Gallicanisme

Le gallicanisme est avant tout une théorie sur les rapports entre l'Église et l'État. À l'époque de laNOUVELLE-FRANCE , ces rapports suivent le fil des traditions et des usages qui définissent le statut de l'Église de France tant au sein du royaume que de l'Église universelle.

Gallicanisme

Le gallicanisme est avant tout une théorie sur les rapports entre l'Église et l'État. À l'époque de laNOUVELLE-FRANCE , ces rapports suivent le fil des traditions et des usages qui définissent le statut de l'Église de France tant au sein du royaume que de l'Église universelle. Il se caractérise surtout par une certaine méfiance à l'égard du Saint-Siège, par la défense des libertés gallicanes (qui écarte l'idée d'autorité pontificale absolue - temporelle et spirituelle - sur le roi de France et l'Église) et par la plénitude de l'autorité royale, même dans le domaine spirituel.

Après la CONQUÊTE, au cours du XIXe siècle en particulier, le gallicanisme reçoit l'appui de deux groupes : ceux qui ne croient pas à l'infaillibilité pontificale ou ne veulent pas qu'on l'érige en dogme et ceux qui acceptent sans enthousiasme une certaine intervention de l'État dans des domaines habituellement du ressort de l'Église, tels que l'éducation, le mariage et la tenue des registres.

En Nouvelle-France, le gallicanisme connaît ses plus beaux jours durant la seconde moitié du XVIIe siècle, à l'époque où l'intendant Jean TALON et le gouverneur FRONTENAC s'efforcent de réduire l'influence écrasante de la religion et de soumettre le pouvoir spirituel au pouvoir temporel. Un arrangement s'établit rapidement par lequel l'Église garde une certaine autonomie tout en permettant à l'État d'intervenir dans quelques domaines, même purement religieux, comme la vie des communautés religieuses. Après 1760, un changement d'attitude se produit. En effet, le CATHOLICISMEcanadien qui a assuré sa survie et gardé une certaine liberté remet en cause les limites des pouvoirs religieux et étatiques.

Après 1840, deux tendances se manifestent : les ultramontains (voir ULTRAMONTANISME), tenants de la suprématie de l'Église et de son droit prioritaire en éducation et en législation sur le mariage ainsi que dans tous les domaines communs à l'Église et à l'État; et les Gallicans, appelés ainsi parce qu'ils nuancent les prétentions précédentes ou défendent plus ou moins les droits de l'État. Dans leurs rangs, on retrouve des communautés comme les sulpiciens, des avocats comme George-Étienne CARTIER, Rodolphe Laflamme et Joseph DOUTRE, des professeurs de l'U. Laval comme Jacques Crémazie et Charles-François Langelier. Cependant, des extrémistes ultramontains ne tardent pas à étiqueter comme « Gallicans » tous ceux qui ne partagent pas leur opinion; le gallicanisme comme tel continue à vivoter, puis il s'assimile au libéralisme catholique, dénoncé de la même manière jusqu'à la fin du XIXe siècle.