littérature orale, soit les chansons et contes folkloriques, les épopées, les mythes, les légendes, les drames populaires, les énigmes, les proverbes, les dictons et diverses poésies. Le folklore non verbal comprend l'architecture populaire, l'art populaire et l'artisanat, la danse, la musique, les coutumes, les rites et croyances, les traditions populaires et les divertissements.

Avant de devenir folklorique, la chanson, le récit, la coutume ou la croyance doit passer par un processus de « folklorisation » en plus de satisfaire aux critères et de recevoir l'approbation de la collectivité concernée. Pendant ce processus de filtration, l'élément en question peut subir une ou plusieurs modifications avant d'être intégré de façon permanente dans l'héritage culturel de la collectivité.

En plus de la reconnaissance et de l'acceptation générale, l'anonymat et les variantes sont aussi des traits caractéristiques du processus folklorique. Ainsi, les plaisanteries, les chansons et les motifs d'oeufs de Pâques sont toujours rendus en plusieurs versions. On utilise parfois le terme général « vie traditionnelle » pour désigner le folklore, ou encore la culture et la tradition populaires, comme si ces termes étaient interchangeables, alors que chacun possède une histoire et des influences qui lui sont propres.

Origines du folklore

Le folklore vise principalement à enseigner, à soutenir, à amuser et à exprimer les goûts et la créativité artistiques des personnes et des collectivités. Les travaux de chercheurs actuels démontrent que le folklore constitue un aspect important de toutes les cultures, parce qu'il permet aux gens de comprendre leur environnement social et naturel et de s'y adapter. Les mythes des Amérindiens et des Inuits illustrent bien le rôle essentiel que joue la nature (p. ex., les saisons et les cycles de la vie) chez de nombreux peuples en fournissant un cadre dans lequel s'insèrent leurs éléments folkloriques.

Le besoin de voir et de vivre des situations inusitées explique en partie le renouveau d'intérêt périodique pour le folklore et les traditions populaires, comme en témoigne la popularité de manifestations comme Caravan à Toronto, Folklorama à Winnipeg, Heritage Festival à Edmonton et d'autres événements du même genre. Le nouvel intérêt que suscite aujourd'hui le folklore relève de phénomènes sensoriels et non verbaux : le goût et l'arôme de mets qui ne nous sont pas familiers, les couleurs chatoyantes et l'excitation visuelle associées aux DANSES FOLKLORIQUES, les particularités de l'ART POPULAIRE et de l'artisanat, ainsi que l'expérience auditive singulière produite par les chansons et la MUSIQUE FOLKLORIQUE.

Ces manifestations du folklore prospèrent bien dans un contexte moderne, comme le prouve la participation à l'événement annuel que constitue le Winnipeg Folk Festival. Des techniques de commercialisation raffinées permettent de présenter un éventail très dense d'interprètes de talent, allant des chanteurs de folklore contemporains aux démonstrations de tissage traditionnel.

Le folkloriste expérimenté perçoit le lien entre les dieux ailés de la mythologie classique et le « Superman » nord-américain. Le folklore peut établir un pont entre le passé et le présent en choisissant et en réinterprétant des éléments du passé afin qu'ils répondent aux besoins du présent.

Folklore canadien

La géographie et la composition variée sur les plans linguistique et ethnoculturel ne permettent pas une description brève du folklore canadien. La plupart des ouvrages présentent le folklore dans un ordre chronologique, avec quatre principaux groupes de traditions reflétant les cultures des principaux ensembles de population du Canada, soit les autochtones (Amérindiens et Inuits), les Canadiens français, les Canadiens anglais (Anglais, Irlandais, Écossais et Gallois) et les autres groupes ethniques.

Divers facteurs ont favorisé la conservation et l'évolution du folklore partout au pays, qu'il s'agisse de la prédominance de la population rurale (au moins jusqu'à la fin de la Deuxième Guerre mondiale), du pourcentage élevé d'analphabétisme au sein de certains groupes à une époque antérieure et de l'utilisation du folklore pour nourrir un sentiment d'appartenance, tant d'un point de vue local que national. Le Canada français, par exemple, a vécu « l'âge d'or » de la littérature orale jusqu'au début du XXe siècle. Cette situation était due en grande partie à la politique coloniale française qui ne permettait pas l'établissement d'une presse écrite en Nouvelle-France et, plus tard, aux politiques instaurées par les autorités anglaises qui, sans relâche, ont utilisé la langue anglaise pour répandre son usage ainsi que celui de la religion protestante.

Le manque de publications en français et la pénurie d'écoles françaises ont contribué au maintien d'une culture enracinée dans le folklore. Les premiers écrivains canadiens-français ont intégré de nombreuses coutumes et légendes à leurs oeuvres et ont ainsi contribué à la reconnaissance et à l'admiration de l'héritage folklorique.

Le contact enrichissant du Canada français avec la population autochtone et la préférence marquée du Canada anglais pour la vie maritime ont permis de distinguer encore davantage l'ensemble des traditions des deux collectivités. Depuis le XIXe siècle, les vagues intermittentes d'immigrants et de réfugiés de toutes les parties du monde ont élargi de façon marquée les horizons du folklore canadien en y introduisant de nouveaux éléments.

Le folklore canadien a toujours été influencé par les États-Unis aussi bien que par d'autres pays et vice versa (p. ex., l'effet des grandes régions sauvages du Canada et du héros de la Police montée sur l'imagination des Américains). Dans d'autres pays, l'exode vers le Canada des fils et des filles et leurs premières expériences en tant qu'immigrants sont à l'origine de cycles complets de chansons et de récits sur l'immigration en terre canadienne, cycles qui, à leur tour, sont intégrés au folklore du pays d'origine.

Les notes de voyage et les comptes rendus des explorateurs, commerçants et missionnaires du XVIIe siècle constituent les premières sources écrites du folklore canadien. Les premiers efforts réfléchis de transcription et de publication du folklore remontent au XIXe siècle dans le Canada français. La recherche d'une identité nationale et la réaction correspondante contre les influences étrangères sur la vie et la littérature canadiennes suscitent, après la Deuxième Guerre mondiale, un intérêt renouvelé pour le passé de la nation et les traditions populaires.

Les transcriptions et les publications ayant trait au folklore, sous une forme originale ou partiellement remaniée, commencent alors à se multiplier. Deux nouvelles et fort importantes publications périodiques, Les Archives de folklore (publiées par l'U. Laval depuis 1946) et la Collection Mercure (publiée par le Centre canadien d'études sur la culture traditionnelle au Musée national des civilisations à Ottawa depuis 1972) ont enrichi le domaine de la recherche sur le folklore. Les festivités du Centenaire en 1967 ont éveillé encore plus l'intérêt des Canadiens pour le folklore et ont mis en valeur la richesse de l'héritage folklorique national.

L'urbanisation a également contribué à l'émergence de formes transitoires. La télévision et les autres moyens de diffusion de masse ont aussi joué un rôle important dans ce processus bien que leur influence sur le folklore canadien n'ait pas encore été complètement analysée ou évaluée. Toutes les catégories et tous les genres de folklore sont présents au Canada, mais leur répartition varie d'une culture à l'autre. Le manque de données pertinentes et comparatives à ce sujet complique d'ailleurs tout effort d'identification convenable des traditions ainsi que tout effort d'évaluation et de caractérisation de la nature de leur répartition. L'état particulièrement riche et multiforme du folklore au sein des peuples autochtones s'explique en grande partie par l'effet tardif de l'influence européenne.

Cette situation attire depuis longtemps l'attention des chercheurs et des passionnés du folklore autochtone. Les collectes de données et les études des traditions des autochtones tendent à se concentrer sur les récits oraux et les gestes rituels. La DANSE DU SOLEIL, les cérémonies liées au guérisseur (CHAMAN) et l'exercice de la médecine populaire (comme le rite de la TENTE TREMBLANTE) sont parmi les mieux décrits.

Les mythes des populations amérindiennes et inuites constituent des aspects uniques et importants du folklore canadien. Ils racontent souvent le vol de la lumière et du feu et mettent en scène un héros mythique qui réussit à obtenir diverses choses pour son peuple. On compte parmi ces mythes sur la création et sur les héros les cycles de la côte Ouest du CORBEAU et de l'OISEAU-TONNERRE ainsi que les récits sur NANABOZO des Algonquins. Ceux-ci constituent d'ailleurs deux des plus importants groupes de mythes chez les Amérindiens. Les légendes sacrées comprennent des éléments de l'histoire de la tribu et, à un degré moindre, des fables ou des contes merveilleux. Ces légendes forment une partie importante du folklore amérindien et inuit (voir AUTOCHTONES, RELIGION DES).

Le document oral, qu'il s'agisse du chant ou du discours, est la principale composante du folklore canadien-français, qui comprend, en plus de celui du Québec, celui des collectivités acadiennes des Maritimes et des collectivités francophones du Nord de l'Ontario et de certaines parties de l'Ouest canadien. L'influence du catholicisme est particulièrement marquée dans de nombreuses légendes religieuses sur les saints du Moyen Âge, des guérisons et des sauvetages miraculeux, la création et le déluge.

Parmi ces récits populaires, figurent également des contes merveilleux internationaux, dont beaucoup remontent à des sources d'avant l'ère chrétienne. Leur intrigue illustre les caractéristiques des contes typiques : répétition par groupes de trois, accent mis sur les épreuves et les exploits chevaleresques, triomphe du fils cadet, objets magiques et alliés surnaturels, transformations miraculeuses et dénouements heureux.

En plus d'un répertoire actif de contes-à-rire, d'anecdotes, de contes énumératifs et de randonnées, le folklore narratif traditionnel comprend aussi un nombre important de légendes locales reflétant le style de vie propre à des métiers traditionnels, tels que l'agriculture, la chasse, la pêche et la coupe du bois. Les sujets les plus souvent traités sont les trésors cachés, les feux follets, la chasse-galerie, les loups-garous, les sorciers et les rencontres avec le diable.

Les principaux personnages des récits traditionnels du Canada français sont le populaire Ti-Jean, personnage héroïque, un chasseur extraordinaire nommé Dalbec et Jean CADIEUX, un voyageur dont la mort tragique est le sujet de la première chanson folklorique canadienne-française vraiment caractéristique (voir LITTÉRATURE ORALE DE LANGUE FRANÇAISE). Le folklore canadien-anglais ne suscite pas un aussi vif intérêt que celui manifesté pour les folklores autochtone et canadien-français. La documentation disponible pour l'étude est donc relativement rare bien qu'un nombre important de données puissent être relevées dans les ouvrages d'histoire locale ou d'autres sources semblables (voir LITTÉRATURE ORALE DE LANGUE ANGLAISE).

Beaucoup de types de chansons folkloriques ont été bien documentés, surtout ceux qui ont trait aux enfants, aux bûcherons et aux marins, y compris un nombre important de chansons sur les naufrages de la côte Est et des Grands Lacs. Les exemples de contes merveilleux internationaux sont rares au sein de la collectivité canadienne-anglaise bien que les contes-à-rire et les anecdotes soient monnaie courante et qu'elles comprennent des contes de mensonge et des facéties ethniques, telles que celles sur les « Newfies », qui sont particulièrement répandues. Il existe certaines collections de superstitions et de récits surnaturels, surtout de la Nouvelle-Écosse.

Le dynamique département de folklore de la Memorial University of Newfoundland à St.John's fournit la meilleure documentation sur le folklore canadien-anglais. Les formes de folklore les plus importantes qui ont été retracées, étudiées et enregistrées à Terre-Neuve sont le MUMMING, les énigmes et d'autres formes, bien que la documentation à leur sujet soit négligeable ailleurs au Canada. Les annonces de l'animateur des danses carrées, les poèmes écrits par des enfants et les légendes concernant le SASQUATCH, l'OGOPOGO et d'autres monstres du même genre de l'Ouest canadien sont aussi recueillis.

La culture populaire matérielle du Canada anglais a suscité beaucoup d'intérêt à la suite des célébrations du Centenaire en 1967. Un grand nombre d'albums et de livres grand format attrayants sont parus et étaient consacrés aux maisons canadiennes, aux GRANGES, aux MAISONS DE RONDINS, aux clôtures, aux églises, aux PHARES, aux toilettes extérieures, aux MEUBLES, à la poterie, aux COURTEPOINTES et aux tapis crochetés (voir TAPIS, CONFECTION DE).

Les comptes rendus des manifestations des esprits anglais en terre canadienne indiquent l'influence soutenue du folklore de la mère patrie anglaise. Le nombre important de légendes urbaines modernes, sous forme de récits de croyance migratoires transmises par les adolescents et présentant des thèmes tels que « La gardienne qui prend l'enfant pour une dinde », « La petite amie à la jambe amputée » et « Le foie du grand-père » fait voir l'effet prononcé des nouveaux modèles folkloriques américains sur le folklore canadien-anglais.

Le folklore canadien de la seconde moitié du XXe siècle tire ses racines dans plus de 70 traditions différentes, représentant toutes les parties du monde (voir MULTICULTURALISME) Ainsi, des études préliminaires montrent entre autres l'existence dans le Sud de l'Ontario d'un vaste nombre de croyances et de rites populaires associés à la médecine traditionnelle des Allemands venant de Pennsylvanie, d'un nombre assez considérable et varié de traditions chez les Ukrainiens des Prairies, de formes de narration anciennes des « Vieux Pays » chez les Islandais du Manitoba et chez les juifs de langue yiddish de Montréal.

Viennent s'ajouter à ces groupes les études folkloriques concernant les autres communautés ethniques qui ont été entreprises auprès des Canadiens noirs, doukhobors, bohémiens ainsi que ceux d'origine polonaise, norvégienne, coréenne, danoise, hongroise, suédoise, italienne, grecque, chinoise, roumaine et finlandaise. Dans les années 60, les FESTIVALS FOLKLORIQUES à saveur ethnique sont devenus des phénomènes particulièrement féconds partout au pays et font se porter l'attention sur la richesse du patrimoine folklorique canadien.

Études folkloriques

Des programmes d'études folkloriques sont offerts à tous les cycles d'études dans deux universités canadiennes, soit en français à l'U. Laval, à Québec, depuis 1944 et en anglais à la Memorial University of Newfoundland, à St.John's, depuis 1962. Luc Lacourcière de l'U. Laval et Herbert Halpert de la Memorial University ont contribué à la mise en oeuvre et au bon fonctionnement de ces deux programmes. Les Archives de folklore de l'U. Laval et la MUNFLA (Memorial University of Newfoundland Folklore and Language Archive) de la Memorial University ont amassé des documents d'archives concernant le folklore de leur province respective.

Parmi les autres universités qui offrent des cours sur le folklore canadien, il faut citer l'U. de Moncton, l'U. du Québec à Trois-Rivières, l'U. York, l'U. Laurentienne, l'U. de Winnipeg, l'U. du Manitoba, l'U. de la Saskatchewan, l'U de Calgary et l'U. de l'Alberta. Le Centre franco-ontarien de folklore de l'U. Laurentienne de Sudbury, fondé par Germain Lemieux, possède une collection importante de documents folkloriques franco-ontariens et le Centre de documentation en civilisation traditionnelle à Trois-Rivières, fondé en 1970 par Robert-Lionel Séguin et Maurice Carrier, possède un important ensemble de documents d'archives photographiques et écrits sur la culture matérielle du Québec.

Le Centre canadien d'études sur la culture traditionnelle est le centre le plus important de recherches sur la culture au Canada. Il s'agit d'une division du Musée canadien des civilisations à Ottawa. Le Centre possède des collections importantes concernant le Canada français, les Amérindiens de la côte Ouest et les Hurons, ainsi que les ethnies minoritaires du pays. Le Musée manitobain de l'homme et de la nature de Winnipeg compte un programme explorant le caractère ethnique de la population manitobaine d'origine étrangère et ses collections reflètent l'identité ethnique de ces divers groupes.

Le programme de vie traditionnelle du Provincial Museum of Alberta, fondé en 1975, est chargé de l'acquisition, de la documentation, de la recherche et de l'interprétation de documents sur la vie culturelle des Albertains d'origine étrangère. Sa collection d'artefacts comprend plus de 3000 pièces.

En 1964, le gouvernement canadien crée le Conseil canadien des arts folkloriques qui, grâce à son réseau de centres qui lui sont affiliés, sert de point de ralliement aux nombreux groupes d'interprètes folkloriques, amateurs et semi-professionnels. Le Conseil a deux bureaux principaux, un à Toronto et un à Montréal, et publie la revue trimestrielle Troubadour. Les autres organismes nationaux sont la Société canadienne de musique folklorique (fondée en 1957) et l'Association canadienne d'ethnologie et de folklore (fondée en 1975).

 Le principal pionnier de la recherche folklorique au Canada au XXe siècle est sans contredit Charles Marius BARBEAU, dont la plupart des ouvrages ont été publiés par le Musée national. Cependant, il n'existe aucune technique vraiment canadienne pour l'étude du folklore, et presque tous les folkloristes importants ont reçu une bonne partie de leur formation universitaire à l'étranger.

En 1980, chacun des trois principaux centres d'études folkloriques du pays avait officieusement ses responsabilités propres, même si certaines se chevauchent à l'occasion : Laval s'occupe du folklore canadien-français, Memorial, du folklore canadien-anglais, et Ottawa, des groupes ethniques minoritaires.

 La plus importante bibliographie du folklore canadien est l'oeuvre conjointe d'Edith FOWKE et de Carole Henderson Carpenter, A Bibliography of Canadian Folklore in English (1981). Parmi les ouvrages d'ordre général, on compte la monographie de Carpenter Many Voices: A Study of Folklore Activities in Canada and Their Role in Canadian Culture (1979), Canadian Folklore Perspectives de K.S. Goldstein (1978), A Life in Folklore (1975) d'Helen Creighton, la seule autobiographie écrite par un folkloriste important; l'étude photographique multiculturelle Everyman's Heritage : An Album of Canadian Folk Life de Magnus Einarsson (Musées nationaux, 1978), et Folklore of Canada (1976) d'Edith Fowke, l'une des premières anthologies du domaine.

En 1972, la revue Ethnomusicology (vol. 16, n° 2), éditée par Israel J. Katz, consacre un numéro spécial au Canada. Les collections régionales comprennent Folklore of Nova Scotia de Mary L. Fraser, Folklore from Nova Scotia d'Arthur Huff Fauset, Folklore of Lunenburg County, Nova Scotia d'Helen Creighton, Christmas Mumming in Newfoundland, édité par H. Halpert et G.M. Story, et Folklore of Waterloo County, Ontario de W.J. Wintemberg.

Parmi les différentes publications sur le folklore canadien-français, la collection Les Archives de folklore jouit d'une renommée internationale, tout comme les nombreux ouvrages de C. Marius Barbeau.

Des livres de Leonard Bloomfield sur les Cris, de Franz BOAS sur les Amérindiens de la côte Nord-Ouest et de Barbeau sur les Hurons et les Amérindiens de la côte Ouest sont d'un intérêt particulier pour les études folkloriques de peuples autochtones du Canada. Parmi les autres chercheurs, il faut nommer Marie-Françoise Guédon, Diamond JENNESS, Gertrude P. Kurath et Paul Radin. Le numéro spécial de Canadian Ethnic Studies (n° 7, 1975, éd. Robert B. Klymasz) intitulé Ethnic Folklore in Canada est d'un intérêt particulier pour le folklore des groupes ethniques.

Le Centre canadien d'études sur la culture traditionnelle du Musée canadien des civilisations à Ottawa a aussi mis en circulation dans sa Collection Mercure un certain nombre de rapports intéressants. En plus des publications Les Archives de folklore et Troubadour, quatre autres périodiques sur le folklore ont vu le jour depuis les années 70 : Bulletin de l'Association canadienne pour les études du folklore (créée en 1976) plus tard Bulletin de l'Association canadienne d'ethnologie et de folklore, Revue de musique folklorique canadienne (créée en 1973), Canadian Folklore canadien (créée en 1979) et Culture et Tradition (Memorial et Laval; créée en 1976).

Le domaine des traditions des enfants au Canada a aussi attiré l'attention de chercheuses telles que Barbara Cass-Beggs, Edith Fowke et Kay Stone. Parmi les publications les plus importantes, il faut citer une compilation effectuée par Peter B. Michalyshyn, Tic-Tac Togetherness: A Collection of Intercultural Games for Children (1979). Des trousses d'étude et des expositions conçues par plusieurs musées partout au pays sensibilisent les auteurs de programmes scolaires à la richesse de notre patrimoine folklorique. Oracle, bulletin publié par le Musée national des civilisations, est aussi utile aux enseignants.

Les documents non imprimés sur le folklore canadien comprennent plusieurs oeuvres produites ou distribuées par l'Office national du film (ONF). Les arts et l'artisanat populaires sont bien représentés par trois films : Maud Lewis, In Praise of Hands (v.f. Maud Lewis-sans ombre, Hommage aux mains) et Inventors of Thingumajigs (v.f. Les Petits Inventeurs). Trois autres films, Pen-Hi Grad, Weddiny Day et Pleasure Faire explorent le monde des festivals, des célébrations et des rites folkloriques. La religion populaire a aussi fait l'objet de deux films de l'ONF : The Hutterites (v.f. Les HUTTÉRITES) et The Living Book, fondé sur la vie des DOUKHOBORS.

The Sunny Munchy Crunchy Natural Food Shop démontre, d'une façon humoristique, les répercussions qu'ont les recettes et les ingrédients traditionnels sur nos habitudes alimentaires modernes. Le documentaire The Songs of Chris Cobb, lui, traite des chants folkloriques d'un port de pêche à Terre-Neuve, alors que Hinchinbrook Diary et Bekevar Jubilee décrivent le système global que constitue le folklore d'une collectivité particulière. Canadians Can Dance (v.f. Les Canadiens savent danser) présente un tableau des styles et des traditions actuels de danse folklorique au Canada.

Parmi les nombreux documents sonores qui ont été produits jusqu'à maintenant, les plus importants sont Canadian Folk Songs (éd. C. Marius Barbeau, vol. 8 de la Columbia World Library of Folk and Primitive Music); plus de 20 disques présentés sous l'étiquette Folkways; et Canadian Folk Songs : A Centennial Collection, neuf disques mettant en vedette des interprètes novateurs (RCA Victor, 1967).


Lecture supplémentaire

  • William Parker Greenough, Canadian Folk-Life and Folk-Lore (2002, originally published 1897); Edith Fowke, Canadian Folklore (1988); Darwin Hanna and Mamie Henry, Our Tellings: Interior Salish Stories of the Nlha7kápmx People (1996); Clary Croft, Helen Creighton: Canada's First Lady of Folklore (1999).

Liens externes