Houde, Germain

Houde, Germain. Comédien. (Petit Saguenay (QC), 14 décembre 1952 - ) En plus de trente ans d'une carrière ininterrompue, sur scène et sur les écrans, cet excellent comédien a créé d'étonnants personnages qui ont marqué l'imaginaire d'un vaste public.

Houde, Germain

Houde, Germain. Comédien. (Petit Saguenay (QC), 14 décembre 1952 - ) En plus de trente ans d'une carrière ininterrompue, sur scène et sur les écrans, cet excellent comédien a créé d'étonnants personnages qui ont marqué l'imaginaire d'un vaste public. D'idiot du village en dur à cuire, d'être tourmenté en père solide, voire en grand-père attendri, il a touché à tous les registres et su exprimer toutes les émotions. Véritable artisan, perfectionniste et exigeant, Germain Houde exerce son métier avec rigueur et générosité.

L'année suivant sa sortie du Conservatoire d'art dramatique de Québec (1976), Germain Houde monte sur les planches du Théâtre du Trident, où il fait ses débuts sous la direction de Guillermo de Andrea, dans une production remarquée de L'Opéra de Quat'Sous de Bertolt Brecht. Il sera un habitué de cette scène jusqu'au milieu des années 1980, jouant dans Le Temps d'une vie et La Complainte des hivers rouges de Roland Lepage (1978), La Locandiera de Goldoni (1978), La Cuisine de Wesker (1979), Coup de sang de Jean Daigle (1981), Macbeth de Shakespeare et Les Sorcières de Salem de Miller (1983), puis Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams (1984), où il incarne le troublant Stanley Kowalski. Sa prestation dans le rôle titre de L'Homme éléphant de John Merrick (1982, coproduction TNM/CNA/Trident), mis en scène par de Andrea, le révèle au public montréalais.

Parallèlement à ses débuts sur scène, Germain Houde interprète coup sur coup, en 1979 et en 1980, deux rôles qui marqueront le cinéma québécois : celui du violeur dans Mourir à tue-tête d'Anne-Claire POIRIER et celui de Ti-Guy dans Les Bons Débarras de Francis MANKIEWICZ, qui lui vaut un PRIX GÉNIE. De sombres personnages dont la dureté, le caractère bourru, la violence même, rentrée ou exprimée, demeurent inoubliables. Au théâtre, en 1980, Germain Houde crée un spectacle en solo qui va le conduire pendant quatre ans sur les routes de France et du Québec : dans Macho macho man, de Jean-Pierre Bergeron, il donne vie à un faux dur homosexuel, prisonnier des stéréotypes, pour lequel il se mérite le prix Paul-Hébert.

La décennie 1990 voit Germain Houde accéder à plusieurs rôles principaux, notamment dans Les Palmes de M. Schultz (1991, Juste pour rire), sous la direction de Denise FILIATRAULT, Pierre ou la Consolation de Marie LABERGE (1992, Café de la Place), mis en scène par Martine Beaulne, et Oleanna de David Mamet (1994, THÉÂTRE DE QUAT'SOUS), sous la gouverne de Micheline LANCTÔT. Des rôles où le comédien se taille d'importants succès. Germain Houde remporte le Masque du meilleur interprète masculin pour son rôle dans La Grande Magia (1998, Compagnie Jean-Duceppe), mise en scène par Serge Denoncourt, qui le dirige aussi dans La Cerisaie de Tchekhov (1999, THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE) et Le Peintre des madones ou la naissance d'un tableau de Michel Marc BOUCHARD (2004, ESPACE GO). On l'a vu dans Bonbons assortis de Michel TREMBLAY (2006, THÉÂTRE DU RIDEAU VERT) et Equus de Peter Shaffer (2008, Compagnie Jean-Duceppe). Il a participé, à ce jour, à quarante-cinq productions théâtrales.

Germain Houde, qui a joué, au cinéma, dans une vingtaine de films, dont Un zoo la nuit, pour lequel il reçoit un prix Génie, Mademoiselle C., Le Survenant, Saint-Martyr-des-Damnés et La Ligne brisée, connaît aussi une carrière bien remplie à la télévision. Les Filles de Caleb, qui lui vaut un PRIX GÉMEAUX, Le Volcan tranquille, Omertà, Tabou, pour lequel il récolte un autre Gémeaux, Temps dur, Les Invincibles, La Promesse et la série René-Lévesque II, dans laquelle il incarne un Jacques Parizeau plus vrai que nature, sont parmi les séries auxquelles il prête son talent.