Hôtel



Empress Hotel
L'un des célèbres hôtels de style château, conçu par Francis Rattenbury (photo de Thomas Kitchin).
Château Frontenac
Le Château Frontenac de Québec (Price, 1892-1893) est un des premiers d'une série d'hôtels-châteaux appartenant à des compagnies de chemin de fer et qui marquent l'architecture canadienne (photo de Michel Gagnon/CUQ Communications).

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 Au Canada, l'hébergement des voyageurs résulte de deux traditions : l'auberge et l'hôtel urbain. Au début de la colonisation, de nombreuses maisons accueillent des clients pour une nuit. Celles qui possèdent un permis d'auberge peuvent facturer le service, une pratique donnant un caractère officiel à l'auberge.

Le Willard's Hotel (1795) et la Cook's Tavern (1822), tous deux situés dans le canton de Williamsburg, en Ontario, et maintenant déplacés au UPPER CANADA VILLAGE, sont des haltes pour les représentants de commerce et les immigrants qui se déplacent en coches le long de la King's Highway et en bateaux sur le fleuve Saint-Laurent. Le Symmes Inn, (1831) à Aylmer (au Québec), situé de façon stratégique par rapport à un débarcadère sur la rivière des Outaouais et immortalisé par William Henry BARTLETT, se vante que sa table « offre les meilleurs produits du pays. »

Certaines auberges n'offrent pas de tels agréments. Un des premiers visiteurs de passage à la Hat Creek House (1860), une halte sur la ROUTE CARIBOO conduisant aux terrains aurifères de la Colombie-Britannique se plaint que « les couchettes sont dures comme des planches [...] et que les couvertures noircies ont depuis leur dernier lavage servi à beaucoup de voyageurs pas vraiment propres. » De nombreuses auberges ressemblent à de grandes maisons, souvent (comme la Hat Creek House) augmentées de deux étages de vérandas.

Au XIXe siècle, certains hôtels dans les grandes villes sont très luxueux. Le Rasco's Hotel de Montréal, ouvert en 1836 et toujours en existence, est un bâtiment en pierre de cinq étages qui pouvait alors accueillir 150 clients et passait pour le meilleur hôtel du Canada. De plus grands hôtels conçus selon des styles à la mode sont hautement luxueux. L'hôtel Windsor (G.H. Worthington, 1876-1878) à Montréal, construit dans le style second Empire, est le plus raffiné de la ville.

  L'âge du chemin de fer annonce une nouvelle ère dans la construction d'hôtels, une ère qui estompe la distinction entre les deux traditions et donne naissance à l'hôtel de villégiature. Le CANADIEN PACIFIQUE construit une série de « gares-salles à dîner » avec chambres à coucher dans les montagnes de la Colombie-Britannique pour nourrir les voyageurs et accueillir des clients. La Glacier House (T.C. Sorby, 1886), perchée au sommet des Selkirks, rappelle un chalet suisse. L'original Banff Springs Hotel (Bruce Price, 1886-1888; agrandi et replacé), à ossature de bois, est un hôtel de villégiature raffiné offrant des vues panoramiques sur les montagnes Rocheuses de l'Alberta. Cet hôtel et le Château Frontenac (B. Price, 1892-1893), de Québec, lancent une tradition d'hôtels ferroviaires de style château qui devient un modèle de l'architecture canadienne. Le Empress Hotel, Victoria (F.M. RATTENBURY, 1904-1908; rajouts ultérieurs) du Canadien Pacifique à Victoria, et le Château Laurier (Ross and MacFarlane, 1908-1912, rajouts ultérieurs) du GRAND TRUNK , à Ottawa, sont des exemples remarquables du genre bien que tous deux se trouvent dans la ville. Le genre se perpétue avec le Château Fairmont de Whistler en Colombie-Britannique (Downs/Archambault, 1989, agrandi par le Groupe IBI, 1997). La marque Fairmont est maintenant apposée à beaucoup d'anciens hôtels ferroviaires.

Le motel (contraction de motor hotel, hôtel pour motorisés), situé le long d'une autoroute ou en bordure d'une ville, accueille le voyageur motorisé. D'abord popularisé aux États-Unis dans les années 1930, le motel a typiquement un ou deux niveaux, chaque chambre étant accessible du parc de stationnement. En revanche, le motel peut offrir des chalets ou cabines détachés; un fier survivant du genre est le Motel 2400 sur la Kingsway à Vancouver (1948-1947), comprenant 65 unités dans 19 chalets.

Les descendants contemporains des auberges et des hôtels urbains accueillent toujours des représentants de commerce et des touristes, et sont souvent gérés par des chaînes internationales bien que leurs propriétaires proviennent de la région. Parmi ces établissements, beaucoup se distinguent par leur architecture et, avec leurs grandes salles de réunions et leurs galeries marchande internes, ils servent de centres de congrès. Le Westin Harbour Castle (William Tabler et Campeau, 1975) de Toronto compte 967 chambres dans deux tours, dont l'une est surmontée d'un restaurant tournant. Le Pan Pacific Hotel de 500 chambres de Vancouver fait partie de la Canada Place (Downs/Archambault, Muson Cattell and Partners et le Zeidler Roberts Partnership, 1983-1986), construit pour Expo 86, sert maintenant d'installation commerciale et de gare pour bateaux de croisière.

L'hôtel Bonaventure (AFFLECK, Desbarats, DIMAKOPOULOS, LEBENSOLD et Sise, 1967-1968), de Montréal réunit l'autoroute et la ville : des séries de chambres semblables à celles des motels sont disposées autour de cours aménagées et perchées au sommet d'un centre de commerce et de détail monolithique. À l'autre extrémité de l'échelle architecturale se trouvent les carrés bétonnés de hauteur moyenne et sans caractère distinct, qui sont exploités par des chaînes bon marché dans la plupart des banlieues.

Une nouvelle tendance est celle des hôtels boutiques », un concept qui a vu le jour à Londres à la fin des années 1970 et qui est de plus en plus populaire au Canada. Ces hôtels urbains haut de gamme possèdent des dimensions plus intimes et un design intérieur original. L'architecture contextuelle de l'Opus Hotel de 96 chambres à Vancouver (Merrick Architecture, 2002) s'harmonise bien au quartier historique de Yaletown.

Voir aussi ARCHITECTURE; HISTOIRE DE L'ARCHITECTURE ; TOURISME.


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