Galt MacDermot

(Arthur Terence) Galt MacDermot. Compositeur, pianiste (Montréal, 18 décembre 1928). B.A. anglais et histoire (Bishop's) 1950, B.Mus.

Galt MacDermot

(Arthur Terence) Galt MacDermot. Compositeur, pianiste (Montréal, 18 décembre 1928). B.A. anglais et histoire (Bishop's) 1950, B.Mus. (Le Cap) 1953? Son éducation se déroule dans plusieurs villes canadiennes, dont Montréal et Toronto où il fréquente l'Upper Canada College, dont le directeur est son père, T.W.L. MacDermot. Il vit de 1950 à 1953 au Cap - où son père occupe le poste de haut-commissaire du Canada en Afrique du Sud - et y étudie l'orgue et la composition (Université du Cap); les rythmes africains qu'il peut entendre en parcourant les ghettos exercent une certaine influence sur ce compositeur.

À son retour à Montréal en 1954, il joue du piano dans des clubs de jazz et est organiste et maître de chapelle à l'église baptiste de Westmount jusqu'en 1961. À cette époque, il collabore avec James de B. Domville et Harry Garber à la musique de la Red and White Revue de 1957 de l'Université McGill, qui est cette année-là la comédie musicale My Fur Lady. Son African Waltz, écrite au Cap, devient célèbre par les enregistrements de Cannonball Adderley et de John Dankworth, et lui vaut en 1961 des Grammy Awards (meilleure composition de jazz et meilleure composition instrumentale), et un prix Novello (Angleterre) dans une catégorie similaire. MacDermot enregistre lui-même la chanson en 1960, avec Stan Zadak (contrebasse) et Pierre Béluse (batterie), sur le 33 tours Art Gallery Jazz (1960, Laur. CTM-6002).

Comédies musicales de Galt MacDermot
Après avoir séjourné à Londres, il se fixe en 1963 à New York, jouant dans des groupes de studio et de rhythm and blues. Il écrit la musique de Hair en 1967 et, après le phénoménal succès international de cette comédie musicale rock, décide de consacrer la plus grande partie de son temps à la composition, jouant du piano uniquement lors de la présentation de quelques-unes de ses productions et lors de rares apparitions en public (comme les conférences CAPAC-MacMillan à l'Université de Toronto en 1972). Il écrit des versions musicales de Hamlet, Troilus and Cressida (un opéra ayant pour titre Cressida, influencé par les musiques country et western) et Two Gentlemen of Verona, trois productions de Joseph Papp et du Festival Shakespeare de New York. Two Gentlemen of Verona (livret de John Guare et Mel Shapiro) lui vaut le prix Tony de la meilleure production musicale de la saison 1971-1972 de Broadway. Par la suite, l'œuvre est présentée ici et là en Amérique du Nord. ABC Dunhill édite un enregistrement (BCSY-1001) sur lequel figure la distribution originale. Le livret, ainsi que celui de Hair!, est publié dans Great Rock Musicals (New York 1979). D'autres comédies musicales auxquelles il collabore n'ont pas toujours autant de succès : à Londres, Isabel's a Jezebel et Who the Murderer Was sont peu prisées, et en 1972, sur Broadway, Dude et Via Galactica ne restent pas longtemps à l'affiche. À propos de la musique qu'il compose pour Isabel's a Jezebel, John Barber écrit : « C'est [MacDermot] un compositeur si solide, tant sur le plan de l'harmonie que sur celui du rythme, qu'il pourrait mettre un catalogue en musique, et c'est ce qu'il fait ici. Son recours au contrepoint, aux chœurs d'arrière-plan et aux récitatifs ne cesse de faire vibrer l'air et maintient vivant un spectacle boiteux » (Daily Telegraph, Londres, cité dans Le Compositeur canadien, février 1971). MacDermot écrit ensuite la musique de The Human Comedy (1983, après Saroyan) et The Special (1985, d'après le livre de l'écrivain montréalais Mike Gutwillig, auteur des paroles). Cette dernière oeuvre est présentée à Québec pendant le référendum sur la souveraineté de 1980. Frank Rich qualifie la partition de « savant mélange, typique [chez MacDermot], de folk, de soft rock, de musique de Broadway et de calypso » (New York Times, 5 novembre 1985). The Special ne fait pas un gros succès à New York. Révisée, l'œuvre est donnée à Montréal en 1986. MacDermot continue d'écrire des comédies musicales dans les années 1990 (Sun, Blondie, Corporation, The Legend of Joan Arc et d'autres) mais aucune n'obtient autant de succès que Hair. Il est superviseur musical pour une reprise, à New York, de Hair en 2001.

Autres compositions
Les autres compositions de MacDermot incluent les partitions des films Cotton Comes to Harlem, Fortune and Men's Eyes, Duffer, Woman Is Sweeter, Rhinoceros, Mistress et The Hopeless Romantic; les œuvres religieuses Messe en fa et Take This Bread (cette dernière, qui a comme sous-titre « A Mass in Our Time », est écrite pour l'inauguration de Hamilton Place et créée à cette occasion en 1973); la pièce chorale Ghetto Suite, sur un texte emprunté à des poèmes d'enfants noirs de New York; l'œuvre pour orchestre Incident at Turtle Rock, commandée par l'Orchestre du Centre national des arts et créée le 30 avril 1975; les partitions des danses et des ballets A Private Circus (la musique est tirée de sa Mosaic pour quintette à vent), La Novela et The Referee (ou Pre-Rock Dance Suite, créée en 1975 et aussi dansée par le Ballet Nacional de Cuba en 1977), The Shooting of Dan McGrew et Salome. Son Concerto for Snug Harbor (1997) est une commande, tout comme The Staten Island Symphony (1995) et Cantate for Vancouver (1996).

Enregistrements et représentations
MacDermot crée sa propre étiquette de disques, Kilmarnock, en 1972, et met sur le marché deux albums sur lesquels on l'entend au piano (The English Experience, 1962, KIL-70001; Haircuts, 1969, CBC LM-75 et KIL-69001), ainsi que des enregistrements de Ghetto Suite, Isabel's a Jezebel, Dude, Fortune and Men's Eyes et Woman Is Sweeter. Deux de ses chansons sont enregistrées par Kate et Anna McGarrigle. Avec son New Pulse Band, qu'il forme en 1979, il interprète ses propres compositions et du jazz et il effectue plusieurs enregistrements chez Kilmarnock.

En 1990, la chanson « Where Do I Go? » est échantillonnée (musique originale accompagnée de nouvelles paroles) sur l'enregistrement rap « Down With the King » par Run DMC et remporte un prix de l'American Society of Authors, Composers and Publishers (ASCAP) de rhythm and blues. Cela engendre la redécouverte et la reprise des rythmes funk et d'influences africaines de MacDermot sur des enregistrements d'autres rappeurs et musiciens de hip-hop et à des prix de l'ASCAP en 1996 et 1997 pour l'enregistrement de Busta Rhymes « Woo-hah!! Got You All In Check ». Kilmarnock sort par la suite deux enregistrements de compositions inédites de MacDermot (Up from the Basement, vol. 1 et 2).

Pendant plusieurs années, jusqu'en 2003, MacDermot se produit annuellement au Weill Hall de Carnegie Hall. Il réside à Staten Island (NY). Plusieurs de ses chansons de « Hair » sont devenues des classiques populaires. Il a été intronisé au Temple de la renommée des auteurs-compositeurs américains en 2009 et la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique lui a décerné en 2010 le prix Excellence pour l'œuvre de toute une vie.

Écrits

« MacDermot : des paroles, de la musique », CompCan, LXXIII (oct. 1972).

Bibliographie

Robert BERKVIST, « Le Compositeur de Hair », CompCan, IXL (juin 1969).

Helen MCNAMARA, « Galt MacDermot », The Telegram (Toronto, 10 janv. 1970).

Richard FLOHIL, « Le Compositeur de Hair au centre de l'énergie », CompCan, LXXI (juin 1972).

Patricia BOSWORTH, « DUDE!... an $800,000 disaster », New York Times (22 oct. 1972).

Michael POSNER, « Galt MacDermot : failure doesn't faze the shy man who composed Hair », Impetus (juin 1974).

Peter SHAW et Taunia SAWCHUK, « Our most succesful composer », Ottawa Journal (11 mars 1978).

Bill BROWNSTEIN, « That's my kind of music », The Gazette (Montréal, 4 avr. 1979).

Salem ALATON, « Joy is the only value. That's the only reason you make music », Globe and Mail (Toronto, 24 sept. 1986).

Marc WEINGARTEN, « "Hair" composer's tangled, spangled, and spaghettied beats let the sunshine into hip-hop », The Village Voice (27 juin 2001).

Scott MILLER, Let the Sun Shine In : The Genius of Hair (Portsmouth, New Hampshire 2003).

Canadian Jazz Discography.


Lecture supplémentaire

  • Berkvist, Robert. "The composer of Hair," Canadian Composer, 41, Jun 1969

    McNamara, Helen. "Galt MacDermot," Toronto Telegram, 10 Jan 1970

    Flohil, Richard. "Galt MacDermot: where the action really is," Canadian Composer, 71, June 1972

    Bosworth, Patricia. "DUDE! ... an $800,000 disaster," New York Times, 22 Oct 1972

    Posner, Michael. "Galt MacDermot: failure doesn't faze the shy man who composed Hair," Impetus, Jun 1974

    Shaw, Peter, and Sawchuk, Taunia. "Our most successful composer," Ottawa Journal, 11 Mar 1978

    Brownstein, Bill. "That's my kind of music," Montreal Gazette, 4 Apr 1979

    Alaton, Salem. "Joy is the only value. That's the only reason you make music," Toronto Globe and Mail, 24 Sep 1986

    Weingarten, Marc. "'Hair' composer's tangled, spangled, and spaghettied beats let the sunshine into hip-hop," The Village Voice, 27 June 2001

    Miller, Scott. Let the Sun Shine In: The Genius of Hair (Portsmouth, New Hampshire 2003)

    Canadian Jazz Discography