Glackemeyer, Frédéric (k) (né Johann Friedrich Conrad)

Frédéric (k) (né Johann Friedrich Conrad) Glackemeyer. Chef de musique, instrumentiste à cordes, claviériste, marchand de musique, professeur (Hanovre, Allemagne, 10 août 1759 - Québec, 12 janvier 1836).

Glackemeyer, Frédéric (k) (né Johann Friedrich Conrad)

Frédéric (k) (né Johann Friedrich Conrad) Glackemeyer. Chef de musique, instrumentiste à cordes, claviériste, marchand de musique, professeur (Hanovre, Allemagne, 10 août 1759 - Québec, 12 janvier 1836). Depuis la première édition de l' EMC en 1983, il a été confirmé que Glackemeyer est né en 1759, non en 1751. Son père, Wilhelm Glackemeyer, jouait du fifre dans une musique militaire de Hanovre. Ce que l'on sait de l'enfance de Frédéric, tel que rapporté un siècle et demi plus tard par Nazaire LeVasseur, semble exagéré au plan de l'anecdote. Dès l'âge de cinq ans, il commença l'étude de la viole. Ses progrès rapides et sa virtuosité précoce le désignèrent bientôt à l'attention des princes et des nobles qui l'invitaient à jouer à leur cour. Selon LeVasseur, malgré la perspective d'un brillant avenir en son pays, Glackemeyer, encore adolescent et attiré par l'aventure, s'embarqua sur un voilier en partance pour le Canada. De récentes recherches ont confirmé qu'il fut recruté par un des régiments de mercenaires en service au Canada sous le commandement du baron von Riedesel, et qu'il est probablement arrivé à Trois-Rivières en juin 1777, à l'âge de 17 ans. Comme il est peu certain qu'il ait trouvé un professeur de musique au Canada, Glackemeyer dut se débrouiller seul et la description par LeVasseur d'un enfant prodige est un peu plus crédible. Des documents permettent d'affirmer qu'il enseigna pendant l'hiver 1783 aux deux filles du baron von Riedesel, sur l'un des rares pianos de Québec. Il reçut son congé de l'armée en juin 1783 avec le grade de simple soldat et non de tambour ou de hautbois, comme c'était la coutume pour désigner les musiciens militaires. Il n'existe aucune documentation sur ses activités musicales dans l'armée. Par contre, à son licenciement de l'armée, Riedesel lui offrit un poste d'organiste en Allemagne. Glackemeyer préféra demeurer au Canada et accepta en cadeau « une forte somme en guinées » (selon une citation de Roy, BRH, juillet 1916, p. 195). À peine arrivé à Québec, siège du gouvernement et capitale culturelle du Canada, il se livra à l'enseignement de la viole, de la basse de viole, du violon et du piano. Des annonces parues entre 1784 et 1819 démontrent l'activité qu'il déploya comme importateur et marchand d'instruments et de musique imprimée, réparateur d'instruments, accordeur de piano et professeur de musique.

Non seulement désirait-il gagner sa vie, mais il voulut aussi promouvoir le développement de la musique dans son milieu. À l'époque il y avait à Québec des concerts par souscription et l'on sait que Glackemeyer et Francis Vogeler y prirent part au moins en 1790 et 1791. LeVasseur rapporte que le prince Édouard, devenu plus tard duc de Kent, qui résida à Québec de 1791 à 1794 et qui était amateur de musique, estimait fort le musicien allemand et qu'il lui confia la direction de la musique régimentaire.

Luthérien converti au catholicisme, Glackemeyer fut organiste à la basilique de Québec de 1816 à 1818. On sait qu'il fut vice-prés. de la Société harmonique de Québec en 1820, qu'il avait présumément fondée en décembre 1819, et pour laquelle il importa, semble-t-il, nombre de parties de musique de chambre ou d'orchestre (conservées au séminaire de Québec). Il a laissé plusieurs oeuvres en manuscrit. Dans les années 1970, Louise Courville a retrouvé deux partitions pour piano au Petit séminaire de Québec, la « March [sic] composée pour le Revd. Mons. Tabeau. Pour la solemnité [sic] de S. Pierre et S. Paul » (v. 1807) et la « General Craig's March » probablement composée pour l'arrivée du gouverneur en 1807. Une autre marche, Châteauguay (non retrouvée), fut jouée le 24 septembre 1818 lors d'un dîner offert par les citoyens de Québec en l'honneur du lieutenant-colonel de Salaberry, héros de la bataille de Châteauguay (1813). La marche pour le père Antoine Tabeau, publiée dans le PMC (vol. IV) et a été enregistrée, par l'Ensemble Nouvelle-France (RCI 500, Siscom SC-08211 et Harmonia Mundi HMB-5145). On a aussi retrouvé dans un cahier manuscrit des arrangements (faits vers 1817) de Glackemeyer pour voix et piano de deux « chansons des voyageurs canadiens », « Mon père a fait faire un étang » et « En roulant ma boule roulant ». On peut considérer Frédéric Glackemeyer comme un pionnier dont l'influence fut prépondérante, à cause de sa compétence et de son rayonnement par l'enseignement qu'il prodigua. Il fut le premier musicien professionnel à avoir apporté une contribution longue et durable à la ville de Québec. L'une de ses filles, Henriette-Angélique, épousa T.F. Molt, et l'un de ses petits-fils, une fille de Brauneis père.

Voir aussi Louis-Édouard Glackemeyer, son fils.


Lecture supplémentaire

  • Roy, Pierre-Georges. 'La famille Glackemeyer,' BRH, Jul 1916

    LeVasseur, Nazaire. 'Musique et musiciens à Québec,' La Musique, May, Jun, Jul 1919

    Kallmann, Helmut. 'Frédérick Glackemeyer: des données nouvelles sur sa vie et son style musical,' Cahiers de l'ARMuQ, 8, May 1987

    DCB, vol 7