Great Big Sea

Great Big Sea. Groupe folk/pop canadien de premier rang.

Great Big Sea

Great Big Sea. Groupe folk/pop canadien de premier rang. Nommé d'après une chanson traditionnelle de Terre-Neuve traitant d'un tsunami, le groupe est créé à Saint-Jean en 1993 par les musiciens terre-neuviens Alan Doyle (voix, guitare, bouzouki, mandole, mandoline, banjo), Bob Hallett (voix, mandoline, mandole, bouzouki, banjo, violon, flûte irlandaise, pipeaux, accordéon, concertina), Sean McCann (voix, guitare, flageolet, bodhran, percussions) et Darrell Power (voix, guitare basse, guitare, os, mandole, harmonica). En fait, en 1989, Hallett et McCann fondent le groupe de rock celtique Rankin Street, que Power rejoint plus tard. Doyle (du duo Staggering Home) rejoint le trio en janvier 1993. Sous le nom de Great Big Sea, le nouveau groupe établit un style original enraciné dans les mélodies, les rythmes et les timbres de la musique traditionnelle de Terre-Neuve. En 2003, après le départ de Power, le groupe s'agrandit avec l'arrivée du bassiste torontois Murray Foster (du groupe Moxy Fruvous) et du batteur de la Nouvelle-Écosse Kris MacFarlane.

À la suite d'une série de spectacles dans les clubs du populaire district George Street de Saint-Jean, le groupe sort son premier album, Great Big Sea, en août 1993. Grâce à ses spectacles en direct donnés lors de vastes tournées, son enregistrement indépendant est certifié or. En 1995, Great Big Sea signe un important contrat d'enregistrement avec Warner Music Canada. Les albums qui en résultent, Up (1995), Play (1997), Turn (1999), l'album en direct Road Rage (2000), Sea of No Cares (2002) et Something Beautiful (2004), sont tous certifiés or (pour 50 000 exemplaires vendus) ou platine (pour 100 000), ce qui est assez rare pour un groupe de musique traditionnelle. Cinq de ces albums se retrouvent parmi les dix premiers des chartes de ventes canadiennes et Sea of No Cares se retrouve en première position. Aux États-Unis, Sire Records sort Rant and Roar (1998), une compilation de chansons d'Up et de Play. Great Big Sea apparaît dans des spéciaux télévisés de la SRC au Canada et de PBS aux États-Unis et on peut entendre plusieurs de ses chansons dans le long métrage The Shipping News (v.f. Nœuds et dénouements). En 2003, le groupe sort le Great Big DVD, une compilation couvrant la carrière du groupe, incluant des extraits de ses concerts, des vidéoclips et des entrevues.

Les spectacles vivants de Great Big Sea sont longtemps sa marque de commerce. Dans la tradition du convivial « party de cuisine » de Terre-Neuve, ses concerts sont des fêtes collectives autant que des événements musicaux. De plus, on ne peut nier le talent musical des membres du groupe, dont on apprécie peut-être plus en spectacle les mélodies entraînantes, les harmonies a capella et les rythmes instrumentaux dynamiques. Acclamé par les critiques, le groupe fait beaucoup de spectacles devant de vastes publics en Amérique du Nord et en Europe, dans des villes telles qu'Amsterdam, Berlin, Boston, Chicago, Cleveland, Dublin, Frankfurt, Glasgow, Hambourg, Londres, Minneapolis, New York, Seattle et Washington ainsi que dans pratiquement toutes les grandes villes canadiennes. En 1998, il donne des spectacles aux États-Unis avec le groupe connu comme étant les maîtres de la musique celtique, The Chieftains. En 1999, son concert du Nouvel An au bord de l'eau à Saint-Jean attire une foule de plus de 90 000 personnes et est suivi par des réseaux de télévision du monde entier.

La musique de Great Big Sea est qualifiée de « rock celtique » ou même de « folk agressif », mais son style correspond à un type unique de musique pop créé à partir de la tradition de musique folklorique de Terre-Neuve. Parmi les groupes des générations précédentes ayant exploré les mêmes avenues musicales figurent les pionniers du renouveau folklorique Figgy Duff et le collectif musical comique des années 1970 connu sous le nom du Wonderful Grand Band. Dans ce sens, les racines stylistiques de Great Big Sea représentent une déviation radicale des principaux modèles américains qui tentent de dessiner les courants dominants de la musique populaire en Amérique du Nord. Paradoxalement, le groupe a justement gagné le grand public à la cause des chansons, des ballades et des danses folkloriques de Terre-Neuve, dont certaines étaient rarement entendues même à Terre-Neuve (par exemple, la chanson du premier album, « Excursion Around the Bay », qui est aujourd'hui très populaire, mais qui était inconnue à l'époque).

Les arrangements créatifs du groupe sont pour beaucoup dans cette réussite en ce qu'ils permettent d'adapter facilement les mélodies et les paroles traditionnelles aux structures couplet-refrain-boucle de musique pop contemporaine. L'interprétation de la chanson « Lukey », qu'on retrouve sur Up, en constitue un bon exemple. La dernière ligne de la chanson folk « Ah-ha, me boys » est adaptée comme un refrain en étirant et en harmonisant la mélodie tout en répétant l'air de la mandoline en « boucle », séparant le refrain du couplet. Dans d'autres cas, des mélodies traditionnelles disparates sont unifiées pour former une texture uniforme, comme le pot-pourri instrumental de danse « Dancing With Mrs. White » de Up (un hommage à la « première femme de l'accordéon » de Terre-Neuve, Minnie White) ou la chanson de même inspiration « Chafe's Ceilidh », de Something Beautiful.

Des enregistrements récents révèlent une tendance à l'expérimentation des couleurs instrumentales (avec la présence de guitares électrique et flamenca, de trompettes mariachi et de batterie dans Sea of No Cares). Même si les racines traditionnelles des membres de Great Big Sea sont profondes, des chansons originales telles que « When I Am King » (Doyle) et « Love » (McCann) de Something Beautiful rappellent aux auditeurs leur remarquable habileté d'auteurs-compositeurs et leur intérêt croissant pour l'exploration de leur potentiel pour la musique pop. Dans des chansons comme « French Perfume » (Hallett) de Sea of No Cares, des paroles et des mélodies d'inspiration folklorique se fondent de manière convaincante dans un style contemporain qui est à la fois original et d'un naturel rafraîchissant.

Great Big Sea reçoit de nombreuses nominations aux Prix Juno : album-groupe de musique roots ou traditionnelle de l'année (pour Up,Play, Turn et The Hard and the Easy), vidéoclip de l'année (pour les chansons « Run Runaway » et « Lukey »), DVD de musique de l'année (pour le Great Big DVD), groupe de l'année (1998, 2005, 2009 et 2011), entre autres. Le groupe détient le record de 18 prix de l'Association de la musique de la côte Est, entre autres celui de l'album de l'année (1998, 2000, 2003), du groupe de l'année (1998, 2000, 2003), de l'enregistrement pop de l'année (1998, 2003), de la chanson de l'année (1998), du vidéoclip de l'année (1997, 1999, 2003) et de l'artiste de variétés de l'année (1996 à 2000, 2003).

VoirMusique folklorique canadienne-anglaise

Discographie

Great Big Sea, 1993, NRA Productions CD NRA3-1002.

Up, 1995, Warner Music Canada WEA CD 12277.

Play, 1997, Warner Music Canada WEA CD 18592.

Rant and Roar, 1998, Sire CD 31023.

Turn, 1999, Warner Music Canada WEA CD 2 27734.

Road Rage, 2000, Warner Music Canada WEA CD 2 84666.

Sea of No Cares, 2002, Warner Music Canada WEA CD 2 43310.

Great Big DVD, 2003, Warner Music Canada DVD 2 60939.

Something Beautiful, 2004, Warner Music Canada WEA CD 2 61387.

The Hard and the Easy, 2005, Warner Music Canada WEA CD 2 62606.

Fortune's Favour, 2008, Warner Music Canada WEA CD 2 951727.

Safe Upon the Shore, 2010, Warner Music Canada 2 813179.

Bibliographie

Bliss, Karen, « Great Big Sea: Keeping With Tradition », Canadian Musician, 19/3 (juin 1997).

DePalma, Anthony, « Giving Newfoundland's Celtic Melodies a 90's Sound », New York Times (21 mai 1998).

Fleming, Lee, Rock, Rhythm and Reels, Charlottetown, Prince Edward Island, Ragweed Press (1997).

Jones, Christopher, « Great Big Sea's Creative Evolution », Words & Music, 7/1 (janv.-fév. 2000).

Jones, Simon, « New Found Sea », Folk Roots, 23/7 (janv.-fév. 2002).

LeBlanc, Larry, « Great Big Sea Embraces Stylistic Mix », Billboard (14 juin 1997).

Nelligan, Tom, « Great Big Sea: Aggressive Folk », Dirty Linen, 85 (déc. 1999-janv. 2000).

Rogers, Ron, « Great Big Sea: Raging on the road », RPM, 71/23 (9 oct. 2000).

Stockwood, Kim, « Kitchen Music for the Masses: Great Big Sea Stirs UP Traditional Tunes », Words & Music (fév. 1996).


Lecture supplémentaire

  • Bliss, Karen. "Great Big Sea: Keeping with Tradition," Canadian Musician, vol 19, no. 3, Jun 1997

    DePalma, Anthony. "Giving Newfoundland's Celtic Melodies a 90s Sound," New York Times, 21 May 1998

    Fleming, Lee. Rock, Rhythm and Reels (Charlottetown, PE, 1997)

    Jones, Christopher. "Great Big Sea's Creative Evolution," Words & Music, vol 7, no. 1, Jan-Feb 2000

    Jones, Simon. "New Found Sea," Folk Roots, vol 23, no. 7, Jan-Feb 2002

    LeBlanc, Larry. "Great Big Sea Embraces Stylistic Mix," Billboard, 14 Jun 1997

    Nelligan, Tom. "Great Big Sea: Aggressive Folk," Dirty Linen, vol 85, Dec 1999- Jan 2000

    Rogers, Ron. "Great Big Sea: Raging on the road," RPM Magazine, 9 Oct 2000

    Stockwood, Kim. "Kitchen Music for the Masses: Great Big Sea Stirs UP Traditional Tunes," Words & Music, Feb 1996