Histoire du cinéma canadien: 1939 à 1973

Le cinéma est une forme puissante d’expression culturelle et artistique. C’est aussi une entreprise commerciale très rentable. D’un point de vue pratique, le cinéma est une entreprise impliquant de grosses sommes d’argent, ainsi qu’une division complexe du travail. La main-d’œuvre est impliquée dans trois secteurs: la production, la distribution et l’exploitation. L’histoire de l’industrie canadienne du film est tissée de réussites sporadiques, accomplies dans l’isolement et en dépit de défis considérables. Le cinéma canadien existe dans un environnement où l’accès au capital pour la production, l’accès au marché pour la distribution et aux salles de cinéma pour l’exploitation est extrêmement difficile. L’industrie cinématographique canadienne, en particulier au Canada anglais, lutte contre le monopole du divertissement hollywoodien pour attirer l’attention d’un public qui reste largement indifférent à l’industrie nationale. Les principaux points de vente et de distribution au Canada sont détenus et contrôlés par des intérêts étrangers. L’absence de production nationale à travers une grande partie de l’histoire de l’industrie ne peut être comprise que dans ce contexte économique.

Cet article est l’un des quatre articles qui retracent l’histoire de l’industrie cinématographique au Canada. La série complète comprend : Histoire du cinéma canadien: de 1896 à 1938 ; Histoire du cinéma canadien: de 1939 à 1973 ; Histoire du cinéma canadien: de 1974 à aujourd’huiHistoire du cinéma canadien: cinéma régional et auteurs, de 1980 à aujourd’hui.

Le cinéma est une forme puissante d’expression culturelle et artistique. C’est aussi une entreprise commerciale très rentable. D’un point de vue pratique, le cinéma est une entreprise impliquant de grosses sommes d’argent, ainsi qu’une division complexe du travail. La main-d’œuvre est impliquée dans trois secteurs: la production, la distribution et l’exploitation. L’histoire de l’industrie canadienne du film est tissée de réussites sporadiques, accomplies dans l’isolement et en dépit de défis considérables. Le cinéma canadien existe dans un environnement où l’accès au capital pour la production, l’accès au marché pour la distribution et aux salles de cinéma pour l’exploitation est extrêmement difficile. L’industrie cinématographique canadienne, en particulier au Canada anglais, lutte contre le monopole du divertissement hollywoodien pour attirer l’attention d’un public qui reste largement indifférent à l’industrie nationale. Les principaux points de vente et de distribution au Canada sont détenus et contrôlés par des intérêts étrangers. L’absence de production nationale à travers une grande partie de l’histoire de l’industrie ne peut être comprise que dans ce contexte économique. Cet article est l’un des quatre articles qui retracent l’histoire de l’industrie cinématographique au Canada. La série complète comprend : Histoire du cinéma canadien: de 1896 à 1938 ; Histoire du cinéma canadien: de 1939 à 1973 ; Histoire du cinéma canadien: de 1974 à aujourd’hui ; Histoire du cinéma canadien: cinéma régional et auteurs, de 1980 à aujourd’hui.


Voir aussi : Cinéma québécois : de 1896 à 1969 ; Cinéma québécois : de 1970 à 1989 ; Cinéma québécois : de 1990 à aujourd’hui ; 30 Key Events in Canadian Film History; L’histoire du cinéma canadien en 10 étapes faciles ; Cinéma documentaire ; Cinéma d’animation ; Cinéma expérimental ; La distribution de films au Canada ; Les 10 meilleurs films canadiens de tous les temps ; English Canadian Films: Why No One Sees ThemOffice national du film du Canada ; Téléfilm Canada ; Longs métrages canadiens  ; Enseignement du cinéma ; Festivals du film ; Censure cinématographique ; Coopératives du film ; Cinémathèque Québécoise ; L’art de la production cinématographique.

L’Office national du film du Canada

L’un des évènements les plus marquants de l’histoire du cinéma canadien est la mise sur pied de l’Office national du film du Canada (ONF). En 1938, le gouvernement fédéral commande au cinéaste écossais John Grierson d’étudier l’état de la production cinématographique au Canada. John Grierson est l’inventeur du terme « documentaire ». Il est également à la tête de l’Empire Marketing Board et du General Post Office de la Grande-Bretagne. Cette année-là, il rédige un rapport qui mène à la création de l’ONF en mai 1939. Il est nommé premier commissaire de l’Office en octobre 1939.

À l’origine, l’ONF devait agir à titre de commission consultative afin d’assurer la coordination de la production cinématographique. Mais les exigences de la Seconde Guerre mondiale entraînent un virage vers la production active. Ceci implique l’absorption du Government Motion Picture Bureau en 1941.

En 1945, l’ONF est l’un des studios de cinéma les plus importants au monde. Son personnel compte presque 800 employés basés à Ottawa. Plus de 500 films sont distribués, y compris la série de films de propagande Canada Carries On (entre 1940 et 1959) et The World in Action (de 1942 à 1945). Ces films sont présentés chaque mois dans les cinémas canadiens et à l’étranger. Une unité d’animation est mise sur pied sous la supervision du cinéaste écossais Norman McLaren. Des circuits de distribution « hors salle » sont établis. De nombreux jeunes cinéastes canadiens reçoivent une formation.

L’ONF devient un chef de file en matière de réalisation de films documentairesd’animation et de films expérimentaux. Ses productions gagnent plus de 5 000 prix au niveau international, y compris une douzaine d’Academy Awards. Mais sa création n’a que très peu d’impact sur le problème de la domination des films américains au Canada.

« L’avenir des combattants »

Le Canadian Cooperation Project

En 1947, le Canada compte deux principales chaînes de cinémas : les salles de projection Famous Players et Odeon. Le fondateur de Famous Players, N.L. Nathanson, quitte cette compagnie pour créer la chaîne rivale Odeon avec l’aide de son fils, Paul. Les deux chaînes contrôlent approximativement les deux tiers du secteur de la projection au Canada. La chaîne Odeon est éventuellement vendue à la Rank Organization of England, la principale entreprise d’intégration verticale britannique. Les deux principales chaînes de cinémas du Canada deviennent donc la propriété d’entreprises étrangères. Ceci cause deux conséquences principales sur l’industrie cinématographique canadienne. Premièrement, les films produits au Canada sont pratiquement éliminés de leur propre marché. Et deuxièmement, la majeure partie des revenus provenant des cinémas, environ de 17 millions à 20 millions de dollars annuellement, est encaissée par les États-Unis.

Après la Seconde Guerre mondiale, comme plusieurs autres pays, le Canada rencontre des difficultés relatives à la balance des paiements de la part des États-Unis. En conséquence, en 1947, le gouvernement fédéral restreint l’importation d’une grande quantité de marchandises. Les revenus produits par les films font l’objet d’une discussion. Il y est question d’un système de quota pour les films canadiens, similaire au système de quota pour la musique canadienne à la radio mis en place au début des années 1970. L’idée d’obliger Hollywood à investir une partie de ses recettes aux guichets au Canada est également un sujet de discussion important. En février de la même année, le dirigeant de la Co-operative Commonwealth Federation (CCF), M.J. Coldwell, propose à la Chambre des communes que le gouvernement fédéral impose un tarif douanier de protection aux films hollywoodiens projetés au Canada. Plus tard au cours de l’année, le ministre libéral des Finances, Douglas Abbott, rencontre Famous Players et l’Association canadienne des distributeurs de films. Douglas Abbott leur demande d’investir volontairement une partie de leurs recettes issues du marché canadien de l’exploitation dans les studios de production canadiens.

Mais Eric Johnston, le président de la Motion Picture Association of America (MPAA) intervient. Il propose plutôt la création de ce qui devient le Canadian Cooperation Project. Le projet est approuvé par le gouvernement libéral dirigé par Louis St-Laurent en 1948. Le lobby cinématographique hollywoodien accepte de tourner certains films au Canada, d’inclure des références positives sur le Canada dans les films hollywoodiens afin de favoriser le tourisme, et d’encourager la distribution et l’exploitation de films de l’ONF aux États-Unis. En échange, on promet un flot continu de dollars canadiens.

Le lobbying nationaliste en faveur des Canadiens est démantelé avec succès. Les profits de Famous Players ne sont pas restreints. L’idée d’imposer un quota sur l’exploitation des films réalisés au Canada est abandonnée. La construction d’un studio de tournage de plusieurs millions de dollars à Vancouver est également interrompue. L’ONF, qui avait fait pression pour obtenir des restrictions fiscales sur les revenus hollywoodiens, essuie également un refus. La distribution de films de l’ONF aux États-Unis n’augmente pas. Plusieurs films hollywoodiens, comme Canadian Pacific (1949), Saskatchewan (1954) et des films de série B comme Canadian Mounties vs. Atomic Invaders (1953), sont tournés au Canada, ou s’y déroulent. En fait, le tourisme américain au Canada diminue pendant les quatre premières années du projet. Il n’augmente que de 15 % entre 1948 et 1958, comparativement à une augmentation de 130 % pour tous les autres pays.

En 1957, le problème de balance de paiements n’existe plus et le tarif douanier de protection ne constitue plus une menace. Le projet est discrètement retiré en 1958. Louis St-Laurent prend sa retraite du monde de la politique et devient membre du conseil d’administration de la Famous Players Canadian Corporation.

Norman Jewison

Débuts de la production privée, 1947 à 1967

Le Canadian Cooperation Project explique en partie pourquoi, pendant les années 1940 et 1950, la production de longs métrages au Canada, à l’extérieur du Québec, est pratiquement inexistante (voir aussiCinéma québécois : 1896 à 1969). Toutefois, grâce au boom économique dont bénéficie le Canada après la Seconde Guerre mondiale, plusieurs producteurs indépendants commencent à s’établir et produisent surtout des films industriels et des courts métrages. En 1941, Nat Taylor fonde le magazine spécialisé Canadian Film Weekly. En reconnaissance de l’émergence du secteur privé de l’industrie cinématographique, le Palmarès du film canadien est créé en 1949. (Le Palmarès du film canadien deviendra éventuellement les prix Génie en 1980. Ceux-ci fusionneront ensuite avec les Prix Gemini en 2012 pour finalement devenir les prix Écrans canadiens) Le gala d’ouverture se déroule à Ottawa. Crawley Films d’Ottawa remporte le prix du meilleur film de l’année, pour le court métrage The Loon’s Necklace (1949).

En 1954, en signe de bonne volonté, le gouvernement fédéral introduit un amortissement fiscal de 50 %. Ceci vise à encourager l’investissement privé dans les entreprises cinématographiques canadiennes. Une demi-douzaine de longs métrages de langue anglaise sont réalisés à la fin des années 1950. Sir Tyrone Guthrie, qui a joué un rôle déterminant dans la mise sur pied du Festival de Stratford, assure la mise en scène d’une production du drame Œdipe de Sophocle (1956) mettant en vedette Douglas CampbellWilliam Hutt et Douglas Rain. Un jeune rédacteur de la CBC, Sidney Furie, réalise deux films très prometteurs à petit budget, sur la rébellion des jeunes contre la société. Les deux productions, A Dangerous Age (1957) et A Cool Sound from Hell (1959) attirent l’attention de la critique internationale, surtout en Grande-Bretagne. Toutefois, ses films étant passés inaperçus au Canada, Furie décide d’émigrer en Grande-Bretagne en 1960. Il déclare à la presse britannique : « je voulais lancer une industrie cinématographique canadienne, mais tout le monde s’en fichait ». Sidney Furie est l’exemple typique des cinéastes anglophones du Canada de cette époque. On trouve une liste impressionnante d’excellents réalisateurs, comme Norman JewisonArthur Hiller et Ted Kotcheff, qui ont tous quitté le pays pour poursuivre leurs carrières ailleurs.

Bien que le développement de la production de longs métrages au Canada n’en est qu’à ses balbutiements, l’ONF produit alors des œuvres innovatrices. À la fin des années 1950, Norman McLaren a déjà remporté huit Canadian Film Awards, deux prix d’envergure au Festival international du film de Berlin, un Oscar pour son court métrage Neighbours (Voisins) (1952), ainsi qu’une nomination aux Oscars pour A Chairy Tale (Il était une chaise) (1957). L’unité B de l’ONF produit des œuvres d’une qualité constante. La série documentaire Candid Eye offre des films de cinéma direct d’avant-garde (voir aussiFilm documentaire).

Dans le domaine des longs métrages, les années 1960 commencent à peu près de la manière dont la décennie précédente a pris fin, avec quelques productions quelconques. Un de ces films, The Mask (1961 ; aussi connu sous le titre The Eyes of Hell), est le premier film canadien distribué aux États-Unis. Il utilise le procédé 3D qui est alors très à la mode. Cependant, un vent d’optimisme se fait sentir. Le cinéaste et producteur F.R. « Budge » Crawley, originaire d’Ottawa, concentre ses énergies illimitées dans la production de longs métrages et il réalise le film de René BonnièreAmanita Pestilens, en 1963. Ce film présente la comédienne québécoise Geneviève Bujold pour la première fois. Il est également le premier long métrage canadien entièrement tourné en couleur et réalisé simultanément en anglais et en français. Toutefois, il n’est jamais présenté dans les cinémas canadiens. L’année suivante, Crawley connaît un succès limité avec le film d’Irwin Kershner The Luck of Ginger Coffey. Ce film est l’histoire courageuse d’un écrivain immigrant (interprété par Robert Shaw) qui tente de se faire un nom à Montréal.

Nobody Waved Good-bye

L’ONF continue de mettre l’accent sur les films documentaires, les courts métrages et l’animation. Cependant, il produit également deux longs métrages de langue anglaise au début des années 1960, un signe avant-coureur des changements à venir. Le film Drylanders (1963) puise son inspiration dans l’histoire des pionniers canadiens et Nobody Waved Goodbye (1964), réalisé par Don Owen, explore l’ennui de deux adolescents de la banlieue. Tourné dans les banlieues et les rues du centre-ville de Toronto, il est financé par l’ONF en tant que court docudrame, mais est secrètement développé en long métrage improvisé. Bien que la critique canadienne lui soit initialement défavorable dès sa sortie, il connaît un regain de popularité après avoir été encensé par la critique du New York Film Festival.

La fin des années 1950 et le début des années 1960 sont également témoins de la montée du cinéma québécois. Encouragés par la mise sur pied d’un bureau de production francophone à l’ONF et par la relocalisation de l’Office d’Ottawa à Montréal, ainsi que par la croissance fulgurante de la production télévisuelle au Québec et les innovations technologiques apportées au matériel de tournage, des cinéastes comme Pierre PerraultGilles CarleClaude JutraMichel BraultGilles Groulx et Denys Arcand réalisent des œuvres d’une importance primordiale pour la Révolution tranquille et pour le développement du cinéma direct. Des longs métrages font également leur apparition, dont Le Chat dans le sac (1964) de Gilles Groulx et La Vie heureuse de Léopold Z. (1965) de Gilles Carle, qui sont alors annoncés comme les premiers films de fiction dépeignant réellement le vécu des Québécois. (voir aussi : Cinéma québécois : 1896 à 1969).

La production dans l’ensemble du Canada connaît une période florissante à d’autres niveaux. Les avancées esthétiques de la Nouvelle vague française mènent à un cinéma plus intimiste. Le développement de caméras 16 mm abordables et portatives permettent l’accès à un médium précédemment réservé à quelques privilégiés. Plusieurs films à petit budget sont réalisés dans l’ensemble du pays, particulièrement sur les campus universitaires. Le premier film de Larry Kent, The Bitter Ash (1963), réalisé alors qu’il étudiait le théâtre à l’Université de la Colombie-Britannique, cause la plus grande controverse. Les scènes de sexe du film en font un succès instantané. Larry Kent réalise deux autres longs métrages sur la côte ouest avant de déménager à Montréal.

Plusieurs autres films étudiants sont tournés par des réalisateurs qui continuent à œuvrer dans cette industrie, comme David Secter (Winter Kept Us Warm 1965), John Hosfess (The Columbus of Sex 1969) et Jack Darcus (Great Coups of History 1968). Un personnage important de cette époque est David Cronenberg. Inspiré par son camarade de classe David Secter, il tourne des courts métrages expérimentaux et futuristes, Transfer (1966) et From the Drain (1967), pendant ses études à l’Université de Toronto à la fin des années 1960. Il participe également à la fondation du Canadian Filmmakers Distribution Centre, avant de concentrer ses efforts sur la production commerciale.

Livre blanc pour l’établissement de la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne

La Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne, 1967

Au début de 1967, une industrie émergente et viable commence à produire des films salués par la critique. Les cinéastes anglophones et francophones se tournent le gouvernement afin que celui-ci protège leurs intérêts naissants. Le gouvernement fédéral franchit donc une étape importante et prête son soutien à l’industrie nationale en créant la Société de développement de l’industrie cinématographique canadienne (SDICC, aujourd’hui Téléfilm Canada). Initialement, 10 millions de dollars y sont investis. Toutefois, la SDICC ne se soucie que de la production et ne fait aucune tentative pour réduire la mainmise des intérêts américains sur la distribution et l’exploitation commerciale des films canadiens.

Au départ, le SDICC remet des fonds à certains cinéastes étudiants. Plusieurs des films produits par la suite sont des échecs artistiques et commerciaux. Certaines tentatives d’imiter les modèles de cinéma américain sont soutenues, mais connaissent un échec similaire. Trois films affichent cependant une trajectoire plus réussie. Le réalisateur télévisuel Paul Almond, sans contribution financière du SDICC, réalise Isabel (1968), une histoire se déroulant à Gaspé et mettant en vedette Geneviève Bujold, son épouse à l’époque. Après la production de plusieurs documentaires à succès, le cinéaste de Toronto Don Shebib réalise le docudrame emblématique Goin’ Down the Road (1970). C’est une réussite artistique et commerciale. Le film est distribué à l’échelle nationale et mondiale et s’attire un vaste auditoire (il est encore largement reconnu comme l’un des 10 meilleurs films canadiens de tous les temps). Après s’être perfectionné comme cinéaste en tournant de nombreux documentaires pour l’ONF et le long métrage d’avant-garde À tout prendre, Claude Jutra réalise Mon oncle Antoine (1971). Celui-ci est toujours considéré par plusieurs comme étant l’un des plus grands films canadiens jamais réalisés.

Ces films affichent incontestablement leur identité canadienne, déployant les paysages régionaux et les personnages avec sensibilité et perspicacité. Ils sont suivis de nombreux films faisant preuve d’une observation approfondie, comme Act of the Heart (1970) de Paul Almond, The Only Thing You Know (1971) de Clarke Mackay, Wedding in White (1972) de William Fruet, The Rowdyman (1972) de Peter Carter, Paperback Hero (1973) de Peter Pearson, The Hard Part Begins (1973) de Paul Lynch et Montreal Main (1973) de Frank Vitale. Le premier long métrage d’action réalisé par une femme, Madeleine Is... (1971) de Sylvia Spring, est tourné sur la côte ouest au cours de cette période florissante.

Goin’ Down the Road

Tous ces films sont tournés avec de très modestes budgets. Seule une poignée d’entre eux connaissent un succès commercial. La SDICC fait face à des exigences demandant de rehausser la visibilité des films qu’elle finance, soit en légiférant le marché pour garantir la distribution et l’exploitation de films canadiens, soit en employant du personnel étranger travaillant aux côtés du personnel canadien. Le ministère de l’Industrie et de Tourisme de l’Ontario nomme le dirigeant du secteur de la radiodiffusion John Basset à la tête d’une équipe chargée d’étudier l’industrie cinématographique canadienne. Dans son rapport, John Basset conclut que « Les bases d’une industrie cinématographique existent. C’est le public qui doit être encouragé par le biais d’une diffusion cinématographique. La méthode optimale pour atteindre cet objectif consiste à mettre en place un système de quotas pour les salles de cinéma. » 

En 1973, un groupe s’étant donné pour nom le Council of Canadian Filmmakers remet une pétition au gouvernement de l’Ontario, pressant celui-ci de suivre les recommandations du rapport Bassett. Au lieu de cela, en 1975, le secrétaire d’État Hugh Faulkner négocie une entente de quota volontaire avec les cinémas Famous Players et Odeon. Ces derniers doivent consacrer un minimum de quatre semaines par année et par cinéma aux films canadiens, et investir un minimum de 1,7 million $ dans la production de ceux-ci. Ces quotas ne sont que très peu respectés. Au bout de deux ans, ils ont pratiquement disparu.

Cet article est l’un des quatre articles qui retracent l’histoire de l’industrie cinématographique au Canada. La série complète comprend : Histoire du cinéma canadien : de 1896 à 1938 ; Histoire du cinéma canadien : de 1939 à 1973 ; Histoire du cinéma canadien : de 1974 à aujourd’hui ; Histoire du cinéma canadien : cinéma régional et auteurs, de 1980 à aujourd’hui.

Voir aussi : Cinéma québécois : de 1896 à 1969 ; Cinéma québécois : de 1970 à 1989 ; Cinéma québécois : de 1990 à aujourd’hui ; 30 Key Events in Canadian Film History; L’histoire du cinéma canadien en 10 étapes faciles ; Cinéma documentaire ; Cinéma d’animation ; Cinéma expérimental ; La distribution de films au Canada ; Les 10 meilleurs films canadiens de tous les temps ; English Canadian Films: Why No One Sees ThemOffice national du film du Canada ; Téléfilm Canada ; Longs métrages canadiens  ; Enseignement du cinéma ; Festivals du film ; Censure cinématographique ; Coopératives du film ; Cinémathèque Québécoise ; L’art de la production cinématographique.


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